| Corinthe (el) Κόρινθος | ||
Vue de la ville moderne et du golfe depuis l'Acrocorinthe. | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Périphérie | Péloponnèse | |
| District régional | Corinthie | |
| Dème | Dème des Corinthiens | |
| Code postal | 201 00 | |
| Indicatif téléphonique | (+30) 27410 | |
| Immatriculation | XA | |
| Démographie | ||
| Population | 30 816 hab. (2021[1]) | |
| Densité | 302 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 37° 56′ 00″ nord, 22° 56′ 00″ est | |
| Altitude | Min. 0 m Max. 10 m |
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| Superficie | 10 220 ha = 102,2 km2 | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Grèce
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Corinthe (en grec : Κόρινθος / Kórinthos [ˈkorinθos]) est une ville portuaire et commerçante du Péloponnèse, en Grèce, chef-lieu du district régional de Corinthie et du dème des Corinthiens, qui abrite 56 437 habitants en 2021. Elle est située sur l'isthme de Corinthe, dans le golfe du même nom.
Autrefois, la ville homonyme était l'une des cités les plus importantes de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l'Acrocorinthe. Détruite par un puissant séisme, elle est rebâtie en bord de mer à partir de 1858 sous le nom de Nouvelle Corinthe (Νέα Κόρινθος / Néa Kórinthos).
Le saint patron des Corinthiens est l'apôtre Paul, qui leur dédie deux épîtres figurant dans la Bible.
Géographie
Localisation
Corinthe est située sur l'isthme de Corinthe, étroite bande de terre reliant le Péloponnèse à la Grèce centrale, sur la rive orientale du golfe de Corinthe entre Léchaion et Loutráki. Ville côtière depuis 1858, son altitude n'excède pas 10 m dans le centre. Avant cette date, la vieille ville de Corinthe, rasée par un séisme, se trouvait à 8 km au sud-ouest, sur le site de la cité antique au pied de l'Acrocorinthe[2].
Climat
La ville bénéficie d'un climat méditerranéen caractéristique, avec des hivers doux et humides ainsi que des étés chauds.
La température moyenne annuelle à Corinthe est de 16 °C, et les précipitations y sont modérées.
Urbanisme
La ville moderne, telle que reconstruite au milieu du XIXe siècle, présente un tracé urbain régulier avec des rues perpendiculaires se croisant à angle droit depuis le littoral. Elle connaît un étalement urbain continu du centre-ville vers l'est, dans le secteur de Poseidonía. Ces nouveaux quartiers se caractérisent par une urbanisation beaucoup plus anarchique, car développés progressivement et sans plan d'aménagement alors qu'ils connaissaient l'afflux massif des réfugiés grecs d'Asie Mineure à partir des années 1920.
Le centre-ville, en grande partie piétonnier, concentre la majorité des commerces. L'avenue principale, Εθνικής Αντιστάσεως (Ethnikís Antistáseos), conduit à l'esplanade maritime Ελευθερίου Βενιζέλου (Elefthérios-Venizélos) où se dresse une statue du célèbre Pégase, emblème de la ville.
Voies de communication et transports

Porte d'entrée de la région du Péloponnèse, Corinthe est desservie par un réseau routier, ferroviaire et maritime dense.
L'autoroute d'Olympie (dite « A8 »), d'Athènes à Patras via Corinthe, et son embranchement avec l'autoroute du Péloponnèse (dite « A7 »), qui permet de relier les villes de Tripoli et Kalamáta, en plus de la route nationale 10 vers le site d'Épidaure, en font un nœud routier d'importance nationale.
Privée de ses anciennes liaisons depuis 1884, la ville de Corinthe inaugure sa nouvelle gare ferroviaire en 2005 et devient le terminus occidental des lignes de la banlieue athénienne, qui la mettent à moins d'une heure de la capitale, son port et son aéroport. En 2020, la ligne est prolongée à l'ouest jusqu'à Aigion[3].
Le port artificiel de Corinthe répond aux besoins d'exportation local (fruits et autres ressources principalement agricoles) sur le canal de Corinthe, dont le creusement est achevé en 1893. Il est relié par ferries aux ports de Catane et de Gênes, en Italie.
Toponymie
La terminaison -nthe est courante en grec ancien : Labyrinthe, Hyacinthe, Acanthe, Menthé, etc. Elle se rapprocherait du suffixe du participe actif indo-européen -nt- et serait héritée d'une langue préhellénique en rapport avec les langues anatoliennes.
Histoire
Antiquité


Si la région est peuplée dès le néolithique (), le site de Corinthe est probablement investi durant l'âge du bronze par un palais mycénien. Toutefois, les éléments archéologiques datant de cette période sont peu nombreux.
Les plus anciennes attestations historiques de la cité remontent au VIIIe siècle av. J.-C., lors de son émergence en tant que puissance commerciale à l'instigation de la famille des Bacchiades. Celle-ci finit par être renversée par Cypsélos qui, de 657 à , règne sur la cité avec son fils Périandre en qualité de tyran. La cité fonde alors sa puissance sur le contrôle de l'isthme de Corinthe qui relie le Péloponnèse au reste de la Grèce et traversé par le diolkos, chemin de traction dallé de 6 km permettant aux navires d'éviter le contournement du Péloponnèse. Selon Pindare, Corinthe passait pour être à l'origine du dithyrambe et de l'art de dresser les chevaux.

Vers , le parti oligarchique reprend le pouvoir. Corinthe forme une alliance avec Sparte et la rejoint au sein de la Ligue du Péloponnèse, prenant part aux guerres médiques ainsi qu'à la guerre du Péloponnèse à ses côtés. À l'issue de cette dernière, qui consacre l'hégémonie spartiate, Corinthe mène une politique extérieure indépendante tout au long des guerres qui agitent le début du IVe siècle av. J.-C. L'Acrocorinthe devient, une fois la Grèce conquise par le royaume de Macédoine, le cœur du pouvoir macédonien dans la région jusqu'en , date à laquelle la cité se rebelle et intègre la ligue achéenne. Près d'un siècle plus tard, en , la bataille de Corinthe se solde par le saccage de la cité par les Romains.
Ces derniers la font rebâtir et lui confèrent le statut de colonie romaine en , lui permettant de connaître un nouvel essor en tant que capitale provinciale de l'Achaïe.
Moyen Âge
Sous l'Empire byzantin, en 530, Justinien fait dresser l'Hexamilion, vaste rempart en travers de l'isthme de Corinthe, qui se révèle insuffisant face aux assauts successifs des Avars, des Slaves puis des Normands, qui le contournent par la mer. En 551 et 856, Corinthe est frappée par des séismes dévastateurs.
Au XIIIe siècle, à la suite de la quatrième croisade, la principauté d'Achaïe est établie dans le Péloponnèse. De 1205 à 1210, l'Acrocorinthe, défendue par le byzantin Léon Sgouros, est assiégée par les Francs. En 1358, elle est attribuée par le prince Robert de Tarente au sénéchal Niccolò Acciaiuoli[4] avant de passer, vers 1370, au futur duc d'Athènes Nerio Ier Acciaiuoli. Vers la fin du XIVe siècle, la population se réfugie sur l'Acrocorinthe et la ville basse est abandonnée pendant plusieurs siècles. En 1394, à la mort de Nerio Ier, la ville est disputée entre ses gendres mais finit par revenir en 1395 aux Grecs du despotat de Morée[5].
En 1400, face à l'avance ottomane, le despote de Morée Théodore Paléologue, frère de l'empereur byzantin Manuel II, vend plusieurs places fortes (dont Corinthe) aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes mais, en 1404, devant les protestations et révoltes des habitants du Péloponnèse, elles sont rétrocédées à Théodore Paléologue en échange de la forteresse de Salona.
En 1458, Corinthe est conquise par l'Empire ottoman malgré la résistance de l'Acrocorinthe. La ville prend le nom turc de Gördes et devient le centre économique du sandjak de Morée.
Période moderne

En 1612, les Hospitaliers reprennent brièvement Corinthe. Durant l'été 1687 la cité passe aux mains du capitaine général vénitien Francesco Morosini. En 1698, par le traité de Karlowitz, l'Empire ottoman doit céder Corinthe et la Morée (le Péloponnèse) à la république de Venise. En juin 1715, l'offensive du grand vizir Damad Ali Pacha a raison en quelques jours de la faible garnison vénitienne. Corinthe et la Morée redeviennent possession ottomane jusqu'en 1822. Corinthe devient la capitale de la province de Morée jusqu'en 1731 puis elle fut remplacée par Tripolitsa, Corinthe devenant la résidence d'un sandjak local. Pendant la guerre d'indépendance grecque, la ville est détruite. En 1832, elle figure cependant parmi les candidates au rang de capitale du royaume de Grèce.
En 1858, la vieille ville de Corinthe, que les Grecs désignent désormais sous l'appellation d'Αρχαία Κόρινθος (« ancienne Corinthe »), est dévastée par un séisme de magnitude 6,5 sur l'échelle de Richter. Cet événement conduit à la création d'une nouvelle ville au sud-est du site portuaire antique de Léchaion, sur le rivage du golfe de Corinthe.
La ville est éprouvée par un nouveau séisme destructeur le , qui détruit la plupart du bâti et laisse 5 000 familles sans abri. Ainsi, décision est prise de reconstruire Corinthe selon la pointe des normes antisismiques de l'époque, sous la supervision de l'ΑΟΣΚ (Αυτόνομος Οργανισμός Σεισμοπαθών Κορίνθου, ou « Organisme autonome des victimes du séisme de Corinthe »), créé par le gouvernement d'Elefthérios Venizélos et doté d'un fonds de 75 millions de drachmes provenant des recettes de l'ancien casino de Loutráki, ainsi que d'une subvention annuelle supplémentaire de 5 millions de drachmes. En 1933, un incendie ravage Corinthe et entraîne un nouvel effort de reconstruction.
Un puissant séisme de magnitude 6,6 sur l'échelle de Richter survient le avec pour épicentre les îles Alcyonides au large de Corinthe, dans le golfe, et replace la ville au centre de l'attention nationale, mais les dégâts sont cette fois-ci plus limités grâce au respect du code antisismique.
Démographie
Le dème des Corinthiens comptait 56 437 habitants selon le recensement de 2021, ce qui en fait la deuxième municipalité la plus peuplée de la périphérie du Péloponnèse derrière celle de Kalamáta. Outre la ville moderne de Corinthe, le dème des Corinthiens, qui s'étend sur une superficie de 102 km2, comprend le site de l'ancienne Corinthe (2 860 habitants), Examilia (2 670 habitants), Xylokeri (1 363 habitants) et Solomos (776 habitants).
La ville de Corinthe seule comptait la même année 30 816 habitants, deuxième dans le Péloponnèse devant Tripoli mais toujours après Kalamáta.
Économie
Corinthe est un grand centre industriel à l'échelle nationale. Elle dispose de l'un des plus grands complexes de raffinage de pétrole en Europe. Ses productions vont des carreaux de céramique, des fils électriques, de la gomme, du plâtre, des articles en cuir, du marbre, des produits carnés, du matériel médical, de l'eau minérale et des boissons aux produits agricoles.
La ville entame connaît une certaine désindustrialisation depuis la fermeture d'un grand complexe de production de tuyaux, d'une usine de production de tissus et d'une unité de conditionnement de viande en 2005.
Culture
Enseignement
Corinthe accueille les deux départements de la faculté des sciences sociales et politiques de l'université du Péloponnèse (sciences politiques et des relations internationales / politiques sociales et éducatives).
Sports
PAS Korinthos
Équipe de football créée en 1963 après la fusion des trois anciens clubs principaux de la ville. La sélection compte à son actif cinq participations en première division nationale, 27 en deuxième division, huit en troisième division et six en quatrième division. L'équipe dispute ses matchs à domicile au stade municipal de Corinthe, d'une capacité de 8 000 places.
Personnalités liées à la ville
Antiquité

- Sisyphe, fondateur mythique et premier roi de Corinthe.
- Polybe, roi mythique de Corinthe.
- Créon, roi mythique de Corinthe.
- Créuse, princesse mythique de Corinthe et épouse de Jason.
- Démarate (VIIe siècle av. J.-C.), ancêtre de la famille romaine des Tarquins.
- Cypsélos (?-), premier tyran de Corinthe.
- Périandre (668-), tyran de Corinthe.
- Lycophron, fils du tyran Périandre.
- Adimante (Ve siècle av. J.-C.), général corinthien lors de la deuxième guerre médique.
- Xénophon, vainqueur olympique de pentathlon.
- Timoléon (IVe siècle av. J.-C.), général et homme politique.
- Dinarque, logographe et orateur.
- Denys (?-171), évêque de Corinthe et théologien.
Période moderne
- Makarios (1731-1805), évêque de Corinthe et métropolite.
- Ioánnis Papadiamantópoulos (1766-1826), marchand et personnage important de la guerre d'indépendance grecque.
- Geórgios Leonardópoulos (1867-1936), officier militaire.
- Panagís Tsaldáris (1868-1936), homme politique et premier ministre grec.
- Irène Papas (1929-2022), actrice.
- George Kollias (1977-), batteur du groupe américain de death metal Nile.
- Kóstas Triantafyllópoulos (1993-), footballeur.
- Anastásios Bakasétas (1993-), footballeur international.
Jumelages
Corinthe est jumelée avec :
Notes et références
Notes
- (gr) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en grec intitulé « Κόρινθος » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (el) « Résultats du recensement de la population en 2021 ».
- ↑ « 1928C&T....44..231L Page 231 », sur adsabs.harvard.edu (consulté le ).
- ↑ (el) « Τα δρομολόγια του Προαστιακού της Αθήνας », sur Athens Transport, (consulté le ).
- ↑ Antoine Bon, La Morée franque : Recherches historiques, topographiques et archéologiques sur la principauté d'Achaie 1205-1430, Ed. de Boccard, , 746 p. (lire en ligne), p. 474.
- ↑ Isabelle Ortega, Permanences et mutations d'une seigneurie dans la principauté de Morée: L'exemple de Corinthe sous l'occupation latine in Byzantion, Vol. 80, 2010, pp. 314-315 lire en ligne.
Bibliographie
- Édouard Will, Korinthiaka. Recherches sur l'histoire et la civilisation de Corinthe des origines aux guerres médiques, Paris, 1955.
Annexes
Articles connexes
Liens externes
- (el) Site officiel
- Ressource relative à la bande dessinée :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Corinthe romaine

