| Artiste | |
|---|---|
| Date |
De Ă |
| Type |
Sculpture monumentale |
| Hauteur |
2250 cm |
| Propriétaire | |
| Localisation |
Le bois des Pauvres, dans le prolongement de la rue Louis Pasteur, 91490 Milly-la-ForĂȘt (France) |
| Coordonnées |
Le Cyclop, Ă©galement connu sous le titre Le Monstre ou La TĂȘte, est une sculpture monumentale construite dans le bois de Milly entre 1969 et 1994 par le sculpteur suisse Jean Tinguely en collaboration avec Niki de Saint Phalle et avec les contributions d'artistes de sa « famille artistique » : Daniel Spoerri, Jean-Pierre Raynaud, Eva Aeppli, CĂ©sar, Arman et d'autres, une quinzaine environ.
LâĆuvre est situĂ©e dans le bois des Pauvres Ă Milly-la-ForĂȘt, en Ile-de-France .
Description
[modifier | modifier le code]Le Cyclop, sculpture faite de béton et de fer, mesure vingt-deux mÚtres de haut et pÚse autour de trois cents tonnes.
Il sâagit dâune tĂȘte Ă lâaspect dâun cyclope. Le monstre possĂšde un Ćil unique. D'une bouche bĂ©ante au centre de la figure, sort une immense langue-toboggan qui retombe au sein dâun petit bassin rempli dâeau.
Au dĂ©part, Le Cyclop a un visage humain. Un modĂšle datĂ© de [1], rĂ©alisĂ© par Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, permet de comprendre lâĂ©volution artistique du projet. Il prĂ©sente une tĂȘte avec deux yeux. La maquette permet Ă©galement de remarquer lâimportance de la couleur initialement prĂ©vue : le visage est jaune, les yeux de diffĂ©rentes couleurs et les lĂšvres rouges. Cela rappelle les Nanas trĂšs vives de Niki de Saint Phalle. Finalement, lâartiste ne fera pas le choix de la couleur. Ă partir de , Niki de Saint Phalle commence Ă tapisser la face de milliers de petits miroirs. En , la surface est entiĂšrement « miroitĂ©e ». Le choix des miroirs permet de reflĂ©ter la forĂȘt et ainsi ancrer lâĆuvre dans son contexte environnemental. ImbriquĂ©s dans la sculpture, quatre chĂȘnes centenaires font partie intĂ©grante de lâĆuvre.
Sur le cĂŽtĂ© droit du Cyclop est visible lâOreille du monstre. Cette composante de la sculpture est rĂ©alisĂ©e par le sculpteur suisse Bernhard LuginbĂŒhl. LâOreille oscille lorsque le systĂšme interne de la sculpture-architecture est activĂ©.
LâentrĂ©e principale se situe au dos du Cyclop. Elle est accessible par une porte, trĂšs lourde, imaginĂ©e par LuginbĂŒhl. La porte, de forme ronde, est constituĂ©e de puissantes corniĂšres de fer croisĂ©es Ă angle droit.
Au-dessus de cette entrĂ©e est visible un gros tuyau. Il sâagit dâun conduit dâaĂ©ration du Centre Pompidou que Pontus HultĂ©n a donnĂ© Ă Tinguely[2].
LâintĂ©rieur de la sculpture-architecture se compose de quatre niveaux. Le premier Ă©tage possĂšde un carrelage en damiers noir et blanc rĂ©alisĂ© par Niki de Saint Phalle en . Cela rappelle notamment le drapeau Ă damier des circuits automobiles que Jean Tinguely affectionnait. Au deuxiĂšme Ă©tage, Jean Tinguely a construit une machine issue de sa sĂ©rie des MĂ©ta-Harmonie (Ćuvres gigantesques composĂ©es de roues de tailles diverses mises en mouvement par des moteurs[3]). La MĂ©ta-Harmonie est lâorgane dâoĂč part toute lâanimation de la sculpture. LâĆuvre active un circuit dans lequel tombent des boules en inox de 35 cm de diamĂštre qui parcourent toute lâarchitecture. Cet immense rouage entraĂźne le mouvement des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments mobiles du Cyclop (Oreille, siĂšges du théùtre). Lâensemble crĂ©e un son sourd et retenu, rehaussĂ© de coups plus stridents. Enfin, au troisiĂšme Ă©tage, un petit théùtre a Ă©tĂ© installĂ©.
Histoire
[modifier | modifier le code]Projets précédents
[modifier | modifier le code]Dans une interview datĂ©e de , Jean Tinguely avoue avoir rĂ©flĂ©chi Ă une rĂ©ponse valable Ă lâintĂ©gration des Arts Plastiques dans lâarchitecture[4] :
« Câest une grande sculpture dans laquelle les gens circulent. Mais elle nâest pas utopique. Je ne veux pas la faire fonctionner sous la merveilleuse rubrique de Sculpture-Utopique [âŠ] Je veux la faire â et je suis en train de la faire⊠je veux dire directement, en prise directe ce nâest pas une utopie... jâai fait beaucoup de maquettes, beaucoup de dessins. â et un de ces jours, je vais tout enclencher, ça sera dans la vie⊠»
Pontus HultĂ©n revient sur lâorigine de la volontĂ© de Jean Tinguely de crĂ©er une Ă©norme construction ouverte Ă toutes disciplines[5] :
« Depuis son sĂ©jour Ă Stockholm en , Tinguely a souvent discutĂ© avec moi dâun projet de construction gĂ©ante, Ă rĂ©aliser par plusieurs artistes travaillant en commun dans un bĂątiment ou en plein air. »
Deux projets ont notamment précédé Le Cyclop.
En , Jean Tinguely imagine un projet intitulĂ© Lunatour. Lâartiste souhaitait construire un immense immeuble qui abriterait des attractions foraines (grande roue et manĂšges), des boutiques ainsi quâun restaurant. Lâartiste voulait lâinstaller porte Maillot, Ă Paris. Cela aurait Ă©tĂ© une rĂ©ponse Ă la fermeture du parc dâattractions Lunapark qui se situait Ă cet emplacement.
En , Jean Tinguely réédite son projet. AccompagnĂ© de Bernhard LuginbĂŒhl, il envisage une structure quâil intitule Gigantoleum. Il la dĂ©finit comme une station culturelle. Les deux artistes lancent un appel d'offres afin dâobtenir des financements. Cet appel permet dâavoir connaissance de lâaspect formel du projet. La station culturelle abriterait notamment un snack-bar, un mini-cinĂ©ma permanent projetant des burlesques, un champ de tir, un labyrinthe tactile, le plus grand toboggan du monde, des expositions dâart, dâautres endroits seront rĂ©servĂ©s au beat et au jazz[6].
Ces deux projets, prĂ©cĂ©dant Le Cyclop, ne verront pourtant jamais le jour faute dâaide financiĂšre.

Influences
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Le Cyclop se nourrit également de réalisations créées par des artistes antérieurs.
Niki de Saint Phalle fait dĂ©couvrir Ă Jean Tinguely le Facteur Cheval. Ă la suite de la visite de son Palais idĂ©al, Ă Hauterives, dans la DrĂŽme, Jean Tinguely reconnaĂźt que « le facteur Cheval a fait son Palais idĂ©al tout seul. Il a travaillĂ© trente-huit ans Ă peu prĂšs⊠câest une personnalitĂ© que je considĂšrerai comme un Saint[7]. »
Dâautres rĂ©alisations lâont Ă©galement stimulĂ© : les jardins de Bomarzo, en Italie, la Sagrada Familia et le parc Gaudi, Ă Barcelone ou encore les Watts Towers de Simon Rodia, prĂšs de Los Angeles. Toutes ces rĂ©alisations Ă©taient connues de lâartiste qui les avait visitĂ©es[8].
Réalisation
[modifier | modifier le code]La construction a pris de nombreuses années.
Tout dâabord, la question du terrain sâest posĂ©e. La volontĂ© initiale de lâartiste Ă©tait dâinstaller sa construction dans un pays lointain isolĂ© de la civilisation. Il souhaitait lâintroduire dans « des rĂ©gions peu peuplĂ©es oĂč existaient encore des terrains vierges tels la Sicile, les Pouilles, le Sud de la France ou lâAfrique du Nord »[9].
Finalement, le terrain se situera au sud de Paris pour des raisons pratiques. Cela facilite lâaccĂšs pour les collaborateurs[10]. En outre, le choix du lieu est liĂ© Ă la vie de Jean Tinguely. Depuis , lâartiste a achetĂ© avec Niki de Saint Phalle lâancien bar-dancing « Au Cheval blanc » situĂ© Ă Soisy-sur-Ăcole. Le couple possĂšde Ă©galement une ancienne commanderie des Templiers Ă Dannemois qui leur servait dâatelier[11].
Niki de Saint Phalle se rappelle le contexte dâachat du terrain[12] :
« Nous avions peu dâargent. Comment acheter un terrain ? LâidĂ©e nous est venue des bois prĂšs de Milly-la-ForĂȘt, Ă cĂŽtĂ© de lĂ oĂč on habitait. On nâa pas le droit de construire, donc les terrains se vendent pour presque rien. Nous avons Ă©tĂ© voir le maire de Milly-la-ForĂȘt [âŠ] Il nous conseilla de ne demander aucune permission officielle, car elle serait automatiquement refusĂ©e, mais de commencer en douce et lui fermerait les yeux.[..] Une fois quâon avait achetĂ© le terrain, on a dĂ©cidĂ© quâon ne voulait pas ĂȘtre propriĂ©taires, puisque nous allions demander Ă dâautres artistes de participer [âŠ] Jean pensa que ce serait une bonne idĂ©e de donner le terrain Ă la personne la plus riche que nous connaissions. Nous avons pensĂ© tout de suite Ă notre grand ami Jean de Menil. Il Ă©tait dâaccord et a mĂȘme ajoutĂ© un petit bout de terrain quâil a achetĂ©. Aujourdâhui, Dominique de MĂ©nil a donnĂ© le terrain Ă la France. »
Le Cyclop sera construit de maniĂšre continue durant la carriĂšre de lâartiste. De Ă , Jean Tinguely et ses amis artistes rĂ©alisent lâensemble des gros travaux.
En , Jean Tinguely engage Seppi Imhof en tant que soudeur professionnel Ă la suite d'une petite annonce que lâartiste avait dĂ©posĂ©e dans le journal de Berne[13]. Seppi Imhof contribuera par la suite Ă de nombreux projets artistiques de Jean Tinguely en tant quâassistant.
Une autre pĂ©riode importante dans la rĂ©alisation du Cyclop se situe, quant Ă elle, au dĂ©but des annĂ©es . Virginie Canal dans son ouvrage Le Cyclop note que lâĆuvre doit faire face à « plusieurs incidents et cas de vandalisme, ce qui empĂȘche lâavancĂ©e des travaux »[14].
Niki de Saint Phalle se souvient Ă©galement de cette Ă©poque : « Des voyous du coin avaient dĂ©couvert la TĂȘte, câĂ©tait leur fief. Une longue lutte entre Jean et eux Ă©tait amorcĂ©e »[15].
Dans une interview donnée en , Jean Tinguely souligne les solutions envisagées pour répondre à ces agressions[16] :
« Jâai donnĂ© lâordre : on va bĂ©tonner, on va planter des mauvaises herbes. On va angkorvatiser, comme au Cambodge. Jâai mis dans la TĂȘte des poches de terre pour que les mauvaises herbes puissent pousser. On voulait tout bĂ©tonner et faire une entrĂ©e secrĂšte par en dessous. »
Une des solutions envisagĂ©es Ă lâĂ©poque est de transporter Le Cyclop dans le parc de Saint-Cloud. En , Jean Tinguely et Seppi Imhof rĂ©alisent un plan dĂ©taillĂ© afin de dĂ©monter, transporter et remonter correctement la sculpture[17].
Le Cyclop est finalement donnĂ© Ă lâĂtat français. En , lâĆuvre est confiĂ©e Ă lâĂtat en contrepartie de sa conservation[18]. Il est dĂ©cidĂ©, que lorsque lâĆuvre sera terminĂ©e, elle sera ouverte au public. En , les premiers publics peuvent y entrer.
Caractéristiques
[modifier | modifier le code]Collaboration
[modifier | modifier le code]Le Cyclop est un travail monumental qui a nécessité la collaboration de plusieurs intervenants.
Le chantier de la sculpture est animĂ© par quatre artistes en plus de Jean Tinguely : Niki de Saint Phalle, Bernhard LuginbĂŒhl ainsi que les deux assistants de lâartiste, Rico Weber et Seppi Imhof. Il sâagit dâune entreprise collective oĂč chacun des artistes sollicitĂ©s pouvait crĂ©er sans trop tenir compte de ce que feraient les autres[19].
La TĂȘte, en plus dâĂȘtre une sculpture, est un musĂ©e[20]. Sur les trois niveaux, Tinguely « amĂ©nage des espaces idĂ©aux pour des Ćuvres commandĂ©es Ă ses amis »[21]. Ă lâintĂ©rieur de la sculpture-architecture est visible une vingtaine dâĆuvres dâartistes de la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle.
Liste des Ćuvres exposĂ©es au Cyclop
[modifier | modifier le code]Rez-de-chaussée et extérieur
[modifier | modifier le code]- Le tableau générique, Philippe Bouveret, , FNAC 95419 (4).
- La Grande compression, César, , FNAC 95419 (6-1).
- La Petite Compression, César, , FNAC 95419 (6-2).
- Hommage Ă Eiffel, Bernhard LuginbĂŒhl, , FNAC 95419 (33).
- L'Oreille, Bernhard LuginbĂŒhl, , FNAC 95419 (18).
- Boss Tor, Bernhard LuginbĂŒhl, -, FNAC 95419 (16-1).
- Hommage Ă Louise Nevelson, Bernhard LuginbĂŒhl, , FNAC 95419 (16-2).
- La Jauge, Jean-Pierre Raynaud, , FNAC 95419 (20).
- La Face aux miroirs, Niki de Saint Phalle, -, FNAC 95419 (7).
- La Méta-Maxi, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (30).
- La Tour éphémÚre, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (29).
- La Dégringolade, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (14).
- La Broyeuse de chocolat, sous-titre : Hommage à Marcel Duchamp, Jean Tinguely, , installée au Cyclop en , FNAC 95419 (11).
- Les Gisants, Rico Weber, , installés au Cyclop en , FNAC 95419 (27).
Premier niveau
[modifier | modifier le code]- Le Tellflipper, sous-titre : Hommage Ă Guillaume Tell, Bernhard LuginbĂŒhl, , FNAC 95419 (17).
- Le Carrelage au damier, sous-titre : Hommage Ă la course automobile, Niki de Saint Phalle, vers , FNAC 95419 (31).
- La Batterie, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (26).
- La MolĂ©cule RU-486, sous-titre : Hommage Ă Ătienne-Ămile Baulieu, Jean Tinguely, vers , FNAC 95419 (3).
- Le Tableau électrique, Rico Weber, vers , FNAC 95419 (28).
DeuxiĂšme niveau
[modifier | modifier le code]- L'Accumulation de gants, Arman, , FNAC 95419 (2).
- La Tour Imhof, Seppi Imhof, , FNAC 95419 (13).
- La Colonne, Niki de Saint Phalle, vers , FNAC 95419 (8).
- Le PĂ©nĂ©trable sonore, JesĂșs Rafael Soto, , installĂ© au Cyclop en , FNAC 95419 (22).
- Restaurant Spoerri, Daniel Spoerri, vers , FNAC 95419 (23).
- La Méta-Harmonie, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (25).
- L'Incitation au suicide, Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, , FNAC 95419 (9).
TroisiĂšme niveau
[modifier | modifier le code]- Le SiÚge-Rameur du Petit Théùtre, Pierre Marie Lejeune, vers , FNAC 95419 (15).
- Piccolo Museo, Giovanni Battista PodestĂ , vers , FNAC 95419 (19-1) Ă (19-7).
- Hommage Ă Mai-68, Larry Rivers, -, FNAC 95419 (21-1) Ă (21-9).
- Le Banc, Niki de Saint Phalle, , FNAC 95419 (10).
- La Chambre renversée de l'hÎtel de l'Etoile, Daniel Spoerri, vers , FNAC 95419 (24).
- Le Méta-Merzbau, sous-titre : Hommage à Kurt Schwitters, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (12).
- Les SiÚges du Petit Théùtre, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (5-2).
- Le Petit Théùtre, Jean Tinguely, collaborateur : Philippe Bouveret, FNAC 95419 (5-1).
QuatriĂšme niveau
[modifier | modifier le code]- Hommage aux dĂ©portĂ©s, Ăva Aeppli, , FNAC 95419 (1).
- Hommage Ă Yves Klein, Jean Tinguely, , FNAC 95419 (26).
Hommages
[modifier | modifier le code]Ă lâintĂ©rieur du Cyclop, Tinguely a souhaitĂ© rendre hommage aux artistes qui ont marquĂ© sa carriĂšre artistique. Le sculpteur suisse aime les autres artistes. Il aime leurs Ćuvres[22].
Le Cyclop prĂ©sente ainsi trois Ćuvres de Tinguely dĂ©diĂ©es Ă trois artistes majeurs du XXe siĂšcle : Kurt Schwitters, Marcel Duchamp et Yves Klein.
Pour Tinguely, « Schwitters et Duchamp [âŠ] câĂ©tait lâesprit de la libertĂ©, la joie dâentreprendre avec tout »[23]. Yves Klein, quant Ă lui, fut lâun des amis intimes de lâartiste.
Au niveau du théùtre, Tinguely a rĂ©alisĂ© un MĂ©ta-Merzbau. Par cette Ćuvre, il souhaite Ă©voquer le Merzbau, Ćuvre de Schwitters, qui consistait en une construction habitable de dimension variable rĂ©alisĂ©e Ă partir d'objets trouvĂ©s. Tinguely a trĂšs tĂŽt connaissance de cet artiste. Lors dâune interview de , le sculpteur revient sur sa formation Ă lâĂcole des Arts dĂ©coratifs de BĂąle. Cet enseignement lâa profondĂ©ment influencĂ©. Il reconnaĂźt que[24] :
« CâĂ©tait une rĂ©vĂ©lation. En fait, ce fut un bienfait que dâĂȘtre vidĂ© de mon apprentissage de dĂ©corateur chez Globus, et de pouvoir profiter de cette incroyable rĂ©vĂ©lation, pour moi [âŠ] Julia Ris, qui Ă©tait prof, remplie de lâesprit du Bauhaus, me posait Ă©videmment des problĂšmes, elle sâintĂ©ressait Ă moi dans ce sens quâelle me demandait de temps en temps : Ah ! Vous connaissez Schwitters, vous ? Et je ne connaissais pas. Qui connaĂźt Schwitters Ă dix-sept ans ? Et alors elle mâapportait des journaux, elle mâinitiait. »
Au niveau de lâentrĂ©e du Cyclop, Tinguely a installĂ© un ready-made. En rĂ©fĂ©rence Ă Marcel Duchamp, il sâagit dâune Broyeuse de chocolat.
Au sommet du Cyclop un grand bassin est rempli dâeau. Il sâagit de lâHommage Ă Yves Klein. Lâeau reflĂšte le ciel bleu ce qui rappelle les Monochromes de Klein. Tinguely souhaitait rĂ©aliser une Ćuvre « digne de cet homme qui rĂȘvait dâun art immatĂ©riel fait de sensibilitĂ© pure, lui qui affirmait volontiers que la Terre est plate et carrĂ©e, quitte Ă dĂ©battre la question toute une nuit [âŠ] une surface sobre et grandiose, projetĂ©e au-dessus du monde dans le salut dâun grand artiste Ă un autre [âŠ] »[25].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â Tinguely/ Niki de Saint Phalle, Le Cyclop-La TĂȘte, maquette, , fil de fer et tĂŽle, bandes de plĂątre, couleur, 82 Ă 77 Ă 47 cm, musĂ©e Tinguely, BĂąle, donation Niki de Saint Phalle (no inv. 011226).
- â Dominik MĂŒller dans Tinguely@Tinguely 2012, p. 432.
- â MechMinestrone68, « Fatamorgana, MĂ©ta-Harmonie IV, , Jean Tinguely Museum, Basel, 22.02.2013 », une Meta-Harmonie en fonction au MusĂ©e Tinguely de BĂąle [vidĂ©o], sur YouTube, .
- â Jouffroy 1966, p. 64.
- â HultĂ©n 1973, p. 245.
- â HultĂ©n 1973, p. 324.
- â Interview de Jean Tinguely par Jean-Pierre Keller () dans Keller 1992, p. 75.
- â Niki de Saint Phalle, dans Tinguely@Tinguely 2012, p. 54.
- â HultĂ©n 1973, p. 360.
- â Canal 2007, p. 74.
- â Keller 1992, p. 159.
- â Niki de Saint Phalle, ibid., p. 55.
- â Dominik MĂŒller, ibid., p. 416.
- â Canal 2007, p. 108â109.
- â Niki de Saint Phalle, ibid., p. 60.
- â Interview de Jean Tinguely par Jean-Pierre Keller () dans Keller 1992, p. 78.
- â « Le Cyclop » : petite documentation de dĂ©montage â transport et reconstruction de Jean Tinguely, 1985, musĂ©e Tinguely, BĂąle.
- â HultĂ©n 1993, p. 16.
- â Keller 1992, p. 77.
- â Keller 1992.
- â Pontus HultĂ©n, Tinguely : sculptures - (catalogue de l'exposition Ă la JGM Galerie, Paris, âŻ-âŻ), Paris, JGM Galerie et Communic'art, , 64 p. (ISBN 2-916277-05-6), p. 17.
- â Jaroslav VĂzner, extrait du film Le Monstre de Tinguely, Ă©mission Viva, TSR, .
- â Warwara de la VassiĂšre, « Dâautres machines : la mariĂ©e mise Ă nu par Jean Tinguely », Plaisir de France, no 390,â , p. 51.
- â « Parole d'artiste », entretien avec Jean Tinguely, Charles Georg et Rainer Michael Mason, , dans Jean Tinguely : dessins et gravures pour les sculptures (catalogue de l'exposition au cabinet des estampes du musĂ©e d'Art et d'Histoire de GenĂšve, âŻ-âŻ), GenĂšve, MusĂ©e d'art et d'histoire, , 143 p. (BNF 40110290), p. 9.
- â Keller 1992, p. 72.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Alain Jouffroy, « Jean Tinguely », L'Ćil, no 136,â , p. 34â40 et 64.
- Pontus HultĂ©n (trad. du suĂ©dois par Paul Lebeer, Anne Rubinlicht-Proux et Malou Höjer), Jean Tinguely : MĂ©ta, Paris, Ăditions Pierre Horay, , 363 p. (BNF 35537858).
- Pontus HultĂ©n, Une magie plus forte que la mort (catalogue de l'exposition de Jean Tinguely au Palais Grassi, Venise), Paris, Ăditions du Chemin vert, , 379 p. (ISBN 2-903-53325-3).
- Pontus HultĂ©n, Jean Tinguely (catalogue de l'exposition au musĂ©e national d'Art moderne, Paris, âŻ-âŻ), Paris, Centre Georges-Pompidou, , 397 p. (ISBN 2-85850-468-5 (Ă©ditĂ© erronĂ©)).
- Pontus HultĂ©n, Le Cyclop, Milly-la-ForĂȘt, Paris, Association Le Cyclop, .
- Michel Conil-Lacoste, LâĂnergie de l'insolence, Paris, Ăditions de la DiffĂ©rence, , 128 p.
- Jean-Pierre Keller (avec la collab. de VĂ©ronique Revaz), Tinguely et le mystĂšre de la roue manquante, Carouge-GenĂšve et La Tour d'Aigues, Ăditions ZoĂ© et Ăditions de l'Aube, , 219 p. (ISBN 2-88182-166-9).
- (fr + en + de) Virginie Canal (trad. en anglais Fronza Woods et Simon Pleasance, trad. en allemand IrĂšne Kuhn, photo Tadashi Ono), Jean Tinguely : âLe Cyclopâ, Paris, Centre national des arts plastiques et Isthme, , 199 p. (ISBN 978-2-35409-007-4)
- Le Cyclop - Jean Tinguely, Revue DADA hors-série no 2, ouvrage collectif, coédition Arola - Centre national des arts plastiques - Association Le Cyclop, Paris, 2013, 52 p. (ISBN 978-2-35880-053-2).
- François Taillade (dir.), La forĂȘt rĂ©enchantĂ©e : Une saison au Cyclop de Jean Tinguely (catalogue du cycle d'expositions et de confĂ©rences tenues Ă l'occasion de la saison du Cyclop, cĂ©lĂ©brant les 20 ans d'ouverture du site au public), Milly-la-ForĂȘt, Association Le Cyclop, , 88 p. (ISBN 978-2-9551677-0-0).
- Catherine Francblin et François Taillade, Le Cyclop de Jean Tinguely, Aubervilliers et Milly-la-ForĂȘt, Centre national des arts plastiques et Association Le Cyclop, , 79 p. (ISBN 978-2-9551677-1-7 et 978-2-9551677-2-4).
- MusĂ©e Tinguely : la collection (catalogue de l'exposition Tinguely@Tinguely : Un nouveau regard sur l'Ćuvre de Jean Tinguely au musĂ©e Tinguely, BĂąle, âŻ-âŻ), BĂąle et Heidelberg, MusĂ©e Tinguely et Ăditions Kehrer, , 552 p. (ISBN 978-3-9523990-3-3 et 978-3-86828-341-9).
Filmographie
[modifier | modifier le code]- Le Cyclop de Jean Tinguely, réalisation d'Arné Steckmest, Artik Films production, [présentation en ligne].
- Le rĂȘve de Jean : Une histoire du Cyclop, rĂ©alisation de Louise Faure et Anne Julien, 4A4 Films production, [prĂ©sentation en ligne].
RĂ©fĂ©rences Ă lâĆuvre
[modifier | modifier le code]- Julien Ribot s'est inspirĂ© de cette sculpture dans sa chanson Cyclop (publiĂ©e sur le EP Songs for Coco, ), ainsi que dans sa chanson La Chambre renversĂ©e (sur l'album Vega) qui fait rĂ©fĂ©rence Ă lâĆuvre de Daniel Spoerri situĂ©e Ă l'intĂ©rieur du Cyclop.
Liens externes
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