| Quintillus | |
| Empereur romain | |
|---|---|
Aureus de Quintillus. | |
| RĂšgne | |
| août 270 - octobre 270 (~2 mois) | |
| Période | Empereurs illyriens |
| Précédé par | Claude II le Gothique |
| Usurpé par | Aurélien Empereurs des Gaules Empereurs de Palmyre |
| Suivi de | Aurélien |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Marcus Aurelius Claudius Quintillus |
| Naissance | Sirmium (Pannonie) |
| DécÚs | - Aquilée (Italie) |
| Fratrie | Claude II le Gothique |
| Descendance | 2 fils |
| modifier |
|
Quintillus (Marcus Aurelius Claudius Quintillus) est le frĂšre cadet de lâempereur romain Claude le Gothique et lui succĂšde briĂšvement d'aoĂ»t Ă octobre 270.
D. Kienast et M. Peachin placent le début de son rÚgne en septembre 270, alors que le numismate Jean-Pierre Callu pense qu'il a été associé deux mois à l'imperium par son frÚre et n'a régné que quelques jours tout seul. Orose ne lui donne qu'un rÚgne de 17 jours.
Biographie
[modifier | modifier le code]Ses débuts
[modifier | modifier le code]Il est originaire de la province de MĂ©sie et militaire comme son frĂšre, qui lui confie la dĂ©fense de l'Italie du nord. Ă la mort de Claude, ses soldats le proclament empereur Ă AquilĂ©e, et le SĂ©nat romain confirme son titre[1]. JĂ©rĂŽme de Stridon mentionne lui aussi lâaccord du SĂ©nat, de mĂȘme que Orose et JordanĂšs, ce qui confirme une Ă©lĂ©vation Ă lâimperium qui se serait produite en Italie. La Vita Aureliani de lâHistoire Auguste, moins fiable sur ce point laisse penser, sans reprendre cette version Ă son compte, que Quintillus se serait emparĂ© du pouvoir impĂ©rial de sa propre initiative Ă la mort de Claude[2].
Il est prĂ©sentĂ© comme modĂ©rĂ© et conciliant par les historiens antiques, qui ne lui attribuent nĂ©anmoins pas dâentreprises militaires ou politiques, alors que lâEmpire romain a besoin dâhommes Ă©nergiques. Il semble pourtant que le frĂšre de Claude avait les qualitĂ©s nĂ©cessaires pour gouverner si lâon en croit Eutrope, Livre IX, 12 : « CâĂ©tait un homme dâune modĂ©ration et dâune bienveillance exceptionnelles, digne dâĂȘtre placĂ© au mĂȘme niveau que son frĂšre ou mĂȘme au-dessus. », et lâHistoire Auguste : « Tandis quâil (Claude) sâĂ©levait vers les dieux et les astres, son frĂšre Quintillus, un homme irrĂ©prochable et, Ă dire vrai, un frĂšre digne de son frĂšre, assuma lâEmpire qui lui fut confĂ©rĂ© dâun avis unanime, non pas Ă titre hĂ©rĂ©ditaire mais eu Ă©gard Ă sa valeur : il serait devenu empereur mĂȘme sâil nâavait pas Ă©tĂ© le frĂšre du Prince Claude. »[3] Bien sĂ»r, on peut y voir une volontĂ© de glorifier la lignĂ©e prĂ©tendue de Constantin et ses successeurs, le rĂ©dacteur de lâHistoire Auguste se lançant dâailleurs dans le paragraphe suivant dans une explication dĂ©taillĂ©e sur la gĂ©nĂ©alogie de Flavius Constantin par rapport Ă Claude, Quintillus et Crispus, le troisiĂšme frĂšre.
Ses monnaies
[modifier | modifier le code]Les numismates constatent quâil a pu rĂ©aliser une frappe monĂ©taire assez abondante (voir ci-contre), voir Ă©galement[4]. La notice du R.I.C qui lui est consacrĂ©e donne pas moins de 87 types diffĂ©rents dâĂ©missions monĂ©taires, auquel il faut encore rapporter le faible nombre dâateliers disponibles pour lâautoritĂ© centrale romaine : les monnaies de Quintillus nâont Ă©tĂ© frappĂ©es quâĂ Rome, Milan, Siscia ou Cyzique, soit les quatre ateliers « centraux » de lâEmpire romain, il ne peut sâagir en effet dâĂ©missions rĂ©parties sur une multitude dâateliers, mais bien le travail des monĂ©taires qui ne sont pas tombĂ©s sous la coupe de lâEmpire des Gaules (Lugdunum, TrĂšves), ou de Palmyre (Antioche). Au regard du monnayage, il faudrait penser Ă un rĂšgne dâau moins deux mois, câest dâailleurs la durĂ©e donnĂ©e par le Chronographe de 354, 77 jours, qui paraĂźt la plus satisfaisante.
Son rĂšgne
[modifier | modifier le code]Au bout de deux mois, la puissante armĂ©e de Pannonie proclame AurĂ©lien Ă Sirmium. Quintillus nâa pas les moyens de sây opposer, et ses troupes se rallient Ă AurĂ©lien. Câest en effet le rĂ©cit que donne Jean Zonaras (XII, 26), qui prĂ©cise en outre que le bruit courait parmi les militaires que Claude avait dĂ©signĂ© AurĂ©lien comme son successeur. Moins explicite, Zosime restitue le rĂ©cit de cette situation dâusurpation aprĂšs quelque temps de rĂšgne de Quintillus : « AprĂšs que Quintillus, qui Ă©tait le frĂšre de Claude, eut Ă©tĂ© proclamĂ© Empereur et nâeut vĂ©cu que quelques mois sans rien faire qui soit digne de mĂ©moire, AurĂ©lien est Ă©levĂ© au trĂŽne impĂ©rial [âŠ] »
Quintillus meurt soit par suicide en se faisant ouvrir les veines, soit assassinĂ© par ses soldats. Selon certaines sources, il est tuĂ© par ses propres soldats[5],[6], Ă AquilĂ©e[7], alors quâil souhaite rĂ©instaurer une forte discipline parmi ses troupes, prĂ©cise le rĂ©dacteur de lâHistoire Auguste, « ce qui laissait prĂ©sager quâil serait un vrai Prince », qui compare cet assassinat Ă celui de Galba et de Pertinax. Il fournit nĂ©anmoins une autre version de la fin du frĂšre de Claude, quâil attribue Ă Dexippe: il se serait suicidĂ©, avec lâaide de son mĂ©decin qui lui aurait ouvert les veines, aprĂšs que ses soldats lâont abandonnĂ©, Ă la nouvelle de lâavĂšnement dâAurĂ©lien, ses amis lui ayant conseillĂ© de se retirer et de « cĂ©der volontairement le pouvoir Ă un concurrent beaucoup plus fort[âŠ] »
Noms successifs
[modifier | modifier le code]- NaĂźt Marcus Aurelius Claudius Quintillus
- 270, accĂšde Ă l'Empire : Imperator Caesar Marcus Aurelius Claudius Quintillus Pius Felix Invictus Augustus
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â Selon Eutrope, Livre IX, 12
- â XXXVII, 5 : « Lorsque le frĂšre de Claude, Quintillus, qui Ă©tait chargĂ© de protĂ©ger lâItalie, apprit la mort de Claude, il sâempara du pouvoir impĂ©rial. »
- â Vita Claudii, XII, 3
- â Roman Imperial Coinage, Volume V,1, p. 238-247
- â Eutrope, IX, 12 ; ĂpitomĂ© de Caesaribus, 34,5
- â Orose, VII, 23,2 : « il fut assassinĂ© le dix-septiĂšme jour de son rĂšgne
- â chronique de Saint JĂ©rĂŽme, 2287
Bibliographie
[modifier | modifier le code]Auteurs antiques
[modifier | modifier le code]- Dexippe, Chronique.
- Eutrope, Abrégé d'Histoire Romaine.
- Aurelius Victor, Livre des Césars.
- ĂpitomĂ© de Caesaribus.
- Histoire Auguste, traduction et commentaires dâAndrĂ© Chastagnol, Ă©ditions Robert Laffont, collection « Bouquins », 1994, (ISBN 2-221-05734-1).
- Orose, Histoire contre les paĂŻens.
- Saint JérÎme, Chronique.
- Zosime, Histoire nouvelle.
- Jean Zonaras, Epitome Historion.
Auteurs modernes
[modifier | modifier le code]- PIRÂČ, A 1480
- (de) D. Kienast, Romische Kaiserstabelle. GrundzĂŒge einer römischen Kaiserchronologie, Darmstadt, 1996.
- (en) M. Peachin, Roman Imperial Titulature and chronology, A.D. 235-284, Amsterdam, 1990.
- Jean-Pierre Callu, LâinterrĂšgne de SĂ©verine, Orbis Romanus Christianusque. Travaux sur lâAntiquitĂ© tardive rassemblĂ©s autour des recherches de NoĂ«l Duval, Paris, 1995.
