L'industrie minière en Chine constitue l'un des secteurs économiques les plus anciens et les plus stratégiques du pays. Présente depuis l'âge du bronze, avec des sites comme Tonglushan (zh) dans le Hubei ou les monts Zhongtiao (en) dans le Shanxi, l'extraction de métaux tels que le cuivre, le plomb, l'étain, l'or ou le cinabre a longtemps alimenté le commerce régional et la Route de la soie. Sous les dynasties impériales, l'exploitation du charbon et du fer prend de l'ampleur, avant qu'une modernisation rapide ne s'amorce à la fin du XIXe siècle avec l'introduction de techniques occidentales.
Au XXe siècle, le charbon devient la ressource dominante, au prix de nombreuses catastrophes minières parmi les plus meurtrières de l'histoire industrielle mondiale, comme celle de Benxihu (zh) en 1942. Depuis les réformes économiques de 1978, le secteur connaît une expansion massive, soutenue par la libéralisation des prix, la montée en puissance de groupes miniers d'État et une diversification vers des ressources stratégiques telles que les terres rares, l'or, le graphite ou l'antimoine.
Aujourd'hui, la Chine est le premier producteur mondial de charbon, d'or, de zinc, de plomb, de graphite, d'antimoine, de sels minéraux et de terres rares, tout en occupant une place centrale dans leur transformation et leur exportation. L'industrie reste toutefois marquée par des enjeux environnementaux, sociaux et géopolitiques : pollution liée aux terres rares, dépendance aux énergies fossiles, accidents de sécurité, mais aussi contrôle stratégique des ressources critiques. Dans le cadre de ses engagements climatiques, la Chine prévoit une réduction progressive de la part du charbon au profit des énergies renouvelables, tout en renforçant son emprise sur les minerais stratégiques essentiels aux technologies de pointe et à la transition énergétique.
Histoire
Époque ancienne

Le site de Tonglushan (zh), dans la province du Hubei, constitue l'un des plus anciens centres d'extraction de cuivre connus, couvrant une superficie de 2 km² et actif durant l'âge du bronze. Situé près du fleuve Yangtsé, ce gisement a révélé plus de 400 000 tonnes de scories anciennes et des dépôts de cuivre de haute qualité, indiquant une extraction estimée entre 80 000 et 120 000 tonnes de minerai. Les techniques d'extraction impliquaient l'utilisation d'outils en bronze, fer, bambou, bois et pierre, avec plus de 100 galeries et tranchées totalisant environ 8 km de longueur[1]. Dans les monts Zhongtiao (en), l'exploitation du cuivre s'est développée dès la période Longshan (2 300-1 800 av. J.-C.) jusqu'à la période Erligang (1 550-1 400 av. J.-C.), avec une organisation à petite échelle, souvent saisonnière et locale. Les gisements étaient principalement composés d'oxydes de cuivre comme la malachite et l'azurite, présents en affleurements de surface et à faible profondeur (jusqu'à 50 mètres), avec une teneur en cuivre variant de 0,24 % à 2 %. Les mineurs, probablement des agriculteurs ou des éleveurs, adoptaient un modèle itinérant, déplaçant fréquemment leurs opérations pour exploiter des dépôts dispersés, sans installations permanentes[2].
Sous la dynastie Han (à partir de 206 av. J.-C.), l'utilisation du charbon est attestée pour le chauffage, la cuisson et d'autres usages, marquant les débuts de son exploitation minière en Chine[3]. Sur la Route de la soie, entre le IIe siècle av. J.-C. et le Xe siècle, le commerce des minéraux extraits en Chine, tels que le cuivre, le plomb, l'étain, l'or, l'argent et le cinabre, joue un rôle clé dans les échanges avec l'Occident[4]. Durant la dynastie des Song du Nord (960-1126), une révolution dans les industries du fer et du charbon transforme la production, avec une augmentation significative des gisements exploités et des niveaux de production[5].
À l'époque de la dynastie Qing, les mines de cuivre de Tangdan, dans le nord-est du Yunnan, connaissent un développement notable. Mentionnées pour la première fois en 1697, elles sont officiellement ouvertes en 1726 et deviennent le principal fournisseur de cuivre pour les monnaies impériales de Pékin dès 1739, produisant environ 2 000 tonnes par an au XVIIIe siècle. Des galeries profondes (jusqu'à plusieurs li), divisées en galeries secondaires, étaient exploitées par des équipes de trois mineurs travaillant en période de douze heures avec des marteaux et des ciseaux. L'organisation reposait sur un système de « fraternité » où les mineurs, originaires de diverses provinces, partageaient 40 % de la production sans salaire fixe, tandis que les entrepreneurs en prenaient 60 %. Une catastrophe majeure (en) frappe ces mines en 1733, lorsqu'un tremblement de terre de magnitude 7,8 cause un effondrement, tuant un grand nombre de mineurs souterrains et révélant l'ampleur des opérations impliquant des milliers de travailleurs[6].
Époque moderne

À la fin du XIXe siècle, l'industrie minière chinoise connait une modernisation significative avec l'introduction de techniques occidentales. Les mines de Kaiping (en), situées dans le nord-est de la Chine, sont établies en 1877 comme la première entreprise minière à grande échelle utilisant des méthodes modernes, commençant la production en 1881 et devenant une source importante de charbon pour le marché intérieur. Avant cette influence occidentale, les techniques d'extraction traditionnelles impliquaient l'utilisation de pics, de coins et de treuils manuels, sans recours à la vapeur pour le levage ni aux explosifs, comme observé dans les mines de charbon de la province du Shanxi en 1900. Des gisements de charbon sont explorés et exploités dans plusieurs provinces, notamment à Tse Chou dans le Shanxi (rapporté en 1900), dans le nord-est de la Chine (1901), le long de la route du chemin de fer Canton-Hankou (en) dans les provinces du Hunan et du Guangdong (1903-1904), dans le centre du Zhejiang (1904), et dans les mines du « canal des Six rivières » dans le Hunan (1906), où les mines de Liu Ho Kao produisent jusqu'à 600 000 tonnes annuellement de 1912 à 1927[7].
Au XXe siècle, l'exploitation du charbon domine l'industrie minière, avec des catastrophes majeures marquant son histoire. L'accident de la mine de Benxihu (zh), près de Benxi dans la province du Liaoning, le 26 avril 1942, cause 1 549 morts à la suite d'une explosion de gaz et de poussière de charbon, suivie d'une intoxication au monoxyde de carbone due à la fermeture du système de ventilation, constituant la pire catastrophe minière au monde. Une autre catastrophe importante (zh) a lieu le 9 mai 1960 à la mine de Laobaidong, près de Datong dans la province du Shanxi, où une explosion de méthane tue 684 personnes, la plus mortelle depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, avec des informations censurées par le gouvernement jusqu'en 1992[8]. Les réformes économiques à partir de 1978 transforment l'industrie minière, en introduisant des mécanismes de marché dans le secteur du charbon. En 1985, le gouvernement central met en place un système de contrats généraux pour les mines de charbon sous distribution unifiée, transférant les procédures d'autorisation pour les petites mines aux gouvernements locaux et commençant la construction de mines clés par le groupe Shenhua. Les prix du charbon sont libéralisés progressivement, sauf pour la production d'électricité et l'usage agricole en 1993, et complètement en 2002, menant à une décentralisation et à une augmentation de la production de 32,4 millions de tonnes en 1949 à environ 2,72 milliards de tonnes en 2008, représentant environ 40 % de la production mondiale de charbon[9].
Les gisements de terres rares sont exploités de manière intensive à partir des années 1960, avec des dépôts significatifs dans le sud de la Chine, y compris la mine de Maoniuping près de Mianning dans la province du Sichuan, l'une des plus grandes mines de terres rares du pays. Les techniques d'extraction initiales étaient à petite échelle et destructives, impliquant des creusements manuels avec des haches, pics et pelles, suivis de lixiviation avec de l'acide sulfurique ou chlorhydrique dans des trous non doublés, causant une pollution importante[10]. De 1975 à 1990, les politiques encouragent le développement de l'industrie minière des terres rares, avec une production passant de 8 500 tonnes d'oxyde de terres rares en 1985 à 16 500 tonnes en 1990, grâce à des remboursements d'impôts à l'exportation. La production augmente rapidement de 1991 à 1998, atteignant 65 000 tonnes en 1998, avec une part de marché chinoise passant de 33 % à 85 %. À partir de 1999, des quotas de production et d'exportation sont introduits pour réguler l'industrie, avec une consolidation en six groupes étatiques en 2017 contrôlant la quasi-totalité des quotas miniers[11].
XXIe siècle
Au XXIe siècle, les techniques d'extraction évoluent vers des méthodes intelligentes, particulièrement pendant le 12e plan quinquennal (2011-2015), avec le développement d'équipements intelligents pour les soutènements hydrauliques, permettant des opérations sans personnel et une inspection par une seule personne sur le front de taille, applicables aux veines de charbon moyennes à épaisses. Ces avancées réduisent le nombre de mineurs sur le front de taille, améliorant la sécurité en permettant une surveillance depuis les galeries ou les centres de contrôle en surface[12]. Les statistiques sur les accidents miniers de charbon montrent une réduction significative des décès, passant de 6 458 vers 1998 à 191 en 2018, avec un taux de mortalité par million de tonnes inférieur à 0,1 depuis cette année, bien que 81,37 % de la capacité minière provienne de mines souterraines sujettes à des accidents comme les chutes de toit, les explosions de gaz et les problèmes de transport[13].
Les politiques mises en place en 2025 visent à renforcer le contrôle gouvernemental sur l'industrie des terres rares (en), avec des mesures intérimaires pour surveiller étroitement les volumes miniers et de production[14]. Ces régulations, régies par les Règlements sur la gestion des terres rares de 2024, incluent des permis d'exportation limités pour les usages non militaires, bien que des incertitudes persistent sur l'approvisionnement global[15]. Ces mesures répondent à des tensions géopolitiques, notamment avec l'Union européenne et les États-Unis, qui ont appelé à des actions contre les restrictions chinoises[16]. Le prochain plan quinquennal (2026-2030) devrait inclure une stratégie de sortie du charbon, alignée sur les engagements de pic d'émissions en 2030 et de neutralité carbone en 2060[17]. La part du charbon dans la production d'électricité a chuté à 51 % en juin 2025, contre 73 % en 2016, grâce à la croissance des énergies renouvelables[18].
Minéraux et ressources
Charbon
En 2024, la Chine domine largement la production mondiale de charbon avec près de 4,8 milliards de tonnes, représentant plus de la moitié de la production mondiale et dépassant la production combinée des dix pays suivants dans le classement[19]. Malgré cette position de premier producteur mondial, la Chine demeure également le plus grand importateur de charbon au monde avec, en 2024, le niveau record de 542,7 millions de tonnes[20]. En 2021, quatre provinces (le Xinjiang, le Shaanxi, la Mongolie-Intérieure et le Shanxi) représentent 80 % de la production nationale de charbon[21].
L'industrie charbonnière chinoise emploie encore 2,6 millions de personnes en juin 2023, représentant plus de 51 % de l'emploi charbonnier mondial en 2022. Cependant, ce chiffre traduit une diminution significative depuis le pic de 5,3 millions d'employés atteint en 2012, principalement due aux améliorations de productivité et aux politiques gouvernementales de réduction des surcapacités[21]. Entre 2016 et 2020, environ 1 milliard de tonnes de capacité charbonnière ont été fermées (soit environ 5 500 mines de petite et moyenne taille) et environ 1 million d'employés ont été réinstallés[21]. Paradoxalement, la construction de nouvelles centrales électriques au charbon (en) en Chine a atteint un niveau record en 2024, avec plus de 75 % des nouvelles capacités charbonnières approuvées soutenues par des entreprises minières ou des groupes énergétiques disposant d'opérations minières[22]. La consommation totale de charbon en Chine pourrait atteindre son pic entre 2027 et 2028, selon les prévisions de l'industrie[20].
Terres rares
En 2024, la Chine représente 69,2 % de la production minière mondiale de terres rares avec 270 000 tonnes, soit plus des deux tiers de l'approvisionnement global[14]. Cette domination s'étend au-delà de l'extraction, la Chine contrôlant également près de 90 % du traitement mondial des terres rares[23]. Le pays détient environ 44 millions de tonnes de réserves, représentant approximativement 48 % du total mondial selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis. L'Institut de géochimie de Canton de l'Académie chinoise des sciences estime ces réserves à environ 50 millions de tonnes[14].

L'extraction commerciale de terres rares en Chine a débuté avec la découverte du gisement de Bayan Obo en Mongolie-Intérieure, les réserves de minerai de fer sont identifiées en 1927, tandis que les éléments de terres rares le sont en 1935. L'exploitation industrielle commence en 1957 et est menée par le groupe d'État Baogang[24]. Il s'agit du plus grand gisement de terres rares au monde et il représente environ 83 % des réserves totales chinoises[14]. Cette zone, couvrant seulement environ 10 kilomètres carrés, possède des réserves estimées à 36 millions de tonnes en 2021, principalement en terres rares légères comme le néodyme et le praséodyme[24]. L'ouest de la province du Sichuan possède environ cinq millions de tonnes, tandis que dix millions de tonnes supplémentaires sont réparties dans sept provinces du sud de la Chine (Jiangxi, Fujian, Guangdong, Guangxi, Yunnan et Guizhou), principalement en terres rares à adsorption ionique et autres terres rares lourdes[14].
Le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information et le ministère des Ressources naturelles (en) établissent des quotas annuels d'extraction et de raffinage, répartis entre deux entreprises d'État qui dominent le secteur : China Rare Earth Group et China Northern Rare Earth (en). Les quotas ont considérablement augmenté au cours des cinq dernières années, ayant presque doublé en réponse à la demande croissante. Depuis 2018, le gouvernement les a relevé d'au moins 10 % et souvent de plus de 20 % chaque année. Cependant, 2024 a connu une augmentation plus modeste de 5,9 % et 4,2 % respectivement pour l'extraction minière et le raffinage[14]. L'industrie des terres rares en Chine (en) est devenue un enjeu géopolitique majeur en raison de l'importance stratégique de ces éléments dans les technologies de défense et les applications civiles critiques. En avril 2025, en réponse aux tarifs douaniers de 54 % imposés par l'administration Trump, la Chine a instauré des restrictions d'exportation sur sept types de terres rares moyennes et lourdes, incluant diverses dérivations de samarium, gadolinium, terbium, dysprosium, lutétium, scandium et yttrium. Ces contrôles d'exportation ont causé des perturbations significatives dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, contraignant des entreprises majeures comme Ford et Suzuki à suspendre leur production. Le traitement des licences d'exportation pour les articles à double usage prend environ 45 jours, période qui peut être prolongée si des évaluations techniques supplémentaires sont nécessaires[14].
Or
En 2024, la Chine est le premier producteur mondial d'or avec 380 tonnes d'or extraites, soit environ 10 % de la production globale[25], place qu'elle conserve depuis 2007 après avoir dépassé l'Afrique du Sud[26]. Malgré cette position dominante, la croissance de la production chinoise reste modeste avec seulement 8 % d'augmentation depuis 2010, contrastant avec d'autres producteurs comme la Russie qui a enregistré une hausse de 63 % sur la même période[27].
Les mines d'or chinoises se concentrent principalement dans l'est du pays et sont généralement de petite à moyenne taille avec des teneurs relativement élevées. Parmi les plus importantes se trouvent Yixingzhai (Shanxi), Sanshandao[28] et Haiyu (Shandong)[29]. Des découvertes récentes majeures ont été faites en 2025, telles que le champ aurifère de Wangu dans le comté de Pingjiang (province du Hunan), potentiellement le plus grand dépôt d'or au monde avec environ 1 000 tonnes de réserves, et un autre dépôt similaire dans la province du Liaoning, portant le total à plus de 2 000 tonnes de réserves nouvellement identifiées[30],[31].
Graphite
En 2025, la Chine domine la production mondiale de graphite naturel, ayant produit environ 1,27 million de tonnes en 2024, ce qui représentait 78 % de la production globale estimée à 1,6 million de tonnes. Parmi cette production, environ 15 % était du graphite amorphe et 85 % du graphite en flocons. Les réserves chinoises sont estimées à 81 millions de tonnes[32].
Les principaux gisements et mines de graphite se concentrent dans les provinces du Shandong, du Heilongjiang (notamment Jixi et Luobei), de la Mongolie-Intérieure et du Hunan, bien que des détails spécifiques sur les sites individuels restent limités dans les rapports publics. L'industrie est dominée par des producteurs étatiques et privés, avec une croissance attendue de la production globale à un taux annuel composé de 0,07 % entre 2023 et 2027[33].
Plomb-zinc

En 2025, la Chine est le premier producteur mondial de zinc, avec une production minière estimée à environ 4 millions de tonnes en 2024, représentant environ 33 % de la production mondiale totale de 12 millions de tonnes, devançant largement le Pérou (12 %) et l'Australie (9 %)[34]. Concernant le plomb, la Chine a maintenu sa position de leader mondial avec une production de 1,9 million de tonnes en 2023, soit environ 42 % de la production minière mondiale[35].
Les principaux gisements et mines de zinc en Chine incluent la mine de Wulagen, Caijiaying (en), Xitieshan, Sanguikou en Mongolie-Intérieure, et Chifeng Bayannur[36]. Une nouvelle mine importante, Huoshaoyun (en), avec une capacité de 500 000 tonnes par an, a commencé sa production en 2023 et devrait contribuer à maintenir la production chinoise stable en 2025 malgré des défis globaux[37]. Au-delà de l'extraction minière, la Chine représente également 49 % de la production mondiale de zinc raffiné en 2023, avec 6,85 millions de tonnes produites[38].
Antimoine
La Chine occupe une position hégémonique sur le marché mondial de l'antimoine. En 2023, le pays représentait 48 % de la production minière mondiale[39], avec 40 000 tonnes cette année-là[39]. Cette domination s'est établie au cours des dernières décennies après que les entreprises chinoises ont fait baisser les prix en dessous des coûts de production, forçant effectivement les compagnies occidentales à quitter l'industrie[40].
Les réserves chinoises d'antimoine sont estimées à 640 000 tonnes selon l'institut d'études géologiques des États-Unis (USGS)[39]. La Chine abrite cinq des dix plus grandes exploitations minières mondiales de gisements d'antimoine[41]. La mine d'antimoine de Xikuangshan, située dans la région de Lengshuijiang (province du Hunan), constitue le plus grand gisement au monde et la plus importante exploitation minière d'antimoine de Chine[41]. Cependant, en raison de la surexploitation, de nombreuses mines d'antimoine existantes en Chine ont été classées comme mines en crise. Selon le ratio statique réserves/production de l'USGS, la durée de vie exploitable des mines d'antimoine chinoises n'est que de 4,9 ans, inférieure à la moyenne mondiale (10,95 ans) et bien inférieure à celle de la Russie (24,31 ans) et de la Bolivie (114,81 ans)[42].
La Chine représente 63 % des importations américaines d'antimoine, ce qui rend les États-Unis et leurs partenaires européens particulièrement vulnérables à des restrictions. Cela constitue un enjeu de sécurité nationale majeur pour les pays importateurs, l'antimoine étant vital pour l'industrie de défense, avec des utilisations critiques dans les armes nucléaires, les missiles infrarouges et les équipements de vision nocturne[40].
Jade

L'industrie chinoise du jade est très ancienne et remonte à la période néolithique. Les premières pièces de jade sophistiquées apparaissent après 2500 avant notre ère dans la culture de Liangzhu, marquant l'émergence d'une véritable industrie artisanale. Cette tradition millénaire a fait du jade la pierre précieuse la plus valorisée de la civilisation chinoise[43]. La production chinoise actuelle de jade se concentre principalement dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays. Les mines de néphrite les plus importantes se situent près de Hotan[44]. La Chine produit également du jade de Xiuyan dans la province du Liaoning, qui figure parmi les quatre types de jade les plus réputés du pays[45].
L'activité de cette industrie se concentre davantage sur la transformation et la commercialisation que sur l'extraction brute. Le marché du jade de la rue Hualin (zh-yue) à Canton, où les marchands ouïgours proposent de la néphrite de Hetian, constitue l'un des principaux centres de distribution[44]. Face à l'épuisement progressif des gisements nationaux et à l'augmentation de la demande, la Chine s'est tournée vers les importations pour satisfaire ses besoins en jade, notamment en néphrite verte extraite en Colombie-Britannique au Canada et en Sibérie en Russie. Cette évolution a créé une « route du jade néphrite » bien développée et maintenue reliant les trois pays[46].
Sels minéraux
Le bassin du Qaidam, situé dans la province du Qinghai sur le plateau tibétain, représente l'une des zones d'extraction de sels minéraux les plus importantes du pays. Ce bassin hyperaride intramontagnard s'étend sur environ 120 000 km² et contient environ 27 lacs salés, dont beaucoup sont reliés par d'épais lits de sel et des saumures. Les playas et lacs salés occupent plus d'un quart du bassin, contenant d'immenses réserves de chlorure de sodium ainsi que d'autres minéraux précieux comme le potassium, le borax, le lithium et le strontium. Le lac Dabusun (en), situé dans la playa centrale de Qarhan (en), constitue le plus grand gisement de potassium en saumure au monde et contient également d'importantes quantités de calcite déposée, ainsi que du gypse, de l'anhydrite, de la halite, de la carnallite et de la sylvite[47]. En février 2025, la Chine a inauguré la China Salt Lake Industrial Group, une coentreprise entre China Minmetals et la province du Qinghai qui constitue la plus grande base de production chinoise de potasse et de sels de lithium dérivés des lacs salés[48].
Catastrophes minières
L'industrie minière chinoise, particulièrement l'extraction du charbon, a été marquée par de nombreuses catastrophes majeures qui figurent parmi les accidents industriels les plus meurtriers au monde. Ces tragédies résultent généralement d'une combinaison de facteurs : application laxiste des réglementations de sécurité, équipements défaillants, conditions de travail précaires et pression pour maintenir des niveaux de production élevés[49].
- Le 2 août 1733, le violent séisme de Dongchuan (en) provoque l'effondrement de centaines de mines de cuivre à Tangdan, tuant la quasi-totalité des milliers d'ouvriers qui se trouvaient à l'intérieur, seules quelques personnes ayant pu s'échapper[50].
- La catastrophe de Benxihu (zh), survenue le 26 avril 1942, demeure la pire catastrophe minière de l'histoire mondiale. Une explosion de gaz et de poussière de charbon dans la mine de Benxihu, située dans la province du Liaoning, cause la mort de 1 549 mineurs. À l'époque, pendant la Seconde Guerre mondiale, cette région était occupée par le Japon et la mine était sous contrôle japonais, utilisant des prisonniers de guerre et des ouvriers chinois locaux mal rémunérés. Il faut dix jours pour remonter tous les corps à la surface, tandis que les autorités japonaises de l'époque ne reconnaissent officiellement que 34 morts[49].
- Le 9 mai 1960, pendant la période du Grand Bond en avant, une explosion de méthane dans la mine de charbon de Laobaidong, dans la province du Shanxi, tue 684 personnes (zh). La mine avait augmenté sa production de 50 % au-dessus de sa capacité de sécurité recommandée pour répondre aux objectifs d'industrialisation rapide prônés par Mao Zedong. L'incident est dissimulé par les autorités chinoises et n'est révélé qu'au début des années 1990[49].
- Le 14 février 2005, pendant les vacances du Nouvel An chinois, une explosion dans la mine de charbon de Sunjiawan (zh), dans la province du Liaoning, cause au moins 214 morts. Le Fuxin Mining Group (zh), entreprise privée propriétaire de la mine, avait cherché à augmenter la production tout en réduisant les mesures de sécurité. Un petit séisme avait libéré une accumulation de gaz mal ventilé qui finit par exploser[49].
- Le 17 août 2007, de fortes pluies provoquent la rupture d'une digue de la rivière Wen au-dessus de la mine de Xintai dans la province du Shandong, inondant la mine avec 12 millions de mètres cubes d'eau (en). Les propriétaires de la mine privée avaient ignoré les appels téléphoniques répétés des bureaux de sécurité du gouvernement local les avertissant des fortes pluies. Aucun des 181 mineurs piégés n'est retrouvé vivant[49].
- Le 8 septembre 2008, dans un écho tragique de la catastrophe d'Aberfan au Royaume-Uni en 1966, tout le village de Yunhe dans le comté de Xiangfen (province du Shanxi) est enseveli sous six mètres de boue (en) après que de fortes pluies eurent déstabilisé un terril surchargé dominant l'agglomération. Les médias d'État établissent le bilan à 277 morts. L'incident entraîne des peines de prison pour certains responsables locaux qui étaient au courant des opérations illégales de la mine (la licence de la mine avait expiré l'année précédente) mais n'étaient pas intervenus[49].
Voir aussi
- Industrie minière à Hong Kong
- Industrie minière en Asie (en)
- Énergie en Chine
- Liste de mines en Chine
- Industrie du sel de Zigong
- Voyage au bout du charbon, documentaire de 2008
Notes et références
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