| Saxophone | |
Trois saxophones de différentes tailles (de gauche à droite) : alto, soprano (courbé) et ténor | |
| Classification | Instrument Ă vent |
|---|---|
| Famille | Bois |
| Instruments voisins | Clarinette |
| Ćuvres principales | LĂ©gende de Florent Schmitt, Concerto d'Alexandre Glazounov, Sonate de Paul Creston, Sequenza IXb de Luciano Berio, Improvisation et Caprice d'EugĂšne Bozza "Concertino da Camera" de Jacques Ibert |
| Instrumentistes célÚbres | Marcel Mule, Sigurd Rascher, Charlie Parker, John Coltrane, Michael Brecker |
| Facteurs bien connus | Selmer Paris, Yamaha, Yanagisawa, Keilwerth, Conn, Jupiter, Buffet-Crampon |
| Ăchantillon sonore | |
| Articles connexes | Tubax |
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Le saxophone est un instrument de musique à vent, appartenant à la famille des bois. Il a été inventé par le Belge Adolphe Sax et breveté à Paris le [1].
Il ne doit pas ĂȘtre confondu avec le saxhorn, de la famille des cuivres, mis au point, lui aussi, par Adolphe Sax. Le saxophone est gĂ©nĂ©ralement en laiton, bien qu'il en existe certains en cuivre, en argent, en plastique[2] ou plaquĂ©s en or[3].
Anatomie du saxophone
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Le corps du saxophone est composé de trois parties soudées ou collées réalisées en laiton : le corps conique, le pavillon et la culasse reliant les deux. Les clés (au nombre de 19 à 24 selon les membres de la famille et le modÚle) commandent l'ouverture et la fermeture des trous latéraux percés sur le corps (appelés cheminées). L'extrémité haute du corps est prolongée horizontalement par le bocal (démontable) qui porte le bec (en ébonite, en métal, en bois, ou encore depuis peu en plastique ABS par impression 3D), équipé d'une anche simple attachée avec une ligature. Il existe différentes sortes de becs permettant d'obtenir le son souhaité en fonction de l'ouverture et de la forme du bec (bec classique, bec jazz...), ainsi que différentes sortes de ligatures (métal, métal plaqué or, plaqué or rose, plaqué argent, plaqué platine, cuir, cuir avec lamelle d'or, d'argent, etc.)[1].
Le son du saxophone est produit Ă l'aide du bec et de l'anche (en gĂ©nĂ©ral en roseau, mais peut aussi ĂȘtre en matiĂšre synthĂ©tique). C'est la vibration de l'anche sur la facette du bec qui permet l'Ă©mission du son par mise en vibration de la colonne d'air contenue dans le corps de l'instrument. Les anches ont elles aussi leur incidence sur le son du saxophone, selon leur coupe.
Bien que mĂ©tallique, le saxophone appartient Ă la famille des bois du fait de son mode de production des notes, par la vibration d'une anche simple battante en bois contre le bec[1]. Il est cependant parfois considĂ©rĂ© (Ă tort) comme faisant partie de la section cuivres dans les musiques populaires (telles que le rock, la pop, le rhythm and blues, le funk ou la musique soul) oĂč il est associĂ© aux trompettes et aux trombones (instruments Ă embouchure).
De plus, comme il tend à se rapprocher de la sonorité des cordes (ceci est stipulé dans le brevet d'invention du saxophone), on peut de façon anecdotique en faire un « chaßnon manquant » unissant cordes, bois, cuivres et percussions (grùce aux sons slappés).
Le saxophone s'accorde avec les autres instruments en faisant lĂ©gĂšrement varier l'enfoncement du bec (modulable grĂące au liĂšge entourant l'extrĂ©mitĂ© du bocal). Quand le son est trop bas, on enfonce le bec, quand il est trop haut, on tire le bec. Il prĂ©sente quelques ressemblances avec la clarinette (notamment le soprano), dont il diffĂšre cependant par sa perce conique au lieu d'ĂȘtre cylindrique. C'est d'ailleurs cette derniĂšre particularitĂ© qui lui permet d'ĂȘtre un instrument octaviant (alors que la clarinette quintoie) : le but mĂȘme dâAdolphe Sax lorsqu'il imagina son nouvel instrument. C'est-Ă -dire qu'en appuyant sur la clĂ© du pouce gauche (clĂ© d'octave) la note monte d'une octave, alors qu'Ă la clarinette, cette mĂȘme clĂ©, appelĂ©e clĂ© de douziĂšme, fait quintoyer la note.
Les types de saxophones
[modifier | modifier le code]| Différents types de saxophones | |||||||||
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Les saxophones conçus par Adolphe Sax comprenaient 14 tailles, dont 7 sont utilisées aujourd'hui :
- le saxophone contrebasse, trĂšs rare, en mi ;
- le saxophone basse, assez rare, en si ;
- le saxophone baryton, en mi ;
- le saxophone ténor, en si ;
- le saxophone alto, en mi (courbe, et extrĂȘmement rarement droit) ;
- le saxophone soprano, en si (droit, semi-courbe, ou plus rarement courbe) ;
- le saxophone sopranino, assez rare, en mi.

On trouve parfois quelques reliques des séries en ut et fa voulues au départ par Adolphe Sax (tonalités d'orchestre)[1], en plus des séries en si et mi (tonalités d'harmonie) :
- le saxophone C-melody en ut, ténor non transpositeur, trÚs rare aujourd'hui ;
- le saxophone mezzo-soprano extrĂȘmement rare, en fa ;
- quelques rares sopranos en ut ;
- les tubax, mis au point en 1999. Leur perce plus étroite en fait des instruments différents, plus proches en réalité du sarrussophone pourvu d'une anche simple) :
- le saxophone sous-contrebasse en si ;
- le tubax en mi
Le facteur munichois Benedikt Eppelsheim, actif de la fin des annĂ©es 1990 Ă 2023, s'est spĂ©cialisĂ© dans la production d'instruments dans les registres extrĂȘmes, notamment le saxophone piccolo rare, en si, mis au point en 2002, parfois appelĂ© « soprillo » ou « sopranissimo ».
Vers la fin des années 1980, la firme Akai conçoit l'Electronic Wind Instrument (EWI), un instrument électronique équipé d'un contrÎleur MIDI, rappelant le saxophone.
Les plus utilisés sont le soprano, l'alto, le ténor et le baryton. Ils composent le quatuor de saxophones. Dans les quatuors de saxophones, le soprano est parfois remplacé par un second alto.
La plupart des saxophones actuels sont des instruments dits transpositeurs, c'est-à -dire que la note figurant sur la partition ne correspond pas à celle jouée par l'instrument. Ainsi lorsqu'un saxophoniste alto fait un doigté de do, l'instrument produit un mi. Il y a ainsi un décalage d'une sixte majeure vers le bas. Donc pour transposer une partition en ut pour un saxophone alto en mi, il faut y ajouter 3# à l'armure et descendre les notes de deux lignes. Pour les saxophones sopraninos (resp. soprano, ténor, basse), le décalage est d'une seconde majeure vers le haut (resp. d'une neuviÚme majeure, treiziÚme majeure, seiziÚme majeure vers le bas). La transposition permet d'éviter de recourir trop souvent aux lignes supplémentaires dans l'écriture des partitions et rend identiques les doigtés. L'usage d'autres clés de lecture (clé de fa3 ou d'ut4) sert également cet objectif.
Sax avait conçu deux séries de saxophones : une premiÚre dont les instruments étaient accordés en ut ou en fa, était destinée aux orchestres symphoniques[4], la deuxiÚme série (celle que nous connaissons aujourd'hui) était accordée en si et mi et devait servir pour les fanfares militaires. Cependant, les musiciens d'orchestre ayant boudé les instruments de Sax, alors qu'ils trouvaient de nombreux débouchés dans les musiques militaires nouvellement réformées, les instruments en ut ou en fa tombÚrent peu à peu en désuétude : ils ne sont plus fabriqués aprÚs 1930 par les principaux facteurs de saxophones.
Le saxophone comporte trois registres : grave, médium et aigu, sur une tessiture de deux octaves et une quinte. Dans de nombreuses musiques contemporaines et actuelles, on utilise aussi le suraigu dont les notes sont obtenues à partir de doigtés spéciaux permettant de faire sonner une harmonique particuliÚre.
Du fait de son invention tardive, et mĂȘme si des compositeurs comme Bizet ou Ravel ont reconnu ses mĂ©rites et lâont parfois utilisĂ©, le saxophone occupe une place marginale dans la musique classique et se trouve rarement reprĂ©sentĂ© dans les orchestres symphoniques. Cependant, il reste incontestablement un instrument majeur du jazz, et la musique contemporaine en a fait l'un de ses instruments fĂ©tiches depuis les annĂ©es 1980, en soliste comme en petits ensembles[1].
Histoire de la facture du saxophone
[modifier | modifier le code]Le Belge Antoine Joseph Sax, dit Adolphe Sax (1814-1894), a cherché inlassablement à perfectionner les instruments de musique, et plus particuliÚrement les instruments à vent ; il en a amélioré la justesse, la qualité de la sonorité ainsi que la facilité de jeu (il a déposé 33 demandes de brevets[3]).
Cette ambition de perfectionnement des instruments Ă vent se voit Ă©galement dans lâinvention du saxophone. Il Ă©crit lui-mĂȘme, dans le brevet dâinvention : « On sait que, en gĂ©nĂ©ral les instruments Ă vent sont ou trop durs ou trop mous comme sonnoritĂ© ; câest particuliĂšrement dans les basses que lâun ou lâautre de ces dĂ©fauts est le plus sensible. [...] Il nây a que les instruments Ă vent en cuivre dont lâeffet fait pĂątir les autres en plein air [...]. Quant aux instruments Ă cordes, tout le monde sait que, en plein air, leur effet est nul Ă cause de la faiblesse du timbre ; ce qui rend leur emploi presque impossible dans de semblables conditions. FrappĂ© de ces divers inconvĂ©nients jâai cherchĂ© le moyen dây remĂ©dier en crĂ©ant un instrument qui, par le caractĂšre de sa voix, pĂ»t se rapprocher des instruments Ă cordes, mais qui possĂ©dĂąt plus de force & dâintensitĂ© que ces derniers. Cet instrument, câest le saxophone. »[5]
En 1841, Adolphe Sax prĂ©sente le saxophone basse (qui est en fait un saxophone baryton) au jury de lâExposition de l'industrie belge[6], comme une invention s'inscrivant dans la lignĂ©e des grandes innovations musicales du XIXe siĂšcle (amĂ©liorations du piano, systĂšme Boehm, clarinette basse et contrebasse, piston pour les cuivres...)[4]. Dans le rapport de cette Exposition, il est mentionnĂ© : « Le premier facteur belge qui fit des efforts efficaces pour parvenir Ă cette Ă©mancipation industrielle fut M. Sax[4]. ». Adolphe Sax partira s'installer dĂšs 1842 Ă Paris se confronter aux autres meilleurs facteurs instrumentaux europĂ©ens, non sans conflit (voir « bataille des saxons contre les carafons en 1845 sur le champ de Mars. »[7]).
Le tout premier saxophone construit par Sax, à Paris (rue Myrha dans le 18e arrondissement), en 1842, était un saxophone baryton en fa. Ce tout premier saxophone présentait toutes les caractéristiques du saxophone actuel : tube métallique à perce conique, bec à anche simple et systÚme de clés Boehm, mais il avait encore la forme générale d'un ophicléide.
En 1844, le saxophone est exposĂ© pour la premiĂšre fois Ă l'Exposition Industrielle de Paris. Le 3 fĂ©vrier de cette mĂȘme annĂ©e, Berlioz, un grand ami de Sax, dirige lors d'un concert son choral « Chant sacrĂ© » qui inclut le saxophone. En dĂ©cembre, le saxophone fait ses dĂ©buts d'orchestre au Conservatoire de Paris dans l'opĂ©ra de Jean-Georges Kastner, Le Dernier Roi de Juda[1].
Le , Sax dépose le brevet numéro 3226[8] pour « un systÚme d'instruments à vent dits saxophones » qui comporte huit instruments. La réorganisation complÚte des musiques régimentaires et l'adoption par l'armée française, en 1845, des instruments de son invention (saxhorns, saxophones, saxotrombas) ont placé Sax en position de monopole de fourniture de ces instruments.
Le brevet d'invention de Sax expire en 1866. La compagnie Millereau fait alors breveter le Saxophone-Millereau, qui possÚde une clé de fa bifurquée. En 1881, Sax étend son brevet d'invention original : il allonge le pavillon pour inclure un si et un la grave, et étend également vers le haut en ajoutant fa et sol à l'aide d'une quatriÚme clé d'octave.
Entre 1886 et 1887, l'Association des Ouvriers invente la clĂ© de trille pour le do main droite, le systĂšme de demi-trou pour les premiers doigts de la main, l'anneau de rĂ©glage d'accord et la double clĂ©. Elle amĂ©liore Ă©galement le sol articulĂ© pour que la clĂ© de sol puisse ĂȘtre maintenue tandis que n'importe quel doigt de la main droite est employĂ©, amĂ©liore le fa bifurquĂ© et ajoute un si grave. Lecomte inventera en 1888 la clĂ© d'octave simple ainsi que des rouleaux pour le passage mi-ut grave.
Ă partir de la fin du XIXe, et surtout au dĂ©but du XXe siĂšcle, se dĂ©veloppe l'industrie amĂ©ricaine du saxophone. Quatre marques sont cĂ©lĂšbres : Buescher (le premier), King, Conn et Martin. Les saxophones King ont Ă©tĂ© les principaux challengers de Selmer et le Super 20 est restĂ© en tant que saxophone alto la rĂ©fĂ©rence (Charlie Parker, Cannonball Adderley...). Les premiers King sont en fait fabriquĂ©s en Allemagne par Köhlert[9]. C'est aussi chez Köhlert que Julius Keilwerth fait son apprentissage (ainsi que chez Amati). Les Köhlert, aujourd'hui oubliĂ©s, ont donc contribuĂ© Ă donner la trame des saxophones au son plus gras que l'on trouve chez King (Ătats-Unis) ou Keilwerth (Allemagne), distinct du son clair des Selmer, Yamaha ou Yanagisawa. Conn a Ă©tĂ© dominant jusqu'Ă la seconde guerre mondiale (voir les premiers albums de Dexter Gordon par exemple) mais la rĂ©quisition des usines dans le cadre de l'effort de guerre a portĂ© un coup fatal. Martin est la moins connue des quatre mais a produit des saxophones remarquables (Martin est plus connu des trompettistes : Miles Davis). Ces grandes marques vont progressivement ĂȘtre battues par Selmer avec le Mark VI et disparaĂźtre. Quelques modĂšles sont aujourd'hui trĂšs prisĂ©s : Conn 10M (ou 30M) ; King Super 20 full pearl (bocal en argent, nacres latĂ©rales) ; The Martin comittee.
La société Adolphe Sax & Cie a été rachetée par la société H. Selmer & Cie en 1928[3] (le premier saxophone Selmer modÚle 22 est né en 1921). Depuis lors, l'entreprise Selmer a participé à l'amélioration de la fabrication des saxophones, ce qui lui a valu de conquérir le marché américain et de s'imposer en Europe. Les autres anciens facteurs de saxophones (Buffet-Crampon, Millereau, Gautrot, Couesnon) présents à la fin du XIXe siÚcle, ont été progressivement supplantés par des marques internationales : Köhlert puis Keilwerth, Adler, Huller (Allemagne), Yamaha et Yanagisawa (Japon)[3].
Aperçu du répertoire du XIXe siÚcle
[modifier | modifier le code]AprĂšs son invention qui date du dĂ©but des annĂ©es 1840, le saxophone est trĂšs vite apparu dans l'orchestre et surtout dans les partitions d'opĂ©ra, ce qui pourrait ĂȘtre expliquĂ© par le poste de Directeur de la musique de scĂšne tenu de 1847 Ă 1894 par Adolphe Sax lui-mĂȘme Ă l'OpĂ©ra-Comique et Ă l'OpĂ©ra de Paris[1],[3].
AprĂšs le Chant sacrĂ© de Berlioz et l'oratorio Le Dernier Roi de Juda de Kastner, Ćuvres exĂ©cutĂ©es pour la premiĂšre fois en 1844 et 1845, HalĂ©vy inclut le saxophone dans son opĂ©ra Le Juif errant (composĂ© en 1852), Giacomo Meyerbeer dans L'Africaine créé en 1865, Ambroise Thomas dans Hamlet (1868) puis dans Françoise de Rimini (1882), Bizet dans son ArlĂ©sienne (1873), Delibes dans Sylvia (1876), Massenet dans Le Roi de Lahore (1877), HĂ©rodiade (1881) et Werther (1886), Saint-SaĂ«ns dans Henri VIII (1883), d'Indy dans Fervaal (1895), etc[1],[4].
Mais la cabale dressĂ©e contre Sax est trop forte, et l'instrument, Ă de rares exceptions prĂšs[10], a du mal Ă percer au sein des orchestres rĂ©putĂ©s. De fait, le seul domaine oĂč Sax parvint Ă imposer ses nouveaux instruments fut celui des musiques militaires, en pleine rĂ©forme sous l'impulsion de l'ancien Aide de camp du roi Louis-Philippe, Marie-ThĂ©odore de Rumigny, qui admirait le travail de Sax. Mais au grĂ© des nombreux bouleversements politiques de l'Ă©poque, et des grĂąces ou disgrĂąces dont bĂ©nĂ©ficiait l'inventeur, les saxophones furent tour Ă tour imposĂ©s, interdits ou tolĂ©rĂ©s au sein de ces musiques (d'oĂč les pĂ©riodes de faste et les faillites connues par la sociĂ©tĂ© Sax).
La pĂ©riode la plus favorable fut sans conteste celle entre 1857 et 1870, oĂč Sax est nommĂ© professeur au CollĂšge Militaire rattachĂ© au Conservatoire de Paris[1]. Il y formera des dizaines d'instrumentistes de talent, qui essaimeront au sein des diverses musiques de l'armĂ©e. Et il fera Ă©crire par ses amis et collĂšgues diffĂ©rentes piĂšces de concours, ensembles de saxophones qui feront les joies des mĂ©lomanes parisiens pendant plusieurs annĂ©es. Il publia lui-mĂȘme ces piĂšces signĂ©es Jean-Baptiste SingelĂ©e, Jean-Baptiste Arban, Jules Demersseman, Jean-Baptiste Mohr ou JĂ©rĂŽme Savari[11]. Mais cette exclusive militaire de l'utilisation de l'instrument n'eut pas que des effets bĂ©nĂ©fiques en termes d'image. De nos jours, on peut faire remonter les idĂ©es reçues contre le saxophone aux musiciens classiques de cette pĂ©riode.
Le coup de grĂące fut le dĂ©clenchement de la guerre de 1870, qui vit le CollĂšge Militaire se vider de ses Ă©lĂšves, rappelĂ©s sous les drapeaux par leurs rĂ©giments respectifs. Celui-ci fut ensuite fermĂ© dĂ©finitivement et tous les efforts de Sax furent inutiles : le saxophone dut attendre l'ouverture d'une classe pour Marcel Mule[1],[4] en 1942 pour connaĂźtre Ă nouveau la reconnaissance des milieux officiels français. S'ensuivit une pĂ©riode de dĂ©clin qui aurait pu ĂȘtre fatale si le relais n'avait pas Ă©tĂ© pris en AmĂ©rique du Nord par Elise Hall, qui dĂ©veloppa le premier rĂ©pertoire soliste pour saxophone[1], puis par les musiciens de jazz qui apprivoisĂšrent peu Ă peu le nouvel instrument jusqu'Ă ce qu'il devienne l'icĂŽne emblĂ©matique de leur musique que nous connaissons de nos jours.
L'explosion du saxophone populaire
[modifier | modifier le code]En 1906, le quartet de Tom Brown faisait ses premiers pas avec le cirque des « FrĂšres Ringling » aux Ătats-Unis. Ă l'origine, les musiciens Ă©taient multi-instrumentistes dans le style des spectacles « Minstrels » trĂšs populaires outre-Atlantique[1], mais en 1914, l'ensemble devient le « Brown Brothers Saxophone Sextet ». Avec un rĂ©pertoire allant de Verdi (sextuor de « Rigoletto ») jusqu'aux premiĂšres esquisse du "jazz" (« That Moanin' Saxophone Rag », « Smiles and Chuckles »), ils ont eu un Ă©norme succĂšs populaire avec des disques, des tournĂ©es de music-hall et mĂȘme des comĂ©dies musicales montĂ©es pour eux[12].
En 1917, Rudy Wiedoeft et son « Frisco Jass Band » eut Ă©galement beaucoup de succĂšs grĂące Ă sa participation Ă la comĂ©die-musicale « Canary Cottage » oĂč, malgrĂ© la prĂ©sence de vedettes comme Eddie Cantor, le saxophoniste fut clairement l'attraction de la soirĂ©e. AprĂšs ce succĂšs, les enregistrements de Wiedoeft avec son saxophone tĂ©nor C-melody rencontrĂšrent un trĂšs large public[1].
Le public amĂ©ricain, trĂšs friand de ce nouvel instrument relativement facile Ă apprendre, lance la mode du saxophone avec des revues telles que « Sax-o-Trix » et « The Saxophone Revue ». Il impose la prĂ©sence des saxophones dans les orchestres de variĂ©tĂ©s, un avis qui n'Ă©tait pas partagĂ© par les tenants du style Nouvelle-OrlĂ©ans, mais qui est vite devenu de rigueur Ă cause de la demande populaire[1]. Durant cette pĂ©riode, il y a mĂȘme des orchestres entiĂšrement composĂ©s de saxophones qui font office de fanfares lors des manifestations populaires dans les villes amĂ©ricaines.
Le saxophone dans le jazz
[modifier | modifier le code]Bien que le seul instrument vĂ©ritablement créé d'abord pour le blues puis pour le jazz soit la batterie, le saxophone est pour le grand public, lâinstrument emblĂ©matique de cette musique. CantonnĂ© Ă ses dĂ©buts Ă un rĂ©pertoire « pompier » ou militaire, le saxophone aurait pu voir sa carriĂšre instrumentale rapidement stoppĂ©e.
Pour gagner ses lettres de noblesse et l'aura populaire qu'on lui connaĂźt, lâinstrument a dĂ» traverser lâAtlantique pour ĂȘtre adoptĂ© par cette nouvelle musique qui se formait alors dans la communautĂ© afro-amĂ©ricaine : le jazz. Dâabord utilisĂ© de maniĂšre rudimentaire en section, le rĂŽle du saxophone change rapidement de dimension. La premiĂšre figure marquante qui impulse ce changement au saxophone est Coleman Hawkins, membre du « Fletcher Henderson Band » dĂšs 1923[4]. Il invente une nouvelle maniĂšre dâutiliser le saxophone, en fait un instrument soliste incontournable et dĂ©veloppe un « son » qui reste la carte de visite du saxophone auprĂšs du grand public.
Le romancier Alain Gerber dans Charlie fait dire Ă un des protagonistes que « lâinventeur" du saxophone est plus sĂ»rement Hawkins quâun obscur Belge⊠» La saillie romanesque est hardie mais nâen retranscrit pas moins convenablement le destin de cet instrument, indissociable de lâhistoire du jazz. Cette association est dâautant plus forte que certains saxophonistes ont marquĂ© lâhistoire de cette musique. DĂ©passant le cadre de simple instrumentiste, ils ont rendu cette musique dans un Ă©tat diffĂ©rent de celui dans lequel ils lâavaient prise[4] : Sidney Bechet, Coleman Hawkins, Lester Young, Charlie Parker, Sonny Rollins, Sonny Stitt, John Coltrane, Ornette Coleman, Michael Brecker, etc.
Câest parce que le jazz a Ă©tĂ© Ă cette Ă©poque une musique populaire que le saxophone lâest devenu aussi.
Autres genres de musiques
[modifier | modifier le code]Le saxophone, par sa puissance douce et son expressivitĂ©, sâest facilement adaptĂ© au rhythm and blues, au rock, Ă la chanson française et Ă toutes sortes dâautres musiques populaires (bossa nova, reggae, funk, etc.). Il est devenu un instrument familier du grand public, aussi bien dâun point de vue sonore que visuel. Ă tel point que dans les rares morceaux « classiques » populaires contenant une intervention de saxophone comme le BolĂ©ro de Ravel, le public peine Ă identifier le saxophone comme tel.
De nombreux solos de saxophone dans la musique pop ont installé durablement cet instrument dans ce genre musical[4]. On citera à titre d'exemple : Lady Madonna (1968) des Beatles, Money (1973) des Pink Floyd, The Logical Song (1979) du groupe Supertramp...
Le saxophone s'impose de plus en plus dans les pays de l'est comme une alternative plus sonore à la clarinette plus traditionnelle. De nombreux ensembles de brass bands ou de fanfares l'ont adopté en Roumanie, en Bulgarie, en Bosnie, etc. Sa robustesse est louée par les musiciens itinérants tsiganes. Son répertoire est surtout constitué de musiques de mariage plus ou moins folkloriques et de musiques actuelles dérivées du folklore et enrichies d'apports occidentaux et orientaux (turbo folk, chalga, manele, etc.).
On le retrouve aussi de maniĂšre discrĂšte et rĂ©cente dans la musique indienne. Remplaçant le nagaswaram ou la clarinette, il s'impose de plus en plus au sein des nouvelles gĂ©nĂ©rations de musiciens officiant auprĂšs des temples de l'Inde du sud. On le retrouve Ă©galement en Bretagne oĂč il se marie avec l'accordĂ©on chromatique. Dans les annĂ©es 1930, le nouveau duo dĂ©trĂŽne le couple biniou-bombarde[13], s'accoquinant parfois avec le jazz (grosse caisse actionnĂ©e par le pied de l'un ou l'autre des musiciens).
Influence sur la musique classique
[modifier | modifier le code]Le saxophone effectue son entrĂ©e dans le monde de la musique classique des annĂ©es 1920 grĂące Ă des compositeurs comme Darius Milhaud, fortement influencĂ© par cette musique venue d'AmĂ©rique (La crĂ©ation du monde), Germaine Tailleferre (premiĂšre version de son premier concerto pour piano et orchestre), Maurice Ravel (BolĂ©ro) et Manuel Rosenthal (Saxophone marmelade) qui, parmi d'autres, ont utilisĂ© cette nouvelle couleur dans leurs compositions. Les ballets suĂ©dois ont mĂȘme montĂ© en 1923 le seul ballet « jazz » de Cole Porter, Within the quota, quelques semaines seulement aprĂšs la premiĂšre de La crĂ©ation du monde. Le succĂšs d'orchestres de jazz en France tels que l'Orchestre Scrap Iron Jazzerinos, Jim Europe's 369th Infantry Hellfighter's Band et, plus tard, l'Orchestre Billy Max, ont fait entrer dĂ©finitivement ce nouvel instrument dans la musique populaire française et par consĂ©quent dans la musique moderne.
Au XXe siÚcle, on peut encore citer Cardillac (1926) de Paul Hindemith, la Suite du Lieutenant Kijé (1934) de Sergueï Prokofiev, Jeanne d'Arc au bûcher (1935) de Arthur Honegger, le Concerto à la mémoire d'un ange et Lulu d'Alban Berg, et d'autres partitions orchestrales comprenant une ou plusieurs parties pour saxophone dues à la plume de Ravel (orchestration des Tableaux d'une exposition, Boléro), Darius Milhaud, Zoltån Kodåly, Jacques Ibert, André Jolivet, Ralph Vaughan Williams, Franz Schreker, Benjamin Britten, Frank Martin et Luigi Dallapiccola parmi tant d'autres.
Le saxophone est aussi prĂ©sent dans un certain nombre de pages concertantes Ă©crites par tant de grands compositeurs bien connus comme la Rhapsodie de Claude Debussy (orchestrĂ©e par Jean Roger-Ducasse), le Concerto op. 109 dâAlexandre Glazounov, les deux Ballades de Frank Martin, le Choral variĂ© op. 55 de Vincent d'Indy, le Concertino da camera de Jacques Ibert, la LĂ©gende de Florent Schmitt, le Concerto de Lars-Erik Larsson et l'Ă©tonnant Concerto pour deux pianos, chĆurs, quatuor de saxophones et orchestre (1934) de Germaine Tailleferre, que par des auteurs moins illustres tels Jean Absil, Henk Badings, EugĂšne Bozza, Gaston Brenta, AndrĂ© Caplet, Raymond Chevreuille, Marius Constant, Will Eisenmann, Henri Tomasi, Pierre Vellones, Henry Woollett et de nombreux autres. Ces partitions sont trĂšs rarement exĂ©cutĂ©es en concert.
En ce qui concerne la musique de chambre, le saxophone n'est pas davantage un instrument que l'on a souvent l'occasion d'Ă©couter en concert. Au XIXe siĂšcle, cela pouvait encore se comprendre, car Ă Paris, l'enseignement du saxophone n'a durĂ© que 13 ans (classe d'Adolphe Sax, de 1857 Ă 1870) et n'a repris qu'en 1942. MĂȘme si certains compositeurs avaient Ă©tĂ© tentĂ©s de composer pour ce nouvel instrument, on peut comprendre qu'ils aient reculĂ© devant le fait qu'il y avait (trop) peu de bons interprĂštes pour jouer leurs Ćuvres ; mais actuellement, ce n'est plus le cas. La deuxiĂšme raison est la suivante : le saxophone Ă©tant un des tout derniers instruments acoustiques de l'orchestre Ă avoir Ă©tĂ© inventĂ©, les grands compositeurs de l'Ăšre classique ou romantique n'ont pas pu lui confier leur inspiration.
Pour saxophone et piano, on trouve des sonates et diverses piÚces, notamment de Jean Absil, EugÚne Bozza, Alfred Desenclos, Alexandre Gretchaninov, Paul Hindemith, André Jolivet, Charles Koechlin, Gabriel Pierné, Alexandre Tcherepnine, et autres Jacques CastérÚde et Henri Tomasi, dont certaines ont été spécialement écrites pour l'un ou l'autre des deux plus grands saxophonistes du XXe siÚcle : Marcel Mule, un Français qui a donné de nombreux concerts dans le monde entier et créé entre autres les concertos de Pierre Vellones, EugÚne Bozza et Henri Tomasi ; et Sigurd Rascher, musicien allemand naturalisé américain qui s'est également illustré sur tous les continents dans un répertoire spécialement conçu pour son aisance dans le registre suraigu, pour lequel les concerti de Glazounov et Ibert et la Ballade de Frank Martin ont été écrits.
Parmi d'autres partitions pour saxophone et divers instruments, on retiendra surtout Hindemith (Trio pour saxophone, alto et piano), Anton Webern (Quatuor op. 22 avec clarinette, violon et piano), Heitor Villa-Lobos (Choros no 7, Sextuor mystique et un Nonette), Caplet (un sextuor intitulé Légende), Stefan Wolpe (un quatuor avec percussion, trompette et piano), Hans Werner Henze (Antifone pour 13 instruments), etc.
Aujourd'hui, de nombreux saxophonistes contemporains Ćuvrent Ă renforcer cette grande richesse de rĂ©pertoires Ă travers leurs concerts, enregistrements, Ă©ditions critiques et autres. Citons, parmi eux, les Français Serge Bertocchi, Nicolas Prost, Vincent David, Jean-Denis Michat, l'Anglais John Harle, le Japonais Nobuya Sugawa, le Suisse Marcus Weiss, l'Allemand Sascha Armbruster et les AmĂ©ricains Paul Cohen, Taimur Sullivan et Paul Wehage.
Le répertoire contemporain
[modifier | modifier le code]De nombreux créateurs utilisent toute la famille des saxophones, comme en témoignent des livres de répertoire tel « 125 années de musique pour le saxophone » de Jean-Marie Londeix[14] et « Saxophonists and their repertoire » d'Indiana University Press.
Le Russe Edison Denisov a composĂ© une sonate pour saxophone alto et piano qui est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme une des piĂšces maĂźtresse du rĂ©pertoire contemporain, ainsi que plusieurs autres piĂšces de musique de chambre et 2 concerti. Le Français Antoine TisnĂ© a composĂ© une grande sĂ©rie d'Ćuvres pour saxophones, commençant par sa cĂ©lĂšbre Music pour Stonehenge et continuant jusqu'Ă la fin de sa vie avec une sĂ©rie d'Ćuvres pour Paul Wehage (Ombres de feu pour saxophone et orchestre, Psalmodies pour saxophone alto et orgue, Monodies pour un espace sacrĂ© pour saxophone seul, Offertorium pour Chartres pour saxophone alto et quatuor Ă cordes, Labirythus sonorus pour quatuor de saxophones). Luciano Berio a utilisĂ© les saxophones dans de nombreuses Ćuvres entre autres : ses opĂ©ras (La vera storia, Outis et Cronacca del luogo), sa piĂšce pour voix et petit ensemble instrumental (Calmo), Canticum novissimi testamenti pour 8 voix, 4 saxophones, 4 clarinettes, ou encore en soliste dans Sequenza IXb, originellement Ă©crit pour la clarinette, puis dĂ©veloppĂ© pour saxophone et orchestre sous le nom de Riti ou Chemin VII.
L'Ă©cole miminaliste amĂ©ricaine Ă©tait particuliĂšrement attirĂ©e par les saxophones notamment Philip Glass[4] (Einstein on the Beach, Concerto pour quatuor de saxophones et orchestre, Glassworks) et John Adams (Nixon in China, Fearful Symetries). Steve Reich a mĂȘme dĂ©diĂ© au saxophone soprano sa premiĂšre « phasing piece » opportunĂ©ment nommĂ©e Reed Phase. Quant Ă Terry Riley, il en joue lui-mĂȘme dans Poppy Nogood and the Phantom Band. Le saxophoniste Jon Gibson a beaucoup travaillĂ© avec ces compositeurs. Ăgalement inscrit dans le courant minimaliste, Tom Johnson construit des liens entre mathĂ©matiques et musique, et dĂ©veloppe de savantes constructions dans ses Rational Melodies, ou Kientzy Loops. On doit Ă©galement citer l'inclassable Moondog, que les principaux reprĂ©sentants de ce mouvement (Riley, Glass et Adams) considĂšrent comme leur source d'inspiration principale. On doit citer le trĂšs mĂ©lodique Concerto pour saxophone et vents de David Maslanka interprĂ©tĂ© par Otis Murphy.
L'Ăcole dite « de Bordeaux », influencĂ©e par l'enseignement de Jean-Marie Londeix, a produit beaucoup d'Ćuvres pour le saxophone : Le FrĂȘne Ă©garĂ© de François RossĂ©, Hard de Christian Lauba, Concertino pour saxophone soprano et octuor de violoncelles de Pascale Jakubowski, diverses Ćuvres d'Ătienne Rolin, Thierry Alla, Christophe Havel.
Le saxophoniste Daniel Kientzy, d'abord dans l'ensemble 2e2m puis en soliste, a commandĂ©, créé et enregistrĂ© un grand nombre d'Ćuvres Ă©crites pour lui : « Goutte d'or blues » pour saxophone et orchestre dâharmonie de Bernard Cavana en est un exemple.
D'autres compositeurs ont Ă©galement produit des Ćuvres d'un grand intĂ©rĂȘt pour saxophone solo : Paul MĂ©fano, Karlheinz Stockhausen, Marie-HĂ©lĂšne Fournier, Betsy Jolas, GĂ©rard Grisey, Bruno Giner, Fabien LĂ©vy, Sophie Lacaze,Carson Cooman, Jean-Thierry Boisseau, Alberto Posadas, Philippe Hurel, Giorgio Netti, Jacques Lejeune, Shigeru Kan-no, Robert Lemay... utilisent tous les types de saxophones pour obtenir toute une variĂ©tĂ© de sonoritĂ©s, d'atmosphĂšres et de musicalitĂ©s dont la famille des saxophones est capable.
Les ensembles de saxophones
[modifier | modifier le code]Du fait peut-ĂȘtre de leur rejet (relatif) par certains milieux classiques, les saxophonistes ont eu une forte tendance Ă l'instinct grĂ©gaire. C'est ainsi que se sont dĂ©veloppĂ©s toutes sortes d'ensembles, en commençant par le quatuor de saxophones. Les duos pour saxophones sont aujourd'hui assez nombreux : Christian Lauba, Karlheinz Stockhausen, François RossĂ©, Ryo Noda, Marie-HĂ©lĂšne Fournier entre autres ont Ă©crit de belles piĂšces combinant divers membres de la famille. Ă l'exception de Savari, Dyck et de rares autres, c'est aussi dans la musique contemporaine que l'on trouve des Ćuvres pour trois saxophones : Reich, Dazzi, Fournier, RossĂ©, se sont essayĂ©s au genre.
Le quatuor de saxophones
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Le premier compositeur intĂ©ressĂ© par une formule rĂ©unissant un soprano, un alto, un tĂ©nor et un baryton sur le modĂšle du quatuor Ă cordes fut le violoniste belge, ami de Sax, Jean-Baptiste SingelĂ©e. Son bien nommĂ© « Premier quatuor pour saxophones » date de 1858, douze ans Ă peine aprĂšs le brevet dĂ©posĂ© par Sax. Mais malgrĂ© des Ćuvres de Savari, Mohr ou Mayeur, la formule ne connut pas alors un essor considĂ©rable et tomba dans un oubli relatif (peut-ĂȘtre faute de musiciens de talent pour la dĂ©fendre, puisque leur formation avait Ă©tĂ© supprimĂ©e).
Une renaissance de ce répertoire se fait sous l'impulsion de Marcel Mule, soliste de la Garde Républicaine et musicien unanimement reconnu dans les milieux musicaux classiques, qui remet la formule au goût du jour en 1928 en formant le Quatuor de Saxophones de la Garde Républicaine. Cet ensemble prend le nom, en 1936, de Quatuor de Saxophones de Paris, puis de Quatuor Marcel Mule et donne de trÚs nombreux concerts en Europe, tout en enregistrant une série de disques qui font partie de l'histoire de l'instrument. C'est grùce au rayonnement de cette formation hors pair, que la combinaison du quatuor de saxophones a connu un certain engouement chez des compositeurs comme Jean Absil, EugÚne Bozza, Jean Françaix, Gandolfo, Alexandre Glazounov, Guerrini, Mengold, Gabriel Pierné, Florent Schmitt ou Pierre Vellones, qui lui dédiÚrent des piÚces qui forment le socle actuel du répertoire de cette formation.
Le succÚs du Quatuor Marcel Mule suscitera de trÚs nombreuses vocations et la plupart des saxophonistes classiques ont formé un quatuor qui reprend ces piÚces initiales et développe son propre répertoire : citons entre autres le Quatuor Habanera, le Quatuor Deffayet, le Quatuor Adolphe Sax, l'Ensemble de Saxophones Français (de Jean-Marie Londeix), le Quatuor Jean-Yves Fourmeau, le quatuor A Piacere (de Jean-Pierre Caens), le quatuor TrouvÚre (de Nobuya Sugawa), le quatuor Aurelia (d'Arno Bornkamp), le quatuor Prism (de Taimur Sullivan), l'ensemble de saxophones modulable Xasax, les quatuors Diastema, Ars Gallica, le Wiener Sax Quartet, etc. Sigurd Rascher formera également (avec sa fille Karina) un quatuor qui connaßt encore un grand succÚs et contribue trÚs sérieusement à l'expansion du répertoire puisqu'il a commandé des piÚces maßtresses à des compositeurs comme Iannis Xenakis, Franco Donatoni, Hugues Dufourt, Ivan Fedele, Luciano Berio, Philip Glass, Jean-Louis Agobet et de nombreux autres.
C'est en effet souvent pour la formule du quatuor de saxophone que les compositeurs majeurs de notre temps dédient leur travail le plus pertinent. Parmi les plus marquants, citons également : Henri Pousseur, John Cage, Bernardo Kuczer, Giorgio Netti, Georges Aperghis, Salvatore Sciarrino, Alex Buess, Elliott Sharp, Denis Levaillant, Alvaro Carlevaro, Terry Riley. Ils donnent l'image d'un instrument aux multiples facettes et capable de se nourrir de toutes les influences, de servir avec pertinence tous les styles de musiques.
Les ensembles de saxophones
[modifier | modifier le code]Le premier ensemble entiĂšrement formĂ© de saxophones a Ă©tĂ© fondĂ© par le professeur berlinois Gustav Bumcke dans les annĂ©es 1920. Ă sa suite, Sigurd Rascher en formera Ă©galement un aux Ătats-Unis dans les annĂ©es 1960, mais c'est surtout Jean-Marie Londeix et l'ensemble de saxophone de Bordeaux qui ont donnĂ© Ă partir des annĂ©es 1970 l'impulsion pour le dĂ©veloppement de ces orchestres de saxophones. Il en a fixĂ© la formule de base de 12 instruments sous le modĂšle d'un triple quatuor Ă©tendu : 1 sopranino, 2 sopranos, (ou 3 sopranos plus souvent) 3 altos, 3 tĂ©nors, 2 barytons, 1 basse.
à sa suite, de nombreux autres ensembles similaires se forment dans différents conservatoires : à Lyon (Serge Bichon), Boulogne-Billancourt (Jean-Michel Goury), au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (Claude Delangle), à Dijon (Nicolas Woillard) ou à l'ENM de Vannes-Pontivy avec le Collectif Sax (Roland Becker). Jean-Pierre Caens s'est inspiré de la formation de son mentor Jean-Marie Londeix pour créer un ensemble similaire basé à Aix-en-Provence, l'Ensemble de Saxophones de Provence.
C'est pour cette formule qu'ont Ă©tĂ© composĂ©es de nombreuses piĂšces d'un grand intĂ©rĂȘt : François RossĂ©, Francisco Guerrero, Christian Lauba, Christophe Havel, Karlheinz Stockhausen, FĂ©lix Ibarrondo, mais aussi Ida Gotkovsky, GĂ©rard Gastinel et Antoine TisnĂ©, sans compter les nombreuses transcriptions de piĂšces Ă l'origine pour piano ou orchestre pour complĂ©ter ce rĂ©pertoire rĂ©cent.
Depuis les annĂ©es 2000 et l'apparition de nouveaux saxophones tels que le tubax ou le piccolo, de nouvelles formules apparaissent pour exploiter ces nouvelles possibilitĂ©s de couleurs : entre autres l'ensemble Amiens Sax Projet (Serge Bertocchi) ou le National Saxophone Choir of Great Britain de Nigel Wood. RenforcĂ©s dans leurs tessitures extrĂȘmes, ces ensembles suscitent Ă©galement un grand intĂ©rĂȘt de la part des compositeurs, et leur rĂ©pertoire s'Ă©toffe peu Ă peu.
Les premiÚres définitions du saxophone
[modifier | modifier le code]La définition par Adolphe Sax (1846)
[modifier | modifier le code]Câest dans son brevet de 1846[15] que lâon peut voir une premiĂšre dĂ©finition du saxophone faite par Adolphe Sax, aprĂšs lâĂ©numĂ©ration des dĂ©fauts des instruments Ă vent (« ou trop durs ou trop mous comme sonnoritĂ© ») â en particulier lâophiclĂ©ide (produisant un son « dĂ©sagrĂ©able ») et le basson (« inutile » dans les forte car produisant un son trop « faible ») â et des instruments Ă cordes (produisant nul effet en plein air) :
« FrappĂ© de ces divers inconvĂ©nients jâai cherchĂ© le moyen dây remĂ©dier en crĂ©ant un instrument qui, par le caractĂšre de sa voix, pĂ»t se rapprocher des instruments Ă cordes, mais qui possĂ©dĂąt plus de force & dâintensitĂ© que ces derniers. Cet instrument, câest le saxophone. Mieux quâaucun autre, le saxophone est susceptible de modifier ses sons afin de leur donner les qualitĂ©s qui viennent dâĂȘtre mentionnĂ©es & de leur conserver une Ă©galitĂ© parfaite dans toute leur Ă©tendue : je lâai fait de cuivre et en forme de cĂŽne parabolique. Le saxophone a pour embouchure un bec Ă anche simple dont lâintĂ©rieur trĂšs Ă©vasĂ© va en se rĂ©trĂ©cissant Ă la partie qui vient sâadapter au corps de lâinstrument. »
La définition par Hector Berlioz (1855)
[modifier | modifier le code]Hector Berlioz dans son Grand traité d'instrumentation et d'orchestration de 1855[16] définit avec une grande exactitude la nature des timbres des saxophones :
« L'auteur de cet ouvrage n'est point obligĂ©, sans doute, de mentionner la multitude d'essais de toute espĂšce, que font journellement les fabricants d'instruments de musique, leur prĂ©tendues inventions plus ou moins malheureuses, ni de faire connaĂźtre les individus inutiles qu'ils veulent introduire dans le peuple des instruments. Mais il doit signaler et recommander Ă l'attention des compositeurs les belles dĂ©couvertes que d'ingĂ©nieux artistes ont faites, surtout quand l'excellence du rĂ©sultat de ces dĂ©couvertes a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement reconnue, et quand leur application est dĂ©jĂ un fait accompli dans la pratique musicale d'une partie de l'Europe. Ces producteurs sont au reste peu nombreux, et MM. Adolphe Sax et Alexandre se prĂ©sentent Ă leur tĂȘte.
M. Sax, dont les travaux vont nous préoccuper d'abord, a perfectionné, je l'ai déjà indiqué çà et là dans le cours de ce travail, plusieurs instruments anciens. Il a en outre comblé plusieurs vides existant dans la famille des instruments de cuivre. Son principal mérite néanmoins est la création d'une famille nouvelle, complÚte depuis quelques années seulement, celle des instruments à anche simple, à bec de clarinette et en cuivre.
Ce sont les saxophones. Ces nouvelles voix donnĂ©es Ă lâorchestre possĂšdent des qualitĂ©s rares et prĂ©cieuses. Douces et pĂ©nĂ©trantes dans le haut, pleines, onctueuses dans le grave, leur medium a quelque chose de profondĂ©ment expressif. Câest en somme un timbre sui generis, offrant de vagues analogies avec les sons du violoncelle, de la clarinette et du cor anglais, et revĂȘtu dâune demi-teinte cuivrĂ©e, qui lui donne un accent particulier.
Le corps de l'instrument est un cĂŽne parabolique en cuivre, armĂ© d'un systĂšme de clefs. Agile, propre aux traits d'une certaine rapiditĂ©, presque autant qu'aux cantilĂšnes gracieuses et aux effets d'harmonie religieux et rĂȘveurs, les saxophones peuvent figurer avec un grand avantage dans tous les genres de musique, mais surtout dans les morceaux lents et doux.
Le timbre des notes aiguĂ«s des saxophones graves a quelque chose de pĂ©nible et de douloureux, celui de leurs notes basses est au contraire dâun grandiose calme pour ainsi dire pontifical. Tous, le baryton et le basse principalement, possĂšdent la facultĂ© dâenfler et dâĂ©teindre le son ; dâoĂč rĂ©sultent, dans lâextrĂ©mitĂ© infĂ©rieure de lâĂ©chelle, des effets inouĂŻs jusquâĂ ce jour, qui leur sont tout Ă fait propres et tiennent un peu de ceux de lâorgue expressif.
Le timbre du saxophone aigu est beaucoup plus pĂ©nĂ©trant que celui des clarinettes en si et en ut, sans avoir l'Ă©clat perçant et souvent aigre de la petite clarinette en mi. On peut en dire autant du soprano. Les compositeurs habiles tireront plus tard un parti merveilleux des saxophones associĂ©s Ă la famille des clarinettes ou introduits dans dâautres combinaisons, quâil serait tĂ©mĂ©raire de chercher Ă prĂ©voir.
Cet instrument se joue avec une grande facilité, le doigté procédant du doigté de la flûte et de celui du hautbois. Les clarinettistes déjà familiarisés avec l'embouchure, se rendent maßtres de son mécanisme en trÚs peu de temps. »
Enseignement et représentation
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Georges Kastner publie la premiĂšre mĂ©thode de saxophone en 1846, dans la maison d'Ă©dition Troupenas et Cie, Ă Paris. La mĂȘme annĂ©e, la MĂ©thode complĂšte de saxophone applicable Ă tous les saxophones de diffĂ©rents tons est publiĂ©e par le bassoniste Jean-François-BarthĂ©lĂ©my Cokken, professeur de saxophone de 1846 Ă 1848 au gymnase musical militaire[17]. Bien d'autres mĂ©thodes suivront (Hyacinthe KlosĂ© : solo de concours (1865), MĂ©thode complĂšte des saxophones (1858, 1866), ; Gabriel ParĂšs : MĂ©thode de saxophone (1895)[18]...)
L'AsSaFra (Association des Saxophonistes de France) fondĂ©e en par Jean-Marie Londeix, avec Marcel Mule comme PrĂ©sident d'Honneur, devenue en 1996 lâA.SAX (Association des Saxophonistes) Ă la suite de sa fusion avec lâA.P.E.S. (Association internationale Pour lâEssor du Saxophone), a jouĂ© un rĂŽle dĂ©cisif dans la place du saxophone classique et contemporain dans le paysage culturel et musical d'aujourd'hui[19], en particulier en France oĂč on lui doit notamment le fait que le saxophone soit enseignĂ© dans les conservatoires. Ă la suite de la crĂ©ation de l'AsSaFra, un Certificat d'Aptitude spĂ©cifique au saxophone fut créé par le MinistĂšre de la Culture, et des spĂ©cialistes remplacĂšrent peu Ă peu les professeurs de basson et de clarinette qui enseignaient jusque-lĂ le saxophone dans les conservatoires français. Il est dĂ©sormais possible un peu partout d'apprendre Ă jouer auprĂšs d'un saxophoniste confirmĂ©.
Parmi les autres actions entreprises par les associations de saxophonistes, l'organisation de Concours nationaux et internationaux, de JournĂ©es RĂ©gionales du Saxophone, voire de congrĂšs et colloques internationaux, la commande d'Ćuvres Ă divers compositeurs de toutes obĂ©diences, pour la pĂ©dagogie, le concert ou la musique de chambre. L'A.SAX publie une revue bisannuelle intitulĂ©e "Les Cahiers du saxophone", comprenant des interviews de compositeurs et de musiciens, des analyses d'Ćuvres et des forums de discussion sur divers sujets pĂ©dagogiques ou musicaux.
Spécifique à l'enseignement du saxophone, une pédagogie pluridisciplinaire se développe peu à peu, ouverte aux styles les plus divers : jazz et classique, mais intégrant de plus en plus les musiques actuelles, folkloriques, le jeu sur tous les saxophones (la famille est riche), avec électroacoustique voire informatique musicale.
Claude Georgel est l'actuel président de l'A.SAX, Claude Delangle et Serge Bertocchi en furent les présidents fondateurs.
Les étudiants saxophonistes les plus avancés ont la possibilité de se retrouver dans des Académies d'été, notamment l'Université Européenne de Saxophone à Gap ou l'Académie Habanera de Poitiers, qui rassemblent les plus grands solistes internationaux autour de conférences, concerts, et classes de maßtre[20],[21].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Michel Laplace, « Le Saxophone, un instrument « jazz » », Jazz Hot, no 668,â (lire en ligne).
- â (en) « Grafton plastic alto saxophone », sur shwoodwind.co.uk, (consultĂ© le ).
- « Histoires dâinstruments : le saxophone », sur collectionsdumusee.philharmoniedeparis.fr, Paris, CitĂ© de la musique, (consultĂ© le ).
- Nathalie Moller, « Le saxophone : une histoire à couper le souffle », sur radiofrance.fr/francemusique, (consulté le ).
- â Adolphe Sax, Brevet dâinvention dâun systĂšme dâinstruments Ă vent, dits saxophones, Paris, MinistĂšre de lâAgriculture et du Commerce (no 3226), (lire en ligne), p. 2
- â Catalogue des produits de l'industrie Belge admis Ă l'exposition de 1841... : Exposition des produits de l'industrie nationale, Bruxelles (Belgique), SociĂ©tĂ© typographique Belge, , 2e Ă©d., 295 p. (lire en ligne), p. 251-252 :
« no 1023. M. ADOLPHE SAX fils, rue Notre-Dame-aux-Neiges, à Bruxelles. (Brabant.) Clarinette-Sax, basse ; id. soprano ; id. descendante ou en mi bémol ; id. d'aprÚs le systÚme de Boehm ; Clarinettes ordinaires ; Saxophone-basse, en cuivre ; Réflecteur et bec, de nouvelle invention. Ces instruments ont été inventés ou perfectionnés par l'exposant. »
- â Patrick PĂ©ronnet, « Saxons et Carafons : Adolphe Sax et le Gymnase musical militaire, un conflit d'esthĂ©tique », Revue belge de Musicologie / Belgisch Tijdschrift voor Muziekwetenschap, SociĂ©tĂ© belge de musicologie, vol. 70,â , p. 45-63 (lire en ligne).
- â Adolphe Sax, Brevet dâinvention dâun systĂšme dâinstruments Ă vent dits saxophones, Paris, MinistĂšre de lâAgriculture et du Commerce, (lire en ligne)
- â (en) Paul and Janet Lein, « Whatever Happened to the Kohlerts », sur idrs.org (consultĂ© le ).
- â Louis Mayeur se prĂ©sente lui-mĂȘme comme « saxophone solo de l'OpĂ©ra de Paris » dans ses notes biographiques. Mais on sait que les musiciens de ce mĂȘme orchestre refusĂšrent de jouer les instruments de Sax dans un opĂ©ra projetĂ© par Donizetti.
- â (en + fr) « JĂ©rĂŽme Savari », sur classicalmusicnow.com, (consultĂ© le ).
- â That Moaning Saxophone - The Six Brown Brothers and the Dawning of a Musical Craze, Bruce Vermazen, (ISBN 9780195165920 et 0195165926)
- â armen, « Les sonneurs de couple binioĂč-bombarde, un monde Ă part », sur ArMen - La Bretagne culture sociĂ©tĂ©, (consultĂ© le )
- â Jean-Marie Londeix, 125 ans de musique pour saxophone, Paris, Leduc, , 400 p..
- â Adolphe Sax, Brevet dâinvention dâun systĂšme dâinstruments Ă vent dits saxophones, Paris, MinistĂšre de lâAgriculture et du Commerce, (lire en ligne), p. 2-3
- â Hector Berlioz, Grand traitĂ© d'instrumentation et d'orchestration modernes, Paris, Schonenberger, (lire en ligne), p. 284
- â Jean-François BarthĂ©lĂ©my Cokken, MĂ©thode complĂšte de saxophone applicable Ă tous les saxophones de diffĂ©rents tons, Paris, J. Meissonnier et fils, 120 p. (BNF 42917678), lire en ligne sur Gallica
- â Gabriel ParĂšs, MĂ©thode de saxophone, Paris, Henry Lemoine & Cie, , 48 p. (BNF 43190032)
- â Jean-Marie Londeix, Pour une histoire de lâAsSaFra, bulletin no 31 (octobre 1987) de lâAsSaFra.
- â « UniversitĂ© EuropĂ©enne de Saxophone »
- â « Google Search », sur www.google.com (consultĂ© le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Denis Arnold : Dictionnaire encyclopĂ©dique de la musique en 2 tomes (Forme rondo t. I, p. 831) universitĂ© d'Oxford â Laffont, 1989 (ISBN 2-221-05654-X)
- Jean-Louis Chautemps, Daniel Kientzy et Jean-Marie Londeix, Le Saxophone, J.C. LattĂšs, , 90 p. (lire en ligne).
- Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Technique, formes, instruments, éditions Bordas, coll. « Science de la Musique », , 1109 p. [détail des éditions] (ISBN 2-04-005140-6)
- Charles Koechlin, Les instruments à vent, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? » (no 267), , 128 p. (OCLC 843516730)
- Michel Laplace, « Le Saxophone, un instrument « jazz » », Jazz Hot, no 668,â (lire en ligne, consultĂ© le ).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Les saxophones du musée de la musique (Paris)
- « saxophone et orchestre », sur data.bnf.fr (consulté le ).
- Arnaud Merlin, « Une histoire du saxophone tĂ©nor (1/3) : de Hawkins Ă Rollins, avec Sylvain Beuf », sur radiofrance.fr, Ămission "Le matin des musiciens", (consultĂ© le ).
- Ressources relatives Ă la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :



