| Médicament | Budésonide, Symbicort et acide 5-aminosalicylique |
|---|---|
| Spécialité | Gastro-entérologie |
| CISP-2 | D99 |
|---|---|
| DiseasesDB | 30087 |
| eMedicine | 180664 |
| MeSH | D046728 |
La colite microscopique désigne plusieurs pathologies proches dont deux sont mieux définies :
Ces deux affections sont caractérisées par des lésions inflammatoires de la muqueuse du cÎlon, associées à une diarrhée aqueuse non sanguinolente et chronique et par une coloscopie ne révélant pas ou peu d'anomalie. Seuls les résultats histopathologiques des biopsies montrent des cellules touchées par un processus inflammatoire caractéristique[3].
Histoire médicale
[modifier | modifier le code]La colite microscopique est une entité pathologique récemment définie : elle a été réellement décrite pour la premiÚre fois en 1982[4].
- La colite collagÚne a été reconnue en 1976[5]
- La colite lymphocytaire a été décrite en 1989[6].
Signes et symptĂŽmes
[modifier | modifier le code]Le symptÎme principal et général est une diarrhée, aqueuse, non sanguinolente et persistante.
Cette diarrhĂ©e peut ĂȘtre abondante, et alors associĂ©e Ă une perte de poids non intentionnelle[3]. Elle est parfois accompagnĂ©e de douleurs abdominales, et d'une incontinence fĂ©cale.
Environ 10% des cas de diarrhée chronique non sanguinolente aboutissent à un diagnostic de colite microscopique [1].
Causes possibles, et troubles associés
[modifier | modifier le code]Les causes de cette maladie sont encore mal comprises. Quelques indices sont cités par la littérature, mais les liens de causes à effet sont souvent difficiles à confirmer ou infirmer en raison de nombreux facteurs de confusion.
- Aspects auto-immuns : chez les patients touchĂ©s par une colite microscopique, on note (par rapport Ă la population gĂ©nĂ©rale) une incidence accrue de maladies auto-immunes ou potentiellement auto-immunes, telles que l'arthrite, le syndrome de Gougerot-Sjögren, certains troubles de la thyroĂŻde et la maladie cĆliaque[3].
- Causes iatrogéniques : Une association avec divers médicaments est documentée, notamment avec les inhibiteurs de la pompe protons, H 2 bloquants, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)[3],[1].
Une diarrhée acide biliaire (ou diarrhée biliaire) est présente chez 41 % des patients atteints de colite collagÚne et 29 % de colite lymphocytaire[2]. De plus, la cigarette a été identifiée comme un facteur de risque significatif de colite microscopique[3].
Diagnostic
[modifier | modifier le code]La coloscopie ne détecte rien (ou est quasi-normale).
Comme les changements d'aspect de la muqueuse sont souvent microscopiques et locaux ,un examen limitĂ© au rectum (coloscopie courte) peut ne pas dĂ©tecter la colite microscopique. Une coloscopie complĂšte est donc nĂ©cessaire[1]. Des biopsies coliques multiples sont effectuĂ©es pour poser le diagnostic[3]. Les caractĂ©ristiques histologiques des biopsies du cĂŽlon indiquant une colite microscopique sont les suivantes : plus de 20 lymphocytes intraĂ©pithĂ©liaux pour 100 cellules Ă©pithĂ©liales et, en outre, 10 Ă 20 ”m d'une bande de collagĂšne sous-Ă©pithĂ©lial Ă©paissie dans la colite collagĂšne[3]. Une inflammation de la lamina propria, avec principalement des cellules mononucléées, peut ĂȘtre observĂ©e dans la colite collagĂšne[3].
Définition de la pathologie
[modifier | modifier le code]Les lésions sont locales (microscopiques) dans un cÎlon apparemment macroscopiquement sain. Elles associent :
- une hyperlymphocytose intra-épithéliale ; Une augmentation des cellules inflammatoires, en particulier des lymphocytes est visible dans les biopsies du cÎlon qui reste par ailleurs d'aspect et d'architecture normaux[1]. Le nombre des cellules inflammatoires augmente à la fois dans l'épithélium de surface ("lymphocytes intraépithéliaux") et dans la lamina propria. La caractéristique-clé est : plus de 20 lymphocytes intra-épithéliaux détectés pour 100 cellules épithéliales[1]. C'est la principale caractéristique de la colite lymphocytaire ;
- un certain degré de cryptite ;
- un infiltrat inflammatoire de la lamina propria ;
- En cas de colite collagĂšne, on constate aussi des anomalies caractĂ©ristiques et distinctives de l'Ă©pithĂ©lium de revĂȘtement : c'est la prĂ©sence d'une couche Ă©paissie de collagĂšne sous-Ă©pithĂ©lial, pouvant atteindre 30 micromĂštres d'Ă©paisseur, qui s'ajoute aux caractĂ©ristiques de la colite lymphocytaire[3].
Les deux types de colite microscopique ont en commun de trĂšs nombreuses caractĂ©ristiques, dont l'Ă©pidĂ©miologie, les facteurs de risque et la rĂ©ponse au traitement. Ceci laisse penser qu'il pourrait s'agit de sous-types de la mĂȘme maladie[2].
Diagnostic différentiel
[modifier | modifier le code]Il vise Ă exclure les maladies suivantes[3] :
- diarrhée à l'acide biliaire ;
- malabsorption du lactose ;
- maladie coeliaque ;
- maladie de Crohn ;
- rectocolite hémorragique (colite ulcéreuse) ;
- colite infectieuse.
Traitement
[modifier | modifier le code]Des essais randomisĂ©s contrĂŽlĂ©s par placebo ont montrĂ© que la colite lymphocytaire et la collagĂšne rĂ©pondaient bien Ă la budĂ©sonide (glucocorticoĂŻde[7],[8]). La budĂ©sonide est formulĂ©e pour ĂȘtre active dans le cĂŽlon et le rectum distaux ; elle est efficace Ă la fois pour la maladie active et pour la prĂ©vention des rechutes[1],[9]. Les rechutes sont cependant frĂ©quentes aprĂšs l'arrĂȘt du traitement[3].
Des études ont porté sur un certain nombre d'autres agents, dont les antidiarrhéiques, le sous-salicylate de bismuth (Pepto-Bismol), la mésalazine (seule ou en association avec la cholestyramine), les corticostéroïdes systémiques, la cholestyramine, les immunomodulateurs et les probiotiques se sont révélés moins efficaces que le budésonide formes de colite microscopique[3],[1],[10]. [ mise à jour nécessaire ] [11] [ mise à jour nécessaire ]
Les inhibiteurs du TNF (immunomodulateurs) l'iléostomie fractionnée, l'iléostomie déviée et la colectomie subtotale sont des options pour la prise en charge de la colite microscopique stéroïdo-dépendante ou réfractaire[3],[12]. Le recours à la chirurgie diminue grùce à l'amélioration des traitements médicamenteux[12]. La chirurgie reste envisagée pour les patients atteints de colite microscopique grave et ne répondant pas aux diverses traitements discutés ci-haut [12].
Pronostic
[modifier | modifier le code]Il est bon, autant pour la colite lymphocytaire que pour la colite collagÚne, faisant considérer ces deux affections comme bénignes[13]. La majorité des cas guérissent de leur diarrhée et de leurs anomalies histologiques[8], mais des rechutes surviennent généralement si le traitement d'entretien n'est pas poursuivi[3],[1].
ĂpidĂ©miologie
[modifier | modifier le code]L'incidence et la prévalence de la colite microscopique se rapprochent de celles de la colite ulcéreuse et de la maladie de Crohn[14]. Des études menées en Amérique du Nord ont révélé des taux d'incidence de 7,1 par 100 000 années-personnes et de 12,6 par 100 000 années-personnes pour la colite collagÚne et pour la colite lymphocytaire, respectivement[14].
- Prévalence : elle a été estimée en 2012 à 103 cas pour 100 000 personnes[1].
La colite microscopique touche typiquement, mais pas exclusivement, des femmes. L'ùge moyen du diagnostic est de 65 ans, mais 25 % des cas sont diagnostiqués avant l'ùge de 45 ans[1]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Microscopic colitis: Current status, present and future challenges : statements of the European Microscopic Colitis Group.|pĂ©riodique=J Crohns Colitis|volume=6|numĂ©ro=9|annĂ©e=2012||pmcid=| doi=10.1016/j.crohns.2012.05.014| lire en ligne=http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1873994612002565%7Cpages=932â45
- titre=Systematic review: are lymphocytic colitis and collagenous colitis two subtypes of the same disease - microscopic colitis?|pĂ©riodique=Aliment Pharmacol Ther|volume=36|numĂ©ro=2|annĂ©e=2012||pmcid=|doi=10.1111/j.1365-2036.2012.05166.x|pages=79â90
- Park, Cave et Marshall, Microscopic colitis : A review of etiology, treatment and refractory disease, vol. 21, , 8804â8810 p. (ISSN 1007-9327, PMID 26269669, PMCID 4528022, DOI 10.3748/wjg.v21.i29.8804), chap. 29
- â titre=Microscopic colitis-a cause of chronic watery diarrhoea|pĂ©riodique=Br Med J (Clin Res Ed)|volume=285|numĂ©ro=6355|annĂ©e=1982|| pmcid=1500804|doi=10.1136/bmj.285.6355.1601|lire en ligne=|pages=1601â4
- â titre=Collagenous colitis: an unrecognised entity|pĂ©riodique=Gut| volume=21|numĂ©ro=2|annĂ©e=1980| |pmcid=1419351|doi=10.1136/gut.21.2.164| lire en ligne=|pages=164â8
- â titre=Lymphocytic ("microscopic") colitis: a comparative histopathologic study with particular reference to collagenous colitis|pĂ©riodique=Hum. Pathol.|volume=20|numĂ©ro=1|annĂ©e=1989||doi=10.1016/0046-8177(89)90198-6|lire en ligne=|pages=18â28
- â Chande, Al Yatama, Bhanji et Nguyen, « Interventions for treating lymphocytic colitis. », Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 7,â , p. CD006096 (PMID 28702956, DOI 10.1002/14651858.CD006096.pub4)
- « Collagenous and lymphocytic colitis. evaluation of clinical and histological features, response to treatment, and long-term follow-up. », Am J Gastroenterol, vol. 98, no 2,â , p. 340â7 (PMID 12591052, DOI 10.1111/j.1572-0241.2003.07225.x)
- â O'Donnell et O'Morain, « Therapeutic benefits of budesonide in gastroenterology », Therapeutic Advances in Chronic Disease, vol. 1, no 4,â , p. 177â186 (ISSN 2040-6223, PMID 23251737, PMCID 3513866, DOI 10.1177/2040622310379293)
- â « Interventions for treating lymphocytic colitis. », Cochrane Database Syst Rev, no 2,â , p. CD006096 (PMID 18425936, DOI 10.1002/14651858.CD006096.pub3)
- â « Interventions for treating collagenous colitis. », Cochrane Database Syst Rev, no 2,â , p. CD003575 (PMID 18425892, DOI 10.1002/14651858.CD003575.pub5)
- Bohr, Wickbom, Hegedus et Nyhlin, « Diagnosis and management of microscopic colitis: current perspectives », Clinical and Experimental Gastroenterology, vol. 7,â , p. 273â284 (ISSN 1178-7023, PMID 25170275, PMCID 4144984, DOI 10.2147/CEG.S63905)
- â « Lymphocytic colitis: clinical presentation and long term course », Gut, vol. 43, no 5,â , p. 629â33 (PMID 9824342, PMCID 1727313, DOI 10.1136/gut.43.5.629)
- Storr, « Microscopic Colitis: Epidemiology, Pathophysiology, Diagnosis and Current ManagementâAn Update 2013 », ISRN Gastroenterology, vol. 2013,â , p. 352718 (ISSN 2090-4398, PMID 23691336, PMCID 3654232, DOI 10.1155/2013/352718)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Ressources relatives à la santé :
- MayoClinic.com
