| Statut | Émirat |
|---|---|
| Capitale |
Azougui (1040–1058) Aghmat (1058-1062) Marrakech (1062-1147) |
| Langue(s) | Berbère, Arabe, Mozarabe |
| Religion | Islam sunnite (jurisprudence malikite) |
| Monnaie | Dinar almoravide |
| Superficie (1120) | 1 000 000 km2[1] |
|---|
| (1er) - | Yahya ben Ibrahim |
|---|---|
| (Der) 1147 | Ishaq ben Ali |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
Les Almoravides (de l'arabe : المرابطون al-Morabiṭoun, « les gens du ribāt », berbère : ⵉⵎⵔⴰⴱⴹⵏ Imrabḍen[2]) sont une dynastie berbère sanhajienne, qui constitua du XIe au XIIe siècle une confédération tribale, un mouvement politico-religieux, puis un empire englobant le Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie, une partie du Mali moderne et l'ouest de l'Algérie, ainsi que le sud de la péninsule Ibérique.
Le mouvement almoravide nait vers 1040 parmi un groupe de tribus berbères sahariennes qui nomadisent entre le sud du Maroc et le fleuve Sénégal — les Lemtouna et les Juddala, du grand groupe berbère des Sanhadja. Sous l'impulsion du prédicateur malékite Abdullah Ibn Yassin et d'un chef berbere local Yahya ben Brahim, un ribat est établi afin de former un groupe armé qui donne son nom au mouvement.
La première phase d'expansion du mouvement débute en 1055 et leur permet de conquérir Azougui, Aoudaghost, Agghmat et Sijilmassa. Elle rencontre une résistance contre les Berghouata et Ibn Yassin meurt au combat en 1059. Les frontières se stabilisent après cela, malgré la menace Ziride au nord, et la ville de Marrakech est fondée. Une transition de pouvoir s'opère entre Abou Bakr ben Omar et Youssef ben Tachfine en 1072, permettant à une nouvelle phase d'expansion d'émerger.
Après s'être emparé de Ceuta et Tanger en 1083, donnant accès au détroit de Gibraltar, le mouvement devenu Émirat almoravide entame la conquête de la péninsule ibérique dès 1086. En 1094, tous les territoires d'al-Andalus sont occupés. Cependant, à partir de 1121, le mouvement almohade émerge, hostile aux almoravides, et contribue à son déclin puis sa chute en 1147.
Étymologie
Le terme Almoravide vient de l'arabe al-Murabit ( المرابط ), prononcé en espagnol almorávide[3]. En arabe, al-Murabit signifie littéralement « celui qui attache », mais au sens figuré, « les gens du ribat ». Ce terme est lié à la notion de ribat[4],[5].
Ce nom est lié à une école de droit malékite appelée Dar al-Murabitin, fondée à Sus al-Aksa, au Maroc actuel, par un érudit nommé Waggag ibn Zallu al-Lamti (en). Le nom des Almoravides vient donc des adeptes de Dar al-Murabitin, « la maison de ceux qui étaient unis dans la cause de Dieu »[6].
Histoire
Contexte
Au tournant du XIe siècle, le Maghreb al-Aqsa se trouve divisé entre plusieurs organisations politiques découlant des conflits entre Omeyyades de Cordoue et Fatimides. Le sud du territoire et les voies commerciales sont contrôlés par l'Émirat de Sijilmassa déclinant et assujetti aux Omeyyades[7]. Une portion de l'ouest Atlantique est sous contrôle des Berghouata qui ont affirmé leur indépendance à la fin du Xe siècle et subi plusieurs attaques Omeyyades et Fatimides en représailles[8]. Le nord et la région rifaine sont l'objet de luttes pour le contrôle et permet au pouvoir des Zirides de s'affirmer et tend à s'émanciper du pouvoir des Fatimides[9].
Ainsi, la fin de la première moitié du XIe siècle correspond à une importante période d'émancipation des organisations politiques à l'égard des pouvoirs centraux Omeyyades et Fatimides. Le mouvement Almoravide émerge dans ce contexte et ce en parallèle du mouvement Hilalien qui déferle d'Est en Ouest en Afrique du Nord[10].
Du Souss à l'Adrar, une multitude de pouvoirs tribus Sanhadjas sont quant à eux désunis, mais constitués de quelques groupes confédérés comme les Lemtounas situés dans l'Adrar. Ces différents groupes contrôlent chacun l'un des axes caravaniers. Celui des Lemtounas est le plus important, reliant Aoudaghost à Sijilmassa. Au sud-ouest de cet axe se trouvent les Goudala. Les Massoufas se trouvent plus au nord de cet axe. Ces différents groupes sont en rivalité[11],[12]. Plusieurs tentatives d'islamisation de ces groupes et de réunification ont eu lieu précédemment, sans véritable succès. Ces communautés sont donc constituées d'adeptes de différentes obédiences considérées comme impures dans les mouvements malikites, avec une forte influence du Kharidjisme[13],[14]. Le particularisme berbère atteignait dans la première moitié du XIe siècle un point extrême propice à l'émergence de bouleversements radicaux[12].
Origine du mouvement
Deux versions traditionnelles s'opposent quant aux origines du mouvement Almoravide, laissant supposer à une tentative de rationalisation ultérieure du récit fondateur, en opposition au contexte désuni de la région dans laquelle s'implante le mouvement. Bien que les versions divergent sur le personnage de Yahya ben Ibrahim, elles s'accordent sur un contexte d'islamisation faible au sein des populations du Sahara et l'impact du pèlerinage pour engendrer une prise de conscience[15]. Cependant, les origines du mouvement almoravide restent méconnues et reposent sur des sources postérieures altérées qui relèvent de l'épopée et de l'histoire sainte. Il reste encore aujourd'hui complexe de démêler la part du mythe et de la réalité[16],[17].
Dans la plus ancienne version, l'origine s'enracine dans le pèlerinage à La Mecque effectué par Yahya ben Ibrahem, chef ou émir des Goudala qui, à son retour entre 1036 et 1039, envisage de renforcer la foi religieuse en enseignant un islam expurgé de toute influence kharijite et païenne[18],[19]. Après avoir rencontré Abu Imran al-Fasi (en), juriste malikite de Kairouan,[18][19], celui-ci lui conseille de solliciter l'assistance de Waggag ibn Zallu al-Lamti (en), un de ses disciples chez les Lemtunas qui réside à Nafis, dans le Souss[18]. Ce dernier missionne alors son élève, Abdellah ben Yassin, d'accompagner Yahya ben Ibrahim dans ce travail car sa mère est d'origine sahraouie[15]. C'est à partir de cet instant que les deux versions convergent autour de ben Yassin[15].
Entre 1039 et 1042, un ribat visant à former des élèves combattants est fondé. Ces élèves prennent le nom d'al-Morabiṭoun, « les gens du ribāt »[20] ou Almoravides. Cette étape constitue l'élément fondateur du mouvement du même nom. Ibn Yasin ne parvient pas à fédérer l'ensemble des Goudala et, lorsque son protecteur Yahya ben Ibrahim meurt, il en est chassé et part rejoindre les Lemtounas. Leur chef, Yahya ben Omar, succède à Yahya ben Ibrahim également et soutient la constitution d'une communauté armée[21]. L'enseignement se concentre sur une réforme morale sévère. Ibn Yassin impose la prière, la zakāt et l’impôt légal du ʿushr, tout en punissant les manquements par des châtiments corporels[22],[23]. Il prêche un malikisme orthodoxe opposé aux courants kharijites et chiites qui sont les principaux courants dans la région, et fait du djihad un devoir spirituel[24],[25].
Ibn Yassin agit en tant que chef religieux du mouvement, Yahya ben Omar en tant que chef politique de la confédération et enfin son frère Abou Bakr ben Omar est nommé à la tête de l'armée afin d'entreprendre, dès 1049, l'expansion des territoires[24]. À son origine, le pouvoir Almoravide fonctionne de manière bicéphale avec un chef politique, émir sanhadja, et un Imam. Le mouvement relève plutôt d'un imamat venant compléter les bases confédérées d'un émirat. Les premiers membres de la dynastie Almoravide ne sont dès lors pas émirs almoravides, le premier à endosser ce titre est Youssef ben Tachfine en 1087[16].
L'implantation de ce premier groupe d'un millier d'individus reste indéterminée mais pourrait être située sur l'Île d'Arguin. Cependant d'autres sites pourraient correspondre à cette installation. L'archéologie n'est pas encore parvenue à le démontrer à ce jour[26]. Cet établissement est décrit comme une utopie égalitaire qui s'observe même dans la conception de sa cité où toutes les maisons ont la même hauteur[27]. Ce point d'origine prend la forme d'un mouvement réformateur religieux qui s'achève en 1053 et entame sa transition vers le djihad en 1055[28].
Djihad et première phase d'expansion
Yahya ben Omar et son frère Abou Bakr ben Omar sont nommés pour diriger les armées. Les premières campagnes visent à soumettre les différentes tribus sahariennes puis à entamer une première conquête en 1055 avec la ville marchande d'Aoudaghost disputée par l'Empire du Ghana et un groupe berbère[17],[29]. Le djihad trouve un nouveau prétexte de conquête dans un appel des oulémas du Tafilalet afin que les Almoravides se dirigent vers Sijilmassa pour libérer les habitants des Zénètes Maghraouas qui dirigent l'Émirat de Sijilmassa. L'expédition militaire est une importante victoire qui apporte un très important butin ainsi que la conquête de territoires du Drâa et du Tafilelt[24],[19]. Une révolte des Goudala du territoire force Yahya ben Omar à protéger la capitale Azuggi tandis que son frère et Ibn Yasin répriment une révolte à Sijilmassa. La révolte Goudala détruit l'armée de Yahya ben Omar qui meurt au combat en 1056. Son frère lui succède[17].
Les campagnes militaires reprennent en 1058 et s'étendent dès lors vers le nord. Ils s'emparent du port de Massa et de la ville de Taroudant dont ils exterminent la population chiite installée par les Fatimides. Ils soumettent ensuite les Masmoudas du Haut Atlas[30]. Ils fixent leur capitale à Aghmat en 1058[31]. En 1059, ils lancent un djihad à l'encontre des Berghouatas, cependant durant le conflit, Ibn Yassin est tué. son successeur est tué peu de temps après et, en conséquence, Abu Bakr est investi de la direction religieuse du mouvement en plus de ses fonctions d'Émir. Il devient le premier Émir Almoravide et transforme le mouvement religieux en véritable royaume[30],[32].
Les dix premières années du règne d'Abou Bakr restent mal connues car la phase d'expansion semble s'interrompre durant ce laps de temps, probablement afin de consolider le nouveau pouvoir[32]. Un nouveau péril apparaissait à l'est. Un souverain hammadide, Bologhine ibn Muhammad ibn Hammad, lui aussi Sanhadja, marcha, avec une grande armée, jusqu'à Fès, dont il s'empara. Sur le chemin du retour il fut assassiné, dit Ibn Khaldoun, « avec l'appui des Sanhaja, que tant d'expéditions dans les pays lointains et hostiles avaient indisposés ». Les Zirides ne pouvaient, sans danger pour leur vie, se payer le luxe inutile et coûteux de conquêtes occidentales[33].
En 1070 ou 1062, Abu Bakr fonde la ville de Marrakech[34],[17]. Cependant, il est contraint de redescendre au Sahara à cause d'importantes dissensions entre les Lemtounas et les Messoufas. Il confie dès lors le commandement des armées et la protection du nord du territoire à son cousin Youssef ben Tachfine en 1070 ou 1062[19],[17]. Cette situation provoque une double gouvernance dans laquelle Abu Bakr procède à la réunification des tribus du Sahara et entre en guerre contre l'Empire du Ghana. La conquête de la capitale, Koumbi Saleh en 1076 provoque l'effondrement du Ghana[35]. Pendant ce temps, au nord, Youssef ben Tachfine s'emploie à s'affranchir de la tutelle de son cousin et à s'affirmer en tant qu'Émir Almoravide[30].
Conquête d'al-Andalus
Grâce au pouvoir accordé par Abou Bakr ben Omar, et à son mariage avec Zaynab Nefzaouia, Youssef ben Tachfine parvient rapidement à s'affirmer politiquement et militairement. Il continue la construction de la nouvelle capitale, Marrakech, et réorganise son armée pour y incorporer de nouvelles unités[35]. Après s'être rendu maître de Fès en 1071[36], cette montée au pouvoir force Abou Bakr à le rencontre à Aghmat en 1072 afin de régler ce potentiel conflit[36],[14]. Youssef lui démontre sa loyauté et Abou Bakr l'autorise en retour à continuer son action militaire[14]. Abou Bakr préserve le statut d'Émir et Youssef fait constituer un cercle d'oulémas afin de sanctionner ses actions et l'autoriser à adopter le titre d'amîr al-muslimîn (« prince des musulmans »). Grâce à cela, il endosse symboliquement toutes les fonctions du mouvement Almohade, confirmant définitivement sa transition au statut d'Émirat[37].


En 1075, il réagit à l'approche de Bologhine ibn Ziri qui s'apprête à attaquer Fès. Il envahit les villes du nord et, en 1076, s'empare de Tanger et de l'Émirat de Nekor. En 1083, il se dirige vers ´Ténès et occupe Alger où il fait construire une mosquée[38]. C'est également en 1083 qu'il parvient à conquérir Ceuta et achève de contrôler la partie africaine du Détroit de Gibraltar[39].
En 1086, à la demande d'al-Mu'tamid, il affronte Alphonse VI et le bat le à Sagrajas (az-Zallàqa)[40]. Les tensions persistent et il revient lors d'une deuxième campagne en 1088 qui l'amène à s'emparer de la majorité des territoires dirigés par les Taïfas, comme Séville, Grenade, Almeria et Badajoz[40]. En 1094, les Almoravides occupent tout al-Andalus[40].
En parallèle des conquêtes, l'empire se structure en quatre grandes provinces, dont la plus grande et la plus prospère se trouve au sud. L'activité économique et commerciale est particulièrement prospère[41]. A la fin du règne de Youssef, l'empire Almoravide s'étend de l'Èbre en Espagne jusqu'au fleuve Sénégal[42]. Son fils, Ali ben Youssef, lui succède en 1106[19].
Déclin et chute

Ali Ben Youssef succède en 1106. Contrairement à son père, il est formé dans le tissu andalou et se soumet aux oulémas qui prennent progressivement le contrôle politique[19]. Sur le plan militaire, il parvient à préserver les différentes conquêtes et s'étend même au sein du Portugal et des Îles Baléares. Sa dernière victoire espagnole date de 1134[43]. L'empire almoravide ne décline pas immédiatement. En effet, le règne d'Ali Ben Youssef est marqué par de nombreuses entreprises urbanistiques et la construction de plusieurs bâtiments comme la Mosquée Koutoubia à Marrakech. Il construit également une fortification autour de la ville[44].
Cependant, à l'intérieur du territoire, le faible contrôle impérial permet au mouvement almohade de s'installer au sud tandis que la péninsule ibérique commence à se décomposer à la fin des années 1130[45]. Lorsque Tachfine ben Ali lui succède en 1143, l'empire Almohade a perdu le contrôle des territoires espagnols qui plongent dans leur seconde période des Taïfas[45]. Le véritable problème se joue quant à lui dans les environs de Marrakech avec les Almohades qui interviennent même en 1145 dans les conflits ibériques après avoir mis en déroute l'armée almoravide à proximité de Tlemcen[45]. La poche maghrébine almoravide est définitivement défaite en 1147 avec les prises de Fès et Marrakech[46]. Le dernier représentant almoravide fonde une thalassocratie aux Baléares et y préserve un émirat jusqu'en 1203[47].
Dynastie des Almoravides
Liste des souverains Almoravides
- 1036-1048 : Yahya ben Ibrahim, émir almoravide
- 1048-1056 : Yahya ben Omar, émir almoravide
- 1056-1087 : Abu Bakr Ibn Omar, émir et imam almoravide
- Abdullah Ibn Yassin (1040-1059) : est imam sous les émirs Yahia ben Ibrahim, Yahya ben Omar, et Abu Bakr Ibn Omar. Il occupe le rôle politique de premier plan durant cette période.
- 1071-1106 : Youssef Ibn Tachfin, émir, imam et sultan almoravide
- 1106-1143 : Ali Ben Youssef, émir, imam et sultan almoravide
- 1143-1145 : Tachfin Ben Ali, émir, imam et sultan almoravide
- 1145-1146 : Ibrahim Ben Tachfin, émir, imam et sultan almoravide
- 1146-1147 : Ishaq Ben Ali, émir, imam et sultan almoravide
Chronologie de l'Empire almoravide (XIe siècle-XIIe siècle)
- 1035 : à l'issue de son pèlerinage à La Mecque, Yahya Ibn Omar, chef berbère de la tribu Lemtouna décide de convertir son peuple aux préceptes de l'islam malékite.
- 1037 : Abdullah Ibn Yassin, chef spirituel et idéologue, commence à asseoir les bases doctrinales du mouvement almoravide.
- 1054 : les Almoravides menés par leur chef Yahya Ibn Omar, s'emparent de Sijilmassa.
- 1055 : mort de Abdullah Ibn Yassin, la communauté religieuse est en passe de se convertir en royaume.
- 1062 : début de la fondation de Marrakech par Abu Bakr Ibn Omar capitale du mouvement almoravide.
- 1069 : Abu Bakr Ibn Omar occupe Fès.
- 1071 : Abu Bekr Ibn Omar confie le pouvoir au nord à son cousin Youssef Ibn Tachfin qui prend Marrakech pour capitale.
- 1077 : le mouvement almoravide consolidé entreprend son avancée vers le nord-est du Maghreb (Fès, Tlemcen, Oran, Alger…).
- 1080 : les Andalous, dont les royaumes de taïfas sont menacés par l'avancée des armées chrétiennes d'Alphonse VI de Castille, sollicitent l'intervention de l'émir almoravide Youssef Ibn Tachfin, fondateur de la dynastie almoravide.
- 1084 : les Almoravides s'emparent de Ceuta.
- 1085 : Alphonse VI de Castille conquiert Tolède.
- 1086 : l'émir almoravide Youssef Ibn Tachfin décide d'intervenir dans la péninsule où il remporte la bataille de Sagrajas à Badajoz.
- 1090 : Youssef Ibn Tachfin occupe la taïfa de Grenade et entreprend la conquête d'al-Andalus.
- 1091 : les Almoravides s'emparent de Cordoue, Almería, Badajoz et Séville et ordonnent l'exil du roi sévillan Al Mutamid Ibn Abbad. L'expansion vers le Levant est arrêtée par la présence du Cid à Valence.
- 1092 : une poignée d'éclaireurs almoravides arriva sous les murs de Valence. Ibn Djehaf (Cadi), membre d'un haut lignage yéménite, porté par la foule partisane, prit le pouvoir dans la ville après avoir fait assassiner al-Qadir.
- 1094 : l'armée almoravide arrive jusqu'à Lisbonne. Ibn Djehaf, traduit en justice pour l'assassinat d'al-Qadir, fut brûlé vif à Valence par ordre du Cid.
- 1098 : Youssef Ibn Tachfin est proclamé prince des musulmans, défenseur de la foi et envoyé du commandeur des croyants.
- 1102 : les Almoravides conquièrent Valence et la partie septentrionale d'al-Andalus, arrivant jusqu'à la vallée de l'Èbre. Youssef Ibn Tachfin nomme pour héritier son fils Ali Ben Youssef.
- 1106 : mort de Youssef Ibn Tachfin. Son fils, Ali Ben Youssef est proclamé émir. les Almoravides occupent les îles Baléares.
- 1108 : Ali Ben Youssef bat les chrétiens à la bataille d'Uclès.
- 1110 : les Almoravides occupent la taïfa de Saragosse.
- 1118 : Alphonse Ier d'Aragon prend Saragosse aux Almoravides.

- 1120 : début de construction de la mosquée Koutoubia à Marrakech qui sera fortement remaniée par les Almohades en 1162.
- 1122 : pour contenir les attaques des pillards normands, la flotte almoravide attaque la Sicile
- 1126 : en Espagne, les Almoravides sont écrasés à Arnisol, près de la ville juive de Lucéna, par Alphonse le Batailleur[48]. Les chrétiens rendus responsables de cette défaite sont déportés au Maroc, dans les villes de Salé et de Meknès.
- 1134 : les troupes almoravides sous le commandement de Tachfin Ben Ali, remportent la bataille de Fraga contre Alphonse Ier d'Aragon et de Navarre qui meurt de ses blessures deux mois après.
- 1138 : Ali Ben Youssef nomme son fils Tachfin Ben Ali pour héritier.
- 1142 : al-Andalus se morcelle. Naissance des secondes taïfas.
- 1143 : Tachfin Ben Ali gouverne l'Empire almoravide, de plus en plus fragmenté. Défaite des Almoravides contre les Almohades à Oran (Algérie).
- 1145 : mort de Tachfin Ben Ali, troisième émir almoravide près d'Oran.
- 1146 : une partie d'al-Andalus reconnaît le calife Almohade Abd al-Mumin comme souverain. Début avec les Almohades, d'une nouvelle période historique.
- 1147 : Ibrahim Ben Tachfin périt à Oran en luttant contre les troupes almohades déjà victorieuses devant Tlemcen, il fut le quatrième émir almoravide.
- 1147 : les Almohades pénètrent dans Marrakech, la capitale almoravide. Les derniers Almoravides se sont réfugiés aux îles Baléares et y fondent un émirat qui se maintiendra jusqu'en 1203.
Économie
Commerce transsaharien

La monnaie développée par la nouvelle dynastie Almoravide du Maroc est issue du système monétaire qui existait dans le monde musulman depuis la création du système bimétallique arabe par l'émir Abdul Malik à Damas à la fin du VIIe siècle. Pendant ce temps, le dinar d'or est fixé à 4,25 grammes et le dirham d'argent est à moins de 3 grammes. Bien qu'il respecte les institutions orientales comme toutes les dynasties musulmanes, le premier émir Almoravide a développé un nouveau type de monnaie pour déclarer ses messages religieux et politiques souverains. À partir de ce siècle, la ville carrefour de Sijilmasa fut occupée, le premier dinar almoravide fut émis. La masse totale de cette monnaie d'or réservée au commerce extérieur était de 4,25g. Les Almoravides savaient effectivement donner à l'international la dimension de sa monnaie, qui devint le principal instrument du commerce méditerranéen aux XIe et XIe siècles[49].
La route principale de ce commerce passait par le Sahara Occidental dès la fin du Xe siècle, depuis "les mines d'or de Bambuk et Bure par Sijilmasa, puis à travers l'Atlas jusqu'au califat de Fès et Cordoue ». Ces terres du Niger apparaissent en effet particulièrement riches en or. Partout où les géographes arabes parlent de « bourgeons d'or », ils insistent sur leur abondance, mais aussi sur leur pureté. Surtout chez les Almoravides, le commerce va où l'or est. L'importance de ce gisement est si grande que cela marque l'esprit de ce siècle, en alliant l'idée de l'or au Soudan, « Or du Soudan antique » qui était la principale source d'or médiéval avant la découverte de l'Amérique à la fin du XVe siècle[49].
Reste à trouver néanmoins scientifiquement des traces de ce minerai ouest-africain dans le dinar almoravide, d'autant plus qu'il existait à l'époque d'autres mines d'or, certes moins importantes, notamment dans la péninsule ibérique. En plus de cela, les Almoravides émettaient également de petites pièces d'argent, les qirats, accompagnées de Scores de 1/2 à 1/16 qirat. Ces monnaies, qui pèsent environ 1 gramme, valent 1/2 dirham et 1/20 dinar, sont davantage destinées aux usages courants, locaux des populations[49].
Fiscalité
Dans les années 1070, un Trésor unique, alimenté par le butin de guerre et la fiscalité, est instauré. Les revenus proviennent initialement des impôts canoniques légaux selon l'islam, cependant de nouveaux impôts sont institués sous l'influence des traditions andalouses. Ces modifications découlent du poids financier que représente le maintien de l'armée qui se constitue de plus en plus de mercenaires[19].
Religion
Le mouvement almoravide repose sur deux fondements idéologiques : le malikisme et le djihad. Ces fondements sont renforcés en 1073 par la création du titre d'amîr al-muslimin qui le rapproche du statut califal. Cependant, son titre n'en est qu'une version dérivée afin de pouvoir légitimer l'action politique par le respect des canons religieux[17]. Le malikisme professé par les Almoravides est anthropomorphiste et littéraliste[50].
La religion et la notion de djihad sont utilisés comme éléments politico-religieux afin de justifier les guerres et l'expansion territoriale almoravide. Le principe consiste à mener des combats contre les non-musulmans et contre les hétérodoxies musulmanes du Maghreb. Se faisant, les almoravides contribuent à l'islamisation et à la diffusion du sunnisme malikite dans l'ensemble du territoire, ainsi que la disparition du kharijisme. Cette période provoque une certaine uniformisation des pratiques religieuses ainsi que l'apparition de premières discriminations à l'égard des juifs[17].
En Espagne, la domination des Almoravides se traduit par la fin de la relative tolérance qui existait vis-à-vis des juifs et des chrétiens[51]. Les juifs feignent alors la conversion à l'islam ou fuient vers les royaumes chrétiens du nord pour ne pas être contraints de se rendre au Maroc[52]. Un contemporain, Abraham ibn Dawd Halevi, écrit dans le Sefer ha-Qabbalah (en) rapporte ainsi[53],[54]:
« Celui qui prépare le soulagement avant l’affliction, que Son nom soit loué, avait anticipé la calamité en déposant dans le cœur du roi Alphonse la décision de confier à notre maître et rabbin Juda, le « Prince » Ibn Ezra (en), le gouvernorat de Calatrava et de mettre toutes les provisions royales sous sa responsabilité. […]. Alors il supervisa le passage des réfugiés, délivra ceux qui étaient dans les chaînes et libéra les opprimés… Dans son foyer et à sa table, il nourrit les affamés et… habilla ceux qui étaient nus. Puis, à ceux qui étaient faibles, il donna des bêtes et ils purent aller aussi loin qu’à Tolède. »
À la fin du XIIe siècle, la communauté juive est ainsi devenue résiduelle[52].
Culture
Art

L'art de la période almoravide est comme influencé par «l'intégration de plusieurs zones en une seule unité politique et le développement qui en résulte d'un style andalou-maghrébin répandu», ainsi que les goûts des dirigeants de Sanhaja en tant que mécènes de l'art. Cependant on conteste également la caractérisation de l'art d'al-Andalus et du Maghreb comme provincial et périphérique compte tenu de l'art islamique dans le monde, et des contributions des Almoravides comme « clairsemées » en raison de la « ferveur puritaine » de l'empire.
Dans un premier temps, les Almoravides, souscrivant à l'école conservatrice Maliki de jurisprudence islamique , ont rejeté ce qu'ils percevaient comme une décadence et un manque de piété chez les musulmans ibériques des royaumes taïfas andalous. Cependant, les monuments et les textiles d' Almería de la fin de la période almoravide indiquent que l'empire avait changé d'attitude avec le temps.
La production artistique sous les Almoravides comprenait des minbars finement construits produits à Cordoue ; bassins et pierres tombales en marbre d'Almería ; textiles fins à Almería, Málaga , Séville[55],[56]; et céramique de luxe[57].
- Qoubba el-Baadiyn
- Mosquée Koutoubia
- Jardin de la Ménara
- Djamaâ_el_Kebir
- Grande Mosquée de Nedroma
- Grande Mosquée de Tlemcen
Organisation
Un découpage provincial est pratiqué afin de gouverner l'empire à partir de 1071, lorsque Youssef Tashfin dirige le nord du territoire et Abou Bakr ben Omar le sud. Par la suite, la partie septentrionale est elle-même divisée en quatre provinces dirigées chacune par un gouverneur : deux au nord (Fès et Meknès), deux au sud (Marrakech et Sijilmassa). Deux provinces supplémentaires sont créées ultérieurement, l'une à Ceuta pour administrer le Détroit, l'autre dans le Rif[17],[19].
Youssef Ibn Tachfine pose les bases d'une administration centralisée sommaire avec des gouverneurs qui lui sont proches[19]. S'il est de coutume de nommer gouverneur des membres de la dynastie almoravide, ceux qui n'en font pas partie y sont associés par des alliances matrimoniales. L'Émir fait également appel à des juges et jurisconsultes andalous pour l'assister dans les tâches administratives[17].
Les fonctions juridiques et religieuses qui découlent du pouvoir sont endossées par des Fokahas, cadis, imams et muezzins. Leur rôle s'accentue sur la durée et en particulier après la mort de Youssef Tashfin en 1106[19].
Notes et références
- ↑ (en) Peter Turchin, Jonathan M. Adams et Thomas D. Hall, « East-West Orientation of Historical Empires », Journal of world-systems research, vol. 12, no 2, , p. 222–223 (ISSN 1076-156X, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Shindouk Ould Najim, Laurence Ammour et Jean-Luc Peduzzi, Je reviendrai à Tombouctou: Un chef Touareg témoigne, Ixelles Editions, (ISBN 978-2-87515-464-4, lire en ligne).
- ↑ (en) « Definition of Almoravid » [archive du ], Lexico Dictionaries | English (consulté le )
- ↑ (en) Nehemia Levtzion, « Abd Allah b. Yasin and the Almoravids », dans John Ralph Willis, Studies in West African Islamic History, , p. 54
- ↑ (en) Paolo Fernando de Moraes Farias, « The Almoravids : some questions concerning the character of the movement during its periods of closest contact with the western Sudan », dans Bulletin de l'Institut français d'Afrique noire,
- ↑ Messier 2010.
- ↑ Chloé Capel, « Sijilmâsa (et autres graphies : Siǧilmâsa, Sidjilmassa, Sijilmassa…) », Encyclopédie berbère, no 43, , p. 7406–7415 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/14u2h, lire en ligne, consulté le )
- ↑ G. Deverdun, « Bargẖawāṭa », Encyclopédie berbère, no 9, , p. 1360–1361 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.1294, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Zirid dynasty | History & Facts | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )
- ↑ El Fasi 1990, p. 365.
- ↑ Rivet 2012, p. 105.
- El Fasi 1990, p. 368.
- ↑ Rivet 2012, p. 106.
- El Fasi 1990, p. 369.
- El Fasi 1990, p. 367.
- Pascal Buresi, « Les Almoravides », dans Gouverner en Islam, Xe-XVe s., Atlande, , 295 p. (lire en ligne)
- Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate, « Chapitre 2. Les Almoravides », Cursus, , p. 29–41 (DOI 10.3917/arco.bures.2021.01.0029, lire en ligne, consulté le )
- Abitbol 2014, p. 53.
- Fatima-Zohra Oufriha, « Chapitre II. Les Almoravides : l’ascension du Maghreb (1056-1147) », Hors collection, , p. 55–78 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Samuel Pickens, Françoise Peuriot et Philippe Ploquin (trad. de l'anglais), Maroc : les cités impériales : Fès, Marrakech, Meknès, Rabat-Salé, Courbevoie, www.acr-edition.com, , 311 p. (ISBN 2-86770-075-2, lire en ligne), p. 9.
- ↑ G. Camps, « Gudâla/Guezula », Encyclopédie berbère, no 21, , p. 3223–3224 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.1788, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Abitbol 2014, p. 53-54.
- ↑ Rivet 2012, p. 106-107.
- Abitbol 2014, p. 54.
- ↑ Rivet 2012, p. 107-108.
- ↑ Rivet 2012, p. 107.
- ↑ Rivet 2012, p. 108.
- ↑ El Fasi 1990, p. 373-374.
- ↑ (en) David C. Conrad, Empires of Medieval West Africa: Ghana, Mali, and Songhay, Infobase Publishing, (ISBN 978-1-4381-0319-8, lire en ligne)
- Abitbol 2014, p. 55.
- ↑ « Mission Archéologique d’Aghmat (MAA) : étude, conservation et valorisation de la capitale médiévale du Haouz / Site officiel de l'UMR Orient & Méditerranée (Paris) », sur www.orient-mediterranee.com (consulté le ).
- El Fasi 1990, p. 378.
- ↑ Ch.-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, Payot, , p. 80.
- ↑ Le Tourneau 1970, p. 222.
- Abitbol 2014, p. 56.
- Abitbol 2014, p. 57.
- ↑ Pascal Buresi, « Les Almoravides », dans Gouverner en Islam, Atlande, , 295 p. (lire en ligne)
- ↑ Rivet 2012, p. 110.
- ↑ El Fasi 1990, p. 380.
- Rivet 2012, p. 112.
- ↑ Abitbol 2014, p. 62-63.
- ↑ El Fasi 1990, p. 383.
- ↑ Abitbol 2014, p. 63.
- ↑ Abitbol 2014, p. 64.
- Abitbol 2014, p. 65.
- ↑ Rivet 2012, p. 115.
- ↑ Rivet 2012, p. 115,130.
- ↑ Reinhart Pieter Anne Dozy, Recherches sur l'histoire et la littérature de l'Espagne pendant le Moyen Âge, vol. 1, E. J. Brill, (présentation en ligne).
- C orinne Roux et Maria F. Guera, « La monnaie Almoravide : de l'Afrique à l'Espagne », ArchéoSciences, revue d'Archéométrie, no 24, , p. 39-52 (DOI 10.3406/arsci.2000.987, lire en ligne).
- ↑ Gilbert Meynier, chap. 4 « Du Sahara au Maghreb : l’esquisse d’empire almoravide (1056-1147) », dans L'Algérie, cœur du Maghreb classique : De l'ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), La Découverte, , 73–91 p. (lire en ligne).
- ↑ (en) John Tolan et Stéphane Boissellier, Religious cohabitation in European towns (10th-15th centuries) / La cohabitation religieuse dans les villes européennes, Xe – XVe siècles, Turnhout, Brepols, coll. « Religion in Law in Medieval Christian and Muslim Societies » (no 3), (ISBN 978-2-503-55252-1), p. 15, 326.
- Charles-Emmanuel Dufourcq, La Vie quotidienne dans l'Europe médiévale sous domination arabe, Hachette Education (programme ReLIRE), (ISBN 978-2-01-003047-5, lire en ligne), chap. 9 (« Le comportement et l’existence des juifs »), p. 180-192.
- ↑ Yosef Hayim Yerushalmi, Sefardica: essais sur l'histoire des juifs, des marranes & des nouveaux-chrétiens d'origine hispano-portugaise, Editions Chandeigne, (ISBN 978-2-906462-45-8, lire en ligne), p. 20.
- ↑ Michel Abitbol, Histoire des Juifs, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-04280-6, lire en ligne), chap. 7 (« La synthèse espagnole »).
- ↑ (es) Miriam Ali-de-Unzaga, « De medallones, halos y estética almorávide: revisión y nuevas aportaciones sobre las sedas almorávides de las vestiduras de San Juan de Ortega », dans ed. R. Azuar Ruíz, Arqueología del al-Andalus Almorávide, MARQ Museo Archeológico de Alicante, (lire en ligne), p. 102-138.
- ↑ Miriam Ali-de-Unzaga, « Le textiles almoravides de vêtements liturgiques de saint Jean d‘Ortega », dans Le Maroc Médiéval. Un empire de l’Afrique à l’Espagne, Musée du Louvre, , p. 88-91.
- ↑ « Mouvement almoravide », sur Encyclopædia Universalis, https://plus.google.com/108843606711422050602 (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- (en) John Mercer, Spanish Sahara, Londres, George Allen & Unwin Ltd, (ISBN 0-04-966013-6).
- (en) Roger Le Tourneau, « North Africa to the Sixteenth Century », dans The Cambridge History of Islam, vol. 2, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-07601-3).
- (ar/fr) Ideidbi, Mohamed Salem (2011), «Mauritanie : la Richesse d'une nation». Nouakchott: al-Manar.
- (ar/fr) Ideidbi, Mohamed Salem (2011), «Traité de politique ou Conseils pour la conduite du pouvoir du Cadi Almoravide al-Imam al-Hadrami». Paris: Geuthner, (ISBN 9782705338510).
- Mohammed El Fasi, « L'Afrique du VIIe au XIe siècle », dans Histoire générale de l'Afrique, vol. III, Jeune Afrique, (ISBN 978-92-3-201709-3).

- (en) Ronald A. Messier, The Almoravids and the Meanings of Jihad, ABC-CLIO, (ISBN 978-0-313-38590-2, lire en ligne).

- Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne).

- Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne).

Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
