Une plateforme de travail collaboratif est un espace de travail virtuel. C'est un outil, parfois sous la forme d'un site internet, qui centralise tous les outils liés à la conduite d'un projet, la gestion des connaissances ou au fonctionnement d'une organisation[1] et les met à disposition des acteurs.
L'objectif du travail collaboratif est de faciliter et optimiser la communication entre les individus dans le cadre du travail ou d'une tùche non liée au travail. Plusieurs agents décident de coopérer pour mettre en commun leurs idées et compétences, dans le but de résoudre une problématique. Internet facilite la réalisation de documents communs en les intégrant dans des plateformes web[2].
En choisissant d'installer une plateforme collaborative, les organisations entament bien souvent leur transformation numĂ©rique et managĂ©riale. En entreprise, l'efficacitĂ© de ces outils dĂ©pend en effet des compĂ©tences des managers et de leurs aptitudes Ă accompagner leurs collaborateurs. Ce changement dans la maniĂšre de manager peut ĂȘtre vu comme une rĂ©ponse aux difficultĂ©s rencontrĂ©es par les gĂ©nĂ©rations Y et Z lorsqu'elles arrivent dans le monde de l'entreprise.
Contenus et fonctionnalités
[modifier | modifier le code]Ce type de plateforme intÚgre par exemple les fonctionnalités suivantes :
- des outils informatiques (logiciels, progiciels) ;
- une base de connaissance structurée[3] comprenant des guides ou méthodes de travail en groupe, pour améliorer la communication, la production, la coordination ;
- un service de gestion de portefeuilles de projets
- un service de dĂ©matĂ©rialisation des processus qualitĂ© de l'organisation (documentation qualitĂ©, risques, incidents/non-conformitĂ©s, rĂ©fĂ©rentiel de bonnes pratiques, conformitĂ©, auditâŠ)
- un service de messagerie (ex. : messagerie rapide pair-Ă -pair) ;
- un systĂšme de partage de ressources et de fichiers (client/serveur ou en pair Ă pair) ;
- un mur virtuel collaboratif (ex : Padlet, nouvelle dénomination de l'application web2.0 Wallwisher)[4]
- des outils de type forum, pages de discussions, messagerie instantanée multi-utilisateurs⊠;
- un trombinoscope, ou annuaire des profils des utilisateurs ;
- des blogs, par projet ou par thématique ;
- un systĂšme de vote ou de notation (rating) sur les articles ;
- un calendrier ;
- un systĂšme d'archive collective, et de pages personnelles ;
- un index ou outil listant les tùches faites et à faire ou permettant de gérer des flux de travaux ;
- des outils complĂ©mentaires (confĂ©rence audio, confĂ©rence tĂ©lĂ©phonique, Ă©laboration partenariale d'arbres heuristiquesâŠ).
Les plateformes collaboratives et l'enseignement
[modifier | modifier le code]LâĂ©cole traditionnelle se voit bousculĂ©e par les nouvelles technologies et tend Ă se transformer en « l'Ă©cole 2.0 ». Le web social a effectivement poussĂ© les acteurs de l'enseignement Ă collaborer et Ă partager en intĂ©grant le numĂ©rique dans les Ă©tablissements scolaires. Une intĂ©gration compliquĂ©e Ă©tant donnĂ© que les enseignants nâont pas tous les mĂȘmes compĂ©tences techniques Ă lâutilisation du numĂ©rique et que certains, 23 % des enseignants, nâont jamais suivi de formation au numĂ©rique selon le baromĂštre de Digital Wallonia (2018)[5].
DâoĂč lâimportance dâoffrir une assistance diffĂ©renciĂ©e Ă ces enseignants en difficultĂ©s. En plus de cette assistance, il faut diffĂ©rencier les profils enseignants dans la plateforme composĂ©e dâindividus diffĂ©rents constituant un groupe social complexe, afin que cette intĂ©gration, rĂ©ussisse au mieux. âLa clĂ© de la rĂ©ussite pour instaurer le numĂ©rique est dâĂ©valuer et de sĂ©lectionner le type dâoutils qui conviennent le mieux Ă la pĂ©dagogie dâun formateur, Ă ses besoins et aux objectifs du coursâ[6]. (Hanan Khalil et Martin Ebner (2017).
Les plateformes collaboratives amĂšnent le monde de lâEnseignement Ă sâorganiser autrement et Ă transformer sa maniĂšre de collaborer. Selon Quicke (2000), « la collaboration permet de rĂ©duire la rigiditĂ© des pratiques bureaucratiques et de crĂ©er un cadre favorable Ă la rĂ©flexivitĂ©, aux Ă©changes dâexpĂ©riences et Ă lâinnovation. Câest aussi un instrument dâintĂ©gration, de soutien moral et dâassistance mutuelle[7] ». Cette collaboration est transformĂ©e, amĂ©liorĂ©e par ses possibilitĂ©s de communication asynchrone et modifiĂ©e grĂące aux plateformes collaboratives modernes (modĂšle SAMR)[8].
Elles offrent la possibilitĂ© de : « rechercher, produire, partager et de mutualiser des documents, des informations, des ressources dans un environnement numĂ©rique. Elles permettent de contribuer Ă une production ou Ă un projet collectif au sein dâĂ©quipes disciplinaires, interdisciplinaires, transversales ou Ă©ducatives »[9].
Exemples de plateformes :
- GoFAST
- Google Classroom
- Itslearning
- Jalios
- Jamespot
- JPlatform
- Microsoft Teams
- Moodle
- Oodrive
- Padlet - Wakelet
- Smartschool
- Talkspirit
- Wimi
- Whaller
- Wikiversité, Wikipédia et les autres projets pédagogiques développés au sein du mouvement Wikimédia.
Les plateformes collaboratives en général
[modifier | modifier le code]En France, la Direction interministĂ©rielle du NumĂ©rique (DINUM) met Ă disposition des agents de lâĂtat, la plateforme collaborative Resana. Elle leur offre un espace numĂ©rique complet pour faciliter le stockage, le partage et la coĂ©dition de documents, mais aussi le travail en Ă©quipe et en mode projet, y compris en mobilitĂ© grĂące Ă une application dĂ©diĂ©e. En , elle comptait dĂ©jĂ plus de 127 000 utilisateurs[10].
Références
[modifier | modifier le code]- â Applications transverses et mĂ©tiers d'une plateforme collaborative avec MediaWiki.
- â « Travail collaboratif [Qu'est-ce que le travail collaboratif?] », sur www.travail-collaboratif.info (consultĂ© le )
- â Base de connaissances structurĂ©e pour wiki d'entreprise avec MediaWiki.
- â PrĂ©sentation de Padlet, par l'AcadĂ©mie de Dijon
- â « DigitalWallonia.be », sur www.digitalwallonia.be (consultĂ© le )
- â (en) Hanan Khalil et Martin Ebner, « Using Electronic Communication Tools in Online Group Activities to Develop Collaborative Learning Skills », Universal Journal of Educational Research, vol. 5, no 4,â , p. 529â536 (ISSN 2332-3205 et 2332-3213, DOI 10.13189/ujer.2017.050401, lire en ligne, consultĂ© le )
- â Claude Lessard, Pierre Canisius Kamanzi et MylĂšne Larochelle, « De quelques facteurs facilitant l'intensification de la collaboration au travail parmi les enseignants : le cas des enseignants canadiens », Education et sociĂ©tĂ©s, vol. 23, no 1,â , p. 59 (ISSN 1373-847X et 1782-1428, DOI 10.3917/es.023.0059, lire en ligne, consultĂ© le )
- â SĂ©bastien Wart, « Le modĂšle SAMR : une rĂ©fĂ©rence pour lâintĂ©gration pĂ©dagogique des TIC en classe », sur Ăcole branchĂ©e, (consultĂ© le )
- â Ăric Bruillard et Georges-Louis Baron, « Travail et apprentissage collaboratifs dans lâenseignement supĂ©rieur : opinions, rĂ©alitĂ©s et perspectives », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, no 69,â , p. 105â113 (ISSN 2105-2956, DOI 10.4000/quaderni.327, lire en ligne, consultĂ© le )
- â Resana, plateforme collaborative pour vos groupes de travail
