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Pour les articles homonymes, voir Chabrier.

Emmanuel Chabrier
Biographie
Naissance
18 janvier 1841Voir et modifier les données sur Wikidata
Ambert (Monarchie de Juillet)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
13 septembre 1894Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
9e arrondissement de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière du MontparnasseVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Alexis-Emmanuel ChabrierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
françaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Lycée Saint-LouisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Compositeur, pianisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Jeune Fille dans les fleursVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvements
Musique romantique, romantismeVoir et modifier les données sur Wikidata
Instrument
PianoVoir et modifier les données sur Wikidata
Maîtres
Aristide Hignard, Théophile SemetVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Le Roi malgré lui, Bourrée fantasque, EspañaVoir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Emmanuel Chabrier
Signature.

modifier - modifier le code - modifier WikidataDocumentation du modèle

Emmanuel Chabrier, né le 18 janvier 1841 à Ambert (Puy-de-Dôme)[1] et mort le 13 septembre 1894 à Paris 9e[2],[3], est un compositeur français.

Célèbre pour certaines de ses partitions symphoniques comme España, la Suite pastorale et la Joyeuse Marche, il est aussi compositeur de plusieurs opéras comme Gwendoline, dont l'ouverture est demeurée au répertoire des orchestres, mais surtout l'opéra bouffe avec L'Étoile, Une éducation manquée et Le Roi malgré lui. Chabrier est également auteur de mélodies et de pièces pour piano, dont les Dix pièces pittoresques et la Bourrée fantasque.

Ses œuvres, admirées de nombreux compositeurs tels qu'Erik Satie, Claude Debussy et Maurice Ravel, Richard Strauss, Igor Stravinsky, Francis Poulenc et Darius Milhaud, ont eu une influence importante dans l'évolution de la musique française.

Biographie

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Jeunesse

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Son père, Jean Chabrier, est avocat ; sa mère, Marie-Anna-Evelina Durozay, originaire de Cusset-Vichy[4]. Sa nourrice Anne Delayre (surnommée « Nanine » par Emmanuel Chabrier) est restée proche de lui toute sa vie. Il commence les leçons de musique à 6 ans. Il apprend le piano avec un réfugié carliste espagnol, M. Saporta. Ses compositions les plus anciennes datent de 1849 et sont pour piano. La famille vit alors à Ambert, mais déménage à Clermont-Ferrand en 1852. À cette époque, Emmanuel Chabrier prépare une carrière dans le droit et étudie au lycée impérial de Clermont-Ferrand de 1852 à 1856. En parallèle, il continue de prendre des leçons de musique théorique et pratique le violon avec Alexandre Tarnowski, un compositeur polonais et violoniste. Le père d'Emmanuel s'oppose toutefois à une carrière musicale.

Paris

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La famille quitte Clermont-Ferrand pour Paris et s'installe au 23, puis au 40 rue Vaneau. Il rejoint le lycée Saint-Louis à Paris en 1856 et prend des leçons de piano avec Édouard Wolff et de composition avec Théophile Semet, puis Aristide Hignard. Une pièce de piano de cette période, que le jeune homme coiffe du titre Le Scalp (1861), sera modifiée et rebaptisée pour devenir la Marche des Cipayes (1863). Le jeune Emmanuel est bachelier le 4 novembre 1858. Il passe sa licence de droit en 1861.

Ami avec Verlaine dès ses 20 ans, Emmanuel Chabrier écrit dans son exemplaire de Jadis et Naguère (édition 1891) : « Pendant deux ou trois ans, 1860 à 1863, rue Lecluze, aux Batignolles, j'allais dîner chez Mme Verlaine presque tous les samedis »[5]. Verlaine parle de ces soirées dans un sonnet publié dans Amour.

Plaque 7 rue Cambacérès (Paris), qui atteste la période où Emmanuel Chabrier a travaillé au ministère de l'Intérieur.

À partir de 1862 Chabrier travaille au ministère de l'Intérieur à Paris. Le 29 octobre 1863, il devient expéditionnaire au bureau des ampliations. Il épouse Alice Dejean (fille d'un architecte) le 27 décembre 1873[6],[7]. Ils eurent trois fils. Il s'installe à Montmartre, puis successivement rue Mosnier, rue de Rochechouart et avenue Trudaine. Il fréquente les écrivains Émile Zola et Alphonse Daudet, avec qui il entretient une grande amitié. Il fréquente également les peintres Auguste Renoir, Claude Monet, Édouard Manet dont il est un fidèle admirateur et à qui il achète de nombreuses toiles, dont certaines sont aujourd'hui exposées dans de grands musées.

Tristan und Isolde de Richard Wagner, « qu'il entend en 1879 à Munich, le bouleverse »[8]. En 1880, il choisit de se consacrer entièrement à la musique. « À partir de 1883, il passe chaque année plusieurs mois chez sa belle-mère, à La Membrolle, près de Tours, où il composera la majeure partie de son œuvre pendant les dix années qui lui restent à vivre »[8].

Emmanuel Chabrier et Paul Lacôme ont eu l'initiative de réhabiliter l'inventeur du saxophone Adolphe Sax[9].

Déclin et dernières années

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Tombe d'Emmanuel Chabrier au cimetière du Montparnasse (division 9).

Dans ses dernières années, à partir de 1890, Chabrier connaît des problèmes financiers de plus en plus importants, causés par la faillite de ses banquiers. Sa santé se dégrade et il entre en phase terminale de la syphilis, ce qui le rend irritable et dépressif. En 1891 le décès de sa nourrice bien-aimée, « Nanine », l'affecte profondément. Il devient obsédé par la composition de son opéra Briséïs, inspiré par une tragédie de Goethe et par le style musical de Wagner, mais il n'en terminera que le premier acte.

À Paris son opéra Gwendoline est enfin donné en France pour la première fois, en décembre 1893. Il ne reconnaît pas sa musique et l'applaudit à tout rompre, ne comprenant pas que les applaudissements s'adressent à lui.

Il meurt prématurément à l'âge de 53 ans le 13 septembre 1894, à Paris, de paralysie générale. Il est enterré au cimetière du Montparnasse (division 9) dans la même ville.

En 1942 un timbre est émis par l'administration des Postes de l'État Français à son effigie, gravé par Achille Ouvré.

Œuvres

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Le style d'Emmanuel Chabrier est très varié : harmonies wagnériennes (Gwendoline), légèreté mélodique (Duo de l'ouvreuse de l'Opéra-Comique et de l'employé du Bon Marché), inspirations folkloriques (Les Plus Jolies Chansons du pays de France), pastiche (Ballade des gros dindons), etc.

En 1882, Chabrier se rend en Espagne. Ce voyage lui inspire sa plus célèbre œuvre, la rhapsodie pour orchestre España (1883), mélange d'airs populaires et de créations de son imagination. À en croire son ami Henri Duparc, cette composition affirmait un style personnel, riche et très coloré. La femme d'Auguste Renoir écrit : « Un jour, Chabrier vint, et joua España pour moi. Ce fut comme si un ouragan avait été libéré. Il battait et battait encore le clavier. Une foule s'était réunie dans la rue et écoutait, fascinée. Quand Chabrier atteignit les formidables derniers accords, je me jurai à moi-même de ne jamais plus toucher un piano. Il avait d'ailleurs cassé plusieurs cordes, et mis le piano complètement hors d'usage. » Joyeuse Marche, un arrangement de sa pièce pour piano, et Dix pièces pittoresques comptent également parmi ses œuvres les plus connues, de même que la mélodie Les Cigales (1889). Ses compositions influencèrent de nombreux compositeurs français, notamment Maurice Ravel et Francis Poulenc.

Partageant avec les Parnassiens un humour dans sa vision critique de la société, Chabrier disait de lui-même : « Je rythme ma musique avec mes sabots d'Auvergnat »[10]. Au contraire de George Onslow, Chabrier ne fut cependant pas attaché à l'Auvergne et ne s'impliqua d'aucune façon dans la vie culturelle de cette région qu'il quitta très tôt pour s'installer à Paris, même s'il présida l'association « La Soupe aux choux d'Auvergne », qui se réunissait régulièrement à Paris[11].

Principales compositions

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Article détaillé : Liste des œuvres d'Emmanuel Chabrier.
Couverture de la Bourrée fantasque de Chabrier, Enoch, illustration de P. Borie.
Musique pour piano
  • Rêverie (1855)
  • Julia, valse op. 1 (1857)
  • Le Scalp (1861)
  • Souvenirs de Brunehaut, valse (1862)
  • Marche des Cipayes (1863)
  • Pas redoublé (Cortège burlesque) (1871)
  • Suite de valses (1872)
  • Impromptu en do majeur (1873)
  • Dix pièces pittoresques (1881)
  • Trois valses romantiques pour deux pianos (1883)
  • Habanera, poème pour piano (1885)
  • Souvenirs de Munich. Quadrille sur un thème de « Tristan und Isolde » pour piano quatre mains (1885-86)
  • Bourrée fantasque (1891)
  • Cinq pièces pour piano (1897)
Musique orchestrale
  • Lamento (1874)
  • Larghetto pour cor et orchestre (1875)
  • Suite pastorale (1881)
  • España (1883)
  • Joyeuse Marche (1888)
  • Prélude pastoral (1888)
Musique vocale

Chansons et mélodies :

  • Les Plus Jolies Chansons du pays de France (1888), arrangements d'airs folkloriques
  • Neuf chansons (1862)
  • Sérénade de Ruy Blas (1863)
  • Le pas d'armes du roi Jean (Hugo) (1866)
  • Ivresses ! (Labarre) (1869)
  • L'Invitation au voyage (1870)
  • Sommation irrespectueuse (1880)
  • Tes yeux bleus (1883)
  • Credo d’amour (1883)
  • Chanson pour Jeanne (1886)
  • Six mélodies : Ballade des gros dindons, Villanelle des petits canards, Pastorale des cochons roses, L'Île heureuse, Les Cigales, Toutes les fleurs (1890), mélodies sur des poèmes de Rosemonde Gérard et Edmond Rostand
  • Nez au vent, chanson (posthume)
Musique lyrique
  • Vaucochard et Fils Ier (1869), opérette, livret de Paul Verlaine et Lucien Viotti (fragments) ;
  • Fisch-Ton-Kan (1873), opérette, livret de Paul Verlaine (fragments) ;
  • Une éducation manquée (1879), opérette, livret d'Eugène Leterrier et d'Albert Vanloo ;
  • L'Étoile (1877), opéra-bouffe, livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo ;
  • Gwendoline (1886), opéra, livret de Catulle Mendès ;
  • Le Roi malgré lui (1887), opéra-comique, livret d'Émile de Najac et Paul Burani ;
  • Briséis ou les Amants de Corinthe[12] (1897), opéra, livret d’Éphraïm Mikhaël et Catulle Mendès (inachevé).

Chabrier et la peinture

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Emmanuel Chabrier, 1880, par Édouard Manet, Ordrupgaard Museum, Charlottenlund, Danemark.

Chabrier comme modèle

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Bal masqué à l'opéra d'Édouard Manet en 1873[13].

Emmanuel Chabrier était le modèle de nombreux artistes. On l’aperçoit dans L'Orchestre de l'Opéra d'Edgar Degas (dans la loge d'avant-scène), Autour du piano par Henri Fantin-Latour (au piano), et Bal masqué à l'opéra d'Édouard Manet. Il existe également deux portraits par Manet : Portrait de Chabrier (pastel, 1880) et Portrait de Chabrier (huile sur toile, 1881), ainsi que dans des portraits au crayon (1861) par James Tissot, un portrait de Marcellin Desboutin (vers 1881) un dessin (1887) d'Édouard Detaille et un buste (1886) de Constantin Meunier.

Chabrier comme collectionneur

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Autour du piano (1885), peinture à l'huile par Fantin-Latour. Chabrier est au piano et autour de lui : Adolphe Jullien, Arthur Boisseau, Camille Benoît, Edmond Maître, Antoine Lascoux, Vincent d'Indy et Amédée Pigeon.

Chabrier avait une collection de tableaux de peintres français. Une vente de sa collection à l'Hôtel Drouot, le 26 mars 1896[14], inclut[15] :

  • Les Moissonneurs de Paul Cézanne ;
  • Un bar aux Folies Bergère d'Édouard Manet, qui était accroché au-dessus du piano de Chabrier ;
  • Le Skating de Manet ;
  • Polichinelle de Manet ;
  • Les Bords de la Seine de Claude Monet ;
  • Le Parc Monceau de Monet ;
  • La Fête nationale, rue du Faubourg Saint-Denis de Monet ;
  • La Rue Saint-Denis, 30 juin 1878 de Monet ;
  • Femme nue d'Auguste Renoir ;
  • Canotier à Hampton Court (Les régates à Hampton Court, 1874, Fondation et Collection Emil G. Bührle) d'Alfred Sisley ;
  • La Seine au Point-du-Jour de Sisley.

Hommage

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Le square Emmanuel-Chabrier lui rend hommage à Paris 17e depuis 1936.

Notes et références

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  1. ↑ Mairie d'Ambert, « Acte de naissance n° 12 du 19/01/1841 photo 3/273 6 E 3 35 », sur AD Puy-de-Dôme (consulté le 31 octobre 2021) : « Sieur Jean Chabrier, 32 a, avocat, a présenté un enfant né hier à 4h du soir, de lui et de Dame Marie-Anne Evelina du Rozay, auquel il veut donner les prénoms de Alexis-Emmanuel »
  2. ↑ Mairie du 9e arrondissement de Paris, « Acte de décès n° 1041 du 14/09/1894 photo 18/18 V4E 8811 », sur AD de Paris (consulté le 31 octobre 2021) : « Alexis Emmanuel Chabrier 53 a, compositeur de musique, chevalier de la Légion d'honneur, décédé hier matin à 4h 15, fils de Jean Chabrier et Marie Anne Emiliana Durozay, décédés, ep de Marie Alice Dejean, 43 a »
  3. ↑ Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 1, Les Hommes et leurs œuvres. A-K, Paris, Bordas, 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010721-5), p. 524
  4. ↑ Bertelle, Généalogie du compositeur Emmanuel Chabrier, le Gonfanon n° 27, Argha
  5. ↑ Poulenc 1961, p. 32.
  6. ↑ Mairie du 8e arrondissement de Paris, « Acte de mariage n° 857 du 27/12/1873 photo 11/12 V4E » (consulté le 31 octobre 2021)
  7. ↑ Poulenc 1961, p. 18.
  8. ↑ a et b Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 1, Les Hommes et leurs œuvres. A-K, Bordas, 1986, 677 p. (ISBN 2-04-016327-1), p. 226
  9. ↑ Poulenc 1961, p. 27.
  10. ↑ Lire ici ou là
  11. ↑ Lire ici ou là
  12. ↑ « Briseis : drame en trois actes », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 8 mars 2018)
  13. ↑ Huile sur toile, 59 × 72,5 cm, National Gallery (Londres).
  14. ↑ Poulenc 1961, p. 21.
  15. ↑ Catalogue de tableaux, pastels... composant la collection Emmanuel Chabrier..., 1896 (lire en ligne)

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

  • Emmanuel Chabrier, sur Wikimedia Commons

Bibliographie

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  • Joseph Desaymard, Emmanuel Chabrier d'après ses lettres. L'homme et l'oeuvre, Paris, Fernand Roches, coll. « Pro litteris et arte », 1934, 365 p.
  • Francis Poulenc, Emmanuel Chabrier, Paris-Genève, La Palatine, 1961.
  • Frédéric Robert, Emmanuel Chabrier, Paris, Seghers, coll. « Musiciens de tous les temps », 1969.
  • Roger Delage, Chabrier, Genève-Paris, Minkoff & Lattès, coll. Iconographie musicale, 1982, 211 p.
  • Correspondance d'Emmanuel Chabrier, réunie et présentée par Roger Delage et Frans Durif, avec Thierry Bodin, Paris, Klincksieck, 1995, 1261 p.
  • Roger Delage, Emmanuel Chabrier, Paris, Fayard, coll. « Bibliothèque des grands musiciens », 1999, 767 p.
  • Francis Poulenc et Jean-Philippe Biojout, Emmanuel Chabrier, Bleu nuit éditeur, coll. « horizons » (no 100), 2024, 175 p. (ISBN 978-2-35884-134-4).

Liens externes

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