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Samir Geagea
En mars 2019.
Biographie
Naissance
25 octobre 1952Voir et modifier les donnĂ©es sur Wikidata (73 ans)
Ain El RemmanehVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Samir Farid Geagea
Nationalité
libanaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Allégeance
Front libanais (1976-1980)
Activités
Homme politique, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Sethrida Geagea (depuis 1991)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Catholicisme maronite
Parti politique
Forces libanaises
Phalanges libanaises
Arme
Forces libanaises
Forces de régulation des Kataeb (1975-1991)
Conflit
Guerre du Liban
Coup interne des Forces libanaises de janvier 1986
Guerre de libération (1989-1990)
Condamné pour
Assassinat
Site web
www.samirgeagea.infoVoir et modifier les données sur Wikidata

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Samir Farid Geagea (en arabe : ŰłÙ…ÙŠŰ± ŰŹŰčŰŹŰč) prononciation : Samir Ja'ja', nĂ© le 25 octobre 1952, Ă  Ain-el-Remmaneh (banlieue de Beyrouth), est un ancien chef de milice et homme politique libanais. Il est mariĂ© Ă  Sethrida Tawk. Pendant la guerre civile libanaise, il est trĂšs proche de Bachir Gemayel, chef de la milice des Forces libanaises ; il lui succĂšde quand Bachir est assassinĂ© en 1982. Il a appuyĂ© l'invasion israĂ©lienne du Liban en 1982 et est l'un des instigateurs du massacre de Sabra et Chatila.

Son rĂŽle pendant le conflit est trĂšs controversĂ© : accusĂ© et jugĂ© pour de nombreux crimes, dont les assassinats du prĂ©sident du Conseil Rachid KaramĂ©, du chef de milice chrĂ©tien Tony FrangiĂ©, de Dany Chamoun (fils de l'ex-prĂ©sident Camille Chamoun), avec sa femme et ses deux enfants, il est jugĂ© aprĂšs la guerre. Il passe 11 ans en prison entre 1994 Ă  2005. En 2005, il est graciĂ© par le parlement libanais fraĂźchement Ă©lu Ă  l’époque et reprend place dans la vie politique libanaise.

Le chef de guerre

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Le « chevrier Â», lieutenant des KataĂ«b et du clan Gemayel

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Issu d'une modeste famille de maronites originaire de BcharrĂ© (Liban Nord), il commence des Ă©tudes de mĂ©decine en 1972 Ă  l'universitĂ© amĂ©ricaine de Beyrouth dans un Liban en pleine effervescence politique. Lorsque la guerre civile Ă©clate au Liban en 1975, il interrompt ses Ă©tudes de mĂ©decine pour rejoindre la milice du parti KataĂ«b qui devient le noyau des Forces libanaises. Il continuera plus tard ses Ă©tudes Ă  l'universitĂ© Saint-Joseph mais n'obtient pas son diplĂŽme de mĂ©decine. MalgrĂ© cela, il obtient le surnom de Hakim (docteur). Par ses origines modestes, le « chevrier Â», comme il est parfois dĂ©signĂ©, se dĂ©marque des grandes familles qui dominent la politique libanaise et il cautionne « l'idĂ©ologie Ă©galitariste des phalangistes Â» revendiquĂ©e par son chef Bachir Gemayel, pourtant lui-mĂȘme issu d'une de ces familles[1].

En 1976, les milices chrĂ©tiennes Ă©taient alliĂ©es aux Syriens mais aprĂšs que Hafez el-Assad dĂ©cide de soutenir le camp dit « palestino-progressiste Â», en 1977, un conflit Ă©clate entre la Syrie et certaines milices chrĂ©tiennes. Soleimane FrangiĂ©, un ami personnel de Hafez el-Assad depuis les annĂ©es 1950, dĂ©cide de s'allier Ă  la Syrie. Soleimane FrangiĂ© est un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique et un chef fĂ©odal, et son fils, Tony, est le chef d'une milice maronite de Zghorta, une citĂ© du Liban nord fortement rivale de BcharrĂ©, la ville de Geagea.

Les affrontements se multiplient entre la brigade Marada (la milice de FrangiĂ©) et les KataĂ«b de Bachir Gemayel. Jude el-Bayi, responsable du parti phalangiste Ă  Zgharta, est enlevĂ© et assassinĂ© : Bachir Gemayel charge alors certaines unitĂ©s, dont celle de Geagea et d'Elie Hobeika, de mener une attaque contre le clan FrangiĂ© Ă  Ehden. L'expĂ©dition a lieu le 13 juin 1978 et les miliciens phalangistes rencontrent une rĂ©sistance plus forte que prĂ©vu. Tony FrangiĂ©, sa femme Vera, leur fille Jihane ĂągĂ©e de 3 ans et une trentaine de membres de la maison sont abattus. Geagea est blessĂ© au bras et Ă©vacuĂ©[2],[3]. L'Ă©venement est connu comme Ă©tant le Massacre d'Ehden.

Entre 1977 et 1982, Geagea gravit les échelons des Forces libanaises et devient une figure importante parmi les militants. La rupture avec le clan des Frangié, puis avec celui des Chamoun, fait de la milice des Kataëb la composante presque exclusive des Forces libanaises, avec une stratégie souvent divergente à celle du parti civil des Kataëb.

En 1982, comme son chef Bachir Gemayel, il encourage les troupes israéliennes à envahir le Liban sous la direction d'Ariel Sharon. En septembre 1982, il compte parmi les commanditaires du massacre de Sabra et Chatila, au cours duquel des milliers de civils palestiniens sont tués[4].

Le 13 septembre 1982, Fadi Frem est nommĂ© par le prĂ©sident Bachir Gemayel (tuĂ© le lendemain dans un attentat Ă  la bombe), chef des Forces libanaises, suivi de Fouad Abou Nader et, en mars 1985, de Elie Hobeika. Les Forces libanaises se trouvent alors dans une position dĂ©licate, l’alliĂ© israĂ©lien tentant de se dĂ©sengager du conflit libanais et les bailleurs de fonds libanais Ă©tant fortement affectĂ©s par l’effondrement de l’économie.

Geagea, chef des Forces libanaises, et sa rupture avec les Kataëb

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Geagea guide les Forces libanaises en 1983 dans la guerre de la Montagne contre les Syriens, Druzes, joumblattistes et progressistes. Avec le retrait des Israéliens de la montagne, les Druzes, les joumblattistes et des Palestiniens, forts du soutien syrien, détruisent des villages et villes chrétiens de la montagne du Mont-Liban et provoquent le déplacement de dizaines de milliers de chrétiens vers les régions de Beyrouth-Est en automne 1983. C'est une grande défaite dans la vie de Geagea et surtout une défaite pour les Chrétiens au Liban.

Avenue Samir-Farid-Geagea à Bcharré.

Les miliciens reprochent aux dirigeants politiques des KataĂ«b de les avoir envoyĂ©s au dĂ©sastre. Ces derniers cherchent Ă  affaiblir la milice en lui retirant le contrĂŽle du point de passage de Barbara prĂšs d'Amchit au Liban-Nord, une de ses principales sources de revenus. Le 11 mars 1985, le bureau politique des KataĂ«b vote l'exclusion de Geagea. Mais celui-ci prend les devants: le 12 mars 1985, une colonne blindĂ©e des miliciens des Forces libanaises, sous la conduite de Geagea, Elie Hobeika et Karim Pakradouni, part de Jbail et s'empare de Beyrouth-Est, dĂ©sarmant sans beaucoup de rĂ©sistance les partisans du prĂ©sident Amine Gemayel. Selon un garde du corps d'Hobeika, ce putsch aurait Ă©tĂ© financĂ© par le politicien et homme d'affaires Michel Murr. Geagea rompt avec les KataĂ«b tout en conservant l'image du chahid (martyr) Bachir Gemayel comme figure tutĂ©laire des Forces libanaises[5],[6] ,[7]. Regina Sneifer, alors une des responsables de la communication des Forces libanaises, dĂ©finit la pensĂ©e de Geagea comme un « socialisme chrĂ©tien Ă  tendance mystique Â» influencĂ© par la pensĂ©e de Pierre Teilhard de Chardin[8].

En 1986, Elie Hobeika nĂ©gocie Ă  Damas avec Walid Joumblatt et Nabih Berri l’accord tripartite qui renforce l’influence syrienne au Liban et autorise Damas Ă  y maintenir ses troupes. Geagea, hostile Ă  toute influence syrienne au Liban organise l’éviction de Hobeika qu'il chasse par un coup de force le 16 janvier 1986; Hobeika se voit obligĂ© de quitter l’enclave chrĂ©tienne avec ses partisans et de chercher refuge auprĂšs des Syriens; cette guerre entre miliciens chrĂ©tiens aurait fait 200 morts et plusieurs centaines de blessĂ©s[9],[10]. Les partisans de Geagea rĂ©priment brutalement la faction d'Hobeika[11] tandis que leur chef cherche une nouvelle alliance avec les États-Unis et l’Irak ba'assiste rival de la Syrie.

En 1987, Geagea, jusque-lĂ  cĂ©libataire et prĂ©sentĂ© comme un « ascĂšte Â» ou un « moine-soldat Â», Ă©pouse Sethrida Tawq, fille d'une famille de riches notables de BcharrĂ©[12].

Le 1er juin 1987, le prĂ©sident du Conseil Rachid KaramĂ© meurt dans l'explosion de son hĂ©licoptĂšre entre Tripoli et Beyrouth. L'explosion survient au-dessus d'une rĂ©gion contrĂŽlĂ©e par les Forces libanaises mais l'enquĂȘte conclut Ă  une bombe Ă  retardement posĂ©e Ă  la base de Tripoli, sous le contrĂŽle de l'armĂ©e libanaise et, indirectement, de l'armĂ©e syrienne. Par la suite, Akram alias Pierre Rizk, chef des renseignements extĂ©rieurs des Forces libanaises, sera soupçonnĂ© d'avoir organisĂ© ce meurtre sur l'ordre de Samir Geagea bien que celui-ci, Ă  cette Ă©poque, n'ait guĂšre eu de mobile pour en vouloir Ă  Rachid KaramĂ©[13].

Les divisions du camp chrĂ©tien : la rupture avec le gĂ©nĂ©ral Aoun

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Il acquiert, grùce aux taxes qu'il prélÚve en territoire maronite, une immense fortune qu'il réinvestit dans de nombreuses sociétés. Il contrÎlait la chaßne de télévision la plus regardée, LBC ainsi que la radio Voix du Liban[14].

Geagea, qui a Ă©chappĂ© Ă  trois tentatives d'assassinat, est devenu une figure incontournable de la politique libanaise. Le 9 juillet 1988, le prĂ©sident Amine Gemayel vient le consulter sur le choix du nouveau prĂ©sident du Conseil[15]. Le 20 septembre, il participe Ă  une rĂ©union autour du gĂ©nĂ©ral Michel Aoun, chef d'Ă©tat-major gĂ©nĂ©ral, avec Dany Chamoun et d'autres leaders chrĂ©tiens, pour empĂȘcher la nomination de MikhaĂ«l Daher, le candidat de la Syrie, Ă  la tĂȘte du gouvernement[16]. La crise politique libanaise est sans issue: fin septembre, le pays a deux gouvernements, l'un dirigĂ© par le chrĂ©tien Michel Aoun, l'autre par le sunnite Salim el-Hoss ; le 9 octobre 1988, les hommes des FL s'emparent sans combat des positions tenues par les partisans d'Amine Gemayel et obligent l'ex-prĂ©sident Ă  s'exiler[17]. Le 13 fĂ©vrier 1989, l'armĂ©e aux ordres du gĂ©nĂ©ral Aoun tente de reprendre aux FL le contrĂŽle d'un port illĂ©gal qu'elle contrĂŽlait Ă  Beyrouth; grĂące Ă  la mĂ©diation du patriarche maronite Nasrallah Sfeir, Geagea accepte un retrait partiel[17].

Geagea accepte d'abord de suivre le gĂ©nĂ©ral dans sa « guerre de libĂ©ration Â» contre la Syrie, mais Aoun, en se prĂ©sentant comme seul chef de son camp, se brouille rapidement avec Geagea ; avec d'autres chefs de parti et de milice, Geagea accepte l'accord de TaĂ«f, signĂ© le 22 octobre 1989 et qui apporte des modifications majeures et drastiques Ă  la constitution libanaise portant surtout la perte de pouvoirs du prĂ©sident de la RĂ©publique. Aux yeux des membres restants du parlement libanais de 1972 (moins que 60 %), ce compromis semble arrĂȘter les conflits meurtriers au Liban qui duraient depuis 1975. Aoun tente de dissoudre le parlement et, le 31 janvier 1990, ordonne la dissolution des Forces libanaises. C'est le dĂ©but d'un conflit entre chrĂ©tiens qui se prolongera jusqu'au 13 octobre, s'achevant par la reprise en main de Beyrouth-Est par les Syriens et l'exil du gĂ©nĂ©ral Aoun[18].

Le 21 octobre 1990, Dany Chamoun, sa femme et deux de ses enfants sont assassinĂ©s Ă  Baabda par le FL. Geagea a Ă©tĂ© accusĂ© d'avoir ordonnĂ© ce meurtre ; Dory Chamoun, frĂšre de la victime, a dĂ©clarĂ© plus tard que les preuves contre lui n'Ă©tait pas suffisantes. En revanche, Tracy Chamoun, fille de Dany, est persuadĂ©e de la culpabilitĂ© de Geagea[19].

AprĂšs la guerre

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L'emprisonnement

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Samir Geagea reste Ă  l'Ă©cart des nouvelles combinaisons gouvernementales sous la tutelle de la Syrie[20]. Il est arrĂȘtĂ© en[21] avril 1994 aprĂšs avoir Ă©tĂ© accusĂ© d'avoir commis l'attentat contre l'Ă©glise de Notre-Dame de la DĂ©livrance Ă  Jounieh, attentat qui a fait dix morts. Une loi d'amnistie couvre les crimes commis pendant la guerre ; il est innocentĂ© de l'attentat en question, mais l'amnistie dont il profitait n'est pas rĂ©tablie[22]. Il prend comme avocats, Wallerand de Saint-Just et Moussa Prince.

En juillet 1996, Samir Geagea est acquittĂ© pour l'attentat contre l'Ă©glise mais condamnĂ© Ă  10 ans de prison pour entretien d'une milice armĂ©e et trafic d'armes. Entre 1995 et 1999, il fait l'objet de nouveaux procĂšs oĂč il est condamnĂ© Ă  trois peines de mort commuĂ©es en prison Ă  vie pour l'assassinat de rivaux politiques, dont l'attentat qui avait coĂ»tĂ© la vie au Premier ministre Rachid KaramĂ© le 1er juin 1987, celui d'Elias Hayak, cadre des Forces libanaises, proche d'Elie Hobeika, en 1989, celui de Dany Chamoun et d'une partie de sa famille en octobre 1990, ainsi qu'une tentative d'assassinat de l'ancien ministre Michel Murr en 1991.

Il est confinĂ© en solitaire dans une cellule de 6 mĂštres carrĂ©s amĂ©nagĂ©e dans un sous-sol du ministĂšre de la DĂ©fense avec un droit de visite extrĂȘmement restreint. Ses avocats et sa femme ne peuvent le visiter que trĂšs rarement et toujours sous la surveillance d'un gardien, avec interdiction d'aborder des sujets politiques. Par la suite, la privation de soleil et les conditions d'incarcĂ©ration vont gravement affecter sa santĂ©[23].

Tout au long de son incarcération, il refuse à plusieurs reprises d'échanger sa libération contre un asservissement au régime d'Assad. Il est représenté par son épouse Sethrida Geagea au sein des instances de son parti. L'assassinat de Rafiq Hariri et la révolution du CÚdre qui force la Syrie à se retirer du Liban ouvrent la voie à sa libération.

Le 18 juillet 2005, lors de la premiĂšre sĂ©ance du nouveau parlement, 110 dĂ©putĂ©s sur un total de 128, votent un texte amnistiant en mĂȘme temps Samir Geagea ainsi qu'un groupe de militants intĂ©gristes sunnites accusĂ©s d’avoir attaquĂ© l’armĂ©e libanaise en dĂ©cembre 2000 et d’avoir planifiĂ© un attentat contre l’ambassade d’Italie, en 2004[24].

Le 26 juillet 2005, il est libéré et quitte le Liban pour se faire soigner à l'étranger[25].

Le chef de parti

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Permanence politique des époux Geagea dans leur fief de Bcharré (fin avril 2025).

Samir Geagea est le seul chef de milice Ă  avoir Ă©tĂ© jugĂ© et emprisonnĂ© aprĂšs la guerre, ce qui, pour ses partisans, lui confĂšre une image de « martyr Â»[26]. Au contraire, il est dĂ©testĂ© par les chrĂ©tiens du mouvement rival, le Courant patriotique libre de Michel Aoun[27]. Le Mouvement des Forces libanaises, interdit pendant sa captivitĂ©, se reconstitue Ă  partir de 2005 sous forme de parti politique. Tenu relativement Ă  l'Ă©cart par le reste de la classe politique libanaise, Geagea conserve de nombreux partisans fidĂšles, notamment Ă  BcharrĂ©, ville d'origine de sa famille[28],[29], Ă  Achrafieh (secteur chrĂ©tien de Beyrouth trĂšs favorable aux Forces Libanaises), au nord, au Keserwan, au Metn, et Ă  AĂŻn al-RemmanĂ©, banlieue populaire maronite de Beyrouth oĂč il a passĂ© son enfance[30]. Dans leurs discours et leur iconographie, ses partisans prĂ©sentent volontiers le Hakim comme un saint homme et l'associent Ă  des figures chrĂ©tiennes comme saint Charbel Makhlouf[31], et ses portraits gĂ©ants dominent le paysage urbain d'AĂŻn al-RemmanĂ©[32]. AprĂšs sa libĂ©ration, Geagea lui-mĂȘme fait retirer certains symboles trop chargĂ©s sur le plan religieux comme la croix rouge biseautĂ©e, emblĂšme des Forces Libanaises de 1984 Ă  2005, pour revenir au symbole antĂ©rieur, le cĂšdre dans un cercle rouge[33]. En 2006, il participe Ă  la rĂ©alisation d'un docufiction, Le Hakim dans la cellule, tournĂ© en arabe par GisĂšle Khoury pour la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision Al-Arabiya, il rĂ©pĂšte volontiers que « le Samir Geagea de la guerre est mort en prison Â»[34].

En juin 2014, il présente au Parlement sa candidature à la présidence de la République, mais l'absence de consensus entre partis chrétiens fait rejeter cette proposition[35].

Bien qu'il ait combattu Aoun en 1989-1990, ce dernier tente de réparer ses relations avec lui, et cela est favorisé par un recul dans les relations entre Hariri et Geagea.

Le 18 janvier 2016, il annonce son soutien à la candidature de Michel Aoun à la présidence de la République, mettant ainsi fin à des années de rivalité entre les deux partis maronites[36].

En octobre 2019, devant l'ampleur du mouvement de protestation, il décide de retirer du gouvernement les quatre ministres issus des Forces libanaises[37].

Les Ă©lections lĂ©gislatives rĂ©centes permettent Ă  son parti des Forces Libanaises de faire une percĂ©e, faisant perdre Ă  l’alliance adverse alliĂ©e Hezbollah et au CPL, sa majoritĂ© parlementaire.

Bibliographie

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  • Denise Ammoun, Histoire du Liban contemporain : 1943-1990, t. 2, ArthĂšme Fayard, 2002, 530 p. (ISBN 9782213599595).
  • Robert M. Hatem "Cobra", Dans l’ombre d’Hobeika
 par Sabra et Chatila, Jean Picollec, 2003.
  • Regina Sneifer, J'ai dĂ©posĂ© les armes - Une femme dans la guerre du Liban, Éditions de l'Atelier, 2006.
  • Jean-Marc Aractingi, La Politique Ă  mes trousses, Éditions L'Harmattan, 2006 (ISBN 978-2-296-00469-6).
  • Franck Mermier et Sabrina Mervin (dir.), Leaders et partisans au Liban, Éditions Karthala-IFPO-IISMM, 2012 (ISBN 978-2-8111-0595-2).
  • Emma Aubin-Boltanskin, « Samir Geagea: le guerrier, le martyr et le za'im Â», dans Franck Mermier et Sabrina Mervin, Leaders et partisans au Liban, Éditions Karthala-IFPO-IISMM, 2012 (ISBN 978-2-8111-0595-2), p. 59-77.
  • Chantal Mazaeff, « L’action des Forces libanaises Ă  AĂŻn el-RemannĂ© Â», dans Franck Mermier et Sabrina Mervin, Leaders et partisans au Liban, Éditions Karthala-IFPO-IISMM, 2012 (ISBN 978-2-8111-0595-2), p. 263-283.
  • Bruno Lefort, « ReprĂ©sentation du leadersip chez les militants aounistes Â», dans Franck Mermier et Sabrina Mervin, Leaders et partisans au Liban, Éditions Karthala-IFPO-IISMM, 2012 (ISBN 978-2-8111-0595-2), p. 245-252.
  • Abdallah Naaman, Le Liban : histoire d'une nation inachevĂ©e, 3 tomes, Éditions Glyphe, 2015.

Références

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  1. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 63.
  2. ↑ Ammoun 2002, p. 724-725.
  3. ↑ Christophe Boltanski, « La chute d'un seigneur de la guerre du Liban. AccusĂ© de massacres, Samir Geagea, ancien chef des Forces libanaises, attend le verdict de la justice. Â», sur LibĂ©ration.fr, 24 juin 1995.
  4. ↑ Alain Gresh, « Samir Geagea, le criminel de guerre Â», sur Le Monde diplomatique, 1er dĂ©cembre 2020.
  5. ↑ Ammoun 2002, p. 872-873.
  6. ↑ Hatem 2003, p. 94-99.
  7. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 66.
  8. ↑ Sneifer 2006, p. 136-137.
  9. ↑ Ammoun 2002, p. 881-882.
  10. ↑ Hatem 2003, p. 3103-107.
  11. ↑ Sneifer 2006, p. 157-178.
  12. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 66-68.
  13. ↑ Roger J. Azzam, Liban, l'instruction d'un crime: 30 ans de guerre, Cheminements, 2005, p. 477 [1].
  14. ↑ « La chute d'un seigneur de la guerre du Liban. AccusĂ© de massacres, Samir Geagea, ancien chef des Forces libanaises, attend le verdict de la justice. Â», LibĂ©ration.fr,‎ 24 juin 1995 (lire en ligne).
  15. ↑ Ammoun 2002, p. 894-895.
  16. ↑ Ammoun 2002, p. 899-900.
  17. ↑ a et b Ammoun 2002, p. 904.
  18. ↑ Ammoun 2002, p. 922.
  19. ↑ Tracy Chamoun, Le Sang de la paix, Ă©ditions Jean-Claude LattĂšs, Paris, 2013. "Tracy Chamoun: “L'extrĂ©misme islamiste existe aussi chez vous, dans les pays occidentaux""], Valeurs Actuelles, 27/08/2013 [2].
  20. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 77.
  21. ↑ Ammoun 2002, p. 885-886 ; 907.
  22. ↑ Ammoun 2002, p. 924-925.
  23. ↑ « Samir Geagea et Jirjis al Khoury : Torture et procĂšs inĂ©quitables Â», sur Amnesty International, novembre 2004.
  24. ↑ Nouveau gouvernement, Geagea amnistiĂ© Paul Khalifeh, RFI, 20 juillet 2005.
  25. ↑ « Liban : Samir Geagea libĂ©rĂ© aprĂšs onze ans de prison Â», Le Monde,‎ 26 juillet 2005 (lire en ligne, consultĂ© le 17 dĂ©cembre 2018).
  26. ↑ Mazaeff 2012, p. 279.
  27. ↑ Lefort 2012, p. 245-252.
  28. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 59-61.
  29. ↑ William Dalrymple, Dans l'ombre de Byzance, Noir sur Blanc, Suisse, 2002, p.265-266.
  30. ↑ Mazaeff 2012, p. 263-283.
  31. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 73-74.
  32. ↑ Mazaeff 2012, p. 279-2822.
  33. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 71 et 75.
  34. ↑ Aubin-Boltanskin 2012, p. 76.
  35. ↑ Le Liban se cherche un nouveau prĂ©sident, Jean-RenĂ© Belliard analyse le Proche-Orient, 6 juin 2014.
  36. ↑ « Liban: l’alliance Samir Geagea-Michel Aoun bouleverse le jeu politique Â», RFI, 19 janvier 2016.
  37. ↑ Doha Chams, « Liban. Ce soulĂšvement qu’on n’attendait plus contre un Ă©difice vermoulu Â», Orient 21,‎ 22 octobre 2019 (lire en ligne).

Voir aussi

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Articles connexes

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  • Assassinats politiques au Liban depuis les annĂ©es 1970
  • Forces libanaises
  • Guerre du Liban
  • Accord de Maarab

Liens externes

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  • Article biographique sur Samir Geagea par Jean-RenĂ© Belliard, Tribune de GenĂšve
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