| Causes | Onchocerca volvulus |
|---|---|
| Transmission | Transmission par les insectes (d) |
| SymptÎmes | Lymphadénite, cécité, exanthÚme, nodule, dépigmentation (en) et lichénification (en) |
| Médicament | Ivermectine et ivermectine |
|---|---|
| Spécialité | Infectiologie et médecine tropicale |
| CIM-10 | B73 |
|---|---|
| CIM-9 | 125.3 |
| DiseasesDB | 9218 |
| eMedicine |
224309 oph/709 |
| MeSH | D009855 |
Lâonchocercose ou cĂ©citĂ© des riviĂšres est une filariose cutanĂ©e due Ă un nĂ©matode parasite, Onchocerca volvulus, qui peut vivre jusqu'Ă quinze annĂ©es dans le corps humain.
Morphologie
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Le parasite est un ver blanc, opalin, finement strié transversalement.
Le mùle, plus petit que la femelle, mesure 3 à 4 cm et son extrémité postérieure est recourbée.
La femelle atteint 5 cm pour un diamĂštre de 0,3 Ă 0,4 mm.
Cycle parasitaire
[modifier | modifier le code]Le cycle évolutif est à deux hÎtes : l'humain, hÎte définitif, et un insecte, la simulie, hÎte intermédiaire et vecteur.
L'infestation s'effectue par piqûre de la simulie, un insecte diptÚre nématocÚre Simuliidae, notamment l'espÚce Simulium damnosum. Il y a deux foyers mondiaux : l'Afrique centrale et l'Amérique centrale.
Le cycle parasitaire dâO.volvulus dĂ©bute quand une femelle du genre Simulie infestĂ©e de parasites prend un repas de sang. La salive contenant des larves dâO.volvulus au troisiĂšme stade passe dans le sang de lâhĂŽte. Ensuite les larves migrent vers le tissu sous-cutanĂ© oĂč elles forment des nodules et deviennent matures sous la forme de vers adultes au bout de six Ă douze mois. AprĂšs maturation, les mĂąles adultes migrent Ă partir des nodules vers le tissu sous-cutanĂ© oĂč ils sâaccouplent aux femelles adultes de plus grande taille, qui produisent 1000 Ă 3000 Ćufs par jour. La durĂ©e de vie normale dâun ver adulte peut aller jusqu'Ă 15 ans. Les Ćufs subissent une maturation interne pour parvenir au stade des microfilaires, qui sont libĂ©rĂ©es du corps de la femelle un par un et restent dans le tissu sous-cutanĂ© (et plus particuliĂšrement dans les kystes).
Ă la premiĂšre Ă©tape les microfilaires infectent les simulies au cours dâun repas de sang, elles poursuivent leur dĂ©veloppement dans lâhĂŽte intermĂ©diaire oĂč elles arrivent Ă maturitĂ© en une Ă trois semaines pour atteindre le troisiĂšme stade larvaire, bouclant ainsi le cycle parasitaire. Lâhumain est le seul hĂŽte dĂ©finitif pour O. Volvulus. La durĂ©e de vie normale des microfilaires est de un Ă deux ans.
ĂpidĂ©miologie, Ă©coĂ©pidĂ©miologie
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En 2010, 37 millions de personnes sont atteintes d'onchocercose, essentiellement en Afrique, avec quelques foyers en Amérique centrale[1], à proximité des riviÚres hébergeant la mouche vectrice.
En 2017, 14,6 millions de personnes ont une maladie de la peau et 1,15 million de personnes ont une perte de vision Ă cause de l'onchocercose[2].
Physiopathologie
[modifier | modifier le code]Les vers adultes restent dans les nodules sous-cutanĂ©s, ce qui limite leur exposition au systĂšme immunitaire de lâhĂŽte. Les microfilaires, en revanche, peuvent induire des rĂ©ponses inflammatoires intenses, particuliĂšrement au moment de leur mort. Les microfilaires en mourant libĂšrent des antigĂšnes dĂ©rivĂ©s de Wolbachia, une bactĂ©rie vivant en endosymbiose avec le parasite, dĂ©clenchant des rĂ©actions immunitaires responsables de l'inflammation et de la morbiditĂ© associĂ©e. La sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie est directement proportionnelle au nombre de microfilaires et Ă lâintensitĂ© de la rĂ©ponse inflammatoire qui en rĂ©sulte.
SymptĂŽmes de la maladie
[modifier | modifier le code]TrĂšs souvent la maladie n'a pas de symptĂŽmes, mais l'infection oculaire donne toute sa gravitĂ© Ă la maladie, l'onchocercose Ă©tant la premiĂšre cause de cĂ©citĂ© dans les zones infestĂ©es et la deuxiĂšme cause de cĂ©citĂ© dâorigine infectieuse dans le monde.
Atteinte cutanée et sous-cutanée
[modifier | modifier le code]Les autres manifestations sont :
- cutanées : gale filarienne avec prurit
- sous-cutanées : onchocercomes qui sont des kystes se formant autour des vers au-dessus de plans durs osseux
Les manifestations cutanĂ©es (gale filarienne) comprennent habituellement des dĂ©mangeaisons, de lâĆdĂšme, et une inflammation intense. Un systĂšme d'Ă©valuation s'est dĂ©veloppĂ© pour classer le degrĂ© dâatteinte cutanĂ©e :
- Dermite aiguĂ« avec papules â Le prurit est localisĂ© (papules) ;
- Dermite chronique avec papules â Les papules sont plus grandes et provoquent une hyperpigmentation ;
- Dermite lichenifiĂ©e avec des papules et des plaques dĂ©pigmentĂ©es, avec Ă©galement ĆdĂšme, lymphĆdĂšme, prurit et infections bactĂ©riennes banales secondaires ;
- Atrophie cutanée avec perte d'élasticité de la peau qui ressemble à du papier de soie, aspect « de peau de lézard » ;
- Dépigmentation avec aspect « de peau de léopard », habituellement sur la face antérieure de la jambe.
Atteinte oculaire
[modifier | modifier le code]Lâatteinte oculaire donne son nom Ă l'onchocercose, la cĂ©citĂ© des riviĂšres. La surface de la cornĂ©e est une autre rĂ©gion vers laquelle migrent les microfilariae, et oĂč elles sont Ă©galement attaquĂ©es par le systĂšme immunitaire. Dans la zone lĂ©sĂ©e, il se produit une kĂ©ratite ponctuĂ©e, qui sâattĂ©nue lorsque l'inflammation diminue. Cependant, si l'infection devient chronique, une kĂ©ratite sclĂ©rosante peut se produire, provoquant une opacitĂ© de la zone affectĂ©e. Avec le temps, la cornĂ©e tout entiĂšre peut devenir opaque, ce qui conduit Ă la cĂ©citĂ©[3].
Atteinte neurologique
[modifier | modifier le code]Selon une Ă©tude du NIH[4], cette parasitose pourrait ĂȘtre la cause du syndrome du hochement de tĂȘte, une forme d'Ă©pilepsie frappant des enfants en Afrique dans des zones d'endĂ©mie : Tanzanie, Ouganda, sud du Soudan. Il pourrait s'agir d'une maladie auto-immune, les anticorps dĂ©veloppĂ©s contre la parasitose s'attaquant Ă©galement Ă la protĂ©ine leiomodine 1 prĂ©sente dans certaines cellules du cerveau.
Diagnostic
[modifier | modifier le code]Le parasite peut ĂȘtre dĂ©celĂ© sur des biopsies de peau[5].
La recherche des antigĂšnes parasitaires n'est pas fiable. La dĂ©tection des anticorps peut ĂȘtre simplifiĂ©e par l'utilisation de cartes rĂ©actives et a une bonne sensibilitĂ© et spĂ©cificitĂ©[6].
Traitement et prévention
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Le traitement de l'onchocercose est lâivermectine. Les personnes infectĂ©es peuvent ĂȘtre traitĂ©es en une prise tous les douze mois. Il est nĂ©cessaire d'associer des corticoĂŻdes au traitement pour limiter les rĂ©actions inflammatoires induites par la mort des microfilaires[7]. La molĂ©cule paralyse les microfilaires et les empĂȘche de provoquer des dĂ©mangeaisons[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En outre, bien que le mĂ©dicament ne tue pas le ver adulte, il lâempĂȘche de se reproduire. Il empĂȘche donc la morbiditĂ© et la transmission.
Depuis 1988, l'ivermectine est fournie gratuitement par le laboratoire Merck & Co. dans le cadre du programme de la donation Mectizan (MDP). Le MDP collabore avec les ministĂšres de la SantĂ© et les organismes non gouvernementaux de dĂ©veloppement tels que l'organisation mondiale de la santĂ© pour fournir le Mectizan gratuitement Ă ceux qui en ont besoin dans les zones dâendĂ©mie.
Il y a plusieurs programmes de contrĂŽle qui visent Ă mettre fin Ă lâexistence de l'onchocercose en tant que problĂšme de santĂ© publique. Le premier Ă©tait le programme de contrĂŽle de l'onchocercose (OCP), qui a Ă©tĂ© lancĂ© en 1974 et Ă son apogĂ©e a couvert 30 millions de personnes dans onze pays. Par l'usage de la pulvĂ©risation de larvicides sur les fleuves pour contrĂŽler les populations de mouches noires et, depuis 1988, l'utilisation de l'ivermectine pour traiter les personnes infectĂ©es, l'OCP a Ă©liminĂ© l'onchocercose de la liste des problĂšmes de santĂ© publique. L'OCP, a conjuguĂ© ses efforts avec ceux de l'ONU, lâOrganisation mondiale de la santĂ© (OMS), la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement et lâorganisation pour la nourriture et l'agriculture (FAO). Ces actions ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme des succĂšs et sont arrivĂ©es Ă leur terme en 2002[8]. La surveillance continue pour s'assurer que l'onchocercose ne puisse pas rĂ©infester la zone contrĂŽlĂ©e par l'OCP.
En 1992, le programme pour l'Ă©limination de l'onchocercose dans les AmĂ©riques (OEPA) a Ă©tĂ© lancĂ©. L'OEPA est basĂ© Ă©galement sur lâutilisation de l'ivermectine.
En 1995, le programme africain pour le contrÎle de l'onchocercose (APOC) a commencé à couvrir dix-neuf autres pays et à compter principalement sur l'utilisation de l'ivermectine. Son but est d'établir un approvisionnement communautaire en ivermectine pour ceux qui sont infectés. De cette façon, la transmission du parasite a été significativement réduite.
Le doublement des cas dans certaines communautés du Ghana entre 2000 et 2005, malgré un traitement bien conduit, fait se poser la question de l'apparition de souches résistantes à l'ivermectine[9].
La moxidectine est en cours[Quand ?] de test et pourrait avoir une activité supérieure à celle de l'ivermectine[1].
Le , l'OMS annonce que le Niger est le cinquiĂšme pays dans le monde et le premier en Afrique Ă avoir Ă©liminĂ© l'onchocercose aprĂšs la Colombie en 2013, l'Ăquateur en 2014, le Mexique en 2015 et le Guatemala en 2016[10].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]Organisation pour la prĂ©vention de la cĂ©citĂ© (OPC) : ONG française spĂ©cialisĂ©e dans la gestion complĂšte de programmes de lutte contre la cĂ©citĂ© Ă©vitable dans les pays en dĂ©veloppement francophones. L'OPC Ćuvre depuis 1998 dans la mise en place dâun systĂšme de soins oculaires complets dans la stratĂ©gie de lutte contre lâonchocercose au Congo. Organisation pour la PrĂ©vention de la CĂ©citĂ©. Cette lutte est aussi prolongĂ©e au Mali, en GuinĂ©e et au SĂ©nĂ©gal.
- Lâonchocercose sur le site de l'Organisation pour la prĂ©vention de la cĂ©citĂ©
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Taylor MJ, Hoerauf A, Bockarie M, « Lymphatic filariasis and onchocerciasis » Lancet 2010;376:1175-85.
- â (en) « Onchocerciasis (river blindness) », sur www.who.int (consultĂ© le )
- â Nadah, M., Karmane, A., Salhi, Y., & Daoudi, R. (2009). Les manifestations oculaires de lâonchocercose: Ă propos dâun cas. Journal Français d'Ophtalmologie, 32, 1S173.
- â (en) T. P. Johnson et al., « Nodding syndrome as an autoimmune reaction to Onchocerca volvulus », Science Translational Medicine,â (prĂ©sentation en ligne)
- â A. MahĂ©, P. Huguet, M. Develoux, « Onchocercose », sur www.therapeutique-dermatologique.org, (consultĂ© le )
- â (en) Weil GJ, Steel C, Liftis F. et al. « A rapid-format antibody card test for diagnosis of onchocerciasis » J Infect Dis. 2000;182:1796-9.
- â Brigitte Girard, UvĂ©ites postĂ©rieures et vascularites rĂ©tiniennes. EncyclopĂ©die MĂ©dico-Chirurgicale, Ophtalmologie, 21-230-B-10. 1993 Ăditions Scientifiques et MĂ©dicales Elsevier SAS.
- â « Un demi-siĂšcle de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l'Ouest - L'engagement de la France. Ed. IRD, Paris, 2002; 8p. », (consultĂ© le )
- â (en) Osei-Atweneboana MY, Eng JKL, A Boakye DA, Gyapong JO, Prichard RK, Prevalence and intensity of Onchocerca volvulus infection and efficacy of ivermectin in endemic communities in Ghana: a two-phase epidemiological study, Lancet, 2007;369:2021-2029
- â « LâOMS confirme que le Niger est le premier pays de la RĂ©gion africaine Ă avoir Ă©liminĂ© lâonchocercose », sur who.int (consultĂ© le )
