
Une humiliation est un rabaissement conduisant à une mortification, un état d'impuissance ou de soumission. L'humiliation peut être le fait d'une agression, d'une intimidation, d'une maltraitance physique ou mentale, de l'embarras ou de la gêne dans lesquels peut se retrouver une personne.
Alors que l'humilité vise à rabaisser son propre égo, l'humiliation implique une relation entre individus.
Quoique cela soit plus rare, il est possible qu'un individu tente de s'humilier lui-même, par exemple dans un contexte sexuel (on parle alors d'humiliation érotique), ou dans des situations plus complexes sur le plan psychologique.
Histoire
Types
Punition ou tactique
L'humiliation d'un individu par un autre (le « bourreau ») est souvent utilisée pour exprimer la puissance envers le rabaissement. C'est une forme d'oppression, d'agression ou d'abus utilisés aussi bien dans un contexte privé, qu'en entreprise, à l'école, en politique ou par des policiers ou militaires dans les prisons en guise de torture.
Toutes les formes de violences peuvent provoquer un sentiment d'humiliation[1].
D'anciennes punitions actuellement abolies (torture par les chatouilles), pilori, « marque d'infamie » (stigmatisation sociale) devaient « servir d'exemple » pour d'autres individus qui tenteraient d'agir de la même manière.
Certains États d'Amérique punissaient et humiliaient les hors-la-loi en indiquant leur crime ou délit. Aujourd'hui, des pratiques humiliantes comme déshabiller un prisonnier ou le forcer à des actes sexuels sont contraires à la déontologie policière. Néanmoins, ces techniques sont utilisées lors d'interrogatoires pour briser la résistance d'un suspect.
Humiliation érotique
L'association du plaisir à des situations de violence, qu'elle soit physique ou émotionnelle, est un symptôme courant de violences subies dans l'enfance[2]. La souffrance traumatique peut se rejouer dans le corps et le système neuro-endocrinien, les émotions, les comportements ou les relations sociales[3]. Lorsque cette réactivation est volontaire, dans un contexte décidé de gratification sexuelle, les circuits cérébraux traumatiques sont réactivés : cortisol, adrénaline, dopamine, opioïdes et ocytocine[4] se mélangent, créant un état neurobiologique proche de celui du trauma initial, donnant parfois l'illusion de le surmonter. Le système de récompense se dérègle et mélange excitation, culpabilité, attachement et douleur, honte et jouissance, violence et plaisir[5]. À chaque mise en scène, les circuits neurologiques correspondants aux réactions de défense traumatique sont renforcés[6].
L'humiliation peut être une pratique sexuelle consentante qui engage des activités sadomasochistes. C'est un type d'humiliation psychologique dans un contexte sexuel durant lequel un individu gagne du plaisir et une excitation érotique à l'aide d'un partenaire lorsque ce dernier se sent rabaissé et humilié, souvent en conjonction avec la stimulation sexuelle d'un ou des deux partenaires durant l'activité.
L'humiliation en elle-même a besoin d'être sexuelle. Elle peut être verbale ou physique, publique ou privée.
Souvent elle peut se banaliser et, contrairement à certaines pratiques sexuelles, se tenir à distance par le biais du téléphone ou d'internet.
L'humiliation par soumission, qu'elle soit physique ou psychologique, consiste à réduire une personne à une position de faiblesse ou de dépendance, ce qui provoque un sentiment de honte, de dévalorisation ou d'infériorité.
1. Soumission physique : Cela implique souvent des gestes ou des actes qui mettent une personne dans une position de vulnérabilité physique, comme forcer quelqu'un à adopter une posture subordonnée (ex. : s'agenouiller) ou à réaliser des tâches dégradantes. L'objectif est de montrer la domination du bourreau sur la victime par le contrôle du corps.
2. Soumission psychologique : Cette forme d'humiliation est plus subtile et peut inclure des insultes, du chantage émotionnel, de la manipulation ou des critiques répétées. Ici, l'humiliation découle du fait que la personne perd le contrôle sur son image de soi, son estime ou ses émotions, souvent en étant placée dans des situations où elle est rabaissée devant les autres.
Les deux formes visent à briser l'intégrité de la personne, à la priver de dignité et à la soumettre au pouvoir ou à l'autorité de l'autre, que ce soit de manière visible ou invisible.
Références
- ↑ Muriel Salmona, Châtiments corporels et violences éducatives : Pourquoi il faut les interdire en 20 questions réponses, Dunod, , 288 p. (ISBN 978-2100755028)
- ↑ Muriel Salmona, Châtiments corporels et violences éducatives : Pourquoi il faut les interdire en 20 questions réponses, Dunod, , 288 p. (ISBN 978-2100755028)
- ↑ (en) B.A. Van der Kolk, « The compulsion to repeat the trauma. Re-enactment, revictimization, and masochism », sur PubMed, (consulté en )
- ↑ (en) Elise Wuyts, « The Biology of BDSM: A Systematic Review », sur PubMed, (consulté en )
- ↑ (en) Natacha Godbout, Chloé Labadie, Marsha Runtz et al, « Avoidant and compulsive sexual behaviors in male and female survivors of childhood sexual abuse », sur pubmed
- ↑ (en) Natacha Godbout, « The Complex Interplay between BDSM and Childhood Sexual Abuse: A Form of Repetition and Dissociation or a Path Toward Processing and Healing? », sur Natacha Godbout, (consulté en )
Annexes
Bibliographie
- (en) Evelin Lindner, Gender, Humiliation, and Global Security: Dignifying Relationships from Love, Sex, and Parenthood to World Affairs (Contemporary Psychology), Praeger Security International, 2010.
- (en) William Ian Miller, Humiliation and Other Essays on Honor, Social Discomfort, and Violence, Ithaca, Cornell University Press, 1993.
- Philippe Prévost, L'humiliation dans l'histoire, Paris, CEC, 2018.
- Michel Zink, L'Humiliation, le Moyen Âge et nous, Paris, Albin Michel, 2017, 261 p.
Liens externes

