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39° 00′ N, 16° 30′ E
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Calabre
Blason de Calabre
Héraldique
Drapeau de Calabre
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Chef-lieu Catanzaro
Provinces 5 (Catanzaro, Cosenza, Crotone, Vibo Valentia, Reggio de Calabre)
Communes 404
Président
Mandat
Roberto Occhiuto[1] (Forza Italia)
depuis le 29 octobre 2021
NUTS 1 ITF (Italie méridionale)
Code ISTAT 18
ISO 3166-2 IT-78
Démographie
Population 1 827 788 hab. (31/08/2025)
Densité 120 hab./km2
Géographie
Superficie 1 522 200 ha = 15 222 km2
Localisation
Localisation de Calabre
Liens
Site web regione.calabria.it
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La Calabre (en italien : Calabria /kaˈlabrja/[2] ; en calabrais : Calabbria ; en griko : Καλαβρία, Kalavrìa ; en arberèche : Kalabrì ; en occitan : Calàbria) est une région d'Italie méridionale comptant 1 827 788 habitants[3] et dont le chef-lieu est situé à Catanzaro. Elle est délimitée au nord par la Basilicate, à la pointe sud-ouest par le détroit de Messine, qui la sépare de la Sicile, à l'est par la mer Ionienne et à l'ouest par la mer Tyrrhénienne[4].

Le nom Italia, par lequel les Grecs dénommaient l'isthme de Catanzaro, est originaire de la région[5].

Occupée dès le paléolithique, elle a vu s'épanouir de nombreuses civilisations du fait de sa position centrale au cœur de la Méditerranée : Œnôtres, Ausones, Grecs, Bruttiens, Romains, Byzantins, Normands. La période grecque antique est à l'origine, à partir du VIIIe siècle av. J.-C., de la naissance de nombreuses cités qui figureront parmi les plus riches et les plus influentes de leur temps, opérant plus tard une synthèse entre la culture hellénique et celle des conquérants romains, qui baptisèrent la région Magna Græcia (Grande-Grèce).

À l'époque romaine, elle intègre la Regio III Lucania et Bruttii au sein de l'Italie augustéenne. À la suite de la guerre des Goths (VIe siècle), elle passe aux mains de l'Empire byzantin pendant plus de cinq siècles au long desquels elle recouvre pleinement son caractère hellénique. Le cénobitisme y fleurit et la Calabre se couvre d'innombrables églises, monastères et ermitages où des moines basiliens consacrent leur vie à la transcription d'anciens textes grecs. Ce sont les Byzantins qui introduisent dans la région l'art de produire et tisser la soie, qui fera sa renommée dans toute l'Europe. À partir du XIe siècle, l'avènement des Normands entame un lent processus de latinisation de la Calabre, dont le destin va peu à peu se confondre à celui du reste du Mezzogiorno : elle appartient successivement au royaume de Sicile, au royaume de Naples et au royaume des Deux-Siciles jusqu'au Risorgimento.

En Bovesìa, quelques communautés parlent toujours le griko, un dialecte local issu du grec. Dans le centre et le nord de la péninsule, de nombreuses municipalités ont pour langue officielle l'arberèche, un dialecte albanais. Enfin, une minorité de langue occitane est implantée à Guardia Piemontese.

Géographie

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Article détaillé : Géographie de la Calabre.
Altimétrie de la Calabre.

La Calabre, « pointe » de la « botte » italienne, forme une petite péninsule s'avançant dans la Méditerranée. Pour cette raison, elle dispose de 799 km de côtes où se succèdent étendues rocheuses, caps, falaises et plages de sable.

Les montagnes constituent l'épine dorsale de la péninsule calabraise et sont regroupées au sein de cinq massifs distincts (le Pollino, la Sila, la Catena Costiera, les Serres et l'Aspromonte). Ainsi, les plaines n'occupent qu'une faible part de la superficie régionale ; les plus étendues sont, par ordre d'importance, celles de Sibari, de Gioia Tauro et de Sant'Eufemia.

Deux petites îles font administrativement partie de la Calabre, Dino (la plus grande) et Cirella, toutes deux rattachées à la province de Cosenza, en mer Tyrrhénienne. Les points extrêmes de la région sont la commune de Nocara qui borde la Basilicate au nord, le cap Colonna à l'est, la punta Palizzi au sud et l'embouchure du Calopinace à l'ouest. La punta Pezzo n'est distante que de 3,2 km du cap Peloro, en Sicile.

Topographie

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Carte des principaux massifs montagneux de Calabre.

Le territoire calabrais est recouvert à 49,2 % de collines, 41,8 % de montagnes et seulement 9 % de plaines.

Les montagnes les plus septentrionales de la région appartiennent au massif du Pollino, où sont situés les plus hauts sommets de Calabre, la serra Dolcedorme (2 267 m) et le mont Pollino (2 248 m). Plus au sud, les Monti di Orsomarso, qui culminent au cozzo del Pellegrino (1 987 m), séparent le Pollino de la Catena Costiera (« chaîne côtière ») qui, comme son nom l'indique, s'étire face au littoral tyrrhénien et culmine au monte Cocuzzo (1 541 m).

Au centre de la région s'élève le vaste plateau boisé de la Sila, renommé pour ses forêts de conifères, dont le plus haut sommet est le monte Botte Donato (1 928 m). Au sud-ouest, la vallée du Corace joint la Sila au massif du Reventino (1 417 m) qui domine le littoral tyrrhénien du capo Suvero à la plaine de Sant'Eufemia.

Entre cette dernière et la plaine de Gioia Tauro se dresse le monte Poro (710 m), relief le plus modeste de la région. Entre l'isthme de Catanzaro et le col de la Limina s'élèvent les Serres, dont le plus haut sommet est le monte Pecoraro (1 423 m). Au sud, les Serres se déploient jusqu'au massif le plus méridional de la région, l'Aspromonte, dont le point culminant est le Montalto (1 956 m).

Dix plus hauts sommets de Calabre (en mètres)
Montagne Altitude
Serra Dolcedorme 2 267
Mont Pollino 2 248
Serra del Prete 2 181
Timpa Valle Piana 2 163
Serra delle Ciavole 2 130
Cozzo del Pellegrino 1 987
Monte Manfriana 1 981
Montalto 1 956
Monte La Mula 1 935
Monte Botte Donato 1 928

Hydrographie

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Le fleuve Neto près de Santa Severina.

Les cours d'eau calabrais ne sont guère bien longs du fait de la topographie des lieux : premièrement en raison de la forme étroite et allongée de la péninsule, et deuxièmement en raison de la disposition particulière des massifs montagneux ; par conséquent, la plupart des rivières et fleuves calabrais sont de nature torrentielle, à l'exception du Crati et du Neto - les deux plus longs fleuves de la région - qui se jettent dans la mer Ionienne. Le Coscile (qui naît dans le massif du Pollino, dans lequel il conflue avec son principal affluent, l'Esaro), le Trionto, le Tacina et le Corace, beaucoup plus courts, se déversent également du côté ionien ; les trois derniers fleuves, à l'instar du Neto, prennent leur source dans la Sila. L'Amato et le Savuto sont également originaires du massif de la Sila et, de même que le Lao qui descend du Pollino, sont les principaux fleuves calabrais du versant tyrrhénien. Les autres rivières, encore plus courtes, sont de régime torrentiel et réunissent les caractéristiques typiques d'une fiumara : ils s'écoulent dans des gorges encaissées avant de se déverser dans les plaines alluviales en de larges lits caillouteux, asséchés la majeure partie de l'année mais qui peuvent se remplir brusquement par temps de fortes pluies ou d'orages. Enfin, il existe de nombreux lacs artificiels, principalement sur le plateau de la Sila, dont les plus vastes sont l'Ampollino, l'Arvo, le Cecita, l'Angitola et le Passante.

Géologie

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Carte géotectonique de la Méditerranée centrale et de l'arc calabrien.

En géologie, la mention de Calabre se réfère généralement à l'« arc calabrien », parfois appelé arc « calabro-péloritain ». Il désigne la chaîne de montagnes semi-circulaire qui s'étend du sud de la Basilicate jusqu'au nord-est de la Sicile en incluant les monts Péloritains. Le sous-sol de la Calabre est principalement constitué de roches cristallines et métamorphiques de l'ère paléozoïque, recouvertes de sédiments successifs d'origine néogènes. Les roches du substrat sont constituées de différentes unités tectoniques (ou couches) superposées les unes aux autres ainsi qu'à celles des Apennins méridionaux et des Maghrébides siciliennes.

L'évolution géotectonique du système néogène de la Méditerranée centrale est caractérisée par un glissement de l'arc calabrien vers le sud-est, ce qui a permis l'ouverture du bassin tyrrhénien. L'avant-pays de ce système est formé par les promontoires de la plaque africaine : les plates-formes Apula et Ibleo. La mer Tyrrhénienne est le bassin d'arrière-arc de ce processus de subduction, où les « microplaques » d'affinités africaine se positionnent au-dessous des microplaques d'affinités européenne (arc calabrien).

Le risque sismique en Calabre est élevé[6].

Climat

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Capo Vaticano.
Sila.

Le climat de la Calabre est méditerranéen. La côte ionienne est plus aride et plus sèche que la côte tyrrhénienne, qui présente un climat plus doux. Généralement, les températures ne s'abaissent jamais sous les 10 °C et n'excèdent que ponctuellement les 40 °C (pointes de 42 à 44 °C pendant les mois d'été) sur le littoral. Dans les massifs à l'intérieur des terres, du Pollino à l'Aspromonte en passant par la Sila, qui sont le prolongement méridional des Apennins, le climat continental est beaucoup plus rude avec des hivers froids et neigeux et des étés chauds et parfois orageux. Il convient également de noter l'existence d'amplitudes thermiques quotidiennes anormalement élevées pour la région dans la vallée du Crati où, l'hiver, d'abondantes chutes de neige peuvent survenir alors même qu'étant située à basse altitude.

Les stations météorologiques présentes dans la région et officiellement reconnues par l'Organisation météorologique mondiale sont :

  • Bonifati
  • Calopezzati
  • Capo Spartivento
  • Catanzaro
  • Cosenza
  • Crotone-Isola di Capo Rizzuto
  • Lamezia Terme
  • Monte Scuro
  • Punta Alice
  • Gioia Tauro
  • Reggio Calabria
  • Vibo Valentia
  • Bianchi

Flore

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Pin de Bosnie.

La diversité climatique au sein de la Calabre confère à la région une végétation diversifiée. Du littoral jusqu'à 600 m d'altitude (niveau méditerranéen), le maquis méditerranéen prédomine avec ses oliviers, ses chênes verts et d'autres plantes typiques du bassin de la Méditerranée. De 700 m jusqu'à 1 000 m d'altitude (basse montagne), une végétation transitionnelle se développe : ce sont désormais les châtaigniers et les autres chênes qui dominent le paysage. Au-delà de 1 000 m d'altitude (moyenne montagne) prédominent les essences typiques du climat montagnard, à savoir le hêtre, le sapin blanc et le pin de Bosnie. Dans les Serres calabraises, la végétation montagnarde se développe, en certains points, dès les plateaux de 800 m d'altitude. Le pin de Bosnie (Pinus heldreichii), emblème incontesté du parc national du Pollino, ne pousse nulle part ailleurs que dans les Balkans.

Toponymie

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Carte de l'« Italie », qui correspondait à la Calabre actuelle selon les Grecs.

À l'époque augustéenne de l'Empire romain, la Calabre actuelle est nommée Bruttium, du nom du peuple qui l'occupe alors. Plus tôt encore, vers le XVe siècle av. J.-C., ces terres étaient connues sous la dénomination d'Italia, d'après la population des Italói, ramification des Œnôtres. Selon les Grecs, ce nom proviendrait de Ouitoulía, terme par lequel les colons achéens arrivés en actuelle Calabre désignaient les Vituli, peuplade qui habitait les terres au sud de l'isthme de Catanzaro et dont l'ethnonyme est étymologiquement lié au mot désignant le taureau, animal sacré et déifié par ce peuple : le grec italós, lui-même d'origine italique, provient de l'osco-ombrien uitlu, qui signifie taureau (apparenté au mot latin uitellus qui, suivi d'un suffixe diminutif, désigne le veau). Ouitoulía en vint ainsi à signifier « terre des Vituli » ou « terre des taureaux ». À l'appui de cette hypothèse, il existe dans la partie méridionale de la péninsule calabraise, où s'est développée la plus importante civilisation italique jusqu'à l'avènement de Rome, de nombreux toponymes d'origine grecque antique (retranscrits en latin par les Normands) renvoient probablement à des noms plus anciens évoquant les taureaux (ou les bovidés) : Bova, Bovalino, Taurianova, Gioia Tauro, etc.

Le nom Calabria désignait à l'origine la péninsule du Salento, qui était incluse dans la Regio II Apulia et Calabria, tandis que la Calabre actuelle formait la Regio III Lucania et Bruttii aux côtés de la Basilicate. Des siècles plus tard, lorsque les deux péninsules ont été réunies sous l'administration byzantine, le nom Calabria a été employé pour désigner les deux régions sans distinction ; par la suite, consécutivement à la perte des possessions byzantines du Salento au profit des Lombards, le toponyme n'a plus été utilisé que pour désigner l'actuelle péninsule calabraise, qui a conservé le nom. Au cours du bas Moyen Âge et à l'époque moderne, le terme Calabria est souvent employé sous la forme Calabrie (le -e est marqueur de pluriel en italien) en raison de la division du territoire en deux provinces napolitaines : Calabria Ulteriore et Calabria Citeriore.

Le nom Calabria vient de Calabrī, à mettre en relation avec les Γαλάβριοι (Galábrioi) de la péninsule balkanique (dont dérive peut-être l'ethnonyme des Calabrī). Ce terme semble être apparenté à une racine préromaine *cal-/cala- ou *calabra-/galabra-, qui apparaît également dans les mots italiens calaverna et calabrosa, ainsi que dans calabria, nom commun du lagopède alpin (Lagopus muta), et signifierait donc « rocher », « concrétion calcaire ou glacée ». Afin d'appuyer cette thèse, Latham (1859) rapporte que des tribus dénommées Galabrī ou Calabrī ont peuplé les régions orientales de l'actuel Kosovo, riches en gisements miniers d'or et d'argent. Il affirme également que Calabrī est le nom par lequel ont été dénommés les Iapyges, tant en Italie que dans les Balkans, et que ce n'est qu'a posteriori que les Messapiens et les Calabrī seront collectivement désignés comme des Iapyges.

Une autre hypothèse fait plutôt remonter le nom de la Calabre au grec ancien kalón-bryōn (« [terre] d'où surgit le bien/la beauté »), en référence à la fertilité du territoire qu'il désigne. Francesco Grano da Cropani, poète et historien du XVIe siècle, y fait référence dans son poème De situ laudibusque Calabriae[7], dans lequel, en louant les beautés naturelles de la Calabre, il mentionne l'existence présumée de l'origine étymologique susmentionnée (« […] s'il est vrai qu'en grec le terme kalón signifie beau, et bryōn indique jaillissement […] »)[8].

Histoire

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Préhistoire

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Gravure préhistorique représentant un Bos primigenius dans la grotte du Romito, à Papasidero.

Les premières attestations de présence humaine en Calabre remontent au paléolithique ainsi qu'en témoignent les trouvailles des grottes de Praia a Mare, la peinture pariétale représentant un Bos primigenius, figure de bovidé gravée dans la roche il y a près de 12 000 ans dans la grotte du Romito, à Papasidero, ainsi que les activités d'extraction minière dans la grotta della Monaca, à Sant'Agata di Esaro. À l'ère des métaux, un nouveau flux migratoire fait son apparition en Calabre. Les principaux établissements attestés datant de cette époque sont le complexe de Torre Galli, près de Vibo Valentia, une nécropole datant de l'âge du fer mise au jour au cours de fouilles archéologiques menées près de Roccella Ionica à la fin des années 1960 ainsi que la nécropole d'un village protohistorique datant des XIe et Xe siècles av. J.-C. révélée dans les années 1950 non loin de Contrado Ronzo, à Calanna. La plupart des artefacts retrouvés sur ces sites sont conservés au musée national de la Grande-Grèce à Reggio de Calabre. Près de Girifalco, à Carìa, une nécropole datant du néolithique supérieur a été mise au jour à la fin du XIXe siècle par l'historien et archéologue Armando Lucifero, qui a découvert le dénommé crâne de Carìa[9].

Mythes

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D'après un mythe local, Aschenez, arrière-petit-fils de Noé, marchand sémite et inventeur du bateau à rames, aurait débarqué trois générations après le déluge universel sur les rives où sera fondée Reggio.

Plus tard, dans un mythe grec, environ 850 ans avant la guerre de Troie, Œnotros et Peucetios, tous deux originaires du Péloponnèse et ancêtres respectifs des Œnôtres et des Pélasges, seraient arrivés en Ausonie, contrée déjà peuplée par les Ausones.

Selon la légende, Œnotros aurait régné pendant 71 ans et à sa mort lui aurait succédé son fils, Italos (décrit par Denys d'Halicarnasse comme un « homme fort et sage »), régnant sur les Italòi[10], la population qui occupait les terres situées au sud de l'isthme de Catanzaro, correspondant aux actuelles provinces de Catanzaro, Vibo Valentia et Reggio de Calabre, d'où l'Ausonie aurait reçu le nouveau nom d'« Italie » comme le rapportent Thucydide (« cette région nommée Italia d'après Italos, roi d'Arcadie ») et Virgile (Énéide, III). Nous savons néanmoins par Denys d'Halicarnasse (1 11.2-4 ; 12.1) et Diodore de Sicile que les Ausones étaient déjà installés dans les alentours de Reggio vers le XVIe siècle av. J.-C.

Période italique

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Les populations précitées (Ausones, Œnôtres, Italòi, d'origine indo-européenne et italique appartenant au groupe latino-falisque) auraient principalement occupé le littoral. Les Lucaniens (indo-européens italiques appartenant au groupe osco-ombrien) vivaient plutôt dans la région qui a hérité de leur nom, la Lucanie, au nord de la Calabre. L'arrière-pays calabrais (plus tard appelé Bruttium par les Romains) était essentiellement peuplé par les Bruttiens (étroitement apparentés aux Lucaniens et réputés pour leur tempérament belliqueux) ainsi que par des populations d'origine ibérique. Le centre névralgique des Bruttiens était Cosentia, l'actuelle Cosenza, érigée en « capitale » par les différentes tribus composant la ligue bruttienne. Leurs terres seront conquises par les Romains, de même que le reste de la Grande-Grèce, en l'an 265 av. J.-C., mais ne seront définitivement pacifiées qu'à l'issue de la deuxième guerre punique, au cours de laquelle ses habitants se rebellent contre Rome et nouent une alliance avec Hannibal, à l'issue de laquelle Bruttiens et Carthaginois sont défaits par la République romaine.

Antiquité grecque

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Articles connexes : Grande-Grèce et Bruttiens.
Cap Colonna.
Vestiges de remparts grecs sur le bord de mer de Reggio de Calabre.

L'arrivée des Grecs sur les côtes calabraises fut d'une importance fondamentale dans l'histoire de la région puisque, après avoir arraché leurs terres aux Lucaniens (contraints de se réfugier dans l'arrière-pays ou au nord de la Calabre), ils se sont mêlés aux autres peuples autochtones pour donner naissance à une culture mixte gréco-italique extrêmement riche qui va prospérer tout au long des siècles à venir. Les Grecs fondèrent des colonies si florissantes qu'elles recevront plus tard le nom de Magna Græcia (Grande-Grèce) et que certaines d'entre elles surpasseront même en puissance leurs propres métropoles.

En effet, à partir du VIIIe siècle av. J.-C., les cités qui composent la Grande-Grèce vont bourgeonner et se multiplier le long des côtes, à l'instar de Rhêgion, Kroton, Locri Épizéphyre, Metauria et Sybaris, et les habitants de ces cités vont fonder à leur tour de nombreuses sous-colonies telles que Kaulon, Hipponion, Medma, Terina et Skylletion.

L'histoire des poleis de la Grande-Grèce a vu Rhêgion rayonner politiquement et économiquement en tant que maîtresse du détroit de Messine et du sud de la Calabre tandis que Locri Épizéphyre s'imposait dans le centre de la région et Kroton au nord. Les trois puissances régionales entretiennent des relations ambiguës, alternant entre alliances et conflits militaires.

C'est à Locri Épizéphyre que les premières lois écrites en Europe sont promulguées par Zaleucos[11].

Par la suite, sous la pression des populations italiques, Bruttiens et Lucaniens (qui finirent par conquérir la plupart des poleis), les nombreuses dissensions entre les cités et enfin l'avènement des Romains auront raison de la stabilité des cités de la Grande-Grèce et leur civilisation entama un déclin.

Antiquité romaine

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Théâtre de Locri Épizéphyre.
Naniglio, Gioiosa Ionica.

Après la conquête romaine au IIIe siècle av. J.-C., la Calabre prit le nom de Bruttium mais, à l'exception de quelques cités alliées donc non soumises à l'autorité directe de Rome, la région n'a guère pu retrouver son niveau de prospérité d'antan. Les poleis de la Grande-Grèce ont donc cédé leur puissance régionale au profit de Rome par le biais d'alliances (dans le cas de Rhêgion) ou d'une colonisation latine (dans celui de Locri Épizéphyre, de Kroton et des autres cités de moindre importance). Deux nouvelles colonies de droit latin sont fondées : Copia, en 194 av. J.-C., et Vibo Valentia, en 192 av. J.-C. Cette dernière acquiert une grande importance à partir du Ier siècle av. J.-C. lorsqu'elle accueille les armées et les flottes de César puis d'Auguste. Appien l'a mentionnée comme l'une des cités italiennes les plus illustres de son temps. De fait, le seul bastion de la langue et de la culture helléniques demeure Rhegium (siège du Corrector, gouverneur de la province de Lucania et Bruttii), dont le port est relié à Rome par la Via Popilia ; tandis que les Bruttiens occupent les colonies romaines de Cosentia, Vibo Valentia, Locri, Kroton et Copia. Scolacium (près de l'actuelle Catanzaro) est dotée d'une certaine importance durant l'Antiquité tardive puisqu'elle est, en l'an 507 apr. J.-C., le siège du Corrector, gouverneur de la province de Lucania et Bruttii.

Moyen Âge

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Duché byzantin de Calabre

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Article détaillé : Duché de Calabre (Empire byzantin).
Le thème, ou duché de Calabre.

À la suite de la chute de l'Empire romain d'Occident, la Calabre est dévastée par la guerre des Goths qui oppose les Goths aux Byzantins, sortis victorieux du conflit. Peu après, en raison de l'invasion lombarde, les Byzantins perdent une grande partie de l'Italie dont le nord de la Calabre. Les territoires du Bruttium restés byzantins sont rattachés au Salento pour former le duché de Calabre, intégré au thème de Sicile. L'Italie byzantine est donc administrée comme suit : le thème de Longobardie, avec Bari pour capitale et, une fois la Sicile tombée aux mains des Arabes, le thème de Calabre, avec pour capitale la ville de Reggio. C'est donc ce second thème qui a hérité du nom de Calabria, utilisé autrefois pour désigner la péninsule du Salento ; avec l'extension des conquêtes byzantines, un nouveau thème voit le jour, la Lucanie, qui englobe une partie du nord de la Calabre actuelle.

Au cours du haut Moyen Âge, les habitants des côtes sont repoussés vers l'intérieur des terres par les épidémies et les incursions de pirates, véritable fléau des cités littorales qui se poursuivra jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Ainsi, de nombreuses places fortes sont édifiées à cette époque dans les collines et les montagnes de l'arrière-pays calabrais, constituées de villages perchés en des positions suffisamment reculées et inaccessibles pour pouvoir repérer à temps les navires ennemis et bloquer promptement les voies d'accès aux centres habités.

Cette période historique voit l'apogée du cénobitisme avec l'apparition d'innombrables églises, ermitages et monastères où des moines basiliens consacrent leur vie à la transcription de textes classiques et religieux rédigés en grec ancien.

Aux IXe et Xe siècles, la Calabre, terre frontalière entre les mondes byzantin et arabe depuis l'incorporation de la Sicile au deuxième, est particulièrement sujette aux raids et escarmouches qui dépeuplent ses côtes. Toutefois, elle se couvre à la même époque de grands monastères, véritables phares de la civilisation byzantine, fréquentés par un certain nombre de moines qui deviendront saints (Nil de Rossano, Grégoire de Cerchiara, etc.).

Selon André Guillou, c'est également sous la domination byzantine que la Calabre devient, à la fin du IXe siècle, l'une des premières régions d'Europe à pratiquer la sériciculture (production de soie), permise par l'introduction en Italie de la culture du mûrier dont les feuilles nourrissent les vers à soie. Vers 1050, le thème de Calabre aurait compté 24 000 mûriers et leur nombre tendait à augmenter.

Alors que la culture du mûrier en était à ses balbutiements dans le reste de l'Italie, 50 % de la soie européenne était déjà produite en Calabre. La croissance de cet arbre étant rendue difficile en Europe du Nord et centrale à cause d'un climat moins favorable, des marchands originaires de ces régions achetaient la matière première en Calabre et la transformaient eux-mêmes pour la revendre à meilleur prix. Les artisans génois exploitaient la soie calabraise pour produire leurs velours.

Cours normandes et royaume de Sicile

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Le long conflit arabo-byzantin prend fin dans la région avec sa conquête par la maison normande des Hauteville (Altavilla en italien). L'an 1061 consacre en effet la Calabre comme territoire normand partagé entre Robert Guiscard, duc de Calabre, et Roger, comte de Calabre, bien que de facto la région continue d'être gouvernée par des notables byzantins d'origine locale. De là, les conquérants étendent leur domination jusqu'aux Pouilles, mettant définitivement fin à la présence byzantine en Italie.

  • Robert confirme le rôle de Reggio en tant que capitale du duché d'Apulie et de Calabre et siège du giustizierato calabrais, dont il s'auto-proclame duc ;
  • À la même époque, Cosenza devient la capitale du giustizierato du Val di Crati et de la Terra Giordana, et sera l'une des résidences du duc Roger II, qui s'y fera édifier un château ;
  • Roger, quant à lui vassal de son frère, est nommé comte de Calabre et réside à Mileto.

Robert Guiscard est investi duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile le 23 août 1059 par le pape Nicolas II. On rapporte qu'il aurait alors prononcé les paroles suivantes : « Par la grâce de Dieu et de saint Pierre, duc d'Apulie et de Calabre et, s'ils continuent à m'assister, futur seigneur de Sicile ».

En 1098, le pape Urbain II investit Roger du rôle de nonce apostolique et la maison de Hauteville pose les fondements ce qui évoluera vers les royaumes de Sicile, de Naples puis des Deux-Siciles, qui règneront sur la Calabre jusqu'à l'unification de l'Italie.

De 1130 à 1194, la Calabre et le royaume de Sicile sont aux mains de la maison de Hauteville. L'empereur romain germanique Henri VI finit par conquérir le royaume et l'assujettit à la dynastie souabe (1194-1266), dont le plus éminent des souverains sera Frédéric II.

En 1147, pendant la deuxième croisade, Roger II assiège Corinthe et Thèbes, deux pôles importants de la production de soie byzantine, et capture leurs maîtres tisserands avec leurs équipements pour fonder de nouvelles filatures en Calabre.

Périodes angevine et aragonaise

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Château de Gioiosa Ionica.

En 1266, le royaume de Sicile est conquis par Charles Ier d'Anjou qui transfère la capitale du royaume de Palerme à Naples, ouvrant le règne de la maison d'Anjou. C'est lors de cette période que le système féodal atteint son paroxysme. En réaction à la révolte des Vêpres siciliennes (1282), le royaume est divisé en deux : l'île de Sicile passe aux mains des Aragonais et la partie continentale demeure sous le contrôle des Angevins. Le début effectif de cette division est officialisé par la paix de Caltabellotta, en 1302, qui entérine l'appartenance de la province de Calabre au Regnum Siciliae citra Pharum (soit « royaume de Sicile situé avant le phare », ou royaume de Naples).

La maison d'Anjou, divisée entre les dynasties des Anjou-Durazzo et des Anjou-Valois, qui succèdent aux Capétiens, tiennent Naples jusqu'en 1442.

Entre-temps, à Catanzaro, le tissage prend une importance de plus en plus considérable. Les progrès des arts de la soie à cette époque sont attestés par la somptueuse tenture en velours vert brodée d'étoiles dorées dont la ville a fait don à Ladislas d'Anjou-Durazzo en 1397 en signe de gratitude pour l'exonération de certaines taxes sur la teinture. Cette pièce était d'une telle valeur que le roi l'utilisa pour tapisser la salle du trône du castel Capuano. La ville se verra accorder de nombreuses chartes et des privilèges de la part des souverains successifs grâce au savoir-faire de ses maîtres tisserands.

À la dynastie capétienne succède celle de la maison de Trastamare d'Aragon à la couronne de Naples. En 1442, Alphonse V d'Aragon conquiert les territoires des Angevins et accorde à Catanzaro le titre de capitale de la Calabre en réaction à l'attitude hostile de Reggio, qui a soutenu son adversaire René d'Anjou. Une vingtaine d'années plus tard, en 1465, Ferdinand Ier d'Aragon (Ferrante) restitue à Reggio son titre de capitale. S'il y a toutefois une ville calabraise qui bénéficie le plus de la domination aragonaise, c'est Cosenza, capitale judiciaire du royaume de 1494 à 1557. Elle devient la deuxième ville du royaume, après Naples, à avoir fait l'objet d'une cartographie complète et l'Accademia Cosentina, dont le membre le plus illustre fut sans l'ombre d'un doute Bernardino Telesio, que Francis Bacon qualifia de « premier des philosophes modernes », est fondée en 1511 par Aulo Giano Parrasio.

Plan de Monteleone di Calabria (actuelle Vibo Valentia) tracé en 1710.

Au XVe siècle, l'industrie de la soie de Catanzaro approvisionne toute l'Europe et fait l'objet d'un commerce très lucratif avec les marchands espagnols, vénitiens et génois à l'occasion des grandes foires. Catanzaro devient la capitale européenne de la soie et son élevage de vers se voit confier la responsabilité de produire la dentelle et le linge du Vatican. Ses soieries finement confectionnées lui permettent d'exporter velours, damas et brocarts. En 1519, l'empereur Charles Quint reconnaît formellement l'utilité publique de poursuivre le développement de cette industrie très rentable et permet à Catanzaro de mettre en place une corporation artisanale chargée de réglementer les différentes étapes du processus de production d'étoffes, dont l'âge d'or va s'étendre tout au long du siècle suivant.

Au XVIe siècle, la Calabre jouit d'un fort développement économique et démographique dû, essentiellement, à la croissance simultanée des tarifs et de la demande en soie, dont elle devient le premier marché méditerranéen.

La Calabre est divisée en deux provinces, la Calabre citérieure (ou Citra) et la Calabre ultérieure (ou Ultra), initialement gouvernées par un seul magistrat jusqu'en 1582, lorsque les deux provinces sont confiées à des gouverneurs distincts :

  • Celui de Calabre citérieure, installé à Cosenza, cité qui connaît alors un impressionnant épanouissement humaniste ainsi qu'une renaissance intellectuelle à un point tel qu'elle est surnommée « l'Athènes de la Calabre » ;
  • Celui de Calabre ultérieure, installé à Reggio les dix premières années, de 1582 à 1592, puis à Catanzaro pendant 223 ans, de 1593 à 1816. Monteleone a également été capitale provinciale pour une brève période.

Période moderne

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Le royaume de Naples subit par la suite plusieurs dominations étrangères : dynasties des Habsbourg, d'Espagne et d'Autriche, et des Bourbons, ainsi que, pour une courte période, un frère et un général de Napoléon, respectivement Joseph Bonaparte et Joachim Murat, ce dernier finissant par ailleurs exécuté dans la ville de Pizzo.

En 1806, sous le règne de Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, la Calabre et la Basilicate se soulèvent contre l'occupation napoléonienne avec le soutien de la flotte et des troupes anglaises lors de l'épisode connu sous le nom d'« insurrection calabraise ». Cette révolte se nourrit du sentiment populaire anti-français mais favorable aux Bourbons, et réunit pendant deux ans sous une même bannière des soldats de métier comme de simples bandits. La répression de cette insurrection est confiée aux généraux André Masséna et Jean Maximilien Lamarque, qui provoquent une véritable effusion de sang, notamment lors du massacre de Lauria perpétré par les soldats de Masséna[12].

Époque contemporaine

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Provinces du royaume des Deux-Siciles.
Garibaldi blessé dans l'Aspromonte.

L'Aspromonte, région montagneuse du sud de la Calabre, dans la province de Reggio, fut le théâtre de l'une des plus célèbres batailles du Risorgimento, au cours de laquelle Giuseppe Garibaldi fut blessé. Il est toujours possible d'apercevoir l'arbre creux dans lequel, d'après la tradition, Garibaldi se serait assis en attendant de recevoir des soins, à Gambarie, près de Reggio. Dans la même période, des mouvements libéraux et patriotiques se manifestent à Cosenza, le plus connu étant celui du 15 mars 1844, qui se solde par un échange de tirs sur le largo dell'Intendenza entre soldats bourbons et 21 patriotes qui seront condamnés à mort (seuls six d'entre eux seront effectivement exécutés). Les frères Bandiera, inspirés par cette révolte, volent au secours de leurs « frères calabrais » depuis Venise et finissent par être fusillés avec sept autres officiers au vallon de Rovito le 25 juillet 1844. Ces événements vont radicaliser la population citadine de Cosenza, qui est très largement favorable à la lutte pour l'unification italienne, des guerres d'indépendance jusqu'à l'expédition des Mille. Garibaldi entre dans Cosenza le 31 août 1860 ; deux mois plus tard, un plébiscite confirme l'annexion des Deux-Siciles au royaume d'Italie (1861).

Sous le royaume d'Italie, la Calabre est divisée en trois entités administratives reprenant les forme des provinces siciliennes préexistantes de Catanzaro, de Cosenza et de Reggio. En 1947, la Calabre fait partie des 19 régions (20 depuis 1963 et la séparation du Molise et des Abruzzes) créées par l'article 131 de la Constitution de la République italienne. Cette création devient effective en 1970 et la région prend Catanzaro pour chef-lieu.

Population et société

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Ci-dessous figurent les listes des populations au sein des collectivités territoriales intermédiaires et des 30 communes les plus peuplées[13].

Démographie

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Le Palazzo del Governo de Cosenza, siège de la province la plus peuplée de la région.
PROVINCES DE CALABRE
Pos. Province/Ville métropolitaine Population Superficie (km²)
1 Cosenza 669 701 6 709,75
2 Reggio de Calabre 516 093 3 183,20
3 Catanzaro 340 446 2 415,45
4 Crotone 161 460 1 735,68
5 Vibo Valentia 149 511 1 150,64
Vue de Reggio de Calabre, ville la plus peuplée de la région.
COMMUNES
Article détaillé : Liste des communes de Calabre.
Pos. Commune Province/Ville métropolitaine Population Superficie (km²)
1. Reggio de Calabre Reggio de Calabre 170 567 239,04
2. Catanzaro Catanzaro 84 415 112,72
3. Corigliano-Rossano Cosenza 73 913 346,56
4. Lamezia Terme Catanzaro 67 041 162,43
5. Cosenza Cosenza 63 741 37,86
6. Crotone Crotone 58 179 179,83
7. Rende Cosenza 36 462 55,28
8. Vibo Valentia Vibo Valentia 31 032 46,57
9. Castrovillari Cosenza 20 734 130,64
10. Montalto Uffugo Cosenza 20 095 76,67
11. Gioia Tauro Reggio de Calabre 19 184 39,87
12. Acri Cosenza 18 760 200,63
13. Palmi Reggio de Calabre 18 024 32,12
14. Siderno Reggio de Calabre 17 562 31,86
15. Isola di Capo Rizzuto Crotone 17 424 126,65
16. Cassano all'Ionio Cosenza 16 465 159,07
17. San Giovanni in Fiore Cosenza 15 825 282,53
18. Taurianova Reggio de Calabre 14 811 48,55
19. Paola Cosenza 14 690 42,88
20. Rosarno Reggio de Calabre 14 369 39,56
21. Cirò Marina Crotone 14 000 41,68
22. Amantea Cosenza 13 837 29,46
23. Villa San Giovanni Reggio de Calabre 12 714 12,17
24. Locri Reggio de Calabre 11 855 25,75
25. Scalea Cosenza 11 313 22,56
26. Melito di Porto Salvo Reggio de Calabre 10 431 35,41
27. Polistena Reggio de Calabre 9 885 11,77
28. Cittanova Reggio de Calabre 9 756 61,98
29. Crosia Cosenza 9 664 86,20
30. Bisignano Cosenza 9 488 133,69

Immigration et minorités ethniques

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Articles connexes : Arberèches et Grikos.

Les ressortissants étrangers résidant dans la région sont au nombre de 92 996[14] et représentent 5,0 % de sa population.

2017
Pos. Nationalité Population
1 Drapeau de la Roumanie Roumanie 25 865
2 Drapeau du Maroc Maroc 15 313
3 Drapeau de l'Ukraine Ukraine 5 720
4 Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 5 115
5 Drapeau de l'Inde Inde 4 402
6 Drapeau de l'Albanie Albanie 2 798
7 Drapeau de la République populaire de Chine Chine 2 707
8 Drapeau des Philippines Philippines 2 568
9 Drapeau du Nigeria Nigeria 2 563
10 Drapeau du Pakistan Pakistan 2 436

Langues et dialectes

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Articles connexes : Calabrais, Arberèche, Griko et Gardiol.
« A voi fieri Calabresi

che accoglieste ospitali me straniero

nelle ricerche e indagini

infaticabilmente cooperando

alla raccolta di questi materiali

dedico questo libro che chiude nelle pagine

il tesoro di vita del vostro nobile linguaggio. »

(Gerhard Rohlfs, Dizionario dialettale della Calabria)

« À vous fiers Calabrais

qui m'avez accueilli moi étranger

dans mes recherches et investigations

coopérant sans relâche

dans la collecte de ces matériaux

je dédie ce livre qui dans ses pages renferme

le trésor vital de votre noble langage. »

La population calabraise présente aujourd'hui encore une variété d'identités culturelles qui se reflète dans l'ensemble des dialectes qui y sont parlées, dont les colorations locales et les caractéristiques singulières sont courantes. À l'instar de la plupart des autres dialectes italiens, la langue calabraise (ou plutôt les langues calabraises, celles du nord étant très distinctes de celles du reste de la région), ne dispose pas du moindre caractère d'officialité.

Dans le nord est parlé un dialecte dérivé de la langue napolitaine tandis que dans le centre et le sud de la Calabre, la multitude de dialectes locaux présente plus de similitudes avec le sicilien. En dépit de l'absence d'une unité réelle, l'ensemble des parlers vernaculaires de la région est tout de même souvent identifié comme étant du « calabrais ».

En raison des racines historiques multiples de la région, il est des zones en Calabre où l'on parle d'anciennes langues étrangères à l'origine qui se sont maintenues au fil des siècles. Il existe ainsi trois minorités linguistiques reconnues et protégées par l'État italien en Calabre : le gardiol, le griko et l'arberèche (arbërishtja). Dans certains des villages où vivent ces minorités, notamment les albanophones, où l'emploi de l'arberèche est encore très vivace, la signalisation des noms de rues bilingues est fort répandue.

Le gardiol est une variété d'occitan pratiquée dans l'isolat linguistique de Guardia Piemontese.

Diffusion de la langue grecque en Calabre.

Le griko, ou grec de Calabre, est parlé au sein de l'aire grécanique de la ville métropolitaine de Reggio de Calabre, dans les villages d'Amendolea (Amiddalìa), Bova (Vua), Bova Marina (Fundaca), Condofuri, Roccaforte del Greco (Vunì), Roghudi, ainsi que dans certains quartiers de Reggio de Calabre elle-même, principalement à San Giorgio Extra.

La langue arberèche de Calabre est une variété linguistique de l'albanais tel que parlé dans le sud de l'Albanie. La communauté arberèche (arbëreshë) est la plus importante minorité de la région (leur langue est officielle dans 33 villages répandus entre les provinces de Cosenza, Crotone et Catanzaro). Ce dialecte albanais est à l'origine d'une riche production littéraire moderne et contemporaine reconnue et étudiée en Albanie même ainsi que dans les autres États albanophones des Balkans.

Religions

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Carte des diocèses de Calabre.

Le christianisme est la religion la plus répandue dans la région. La grande majorité des chrétiens de Calabre sont de confession catholique de rite romain et le territoire régional coïncide avec la région ecclésiastique de Calabre, divisée en 11 diocèse et une éparchie répartis comme suit :

  • Archidiocèse métropolitain de Catanzaro-Squillace (585 000 hab.), qui a pour suffragants :
    • Archidiocèse de Crotone-Santa Severina ;
    • Diocèse de Lamezia Terme.
  • Archidiocèse métropolitain de Cosenza-Bisignano (719 000 hab.), qui a pour suffragants :
    • Archidiocèse de Rossano-Cariati ;
    • Diocèse de Cassano all'Ionio ;
    • Diocèse de San Marco Argentano-Scalea.
  • Archidiocèse métropolitain de Reggio de Calabre-Bova (735 000 hab.), qui a pour suffragants :
    • Diocèse de Locri-Gerace ;
    • Diocèse d'Oppido Mamertina-Palmi ;
    • Diocèse de Mileto-Nicotera-Tropea.
  • Éparchie de Lungro (pour la communauté albanaise).

La communauté albanaise est adepte de l'Église catholique, qu'elle professe toutefois selon le rite byzantin (Église catholique italo-albanaise).

Parmi les minorités chrétiennes de Calabre figurent les orthodoxes (essentiellement des immigrés d'Europe orientale) et les protestants (vaudois et pentecôtistes).

Enfin, des cas isolés de familles mormones et de témoins de Jéhovah sont présents dans la région.

Santé

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Carte des autorités sanitaires provinciales et des districts associés.

Le service public de santé de la Calabre est organisé en cinq « autorités sanitaires provinciales » (ASP) et trois « sociétés hospitalières ». Chacune des cinq ASP est à son tour divisé en rayons ou districts. Cette organisation territoriale a été créée à la suite de la loi régionale n°9 du 11 mai 2007[15], qui a fusionné les 11 « autorités sanitaires locales » en cinq autorités sanitaires provinciales. Voici la liste actuelle des ASP :

  • Autorité sanitaire provinciale de Catanzaro (districts de Catanzaro, Lamezia Terme, Soverato) ;
  • Autorité sanitaire provinciale de Cosenza (districts de Paola, Castrovillari, Corigliano Calabro, Rossano, Cosenza, Rende) ;
  • Autorité sanitaire provinciale de Crotone (districts de Crotone, Cirò Marina, Mesoraca) ;
  • Autorité sanitaire provinciale de Vibo Valentia (districts de Vibo Valentia, Serra San Bruno, Tropea) ;
  • Autorité sanitaire provinciale de Reggio de Calabre (districts de Reggio de Calabre-1, Reggio de Calabre-2, Palmi, Locri).

Crime organisé

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Article connexe : 'Ndrangheta.

L'organisation mafieuse de la 'Ndrangheta, active sur de larges portions du territoire calabrais, détient au moins 3 % du PIB italien en pratiquant trafic de drogue, extorsion d'argent et pizzo. Son chiffre d'affaires annuel global est d'environ 60 milliards d'euros (soit environ le double du PIB régional) et elle détient presque le monopole sur l'importation de drogues en Europe via le port de Gioia Tauro grâce à ses relations privilégiées avec les organisations criminelles latino-américaines[16].

Administration

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Palazzo degli Itali, siège de la junte régionale de Calabre (Catanzaro).
Palazzo Campanella, siège du conseil régional de Calabre (Reggio).

Depuis la mise en place des régions en 1970, la Calabre a été administrée par des coalitions fondés sur une cohabitation entre la Démocratie chrétienne et le Parti socialiste italien, avec une première phase à dominance démocrate-chrétienne et une seconde plutôt socialiste.

Le premier président du conseil régional a été Antonio Guarasci, suivi, après sa dernière année de la législature, par Aldo Ferrara, réélu pour un second mandat après une interruption d'environ un an sous la direction de Pasquale Perugini.

Au cours des troisième et quatrième législatures, la décennie 1980, la présidence est assumée par le PSI, d'abord sous le mandat de Bruno Dominijanni, puis avec Francesco Principe et enfin Rosario Olivo.

Sous la cinquième législature (1990-1995), période de transition au niveau national entre la Première et la Seconde République, le gouvernement reprend une direction démocrate-chrétienne avec Guido Rhodio et Donato Veraldi, qui incarnent la transition vers le Parti populaire italien.

En 1995, alors que la situation politique et électorale est désormais marquée par le bipartisme, c'est la coalition de centre-droit qui remporte les élections, désignant comme président Giuseppe Nisticò (1995-1998), puis Giovambattista Caligiuri (1998-1999), ambassadeurs de Forza Italia. À la fin de la législature, cependant, un revirement de situation remodèle la majorité au conseil régional et la junte passe aux mains de la centre-gauche, qui porte à la présidence Luigi Meduri, adhérant au Parti populaire.

En 2000, avec la mise en œuvre du nouveau système électoral qui prévoit l'élection directe du président de la région et la présentation de coalitions déjà constituées lors du scrutin, c'est le pôle de centre-droit mené par Giuseppe Chiaravalloti, magistrat désigné par Forza Italia, qui l'emporte et gouverne la région pendant toute la quinquennale.

En 2005, la présidence est assumée par Agazio Loiero, initialement membre de la Margherita, qui dirige la coalition de centre-gauche. Loiero est désigné candidat à la présidence par son camp à l'issue d'une consultation entre les membres des différents partis de la coalition.

En 2010, Loiero est battu par Giuseppe Scopelliti, maire de Reggio et électeur du Peuple de la liberté, qui dirige un conseil régional de centre-droit jusqu'à sa démission en 2014, lorsque les élections anticipées sont remportées par Mario Oliverio, du centre-gauche.

En 2020, les élections régionales sont remportées par la candidate de centre-droit Jole Santelli, membre de Forza Italia, qui devient la première femme présidente de la région, ainsi que la deuxième femme présidente d'une région du sud de l'Italie.

Jole Santelli décède en cours de fonction le 15 octobre 2020. Les fonctions présidentielles sont alors assumées par le vice-président, Antonino Spirlì, membre de la Lega, jusqu'aux élections des 3 et 4 octobre 2021, qui consacrent la victoire de Roberto Occhiuto, membre de Forza Italia.

Le siège du conseil régional est situé au Palazzo degli Itali, dans la citadelle régionale Jole-Santelli, sur le viale Europa à Catanzaro (quartier d'affaires), tandis que le siège du conseil régional se trouve au Palazzo Campanella, via Cardinale-Portanova à Reggio de Calabre.

Le conseil régional de Calabre est actuellement composé comme suit :

XIIe législature - Conseil Occhiuto
Nom Parti Charge Délégations Province
Roberto Occhiuto FI Président du Conseil Cosenza
Giuseppina Princi FI Vice-présidente du Conseil Éducation, enseignement supérieur, travail et réinsertion professionnelle, gestion du développement économique de la ville métropolitaine de Reggio de Calabre Reggio de Calabre
Gianluca Gallo FI Agriculture, environnement, vie rurale Cosenza
Giovanni Calabrese FdI Tourisme, commerce et transports Reggio de Calabre
Emma Staîne Lega Politiques sociales Reggio de Calabre
Rosario Vari FI Développement économique Vibo Valentia
Filippo Pietropaolo FdI Bureaucratie et ressources humaines Catanzaro
Mauro Dolce Indépendant Infrastructures et travaux publics

Subdivisions administratives

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Carte des provinces de Calabre.

Depuis le 1er janvier 1948, conformément à l'article 131 de la Constitution italienne, la Calabre est une région à statut ordinaire de la République italienne, mais ce n'est qu'avec la loi n° 281 que ses fonctions ont été mises en œuvre en 1970.

PROVINCES DE CALABRE
Province Nombre de communes Population Superficie Site web
Catanzaro 80 340 679 2 415,45 https://www.provincia.catanzaro.it
Cosenza 150 668 992 6 709,75 http://www.provincia.cosenza.it
Crotone 27 160 775 1 735,68 http://www.provincia.crotone.it
Reggio de Calabre 97 516 601 3 210,37 https://www.cittametropolitana.rc.it
Vibo Valentia 50 149 899 1 150,64 https://www.provincia.vibovalentia.it
Drapeau de la région de Calabre Calabre 404 1 836 946 1 5221,90 http://www.regione.calabria.it

Héraldique

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Bannière de Calabre.

Les armoiries de Calabre (approuvées et adoptées dans leur version définitive par décret du 15 juin 1992) sont ornées de quatre symboles représentant la région dans un cadre ovale :

  1. le pin de Bosnie (Pinus nigra)
  2. le chapiteau dorique
  3. la croix grecque
  4. la croix potencée

Économie

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La Calabre est l'une des régions italiennes les plus pauvres malgré les revenus élevés de son économie souterraine, dont l'ampleur n'est pas quantifiable. L'omniprésence de l'une des principales organisations criminelles du pays, l'éloignement relatif des grands marchés du nord et le manque d'infrastructures dû à la faible influence locale des institutions étatiques fragilisent en effet considérablement le tissu économique calabrais, inconstant car trop dépendant des variations économiques.

Divers secteurs tirent un grand profit des revenus engendrés par le tourisme estival, en plein essor sur le littoral calabrais, notamment la côte ionienne de la province de Catanzaro ainsi que la côte tyrrhénienne de la ville métropolitaine de Reggio de Calabre, de la province de Cosenza et surtout de Vibo Valentia. Plus discret, le tourisme d'hiver se développe peu à peu dans la Sila.

Agriculture

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Exploitation et urbanisation du territoire calabrais (foreste : forêts ; colture : cultures agricoles ; pascoli : pâturages ; insediamenti : urbanisation ; acqua : eau ; non produttivo : terre inculte).

Le secteur primaire (agricole) prévaut en Calabre grâce aux cultures de l'olivier (deuxième région oléicole d'Italie derrière les Pouilles), la vigne et les agrumes.

La région est à l'origine d'environ un quart de la production italienne d'agrumes[17] ; la région concentre ainsi 62 % de la production nationale de clémentines ainsi que la quasi-totalité de la production de bergamotes et de cédratiers (98 % du total)[18],[19]. Cette dernière se pratique quasi exclusivement entre les communes de Tortora, Santa Maria del Cedro et Diamante, sur la façade tyrrhénienne de la province de Cosenza, connu sous l'appellation touristique de Riviera dei Cedri ; quant à la bergamote, elle est produite exclusivement sur la bande côtière de la ville métropolitaine de Reggio de Calabre[20],[21]. Les clémentines de Calabre sont cultivées dans les différentes plaines de la région : plaine de Sibari et Corigliano, en province de Cosenza, plaine de Lamezia, en province de Catanzaro, plaine de Gioia Tauro et Locride pour la ville métropolitaine de Reggio de Calabre, où le fruit jouit d'une indication d'origine protégée[22]. Le citron cultivé aux alentours de Rocca Imperiale bénéficie également d'une IGP.

La Calabre occupe la troisième place parmi les régions de l'UE en termes de surface terrestre consacrée à l'agriculture cultivée selon la méthode biologique (29 % de la surface agricole)[23].

L'oignon rouge de Tropea, qui bénéficie depuis 2008 d'un label IGP, est cultivée sur le littoral tyrrhénien des provinces de Vibo Valentia, Catanzaro et Cosenza[24].

Différentes variétés de figues sont cultivées en Calabre, dont la figue dottato de Cosenza, qui possède un label DOP[25]. Les dottato sont traditionnellement séchées et entrent dans la composition de nombreux desserts locaux. Le 30 avril 2019, la Gazzetta ufficiale del DDG classe la figue blanche dottato de Cosenza comme un produit d'excellence[26].

Y sont également cultivées en grand nombre les pêches et les nectarines. La majeure partie de la production s'écoule dans les marchés intérieurs tandis que les excédents sont exportées vers l'Europe du Nord, la Scandinavie et l'Allemagne[27]. La principale variété de pêche nectarine cultivée en Calabre est la merendella[28]. 60 ha de champs sont consacrés à sa culture, dont plus de 50 sont situés dans la plaine de Lamezia, le reste est dispersé sur la côte ionienne de la province de Catanzaro[29].

À Acconia, plus de 20 000 tonnes de fraises sont produites chaque année. 70 % de la production est exportée vers les marchés du Nord, où le produit est très prisé, tandis qu'environ un cinquième quitte les frontières italiennes[30].

La commune de Longobardi est quant à elle renommée pour sa variété locale d'aubergine, la melanzana violetta (aubergine violette), qui a reçu l'appellation De.C.O[31],[32].

Région montagneuse disposant de vastes étendues forestières, la Calabre est la première région italienne exportatrice de cèpes[33].

Sur les hauts plateaux de la Sila est cultivée la patata della Sila (IGP)[34], aux origines anciennes et ayant de longue date joué un rôle crucial dans l'alimentation des habitants de ces montagnes. Les forêts calabraises sont également propices à la croissance du châtaignier[35].

La culture de la noisette se déploie entre les communes de Cardinale, Simbario et Torre di Ruggiero[36]. Le cultivar dominant dans la région est la tonda calabrese bien que de faibles proportions de tonda romana et de tonda di Giffoni y soient également cultivées.

La Calabre possède une tradition séculaire de production de réglisse, dont elle est la première région productrice en Italie. La liquirizia (réglisse) de Calabre est même protégée par un label DOP depuis 2011[37].

Le safran est cultivé dans la province de Cosenza ainsi qu'en ville métropolitaine de Reggio de Calabre[38].

Entre les communes de San Floro et de Cortale, province de Catanzaro, la tradition de la sériciculture qui a fait la richesse de la région par le passé s'est perpétuée et les mûriers, dont les feuilles servent à nourrir les vers à soie, y sont toujours cultivés en abondance.

Le principal marché agricole de la région se trouve à Catanzaro. Les élevages ovins et caprins sont plus amplement diffus dans les montagnes calabraises. Il existe aussi de nombreuses fermes bovines parmi lesquelles se distingue la vache de race podolica. Le pâturage du bétail a lieu toute l'année et une fois l'été venu survient la transhumance vers les montagnes de la Sila et du Pollino, qui conservent leur fraîcheur tout au long de l'année grâce à l'altitude. En octobre s'amorce la démontication des vallons jusqu'à la côte. La pêche est assez développée.

Artisanat

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L'art du tissage, ancré dans la région depuis des siècles, reste très productif en Calabre où, malgré le recul socio-économique lié à ce secteur, certains pôles d'excellence perpétuent cette tradition en travaillant soie, laine, coton, lin, gênet et chanvre[39],[40]. Encore répandue aujourd'hui sur tout le territoire régional, avec des caractéristiques qui varient d'une zone à l'autre, c'est peut-être la production artisanale qui, mieux que toute autre, représente les différentes « âmes » culturelles de la région. San Giovanni in Fiore et Longobucco, vieux bourgs de la Sila, sont réputées pour leurs tapis, draps et tapisseries fabriqués en suivant d'antiques méthodes similaires à celles ayant cours en Orient[41],[42]. L'ozaturu est le linge traditionnel et coloré qui couvre les lits conjugaux, fabriqué par les métiers à tisser calabrais.

La province de Catanzaro possède une longue tradition dans les domaines du tissage et de la broderie, notamment en soie. Depuis quelques années, cette activité connaît un regain d'essor ainsi qu'un engouement auprès des jeunes générations[43],[44]. Les villages de Tiriolo et Badolato se sont spécialisés dans la fabrication du vancale[45], châle en laine ou en soie traditionnellement porté par les femmes calabraises depuis l'Antiquité et toujours porté aujourd'hui à l'occasion des tarentelles. La confection de dentelles aux fuseaux finement travaillées est également pratiquée de longue date à Tiriolo.

À Bisignano, une industrie locale de fabrication de luths se transmet de génération en génération depuis le XVIIe siècle[46] tandis qu'à Seminara, Squillace et Gerace, la production traditionnelle de céramique se poursuit depuis le temps de la Grande-Grèce.

Crotone préserve une activité traditionnelle du travail et de transformation de l'or. De nombreux maîtres orfèvres tels que Gerardo Sacco et Michele Affidato réalisent de précieux objets en or ou en argent. L'art de l'orfèvrerie à Crotone est également l'un des héritages de la colonisation grecque. L'orfèvrerie artisanale s'est enracinée dans les traditions locales comme en témoigne le travail du filigrane qui suit le style et les formes de bijoux traditionnels[47].

Les boutiques artisanales de Brognaturo se distinguent par leur art de la sculpture sur bois, destiné à la confection de pipes[48].

Le village de Stilo est renommé dans toute la région pour sa forte concentrations de maîtres artisans, brodeurs, tisserands et métallurgistes. Y sont tissées nappes et pezzare (tissus) vendues lors des foires artisanales d'été. Les gisements minéraux sont exploités depuis le règne des Bourbons. Ainsi, des mines de cuivre ont été exploitées à des fins militaires jusqu'à la Seconde Guerre mondiale (années 1930-1940) à Bivongi, municipalité de la ville métropolitaine de Reggio de Calabre. Des vestiges de cette activité minière sont exposés à l'écomusée de la vallée du Stilaro[49].

Industrie

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Callipo, entreprise multinationale spécialisée dans la production de conserves de thon, a son siège social à Maierato. Dans le même secteur, Intertonno Sardanelli siège à Pizzo Calabro.

Rossano est le siège de l'entreprise historique Liquirizia Amarelli, fondée en 1731, l'un des plus grands producteurs mondiaux de réglisse.

La plus ancienne usine textile de Calabre, le Lanificio Leo, fondé en 1873, est située à Soveria Mannelli. Elle entretient un monumental parc de machines de la fin du XIXe siècle toujours actives[50].

La Distilleria Caffo, spécialisée dans la production et la distribution d'alcools depuis 1915 est avant tout renommée pour son Vecchio Amaro del Capo, est établie à Limbadi.

Toujours dans le secteur agroalimentaire, Mangiatorella et Fontenoce commercialisent de l'eau minérale[51].

Créée en 1929 à Pianopoli, la Fornace Dipodi produit toutes sortes de briques et de matériaux de construction traditionnels, de blocs porteurs pour les zones sismiques, dalles, etc.

La grande usine de production graphique et de services logistiques du Gruppo Abramo est située à Caraffa, où elle occupe près de 3 000 employés.

Le centre d'embouteillement pour l'eau faiblement minéralisée d'Acqua Calabria est situé à Girifalco en raison de l'abondance des sources d'eau du mont Covello. C'est sur ce site que la boisson caféinée Brasilena est produite[52],[53],[54].

L'IOM, leader de l'industrie optique et productrice de lentilles ophtalmiques, opère à Rogliano.

Les industries pétrochimique, métallurgique et pharmaceutique sont en cours de développement à Crotone, Vibo Valentia et Reggio de Calabre[55].

Services

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Les principaux pôles tertiaires de la région sont, par ordre d'importance, Catanzaro, Lamezia Terme et Cosenza.

La Calabre est la région italienne avec la plus forte concentration d'avocats, avec une moyenne régionale de 6,8 avocats pour mille habitants[56].

Tourisme

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Tropea.
Le village de Scilla.
La Sila enneigée.
Parc national du Pollino.

La principale ressource touristique de la Calabre est son front de mer, qui se déploie sur 780 kilomètres de long entre les mers Tyrrhénienne, Ionienne et le détroit de Messine. Le faible développement industriel de la région ainsi que l'absence d'urbanisation de masse sur la majeure partie de son littoral ont permis la préservation d'un environnement maritime naturel voire sauvage en de nombreux endroits. L'attrait touristique de la région, qui a reçu la visite de 1 325 825 vacanciers italiens et 242 694 étrangers en 2007, est également renforcé par la présence de nombreux sites archéologiques, notamment à Reggio de Calabre, Locri, Palmi, Gioia Tauro, Crotone, Sibari et Roccelletta di Borgia.

À l'intérieur des terres, Cosenza préserve un patrimoine historique et culturel conséquent.

Le tourisme de montagne, en plein essor, se développe surtout dans les parcs nationaux de la Sila, de l'Aspromonte et du Pollino, où sont implantées les stations de ski de Camigliatello, Lorica, Gambarie et Zomaro.

PIB

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D'après un rapport établi par le ministère de l'Économie et des Finances en 2019, Catanzaro est la première ville de Calabre quant au revenu par habitant. Le revenu moyen per capita y est de 19 423 euros, elle est suivie par Cosenza, Vibo Valentia, Reggio de Calabre et Crotone. Le taux d'évasion fiscale et de travail non déclaré est néanmoins très élevé dans la région et, toujours d'après le ministère italien de l'Économie et des Finances, celui-ci avoisinerait les 50 % à Catanzaro ainsi qu'à Reggio.

Ci-dessous, un tableau présentant les PIB par habitant des chefs-lieux des provinces calabraises en 2021[57] :

PIB par habitant des chefs-lieux de province
Chef-lieu Province/Ville métropolitaine Revenu annuel par habitant (€)
Catanzaro Catanzaro 20 494
Cosenza Cosenza 20 064
Reggio de Calabre Reggio de Calabre 19 380
Vibo Valentia Vibo Valentia 19 240
Crotone Crotone 17 317

Chômage

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La Calabre est la troisième région italienne au taux de chômage le plus élevé, celui-ci s'élevait à 14,6 % en 2022[58].

Taux de chômage annuel en Calabre (2010-2022)
Année 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Taux de chômage (%) 11,9 % 12,7 % 19,4 % 22,3 % 23,4 % 22,9 % 23,2 % 21,6 % 21,6 % 21,0 % 20,1 % 17,9 % 14,6 %

Communications et transports

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La Calabre est reliée au reste de l'Italie par des chemins de fer, des autoroutes et des aéroports.

Transport routier

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La région est traversée dans toute sa longueur par une seule autoroute, qui fait office d'axe routier principal :

  • Carte de l'autoroute A2 et des principaux axes routiers de Calabre.
    l'autoroute A2 (Salerne-Reggio de Calabre), également appelée autoroute de la Méditerranée, représente l'artère routière principale de la Calabre, prolongement des autoroutes A1 et A30 qui la relient au reste de l'Italie. Elle longe la côte tyrrhénienne depuis Reggio de Calabre vers le nord de la région (en direction de la Basilicate) en passant par Vibo Valentia et Cosenza.

Elle est également desservie par deux strade statali (SS ou routes nationales) qui joignent les grandes villes de la région aux principaux centres urbains alentour :

  • la SS 18 Tirrena Inferiore relie Reggio à Naples en suivant l'itinéraire tyrrhénien de la Calabre, de la Basilicate et de la Campanie ;
  • la SS 106 Ionica relie Reggio à Tarente en suivant l'itinéraire ionien de la Calabre, de la Basilicate et des Pouilles.

Enfin, le territoire calabrais est parcouru de routes transversales ayant pour objectif de faciliter l'accès au versant ionien depuis l'autoroute A2 (qui longe la mer Tyrrhénienne) :

  • la SS 283 delle Terme Luigiane, qui relie Guardia Piemontese à Spezzano Albanese par le biais de la SS 534, relie les deux mers au sein de la province de Cosenza ;
  • la SS 534 di Cammarata e degli Stombi joint l'autoroute A2 à la SS 106 Ionica, dans les environs de Sibari ;
  • la SS 107 Silana Crotonese, qui relie Paola à Crotone en passant par Cosenza ;
  • la SS 280 dei Due Mari, qui débouche sur la SS 18 Tirrena Inferiore entre Lamezia Terme et Catanzaro ;
  • la SS 182 delle Serre Calabre relie les deux mers de Vibo Marina et Vibo Valentia à Soverato en traversant les montagnes des Serres. Actuellement en restructuration, elle doit être jointe par la nouvelle SS 713 Trasversale delle Serre ;
  • la SS 682 Ionio-Tirreno (Gioiosa-Rosarno) fait la liaison entre les deux mers dans la ville métropolitaine de Reggio de Calabre en reliant Marina di Gioiosa Ionica à la jonction de l'autoroute A2 à Rosarno.

Transport ferroviaire

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Réseau ferroviaire de Calabre.

Ferrovie dello Stato Italiane (littéralement « Chemins de fer de l'État italien ») :

  • Ferrovia Tirrenica Meridionale (Battipaglia-Reggio de Calabre) ;
  • Ferrovia Ionica (Tarente-Reggio de Calabre) ;
  • Lamezia Terme–Catanzaro ;
  • Paola–Cosenza ;
  • Sibari–Cosenza.

Ferrovie della Calabria (supprimées, excepté la première) :

  • Cosenza–Catanzaro ;
  • Cosenza–San Giovanni in Fiore ;
  • Gioia Tauro–Cinquefrondi ;
  • Gioia Tauro–Sinopoli.

Transport maritime

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  • Le port de Gioia Tauro, premier d'Italie et dixième en Europe.
    Le port de Reggio de Calabre.
    Le port de Villa San Giovanni.
    Le port de Gioia Tauro : infrastructure commerciale, il s'agit principalement d'un centre de transbordement, le premier port italien et le dixième d'Europe pour le trafic de marchandises[59]. Il possède également une vocation touristique[60] ;
  • Le port de Reggio de Calabre : siège de la gestion maritime de la région, infrastructure à caractère commercial et industriel avec une vocation touristique grâce à la navigation de plaisance, relié notamment à Messine, aux îles Éoliennes et à Malte. Avec 10 millions de passagers par an, il s'agit du premier port de la région et du deuxième d'Italie en termes de passages ;
  • Le port de Villa San Giovanni : exclusivement tourné vers le transport (routier comme ferroviaire) de passagers entre la Calabre et la Sicile ;
  • Le port de Vibo Marina : fonctions touristique, commerciale et industrielle ;
  • Le port de Crotone : bassins mercantile et de plaisance ;
  • Le port de Corigliano Calabro : grand port d'escales et de commerce ;
  • Le port de Palmi : port de pêche et d'escale pour les croisières, sur la Costa Viola, à l'est de la Tonnara ;
  • Le port de Catanzaro : essentiellement touristique ;
  • Le port de Cirò Marina : pêche et escale touristique ;
  • Le port de Tropea : essentiellement touristique ;
  • Le port de Cariati : pêche et tourisme ;
  • Le port de Scilla : pêche et tourisme ;
  • Les ports d'Isola di Capo Rizzuto et de Cetraro sont exclusivement orientés vers le secteur touristique.

Transport aérien

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Aéroport de Lamezia Terme.
Aéroport de Reggio de Calabre.
Aéroport de Crotone.

La région est dotée de trois aéroports civils (Stretto, Lamezia Terme et Crotone), un aéroport militaire et six aérodromes.

Aéroports civils

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  • L'aéroport de Lamezia Terme (SUF) : premier aéroport de Calabre et l'un des premiers du Mezzogiorno pour le trafic de passagers. Il effectue des liaisons régulières, tant avec le reste de l'Italie qu'avec l'étranger, et a l'avantage, grâce à sa localisation au centre de la région, d'être facilement accessible et de desservir toute la Calabre, voire les parties limitrophes des régions voisines ;
  • L'aéroport de Reggio Calabria (REG) : deuxième aéroport de la région en nombre de passagers, il dessert les villes métropolitaines de Reggio de Calabre et de Messine ;
  • L'aéroport de Crotone (CRV) : troisième aéroport de Calabre en nombre de passagers, il dessert la province de Crotone.
Trafic de passagers total des trois aéroports au cours des neuf dernières années
Année Passagers
2017 2 926 645
2016 3 226 593
2015 2 835 064
2014 2 933 519
2013 2 772 029
2012 2 934 326
2011 2 985 389
2010 2 568 663
2009 2 208 460

Aéroports militaires

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  • Aéroport et héliport militaire de Vibo Valentia.

Aérodromes

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  • Aérodrome Alicalabria (Rombiolo) ;
  • Aérodrome Cosenza (Bisignano) ;
  • Aérodrome Franca (Cotronei) ;
  • Aérodrome Pasquale Domestico (Castrovillari) ;
  • Aérodrome Scalea (Scalea) ;
  • Aérodrome Sibari Fly (Cassano all'Ionio).

Culture

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Enseignement supérieur

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Universités d'État

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  • Université de Reggio de Calabre.
    Université de Calabre (UNICAL), fondée en 1972, première université calabraise avec 24 185 étudiants inscrits[61]. Elle est implantée dans le hameau d'Arcavacata, au sein de la commune de Rende (agglomération de Cosenza) ;
  • Université Magna-Græcia de Catanzaro (UNICZ), fondée en 1998, elle compte 10 889 étudiants inscrits, ce qui en fait la deuxième université calabraise en termes de fréquentation. Le nouveau campus, nommé en hommage à Salvatore Venuta, est implanté dans le quartier de Germaneto, sur la commune de Catanzaro depuis 2004[62] ;
  • Université méditerranéenne de Reggio de Calabre (UNIRC), fondée en 1968, la plus ancienne université calabraise, elle compte 4 854 étudiants.

Universités privées

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  • Université pour étrangers « Dante-Alighieri » de Reggio de Calabre (UNISTRADA), créée le 17 octobre 2007, elle compte actuellement 602 étudiants inscrits.

Instituts d'art

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  • Académie des beaux-arts de Catanzaro (1970) ;
  • Académie des beaux-arts « Fidia » de Vibo Valentia ;
  • Académie des beaux-arts de Reggio de Calabre (1968) ;
  • Conservatoire « Fausto-Torrefranca » de Vibo Valentia, avec une antenne à Catanzaro ;
  • Conservatoire de musique « Stanislao-Giacomantonio » de Cosenza ;
  • Conservatoire de musique « P.I.-Tchaïkovsky » de Nocera Terinese ;
  • Conservatoire de musique « Francesco-Cilea » de Reggio de Calabre (1927).

Formation religieuse

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  • Séminaire pontifical régional « San Pio-X » de Catanzaro (1912) ;
  • Institut supérieur de Sciences religieuses « San Francesco di Sales » de Cosenza (1963)[63] ;
  • Séminaire archiépiscopal « San Pio-XI » de Reggio de Calabre (1565) ;
  • Institut supérieur de Sciences religieuses « Monsignor Vincenzo-Zoccali » de Reggio de Calabre (1975).

Recherche

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  • Institut de Recherche pour la Protection Hydrogéologique (IRPI), du Conseil national de la recherche (CNR), à Cosenza[64] ;
  • Institut d'Études Historiques (ISS) de Cosenza, fondé le 11 juillet 1970[65] ;
  • Institut de Technologie, Recherche et Développement de l'Ingénierie (ITM) de Rende, implanté sur le campus de l'université de Calabre.

Musées

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Le musée national de la Grande-Grèce à Reggio de Calabre.
Le musée diocésain de Rossano.

De nombreux musées témoignant des différentes phases de l'histoire calabraise (Grande-Grèce, Rome antique, Moyen Âge, Renaissance et période contemporaine) sont disséminés dans toute la région :

  • Musée archéologique national de Scolacium - Borgia ;
  • Musée archéologique national de Sybaris - Cassano all'Ionio ;
  • Musée des arts (MARCA) de Catanzaro ;
  • Musée d'histoire militaire Brigata Catanzaro - Catanzaro ;
  • Musées diocésains d'art sacré de Corigliano-Rossano, Oppido Mamertina, Reggio de Calabre (« Monsignor Aurelio-Sorrentino »), Santa Severina, etc. ;
  • Galerie nationale de Cosenza ;
  • Musée de plein air Bilotti - Cosenza ;
  • Musée des Bruttiens et des Œnôtres - Cosenza ;
  • Musée archéologique national - Crotone ;
  • Musée civique - Crotone ;
  • Musée archéologique Métauros - Gioia Tauro ;
  • Musée archéologique de Lamezia ;
  • Musée national de Locri Épizéphyre - Locri ;
  • Musée historique de la mine de Salgemma - Lungro ;
  • Musée-parc Santa Barbara - Mammola ;
  • Maison de la culture Leonida-Rèpaci - Palmi ;
  • Musée national de la Grande-Grèce - Reggio de Calabre ;
  • Musée San Paolo - Reggio de Calabre ;
  • Musée archéologique de Medma - Rosarno ;
  • Musée civique de l'économie, du travail et de l'histoire de la Sila - San Giovanni in Fiore ;
  • Musée archéologique national Vito-Capialbi - Vibo Valentia.

Littérature

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Cassiodore.

Par convention, on cite Cassiodore, homme politique et historien ayant vécu à Squillace entre les Ve et VIe siècles, comme père fondateur de la littérature calabraise[66].

Tout au long du Moyen Âge, la Calabre a vu la naissance d'éminents savants et érudits tels que Joachim de Flore, Barlaam de Seminara, qui a notamment enseigné à Pétrarque et Boccace, ou encore Léonce Pilate[67].

Au XIIIe siècle, la poésie se développe à la cour de Frédéric II, entretenue notamment par Folco Ruffo di Calavra (auteur de la chanson D'amor distretto vivo doloroso), membre de l'école sicilienne[68].

Les premiers textes en langue calabraise remontent au XVe siècle : le plus ancien dont nous ayons conservé la trace est un contrat de saisie de la Motta di San Quirico rédigé à Reggio de Calabre en 1422[69], mais les premières véritables compositions littéraires en langue vernaculaire sont des poèmes religieux de Sergentino Roda, évêque de Rossano, et le Lamento per la morte di don Enrico d'Aragona de Joanni Maurello[70].

Le XVIe siècle est celui de la philosophie humaniste dont les théoriciens les plus célèbres en Calabre furent Bernardino Telesio et Tommaso Campanella.

Gian Vincenzo Gravina.

Le siècle suivant voit l'émergence de la littérature baroque dont les principaux représentants s'étant distingués en Calabre furent Francesco Della Valle et Cesare Monizio. Gian Vincenzo Gravina fonde en 1690 l'Académie d'Arcadie dans le but de réformer la littérature en proscrivant le mouvement baroque et ses excès poétiques afin de reprendre pour modèle les textes classiques[71].

Le mouvement des Lumières, au XVIIIe siècle, s'est massivement propagé dans la région où il a eu un fort impact social, culturel et philosophique. Parmi les auteurs calabrais de cette époque, on se souviendra de Francesco Saverio Salfi ou encore des frères Domenico et Francescantonio Grimaldi.

Le XIXe siècle a quant à lui vu s'affirmer les mouvances néoclassique, romantique et réaliste, tous représentés par une riche production littéraire. Pour n'en citer que quelques-uns : Vincenzo Padula, auteur d'opéras et de drames, Biagio Miraglia, Domenico Mauro et Nicola Misasi ; il convient également de mentionner le philosophe Pasquale Galluppi, qui a notamment introduit l'étude de la pensée de Kant en Italie. La déception post-unification italienne permet à la littérature dialectale de connaître une plus ample diffusion[72].

Corrado Alvaro.

Les principaux auteurs calabrais du siècle dernier ont été Corrado Alvaro, lauréat du prix Strega en 1951[73], Leonida Rèpaci, l'un des fondateurs du prix Viareggio[74], Francesco Perri, antifasciste et méridionaliste, Saverio Montalto, Fortunato Seminara, Mario La Cava et Saverio Strati.

Musique

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Francesco Cilea (auteur de l'opéra Adriana Lecouvreur) et Nicola Manfroce, compositeurs tous deux originaires de Palmi, figurent parmi les grands noms de la musique symphonique et du lyrisme calabrais.

Dans un registre plus contemporain, de multiples artistes calabrais tels que Mino Reitano, Mia Martini et sa sœur Loredana Bertè, Rino Gaetano, Sergio Cammariere, Eman et Brunori Sas ont lié leur nom au monde de la musique tandis que les groupes de renommée internationale JetLag (jazz rock progressif) et Il Parto delle Nuvole Pesanti (créateur d'un genre que l'on peut définir comme du « rock calabrais ») se sont illustrés dans le genre de la musique rock.

La Calabre possède en outre une ancienne tradition musicale populaire aux multiples facettes, influencée par les nombreuses cultures qui ont laissé des traces dans cette région tels que les hellénophones de Gallicianò avec Attilio Nucera, qui peut se vanter d'avoir été le premier chantre à diffuser la langue et les traditions gréco-calabraises jusqu'en Suisse et dans les pays anglo-saxons. Parmi les divers chanteurs et groupe folks de Calabre : Re Niliu, dans les années 1980, QuartAumentata, Mattanza, Kalamu, Totarella, Mimmo Cavallaro, TaranProject, Cosimo Papandrea et Marinella Rodà.

La musique folklorique calabraise a connu un nouvel essor dans les années 1970, avec l'émergence d'artistes et de groupes tels qu'Otello Profazio et les Calabruzi, portés par le label discographique calabrais Elca Sound.

Événements et festivités

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Festivités

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  • La Varia di Palmi, patrimoine culturel immatériel de l'humanité selon l'UNESCO depuis 2013.
    La Varia di Palmi se tient à Palmi en l'honneur de Maria Santissima della Sacra Lettera, sainte patronne de la ville. L'événement se tient tous les ans le dernier dimanche du mois d'août. Considérée comme l'une des festivités les plus emblématiques de la région, elle est suivie chaque année par plusieurs centaines de milliers de personnes[75],[76] et entre au répertoire des grandes fêtes processives italiennes et, depuis 2013, du patrimoine culturel immatériel de l'humanité auprès de l'UNESCO. Le mot « Varia » sert à désigner le char géant représentant l'univers au sommet duquel trône la Vierge Marie afin de célébrer son Assomption (élévation au ciel). Le char, d'environ 16 m de haut[77], est porté par les épaules de 200 'mbuttaturi (porteurs) soutenant la Madone, le Père Éternel, les Apôtres et les anges. La veille de la Varia, c'est une peinture de la sainte ainsi qu'un reliquaire contenant l'un de ses cheveux qui sont portés en procession dans les rues de la ville. En 2023, on estime qu'entre 150 000 et 250 000 personnes étaient présentes dans la ville pour assister aux festivités[78], tandis que plusieurs millions ont suivi l'événement à la télévision ;
  • L'Affruntata se déroule dans plusieurs villes et villages du sud de la Calabre à l'occasion de Pâques et des deux jours qui suivent. Ce rite consiste en des représentations théâtralisées de la résurrection de Jésus et culmine lors de ses retrouvailles avec la Madone, laquelle retire alors son voile de deuil et clôt la cérémonie ;
  • Vattienti de Nocera Terinese : les vattienti (batteurs) sont des hommes qui se soumettent à l'autoflagellation pour témoigner via la douleur de l'inébranlabilité de leur foi envers le Christ. Ce rituel a lieu le lendemain du Vendredi Saint ;
  • Les géants Mata et Grifone.
    Les géants : Mata et Grifone sont deux marionnettes géantes en papier mâché portées sur les épaules ou tirées, dansant au rythme des tambours dans les rues de multiples villes du sud de la Calabre à l'occasion des fêtes patronales ou d'autres célébrations religieuses ;
  • Le carnaval de Castrovillari : mentionné pour la première fois en 1635 mais officiellement recréé sous sa forme moderne en 1959, cet événement est l'une des manifestations les plus célèbres de la région et se déroule traditionnellement juste avant le Mardi gras. Parallèlement aux traditionnels défilés masqués, de nombreux autres divertissements sont préparés ;
  • Djelzit de San Demetrio Corone : pendant la période du carnaval, les Djelzit (« diables ») défilent dans les rues de la ville. Le visage peint en noir, coiffé de cornes de taureaux et vêtu d'épaisses fourrures, ils errent la nuit en faisant tinter leurs cloches, poursuivent les passants qui s'aventurent hors de chez eux et frappent aux portes des maisons. Leur présence cesse le mercredi des Cendres lorsque sont célébrées les funérailles de Zu Nicola, supposées chasser tous les maux qui accablent les villageois.

Événements

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  • Le Reggio Calabria Filmfest - Reggio de Calabre (printemps) : rétrospective sur le cinéma italien ;
  • Le Festival dello Stretto (« Festival du Détroit ») - Reggio de Calabre (août) ;
  • Le Festival dei libri sulle mafie (« Festival des livres sur les mafias ») - Lamezia Terme (juin), occasion de rencontres littéraires et philosophiques avec des personnalités italiennes et d'autres nationalités ;
  • Le Premio Letterario Città di Palmi (« Prix Littéraire de la Ville de Palmi ») - Palmi (septembre/octobre) ;
  • Paleariza - Bovesìa (août), festival ethno-culturel de musique itinérante qui a lieu chaque année dans l'aire grécanique de la ville métropolitaine de Reggio de Calabre.

Cuisine

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Articles détaillés : Cuisine calabraise et Produits agroalimentaires traditionnels de Calabre.

Lieux et monuments

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La Calabre abrite de nombreux monuments et lieux d'intérêt historique, artistique et culturel, dont certains figurent parmi les monuments nationaux d'Italie.

Architecture sacrée

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La Calabre a été, aux premières années de l'ère chrétienne, une terre d'accueil pour de nombreux religieux, moines et ascètes venus d'Orient. Ainsi, un grand nombre de moines basiliens de rite grec s'y implantèrent, reclus en des lieux isolés, d'abord dans des grottes et des cavernes au sein des laures, avant de créer les premiers lieux de culte véritablement bâtis[79].

La Cattolica de Stilo.

La région, ayant longtemps appartenu à l'Empire byzantin, recèle de nombreux témoignages de l'art oriental : la cathédrale de Stilo (construite entre les IXe et Xe siècles), l'oratoire San Marco et l'abbaye Santa Maria del Patire (Pathirion) de Rossano, les monastères grecs-orthodoxes San Giovanni Théristis de Bivongi (où réside toujours une communauté monastique) et Santi Elia e Filarete de Seminara, l'église Santa Filomena (dite « chiesa del Pozzoleo ») de Santa Severina. Ces influences orientales ont perduré après la conquête normande de la Calabre, comme l'atteste la cathédrale de Gerace, qui est l'un des plus vastes édifices religieux de la région.

Abbaye Florense de San Giovanni in Fiore.
La cathédrale de Cosenza.
Église Santa Maria della Consolazione, Altomonte.

L'édification de l'abbaye de Sambucina (Luzzi), vers 1087, inaugure l'apparition du style roman en Calabre. L'abbaye Florense de San Giovanni in Fiore (l'un des plus grands édifices religieux de Calabre, fondé par l'abbé et théologien Joachim de Flore, figure majeure de ce Moyen Âge central[80]), la cathédrale de Cosenza, l'église Santa Maria della Consolazione d'Altomonte, l'église Santa Maria Assunta de Cropani, la cathédrale Maria Santissima di Romania de Tropea ou bien la chartreuse de Serra San Bruno en sont des exemples authentiques. À partir du XVIe siècle, les églises calabraises s'embellissent et sont ornées des nombreuses œuvres d'artistes tels que Pietro Bernini, Mattia Preti, Antonello Gagini, Giovan Battista Mazzolo[81] ainsi que divers maîtres sculpteurs parmi lesquels se distinguent ceux de l'école napolitaine[82].

Façade du sanctuaire Saint-François-de-Paule, Paola.
Église Maria Santissima dei Sette Dolori, Serra San Bruno.

Après la Renaissance (notamment à la suite de la Contre-Réforme approuvée par le concile de Trente), le style baroque se répand et se manifeste dans toute la Calabre sous diverses formes. Les exemples les plus éminents d'architecture baroque dans la région sont le sanctuaire Saint-François-de-Paule de Paola, la basilique de l'Immaculée Conception de Catanzaro, l'église Maria Santissima dei Sette Dolori de Serra San Bruno, la cathédrale Santa Maria Assunta de Crotone et la cathédrale Santa Maria Maggiore e San Leoluca de Vibo Valentia.

La cathédrale de Reggio de Calabre.

La plus vaste église de Calabre est la majestueuse cathédrale de Reggio de Calabre, dont l'édifice actuel est le résultat de la reconstruction opérée à la suite du séisme du 28 décembre 1908 ayant frappé le détroit de Messine[83].

Architecture militaire

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En Calabre se côtoie toute une typologie d'architecture militaire, des châteaux, fortifications et tours de guet côtières.

Le château de Corigliano, qui domine la ville.

Parmi les châteaux se distingue celui de Corigliano, considéré comme « l'un des châteaux les mieux conservés et les plus beaux du sud de l'Italie ». Construit à partir de la seconde moitié du XIe siècle à la demande du duc normand Robert Guiscard, il appartient au dense réseau de fortifications conçu par les Normands afin de mieux contrôler le territoire ; bien qu'il ait conservé son allure de forteresse médiévale à l'extérieur, l'intérieur a été largement remanié au fil des siècles pour être transformé en somptueuse demeure nobiliaire[84].

Château aragonais de Le Castella.

La forteresse aragonaise de Le Castella est située sur un îlot relié au continent par un banc de sable.

Parmi les autres bâtisses notables figurent le château normand-souabe de Cosenza, le château de Charles Quint à Crotone, le château de Vibo Valentia, le château aragonais de Reggio de Calabre, le château de Santa Severina, le château de Pizzo (également appelé château Murat en hommage à Joachim Murat, qui y fut incarcéré et fusillé), le Castrum Petrae Roseti (d'époque normande mais reconstruit par l'empereur Frédéric II) sur le littoral de Roseto Capo Spulico et le château Ruffo de Scilla.

Un grand nombre de tours de guet sont disséminées sur les côtes de la région, telles que la torre Talao de Scalea, la torre Aragonese de Melissa et la torre Sant'Antonio.

Autres

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  • Complexe monumental de Girifalco ;
  • Fontana della Palma, Palmi ;
  • Fontaine baroque de Girifalco[85] ;
  • Mausolée de Francesco Cilea, Palmi ;
  • Villa Vecchia de Cosenza ;
  • Villa comunale de Cittanova ;
  • Villa comunale Giuseppe-Mazzini de Palmi.

Sites archéologiques

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Articles connexes : Grande-Grèce et Musée national de la Grande-Grèce.

À partir du VIIIe siècle av. J.-C., la Calabre connaît un développement socio-culturel sans précédent grâce à la colonisation grecque ; la région atteint un épanouissement économique et intellectuel qui la porte à un tel niveau de splendeur culturelle et artistique que son rayonnement littéraire et philosophique va parfois surpasser celui des cités de Grèce continentale elles-mêmes.

La région est dès lors surnommée « Magna Græcia » (Megàle Hellàs), nom qui serait en fait d'abord apparu dans les colonies elles-mêmes, soucieuses de démontrer leur puissance et leur prétendue supériorité face à leurs métropoles grecques.

Les Grecs débarquent en Calabre dans le cadre d'un flux migratoire motivé par le développement du commerce et la surpopulation de leur patrie d'origine : ainsi, entre 743 et 730 av. J.-C., des hommes originaires de Chalcis fondent, sur le détroit séparant la Calabre de la Sicile, les cités de Rhêgion (Reggio) et de Zancle (Messine) afin de maîtriser la principale voie commerciale entre la Grèce et l'Italie tyrrhénienne. Quelques années plus tard, ce sont des Grecs d'origine achéenne, motivés par la nécessité d'échapper à une famine engendrée par la surpopulation, qui fondent les cités de Sybaris (Sibari, 720 av. J.-C.) puis de Kroton (Crotone, 710 av. J.-C.). Entre 710 et 690 av. J.-C., une bande d'esclaves originaires de la région grecque de Locride fondent ensemble Locri Épizéphyre.

Par la suite, et toujours pour des raisons de surpopulation, de nouvelles opportunités commerciales et d'emprise territoriale, ces cités nouvellement fondées créent à leur tour des « sous-colonies », ce qui a pour effet de considérablement élargir l'influence grecque dans la région : Medma (Rosarno), Metauria (Gioia Tauro), Tauriana (Taureana di Palmi), Hipponion (Vibo Valentia), Laos, Skydros, Terina, Skylletion et Kaulon (près de Monasterace Marina).

Liste non exhaustive des sites archéologiques (toutes les époques) de la région par provinces :

Province de Cosenza

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  • Vestiges des cités antiques de Thourioï et Sybaris ;
  • Ruines minières de l'ancienne saline de Salgemma à Lungro ;
  • Grotte du Romito, à Papasidero, caverne préhistorique livrant des gravures du paléolithique supérieur ;
  • Blanda, ancienne cité rupestre dont subsistent quelques vestiges aux portes de Tortora ;
  • Temesa.

Province de Crotone

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  • Kroton, actuelle Crotone : musée archéologique national de Crotone, où est notamment conservé l'extraordinaire Trésor d'Héra, comprenant un diadème en or exceptionnel, deux vases en bronze en forme de sirènes ainsi qu'une stèle en marbre représentant la déesse ;
  • Site archéologique du Cap Colonna : temple d'Héra Lacinia, musée et parc archéologique.

Province de Catanzaro

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  • Scolacium (parc archéologique), dans le secteur de Roccelletta di Borgia, limitrophe du Lido de Catanzaro ;
  • Terina, près de Sant'Eufemia Vetere, dans la commune de Lamezia Terme ;
  • Ruines de l'abbaye Santa Maria de Corazzo, dans la commune de Carlopoli.

Ville métropolitaine de Reggio de Calabre

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  • Rhêgion, actuelle Reggio : vestiges de l'odéon sur la via XXIV Maggio ;
  • Locri Épizéphyre, au sud de l'actuelle Locri ;
  • Kaulon, près de Monasterace Marina ;
  • Fouilles de Medma, près de Rosarno ;
  • Fouilles de Metauria, près de Gioia Tauro ;
  • Fouilles de Tauriana, près de Taureana di Palmi ;
  • Parc archéologique Archeoderi, dans la vallée de San Pasquale, à Bova Marina.

Zones naturelles

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Parc national du Pollino.

La nature montagneuse du territoire et sa faible anthropisation dans certains secteurs reculés de l'intérieur des terres ont permis aux paysages calabrais de conserver toute leur splendeur naturelle.

Côte près de Capo Vaticano.

En Calabre, il existe trois parcs nationaux (Pollino, Sila et Aspromonte), un parc régional (Serres), une aire marine protégée (Capo Rizzuto), seize réserves nationales, trois réserves régionales et 179 sites d'importance communautaire ainsi que six zones de protection spéciale établies par l'Union européenne et le réseau Natura 2000.

Sports

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Installations sportives

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Stade Oreste-Granillo.
Stade Ezio-Scida.

Ci-dessous, une liste des dix premiers stades calabrais par ordre décroissant de capacité d'accueil :

Pos. Stade Ville Capacité
1. Oreste-Granillo Reggio de Calabre 22 868
2. San Vito-Gigi Marulla Cosenza 20 987
3. Ezio-Scida Crotone 16 108
4. Nicola-Ceravolo Catanzaro 14 650
5. Pasquale-Stanganelli Gioia Tauro 7 000
6. Luigi-Razza Vibo Valentia 6 000
7. Guido-D'Ippolito Lamezia Terme 5 842
8. Marco-Lorenzon Rende 5 000
9. Giuseppe-Raffaele-Macrì Locri 4 500
10. Stefano-Rizzo Corigliano-Rossano 4 500

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Valerio Lugani, Meravigliosa ITALIA, Enciclopedia delle Regioni, CALABRIA, Milano, Edizioni Aristea, 1978

Articles connexes

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  • Liste des communes de Calabre
  • Calabrais
  • Italie méridionale
  • Grande-Grèce
  • Mezzogiorno

Liens externes

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  • (it) Site officielVoir et modifier les données sur Wikidata
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    • Comic Vine
  • Ressource relative à la rechercheVoir et modifier les données sur Wikidata :
    • Horizon 2020
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    • Brésil
  • (it) Il portale dei calabresi nel mondo (portail des calabrais du monde), Calabresi.net

Notes et références

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