


Un hypogée désigne en archéologie une construction creusée dans le sol ou dans le flanc d'une colline destinée le plus souvent à contenir une ou plusieurs tombes. Le terme est généralement utilisé pour les tombes de ce type datées de la Préhistoire, de la Protohistoire et de l'Antiquité, pour la période médiévale et moderne on privilégie celui de caveau.
Définition
Le mot provient du bas latin hypogeum lui-même issu du grec hupogeion, signifiant « souterrain » (du grec hupo, « sous », et gê, « terre »). Vitruve nomme hypogeum la partie d'un bâtiment qui est au-dessous du niveau du sol (De architectura, VI,8) et le mot désigne dans l'Antiquité, toute construction souterraine et en particulier un tombeau souterrain[1]. À l'origine, le mot désigne indifféremment tout bâtiment placé au-dessous du niveau du sol, et, par extension, un caveau funéraire[2]. Dans la Rome antique, le caveau souterrain est appelé conditorium (descendit in conditorium, Pétrone, Satyricon, 111,7) où l'on dépose le cadavre dans une case sans le réduire en cendres (Pline,Histoire naturelle, VII, 16)[3].
En archéologie, le mot est utilisé pour désigner toutes les constructions de ce type réalisées par diverses civilisations antiques s'étant développées durant l'Antiquité le long du littoral de la Méditerranée (Grèce, Italie, Égypte, Syrie)[1], et également celles, à vocation funéraire, réalisées par certaines cultures préhistoriques (Malte, Sardaigne, Minorque, France).
Pour l’architecture médiévale et moderne, on privilégie celui de caveau[4] qui est cependant plus restrictif puisqu'il ne concerne que des constructions à vocation funéraire.
Exemples d'hypogées
Dans l'Égypte antique, l'hypogée désigne une tombe souterraine (comme celles de la vallée des Rois), par opposition à une tombe aérienne appelée mastaba.
L'hypogée de Ħal Saflieni constitue le complexe funéraire le plus spectaculaire de l'archipel de Malte.
En Italie, on désigne sous le nom d'hypogées aussi bien des tombes antiques de la civilisation étrusque enfouies sous des tumuli que les « domus de janas » sardes creusées dans la roche à la fin du Néolithique.
Sur l'île de Minorque, des hypogées ont été creusés dès le Néolithique (Biniai Nou) et jusqu'à l'Âge du bronze (Torre del Ram).
En France, il existe aussi des hypogées néolithiques notamment dans les Bouches-du-Rhône (Fontvieille), dans l'Essonne (Champtier des Bureaux, Fontaine Saint-Léger) et surtout dans la Marne (Villevenard, Coizard-Joches). Dans ce département, près de 170 hypogées creusés dans la craie ont été recensés dans les marais de Saint-Gond.
Par abus de langage, certains monuments sont parfois qualifiés d'hypogée alors même qu'ils ne répondent pas à la définition, comme l'hypogée des Dunes à Poitiers qui est un cimetière mérovingien, datant du VIIe siècle.
Notes et références
- « Dictionnaire Larousse »
- ↑ Pierre Ripert, Dictionnaire illustré d'archéologie, Éditions de Lodi, , 334 p. (ISBN 2-84690-003-5), p. 181
- ↑ Anthony Rich, Dictionnaire des antiquités romaines et grecques, Singapour, Éditions Molière, , 715 p. (ISBN 2-84790-100-0), p. 185
- ↑ Jean-Marie Pérouse de Montclos, Architecture, description et vocabulaire méthodique, Paris, Éditions du patrimoine, , p. 479
Voir aussi
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
