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9 août 1850 |
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Médecin général inspecteur Guillaume de Saint Maurice[1] |
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L’École du Val-de-Grâce (EVDG), située dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, est un établissement militaire français d’enseignement supérieur consacré à la formation des praticiens et des paramédicaux du Service de santé des armées.
Elle s’inscrit dans l’histoire du Val-de-Grâce, fondé au XVIIᵉ siècle par Anne d’Autriche, et voit sa vocation militaire renforcée sous Napoléon Ier, qui crée l’école pour structurer la formation médicale des armées.
L’École du Val-de-Grâce est à la tête de l’Académie de santé des armées inaugurée le 09 avril 2024 par le ministre des armées Sébastien Lecornu.
Les missions de l’Académie de santé des armées: assurer la formation initiale et continue des praticiens militaires, développer la recherche biomédicale appliquée aux besoins opérationnels des forces armées, et préparer les élèves praticiens et paramédicaux à intervenir en situations de crise ou sur les théâtres d’opérations.
L’école joue un rôle central dans la transmission des connaissances et des compétences médico-militaires, et la conservation du patrimoine historique, en lien avec le musée et la bibliothèque du Service de santé des armées.
Histoire de l’École du Val-de-Grâce
L’abbaye du Val-de-Grâce : du couvent à l’École d’application (1638-1850)
L’abbaye royale du Val-de-Grâce a été construite sur l’initiative de la reine Anne d’Autriche entre 1638 et 1666. Les plans de l’église et du monastère sont conçus par François Mansart et mis en œuvre par trois architectes, successivement Jacques Le Mercier, Gabriel Le Duc, et Pierre Le Muet. Des sœurs bénédictines s’installent dans ce cloître au centre du faubourg Saint-Jacques, quartier déjà occupé par des communautés religieuses au XVIIe siècle.
Remarquable pour ses décors sculptés par Michel et François Anguier, son spectaculaire baldaquin et la fresque de Pierre Mignard qui recouvre la coupole, cette église est un témoin exceptionnel de l’architecture de l’art du Grand Siècle, qui allie le classicisme français et l’art baroque italien.
En 1790, le couvent des Bénédictines est supprimé par décret, et l’abbaye est transformée en hôpital militaire par un décret de la Convention nationale en 1793. Dès cette date, il est prévu d’installer au Val-de-Grâce une école de médecine, de chirurgie et de pharmacie. Ce projet devient effectif à partir du 15 juin 1796. L’hôpital militaire et l’hôpital d’instruction fonctionnent de manière complémentaire en offrant aux jeunes médecins militaires un enseignement à la fois théorique et clinique.
L’église Notre-Dame du Val-de-Grâce a été rendue au culte en 1827 et depuis cette date, elle dépend du diocèse aux armées.
En 1836, cet établissement devient un hôpital de perfectionnement, préfigurant les centres hospitalo-universitaires modernes. C’est autour de cet édifice que sont construits, entre 1830 et 1840, les bâtiments qui formeront l’École d’application du Service de santé militaire fondé par le décret du 09 août 1850. Six chaires d’enseignement y sont créées par le décret de Louis Napoléon Bonaparte du 13 novembre 1852 dont notamment la chaire de « clinique chirurgicale » détenue par le baron Hippolyte Larrey.
Le Service de santé des armées et l’hôpital du Val-de-Grâce du XVIIe siècle au XXIe siècle
Les prémices du Service de santé des armées remontent à l’ordonnance de janvier 1629, ou « code Micheau », qui affecte un personnel médical temporaire à chaque corps de la garde royale et institue la création d’hôpitaux. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, des établissements hospitaliers de la Marine se mettent en place, tandis que des écoles de chirurgie de ports et des écoles médicales de la Marine sont créées. Le 17 janvier 1708 marque la consécration officielle du Service de santé des armées, un édit royal promulguant la création d’un corps permanent d’officiers de santé.
Des hôpitaux d’instruction sont mis en place dans les hôpitaux militaires de Lille, Metz, Strasbourg, Toulon, Brest, puis au Val-de-Grâce en 1793. Auparavant gérés par l’Intendance, les services de santé des armées gagnent leur indépendance avec les lois du 16 mars 1882 et du 1er juillet 1889. Par la suite, les services de santé de l’armée de Terre, de la Marine et de l’armée de l’Air sont regroupés sous une même direction, qui devient officiellement le Service de santé des armées en 1962.
Au fil des décennies, l’établissement évolue pour devenir l’École du Val-de-Grâce, fédérant l’ensemble de l’enseignement et de la formation des personnels du service de santé des armées. L’école assure aussi bien la formation initiale que la formation continue des cadres d’active et de réserve, officiers ou cadres militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées.
L’hôpital du Val-de-Grâce demeure dans l’abbaye royale jusqu’en 1979, date à partir de laquelle un nouveau bâtiment est inauguré selon les plans de l’architecte André Chatelin pour accueillir l’établissement de santé. Le monobloc (ancien hôpital du Val-de-Grâce, ouvert en 1979) libère les locaux historiques de l’abbaye.
En 2014, une réflexion est menée sur l’avenir de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, dans le cadre d’un plan d’économie du ministère de la Défense. Le 15 octobre 2014, le transfert des activités médicales vers les hôpitaux militaires Percy (à Clamart) et Bégin (à Saint-Mandé) est annoncé, les activités de recherche, de formation et le musée restant sur place. L’hôpital ferme en 2016.
En 2020, le site est réaffecté à des projets de recherche et d’innovation en santé, dont Paris Santé Campus lancé en 2020. La réhabilitation de l’ancien hôpital d’instruction des armées est envisagé dont la fin de chantier est envisagée à l’horizon 2030.
Missions
L’École du Val-de-Grâce forme les praticiens militaires, en assurant leur double compétence médicale et militaire. Elle propose des formations initiales et continues, participe à la recherche biomédicale appliquée aux forces armées et forme les soignants militaires du Service aux missions opérationnelles, situations de crise et interventions sur les théâtres d’opérations. L’école contribue également à la transmission du savoir et à la préservation du patrimoine du Service de santé des armées, en lien avec le musée du Service de santé des armées.
L'organisation aujourd’hui
L’école du Val-de-Grâce est la tête de composante de l’Académie de santé des armées (ACASAN) inaugurée le 9 avril 2024 par Sébastien Lecornu, ministre des armées. L’Académie est en charge de la formation, de la recherche, de l'innovation, de la veille et d’une grande partie de l’expertise scientifique et médicale d’aptitude.
Cinq établissements forment ainsi l’ACASAN :
- Deux établissements de formation : les Écoles militaires de santé de Lyon-Bron et l’École du Val-de-Grâce ;
- Trois établissements scientifiques en santé : l'Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), le Centre d'épidémiologie et de santé publique des armées (CESPA) et le Service de protection radiologique des armées (SPRA).
Bibliothèque centrale du Service de santé des armées
La Bibliothèque centrale du Service de santé des armées (BCSSA) est située dans l’aile sud du cloître de l'ancienne abbaye du Val-de-Grâce. Elle constitue un centre de documentation spécialisé dans les domaines de la médecine, de la pharmacie, de la biologie, de la santé publique et de la gestion des risques sanitaires. La bibliothèque centrale met à la disposition de ses lecteurs :
- plus de 60 000 ouvrages,
- 2 000 titres de périodiques, dont 350 abonnements en cours,
- plus de 3 000 périodiques électroniques,
- un nombre très important de thèses et mémoires.
Le catalogue de la BCSSA est accessible en ligne sur le site Internet de l'École et ses collections sont signalées dans le catalogue collectif du Système universitaire de documentation (SUDOC).
Musée du Service de santé des armées
Le musée du Service de santé des armées, fondé en 1916, est situé dans le cloître de l'ancienne abbaye royale du Val-de-Grâce, dans le 5ᵉ arrondissement de Paris. Il offre aux visiteurs un panorama complet de la médecine militaire, retraçant son évolution sur plus de trois siècles.

Collections
Le musée conserve plusieurs dizaines de milliers d'objets, provenant de versements, de commandes ou de dons. Parmi les pièces les plus remarquables, on trouve :
- La collection des docteurs Jacques et François Debat : une collection exceptionnelle comprenant des faïences italiennes et françaises, des instruments de médecine et un ensemble de 103 mortiers, dont les plus anciens remontent à l'Égypte antique.
- Les moulages en cire des blessés de la face: créés à des fins pédagogiques ces reproductions réalistes de blessures subies par des soldats pendant la Première Guerre mondiale, illustrent les avancées en chirurgie réparatrice.
- Des objets liés aux médecines subaquatique et aérospatiale : tels qu'un caisson hyperbare et une tête de fusée Véronique, témoignant des innovations dans le domaine médical militaire.
- Du matériel médical historique : comprenant des pharmacies portatives, des brancards, des outils chirurgicaux et d’anesthésie, ainsi que les premières prothèses, illustrent les progrès en matière de soins sur le terrain.
Ces collections sont régulièrement enrichies grâce aux dons des particuliers permettant ainsi d’enrichir les fonds, de préserver et de valoriser le patrimoine médical militaire.
L’église du Val-de-Grâce
L’église du Val-de-Grâce, située au cœur du complexe historique du Val-de-Grâce dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, est l’un des monuments emblématiques de l’architecture baroque française. Sa construction est initiée en 1621 par Anne d’Autriche, reine de France, en ex-voto pour la naissance tant attendue de Louis XIV. Les travaux s’étalent sur plusieurs décennies et l’édifice est achevé en 1667, sous la direction des architectes François Mansart et Jacques Lemercier. Sa majestueuse coupole, inspirée des modèles italiens, ainsi que ses fresques et décors sculptés par des artistes comme Pierre Le Gros et Philippe de Champaigne, en font un chef-d’œuvre du baroque classique.

L’église joue un rôle central dans l’histoire du Val-de-Grâce, qui passe progressivement d’un couvent royal à un hôpital militaire au XIXᵉ siècle, puis au siège de l’École du Val-de-Grâce sous Napoléon Ier. Elle devient ainsi un symbole de l’alliance entre le patrimoine religieux, la médecine et l’histoire militaire française.
Aujourd’hui, l’église conserve sa fonction patrimoniale et symbolique : elle est ouverte au public et accueille également des cérémonies officielles liées au Service de santé des armées, consolidant le lien historique et spirituel entre la tradition religieuse et la mission militaire de l’établissement.
Voir aussi
Articles connexes
- Écoles militaires de santé de Lyon-Bron
- École de santé des armées
- École du personnel paramédical des armées

