| Java | ||
| Date de premiĂšre version | (30 ans) | |
|---|---|---|
| Paradigme | Orienté objet, structuré, impératif, fonctionnel, générique | |
| Auteur | Sun Microsystems | |
| Développeurs | Oracle Corporation | |
| DerniĂšre version | 25 (16 septembre 2025[1]) | |
| Typage | Statique, fort, sûr, nominatif | |
| Influencé par | Objective-C, C++, Smalltalk, Eiffel[3], Ada 83, Mesa, Modula-3, Oberon, Pascal | |
| A influencé | C#, J#, Ada 2005, Gambas, BeanShell, Clojure, ECMAScript, Groovy, JavaScript, PHP, Kotlin, Python[4], Scala, Seed7, Vala, Processing | |
| Implémentations | Liste de JVM | |
| SystĂšme d'exploitation | Multiplateformes | |
| Licence | GNU GPLV2+CPE | |
| Site web | www.oracle.com/java/technologies | |
| Extension de fichier | java, class, jar, jad et jmod | |
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Java est un langage de programmation de haut niveau orienté objet créé par James Gosling et Patrick Naughton, employés de Sun Microsystems, avec le soutien de Bill Joy (cofondateur de Sun Microsystems en 1982), présenté officiellement le au SunWorld.
La société Sun est rachetée en 2009 par la société Oracle qui détient et maintient désormais Java.
Un logiciel Ă©crit en langage Java a pour particularitĂ© d'ĂȘtre compilĂ© vers un code intermĂ©diaire formĂ© de bytecodes qui peut ĂȘtre exĂ©cutĂ© dans une machine virtuelle Java (JVM) en faisant abstraction du systĂšme d'exploitation.
Java 25 est officiellement disponible depuis le . Cette version fait suite Ă la LTS Java 23.
Aperçu
[modifier | modifier le code]Le langage Java reprend en grande partie la syntaxe du langage C++. NĂ©anmoins, Java est Ă©purĂ© des concepts les plus subtils du C++ et Ă la fois les plus dĂ©routants, tels que les pointeurs et rĂ©fĂ©rences, ou lâhĂ©ritage multiple contournĂ© par lâimplĂ©mentation des interfaces. De mĂȘme, depuis la version 8, l'arrivĂ©e des interfaces fonctionnelles introduit l'hĂ©ritage multiple (sans la gestion des attributs) avec ses avantages et inconvĂ©nients tels que l'hĂ©ritage en diamant. Les concepteurs ont privilĂ©giĂ© lâapproche orientĂ©e objet de sorte quâen Java, tout est objet Ă lâexception des types primitifs (nombres entiers, nombres Ă virgule flottante, etc.) qui ont cependant leurs variantes qui hĂ©ritent de l'objet Object (Integer, Float, Double, etc.).
Java permet de dĂ©velopper des applications client-serveur. CĂŽtĂ© client, les applets sont Ă lâorigine de la notoriĂ©tĂ© du langage. Câest surtout cĂŽtĂ© serveur que Java sâest imposĂ© dans le milieu de lâentreprise grĂące aux servlets, le pendant serveur des applets, et plus rĂ©cemment les JavaServer Pages (JSP) qui peuvent se substituer Ă PHP, Active Server Pages (ASP) et ASP.NET.
Java donne naissance à un systÚme d'exploitation (JavaOS), à des environnements de développement (Eclipse/Java Development Kit), l'Environnement d'exécution Java (JRE), des machines virtuelles (MSJVM (en), applicatives multiplateforme (JVM), une déclinaison pour les périphériques mobiles/embarqués (J2ME), une bibliothÚque de conception d'interface graphique (AWT/Swing), des applications lourdes (Jude, Oracle SQL Worksheet, etc.), des technologies web (servlets, applets) et une déclinaison pour l'entreprise (J2EE). La portabilité du bytecode Java est assurée par la machine virtuelle Java, et éventuellement par des bibliothÚques standard incluses dans un JRE. Cette machine virtuelle peut interpréter le bytecode ou la compilation à la volée en langage machine. La portabilité est dépendante de la qualité de portage des JVM sur chaque OS.
Logiciel ou application dévelopé avec java
[modifier | modifier le code]Historique
[modifier | modifier le code]Origine du langage
[modifier | modifier le code]Le langage Java est issu dâun projet de Sun Microsystems datant de 1990 : lâingĂ©nieur Patrick Naughton nâĂ©tait pas satisfait par le langage C++ utilisĂ© chez Sun, ses interfaces de programmation en langage C, ainsi que les outils associĂ©s. Alors quâil envisageait une migration vers NeXT, on lui proposa de travailler sur une nouvelle technologie et câest ainsi que le Projet Stealth (furtif) vit le jour.
Le Projet Stealth fut rapidement rebaptisĂ© Green Project avec lâarrivĂ©e de James Gosling et de Mike Sheridan. Ensemble, aidĂ©s par dâautres ingĂ©nieurs, ils commencĂšrent Ă travailler dans un bureau de la rue Sand Hill Ă Menlo Park en Californie. Ils essayĂšrent dâĂ©laborer une technologie pour le dĂ©veloppement dâapplications dâune nouvelle gĂ©nĂ©ration, offrant Ă Sun la perspective dâopportunitĂ©s uniques[6].
LâĂ©quipe envisageait initialement dâutiliser le langage C++, mais lâabandonna pour diffĂ©rentes raisons. Tout dâabord, ils dĂ©veloppaient sur un systĂšme embarquĂ© avec des ressources limitĂ©es et estimaient que lâutilisation du C++ demandait un investissement trop important et que cette complexitĂ© Ă©tait une source dâerreur pour les dĂ©veloppeurs. L'absence de ramasse-miettes impliquait que la gestion de la mĂ©moire devait ĂȘtre programmĂ©e manuellement, un dĂ©fi mais aussi une source dâerreurs[6].
LâĂ©quipe Ă©tait Ă©galement insatisfaite des lacunes du langage C++ au niveau de la sĂ©curitĂ©, de la programmation distribuĂ©e, du multi-threading. De plus, ils voulaient une plateforme qui puisse ĂȘtre portĂ©e sur tout type dâappareils ou de plateformes[6].
Bill Joy avait envisagĂ© un nouveau langage combinant le meilleur du langage de programmation Mesa (en) et du langage C. Dans un article appelĂ© Plus loin (Further), il proposa Ă Sun que ses ingĂ©nieurs dĂ©veloppent un environnement orientĂ© objet basĂ© sur le langage C++. Ă lâorigine, Gosling envisageait de modifier et dâamĂ©liorer le langage C++, quâil appelait C++ ++ --, mais lâidĂ©e fut bientĂŽt abandonnĂ©e au profit du dĂ©veloppement dâun nouveau langage de programmation quâils appelĂšrent Oak (chĂȘne) en rĂ©fĂ©rence, selon la lĂ©gende, Ă un arbre plantĂ© devant la fenĂȘtre de leur bureau[rĂ©f. souhaitĂ©e].
Ă lâĂ©tĂ© 1992, ils furent capables de faire une dĂ©monstration constituĂ©e d'une plateforme incluant le systĂšme dâexploitation Green[rĂ©f. souhaitĂ©e], le langage Oak (1992), les bibliothĂšques et le matĂ©riel. Leur premiĂšre rĂ©alisation, prĂ©sentĂ©e le , fut la construction dâun PDA appelĂ© Star7 ayant une interface graphique et un agent intelligent appelĂ© Duke pour prĂȘter assistance Ă lâutilisateur[6].
En novembre de la mĂȘme annĂ©e, le Green Project fut abandonnĂ© pour devenir FirstPerson, Inc, appartenant en totalitĂ© Ă Sun Microsystems et lâĂ©quipe fut relocalisĂ©e Ă Palo Alto. LâĂ©quipe FirstPerson Ă©tait intĂ©ressĂ©e par la construction dâoutils hautement interactifs et quand Time Warner publia un appel dâoffres en faveur dâun dĂ©codeur multifonctions, FirstPerson changea dâobjectif pour proposer une telle plateforme.
Cependant, lâindustrie de la tĂ©lĂ©vision par cĂąble trouva quâelle offrait trop de possibilitĂ©s Ă lâutilisateur et FirstPerson perdit le marchĂ© au profit de Silicon Graphics. Incapable dâintĂ©resser lâindustrie audiovisuelle, la sociĂ©tĂ© fut rĂ©intĂ©grĂ©e au sein de Sun.
Java rencontre Internet
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De juin Ă , aprĂšs trois jours de remue-mĂ©ninges avec John Gage, James Gosling, Joy, Naughton, Wayne Rosing et Eric Schmidt, lâĂ©quipe recentra la plateforme sur le web. Ils pensaient quâavec lâavĂšnement du navigateur Mosaic, Internet Ă©tait le lieu oĂč allait se dĂ©velopper le mĂȘme genre dâoutil interactif que celui quâils avaient envisagĂ© pour lâindustrie du cĂąble. Naughton dĂ©veloppa comme prototype un petit navigateur web, WebRunner qui deviendra par la suite HotJava[6].
Origine du nom Java
[modifier | modifier le code]Le nom « Java » n'est pas un acronyme, il a été choisi lors d'un brainstorming[7] en remplacement du nom d'origine « Oak », à cause d'un conflit avec une marque de carte vidéo, parce que le café (« java » en argot américain)[8] est la boisson favorite de nombreux programmeurs[9]. Le logo choisi par Sun est d'ailleurs une tasse de café fumant.
Lancement public de Java
[modifier | modifier le code]En , HotJava et la plateforme Java furent présentés pour Sun Executives. Java 1.0a fut disponible en téléchargement en 1994 mais la premiÚre version publique du navigateur HotJava arriva le à la conférence SunWorld[10].
Lâannonce fut effectuĂ©e par John Gage, le directeur scientifique de Sun Microsystems. Son annonce fut accompagnĂ©e de lâannonce surprise de Marc Andressen, vice-prĂ©sident de lâexĂ©cutif de Netscape que Netscape allait inclure le support de Java dans ses navigateurs. Le , le groupe Javasoft fut constituĂ© par Sun Microsystems pour dĂ©velopper cette technologie[11]. Deux semaines plus tard la premiĂšre version de Java Ă©tait disponible.
AvĂšnement de Java 2
[modifier | modifier le code]L'apparition de la version 1.2 du langage marque un tournant significatif : c'est en 2000 qu'apparait simultanément la déclinaison en deux plateformes Java :
- Java 2 Standard Edition (J2SE), plateforme avec les API et bibliothĂšques de bases, devenue depuis Java SE ;
- Java 2 Enterprise Edition (J2EE), extension avec des technologies pour le dĂ©veloppement d'applications dâentreprise, devenue Java EE.
Sun les qualifie alors de plateforme Java 2 par opposition aux premiÚres générations 1.0 et 1.1. Toutes les versions ultérieures, de J2EE 1.2 à Java SE ou Java EE 7 restent désignées sous le qualificatif de plateformes Java 2, bien que le '2' ait été depuis officiellement abandonné.
Histoire récente
[modifier | modifier le code]Utilisation Web
[modifier | modifier le code]CÎté client
[modifier | modifier le code]Applets
Historiquement, la possibilité des navigateurs Web de lancer des applets Java était la seule solution pour afficher des applications clientes riches (RIA pour rich Internet application). Puis des technologies concurrentes ont émergé parmi lesquelles Macromedia Flash, le DHTML JavaScript, Silverlight basé sur XAML ou Xul, ou le Scol.
Les applets sur le poste Client peuvent communiquer avec des servlets sur le Serveur, tout comme Javascript peut communiquer avec le Serveur au moyen dâAJAX. Flex utilise quant Ă lui la technologie Flash par le biais du Adobe Flash Player.
Ă une Ă©poque oĂč JavaScript souffrait de problĂšmes de compatibilitĂ© inter-navigateurs, les applets Java avaient l'avantage de la portabilitĂ© car le portage d'interfaces complexes Ă©tait difficile Ă assurer pour tous les navigateurs du marchĂ©.
Outre la retombée de la « mode » Java, les progrÚs faits dans les technologies concurrentes à Java ont amené la plupart des développeurs à se détourner des applets Java et des problÚmes inhérents à cette technologie (incompatibilités entre les JVM, mauvaises performances, pauvreté des bibliothÚques graphiques, complexité). Enfin, les navigateurs modernes n'incluent plus systématiquement l'environnement Java à cause de sa taille importante, et le taux de machines capables d'afficher des applets n'était plus que de 70 % en 2010, bien plus faible que pour Flash par exemple[12]. En 2010, la quasi-totalité des applications clients riches utilisent des technologies alternatives ; Flash pour l'essentiel mais aussi GWT.
Enfin, l'arrivée de HTML5, destiné à embarquer de nombreuses fonctionnalités RIA et multimédia, rend également les applets caducs.
JavaFX
Avec l'apparition de Java 8 en , JavaFX devient l'outil de crĂ©ation d'interface graphique ('GUI toolkit') officiel de Java, pour toutes les sortes d'application (applications mobiles, applications sur poste de travail, applications WebâŠ), le dĂ©veloppement de son prĂ©dĂ©cesseur Swing Ă©tant abandonnĂ© (sauf pour les corrections de bogues). JavaFX est une pure API Java (le langage de script spĂ©cifique qui lui a Ă©tĂ© un temps associĂ© est maintenant abandonnĂ©). JavaFX contient des outils trĂšs divers, notamment pour les mĂ©dias audio et vidĂ©o, le graphisme 2D et 3D, la programmation Web, la programmation parallĂšle, etc.
CÎté serveur
[modifier | modifier le code]Avec les serveurs dâapplications, on utilise des EJB pour encapsuler les classes dĂ©finies prĂ©cĂ©demment. Ces Ă©lĂ©ments sont utilisĂ©s dans des architectures J2EE pour des applications multicouches. L'avantage qu'on tire de ce travail est de pouvoir cacher au client l'implĂ©mentation du code cĂŽtĂ© serveur.
Utilisation sur poste de travail
[modifier | modifier le code]Lâutilisation native du langage Java pour des applications sur un poste de travail restait jusqu'Ă prĂ©sent relativement rare Ă cause de leur manque de rapiditĂ©. Cependant, avec lâaccroissement rapide de la puissance des ordinateurs, les amĂ©liorations au cours des annĂ©es 2000, de la machine virtuelle Java et de la qualitĂ© des compilateurs, plusieurs technologies ont gagnĂ© du terrain comme NetBeans et lâenvironnement Eclipse, les technologies de fichiers partagĂ©s LimeWire, Vuze (ex Azureus), et I2P. Java est aussi utilisĂ© dans le programme de mathĂ©matiques MATLAB, au niveau de lâinterface homme machine et pour le calcul formel. Les applications Swing apparaissent Ă©galement comme une alternative Ă la technologie .NET.
Utilisation avec les mobiles
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Oracle annonce dĂ©but Ă la confĂ©rence JavaOne sa volontĂ© de proposer des solutions Java pour le domaine des logiciels embarquĂ©s, pour processeurs moins puissants que ceux habituellement disponibles sur les PC. Oracle fĂ©dĂšre autour d'elle tout un Ă©cosystĂšme d'entreprises spĂ©cialistes de ces segments de marchĂ©s, comme l'Ă©diteur MicroEJ[13] ou encore STMicroelectronics qui propose du Java sur ses STM32[14] dont le cĆur est un CortexM3/M4.
Java, notamment via Eclipse et NetBeans, offre déjà des environnements de développement intégrés pour mobile. Java est le principal langage utilisé pour développer des applications pour le systÚme d'exploitation libre pour Mobile de Google : Android.
JavaFX peut aussi permettre l'utilisation de Java sur mobiles, bien que ce ne soit pas son objectif principal.
OS Windows, Mac OS X et GNU/Linux
[modifier | modifier le code]Microsoft a fourni en 2001 un environnement de travail de type Java, dĂ©nommĂ© J++, avec ses systĂšmes dâexploitation avant la sortie de Windows XP. Ă la suite d'une dĂ©cision de justice[rĂ©f. nĂ©cessaire], et au vu du non-respect des spĂ©cifications de ce langage, Microsoft a dĂ» abandonner celui-ci et crĂ©er un nouveau langage, de nom C# (cf. chapitre « IndĂ©pendance vis-Ă -vis de la plateforme » plus bas)
Beaucoup de fabricants dâordinateurs continuent dâinclure un environnement JRE sur leurs systĂšmes Windows.
Java apparaĂźt Ă©galement comme un standard au niveau du Mac OS X dâApple aussi bien que pour les distributions Linux. Ainsi, de nos jours, la plupart des utilisateurs peuvent lancer des applications Java sans aucun problĂšme. Toutefois, sur ordinateur Apple, la distribution de Java 5 Ă Java 6 fut assurĂ©e directement par Apple, et non par Oracle[15]. Cette politique entraĂźna des retards et des restrictions de version :
- Ainsi J2SE 1.4 ne fut pas disponible avant Mac OS X v10.2 (nom de code Jaguar), J2SE 5.0 à partir de Mac OS X v10.4 (Tiger), Java SE 6 fonctionne uniquement sous Mac OS X v10.5 (Leopard) équipé de processeur Intel[16], et Java 7 exige un ordinateur Mac Intel exécutant la version Mac OS X v10.7.3 (Lion).
Passage sous licence open-source
[modifier | modifier le code]Le , le code source du compilateur javac et de la machine virtuelle HotSpot ont été publiés en Open Source sous la Licence publique générale GNU[17].
Le , Sun Microsystems annonce le passage de Java, câest-Ă -dire le JDK (JRE et outils de dĂ©veloppement) et les environnements Java EE (dĂ©jĂ sous licence CDDL) et Java ME sous licence GPL dâici , sous le nom de projet OpenJDK[18].
En , Sun publie effectivement OpenJDK sous licence libre. Cependant OpenJDK dépend encore de fragments de code non libre que Sun ne détient pas. C'est pourquoi la société Redhat lance en le projet IcedTea (en) qui vise à remplacer les fragments de code non libre et ainsi rendre OpenJDK utilisable sans aucun logiciel propriétaire. En , le projet IcedTea a passé les tests rigoureux de compatibilité Java (TCK)[19]. IcedTea est donc une implémentation open-source des spécifications de Java. Sun, puis Oracle, garde toutefois le contrÎle de la technologie par le biais d'un catalogue de brevets s'appliquant à Java, ainsi que par le maintien du TCK sous une licence propriétaire.
Acquisition par Oracle
[modifier | modifier le code]La société Oracle a acquis en 2009 l'entreprise Sun Microsystems. On peut désormais voir apparaßtre le logo Oracle dans les documentations de l'api Java.
Le , James Gosling, le crĂ©ateur du langage de programmation Java, dĂ©missionne dâOracle pour des motifs quâil ne souhaite pas divulguer. Il Ă©tait devenu le directeur technologique de la division logicielle client pour Oracle.
En 2018, Oracle annonce que les mises Ă jour de sa version Java SE 8 pour un usage professionnel seraient soumis Ă une licence payante Ă partir de [20].
En 2023, Oracle modifie en profondeur son mode de licence pour Java SE, en ne proposant plus les licences au processeur ou à l'utilisateur nommé, mais uniquement au nombre total d'employés de l'entreprise concernée, y compris ceux qui n'utilisent pas Java[21], ce qui risque d'augmenter significativement le coûts[22] et provoque des réactions négatives parmi les entreprises concernées[23].
Historique des versions
[modifier | modifier le code]Le langage Java a connu plusieurs Ă©volutions depuis le JDK 1.0 (Java Development Kit) avec lâajout de nombreuses classes et packages Ă la bibliothĂšque standard. Depuis le J2SE1.4, lâĂ©volution de Java est dirigĂ©e par le JCP (Java Community Process) qui utilise les JSR (Java Specifications Requests) pour proposer des ajouts et des changements sur la plateforme Java. Le langage lui-mĂȘme est spĂ©cifiĂ© par le JLS (Java Language Specification), les modifications du JLS Ă©tant gĂ©rĂ©es sous le code JSR 901[24].
Il faut noter que les Ă©volutions successives du langage ne portent guĂšre sur sa syntaxe -relativement stable depuis le dĂ©but- mais principalement sur l'enrichissement de ses fonctions, avec l'embarquement et l'optimisation de bibliothĂšques logicielles (API) dans des domaines trĂšs variĂ©s de l'informatique : bases de donnĂ©es, gestion XML, informatique distribuĂ©e et web, multimĂ©dia, sĂ©curitĂ©âŠ
Numérotation des versions
[modifier | modifier le code]Il faut distinguer la version du langage Java de celles des plateformes et du JRE :
- Le numéro majeur de version du langage (par exemple Java 5) spécifiée par le JLS, est ainsi le numéro mineur pour le JRE ou la plateforme (par ex JRE 1.5 ou Java SE 1.5)[25] ;
- Le JRE et la plateforme Java SE sont eux identifiĂ©s depuis Java 5 par un mĂȘme numĂ©ro de version : ainsi Java SE 1.6.0.43, et le JRE 1.6.0.43, sont tous deux conformes au langage Java 6, mais ont fait l'objet notamment de correctifs de sĂ©curitĂ©[26] ;
- Java FX (orientĂ© RIA), constituĂ© essentiellement d'un sous-ensemble de JavaSE, suit Ă©galement le mĂȘme numĂ©ro de version : Java FX en est ainsi sa version 2.7 pour 1.7[27](Ă©galement compatible JRE 1.6) ;
- En revanche, les plateformes Enterprise Edition (Java EE) et Mobile Edition (Java ME) sont identifiées par le numéro de version de leur propre SDK ; ainsi début 2013 :
Versions successives
[modifier | modifier le code]Deux versions peuvent parfois ĂȘtre proposĂ©es simultanĂ©ment, telles que 8u65 & 8u66 : la diffĂ©rence consiste gĂ©nĂ©ralement en des corrections de bugs mineurs (sans incidence de sĂ©curitĂ© notamment), pour lesquelles la mise Ă jour Ă la toute derniĂšre version n'est pas critique et est de ce fait laissĂ©e au choix des administrateurs (JRE) ou dĂ©veloppeurs (JDK).
Les versions publiques de Java peuvent ĂȘtre suivies de versions non publiques, dites Advanced, rĂ©servĂ©es Ă des usages commerciaux ; ainsi Java 1.6u45 est la derniĂšre version publique de Java6, mais 6u113 l'ultime version disponible fin .
En date du 31/05/2025, les versions LTS (pour Long Term Support) actuelles sont Java 8, 11, 17 et 21[31].
| Version | DerniÚre version | Dénomination JSE/JRE | Nom de code | Spécifications | JDK | Statut mai 2025 | Période de maintenance | Support étendu[32] |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1.0 | 1.0.2 | Java 1.0 | Oak | JSR 52 | JDK 1.0.2 | ObsolĂšte | 1996-2000 | |
| 1.1 | 8_16 | Java 1.1 | JSR 52 | 1.1.8_16 | ObsolĂšte | 1997-2000 | ||
| 1.2 | 2_017 | J2SE 1.2 | Playground | JSR 52 | 1.2.2_11 | ObsolĂšte | 2000-2006 | |
| 1.3 | 1_29 | J2SE 1.3 | Kestrel | JSR 58 | 1.3.1_29 | ObsolĂšte | 2000-2001 | |
| 1.4 | 2_30 | J2SE 1.4 | Merlin | JSR 59 | 1.4.2_30 | ObsolĂšte | 2000-2008[33] | |
| 1.5 | 0_22 Ă 0_85 | J2SE 5.0 | Tiger | JSR 176 | 1.5.0_22 | ObsolĂšte | 2002-2009[33] | |
| 1.6 | 0_45 Ă 0_111 | Java SE 6 | Mustang | JSR 270 | 6u113 | ObsolĂšte | 2005-2013[33] | |
| 1.7 | 0_79 Ă 0_80 | Java SE 7 | Dolphin | JSR 336 | 1.7.0_79 | ObsolĂšte | 2011- 2015[33] | |
| 1.8 | 0_451 | Java SE 8 | Kenai[34] puis Spider | JSR 337 | 8u451 | Stable | Mars 2022 | |
| 9 | 9.0.4 | Java SE 9 | Umbrella | JSR 379[35] | 9.0.4 | ObsolĂšte | 2018 | |
| 10 | 10.0.2 | Java SE 10 | JSR 383 | 10.0.2 | ObsolĂšte | 2018 | ||
| 11 | 11.0.13 | Java SE 11 | JSR 384 | 11.0.13+10 | version LTS | Septembre 2023 | Janvier 2032 | |
| 12 | 12.0.2 | Java SE 12 | JSR 386 | 12.0.2 | ObsolĂšte | 2021 | ||
| 13 | 13.0.2 | Java SE 13 | JSR 388 | 13.0.2 | ObsolĂšte | 2021 | ||
| 14 | 14.0.2 | Java SE 14 | JSR 389 | 14.0.2 | ObsolĂšte | 2021 | ||
| 15 | 15.0.2 | Java SE 15 | JSR 390 | 15.0.2 | ObsolĂšte | 2021 | ||
| 16 | 16.0.2 | Java SE 16 | JSR 391 | 16.0.2 | ObsolĂšte | 2021 | ||
| 17 | 17.0.1+12 | Java SE 17 | JSR 392 | 17.0.1 | version LTS | Septembre 2026 | Septembre 2029 | |
| 18 | 18.0.2.1 | Java SE 18 | JSR 393 | 18.0.2.1 | ObsolĂšte | Septembre 2022 | ||
| 19 | 19.0.2 | Java SE 19 | JSR 394 | 19.0.2 | ObsolĂšte | Mars 2023 | ||
| 20 | 20.0.2 | Java SE 20 | JSR 395 | 20.0.2 | ObsolĂšte | Septembre 2023 | ||
| 21 | 21.0.1 | Java SE 21 | JSR 396 | 21.0.1 | version LTS | Septembre 2028 | Septembre 2031 | |
| 22 | 22.0.1 | Java SE 22 | JSR 397 | 22.0.1 | ObsolĂšte | Septembre 2024 | ||
| 23 | 23.0.1 | Java SE 23 | JSR 398 | 23.0.1 | ObsolĂšte | Mars 2025 | ||
| 24 | 24.0.1 | Java SE 24 | JSR 399 | 24.0.1 | Stable | Septembre 2025 |
Contenu et évolutions
[modifier | modifier le code]Du JDK 1.0 au J2SE 1.4
[modifier | modifier le code]- JDK 1.0 ( - 211 classes et interfaces) â Version initiale[36].
- JDK 1.1 ( - 477 classes et interfaces) â De nombreux ajouts[37] avec notamment :
- J2SE 1.2 ( - 1 524 classes et interfaces) â Nom de code Playground. Cette version et les suivantes jusque J2SE 7.0 sont rebaptisĂ©es Java 2 et la version nommĂ©e J2SE (Java 2 Platform, Standard Edition) remplace JDK pour distinguer la plateforme de base de la version J2EE (Java 2 Platform, Enterprise Edition) et de la version J2ME (Java 2 Platform, Micro Edition). Plusieurs ajouts[38] dont :
- le mot-clé
strictfp(strict floating-point : virgule flottante stricte) ; - la réflexion ;
- lâAPI graphique Swing est intĂ©grĂ©e ;
- pour la premiÚre fois, la machine virtuelle Java de Sun inclut un compilateur « Compilation à la volée » (Just in Time) ;
- Java Plug-in ;
- Java IDL, une implĂ©mentation de IDL pour lâinteropĂ©rabilitĂ© avec CORBA ;
- le framework Collections.
- le mot-clé
- J2SE 1.3 ( - 1 840 classes et interfaces) â Nom de code Kestrel. Changements principaux[39] :
- HotSpot JVM inclus (La machine virtuelle HotSpot sortit en pour la machine virtuelle du J2SE 1.2) ;
- changement pour les RMI pour ĂȘtre basĂ© sur CORBA ;
- JavaSound ;
- JNDI (Java Naming and Directory Interface) inclus de base (disponible auparavant comme extension) ;
- JPDA (Java Platform Debugger Architecture).
- J2SE 1.4 ( - 2 723 classes et interfaces) â Nom de code Merlin. Ce fut la premiĂšre rĂ©vision de la plateforme sous JCP (Java Community Process)[40]. Les principaux changements[41] sont :
- le mot-clé
assert(SpĂ©cifiĂ© dans JSR 41[42]) ; - les expressions rationnelles modĂ©lisĂ©es en sâinspirant du langage Perl ;
- le chaĂźnage dâexception permet Ă une exception dâencapsuler lâexception de bas niveau dâorigine. (SpĂ©cifiĂ© dans (en) JSR 51) ;
- API de journalisation (Spécifiée dans (en) JSR 47) ;
- lâAPI Image I/O pour lire et Ă©crire des images dans des formats comme JPEG et PNG ;
- l'intĂ©gration dâun parser XML et du moteur XSLT nommĂ© JAXP (SpĂ©cifiĂ© dans (en) JSR 5 et (en) JSR 63) ;
- l'intégration des extensions de sécurité JCE (Java Cryptography Extension (en)), JSSE et JAAS ;
- Java Web Start (introduit pour la premiÚre fois en pour J2SE 1.3 - Spécifié dans (en) JSR 56).
- le mot-clé
J2SE 5.0
[modifier | modifier le code]Sortie le (3 270 classes et interfaces), son nom de code est Tiger. Elle est initialement numérotée 1.5, qui est toujours utilisé comme numéro de version interne[43]. Développé par (en) JSR 176, Tiger ajoute un nombre significatif de nouveautés[44] au langage :
- intégration du composant logiciel Java Web Start dans l'environnement d'exécution Java (JRE)[45] ;
- programmation gĂ©nĂ©rique â (SpĂ©cifiĂ© par (en) JSR 14) ;
- metadata â Ă©galement appelĂ©es annotations, permet au langage de construire des classes et des mĂ©thodes Ă©tiquetĂ©es avec des donnĂ©es additionnelles qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©es en tant que mĂ©ta-donnĂ©es (SpĂ©cifiĂ©e dans (en) JSR 175) ;
- autoboxing/unboxing â conversion automatique entre des types primitifs (comme le type
int) et le Wrapper de classe correspondant (comme la classe Integer) (SpĂ©cifiĂ© dans (en) JSR 201) ; - Ă©numĂ©rations â le mot-clĂ©
enumpermet de crĂ©er une liste ordonnĂ©e de valeurs en gardant la sĂ»retĂ© du typage. Auparavant, ceci pouvait seulement ĂȘtre rĂ©alisĂ© par des entiers constants (SpĂ©cifiĂ© dans JSR 201) ; - varargs â la syntaxe
ObjectâŠutilisĂ©e dans une dĂ©claration de mĂ©thode permet de spĂ©cifier un nombre variable dâarguments pour cette mĂ©thode. Câest un fonctionnement Ă©quivalent Ă la fonction « printf » en C ; - imports statiques â Cette fonctionnalitĂ© permet dâutiliser les constantes dâune classe sans spĂ©cifier le nom de cette classe et sans passer par « lâanti-pattern Constant Interface » (câest lâexpression utilisĂ©e sur le site de Sun) ;
- extension du
forpour les boucles â la syntaxe duforest Ă©tendue avec une syntaxe spĂ©ciale pour itĂ©rer sur nâimporte quel objet itĂ©rable comme un tableau, ou une collection en utilisant la syntaxe :
void displayWidgets (Iterable<Widget> widgets) {
for (Widget w : widgets) {
w.display();
}
}
Cet exemple parcourt le contenu de lâobjet widgets de la classe Iterable et contenant uniquement des rĂ©fĂ©rences vers des objets de la classe Widget, assignant chacun de ces Ă©lĂ©ments Ă la variable w et ensuite appelle la mĂ©thode display() sur lâĂ©lĂ©ment w (spĂ©cifiĂ© dans JSR 201). Une syntaxe similaire sera introduite en 2011 dans C++11.
En plus des changements au niveau du langage, des changements plus importants ont eu lieu au fil des annĂ©es qui ont conduit des quelques centaines de classes dans le JDK 1.0 Ă plus de 3 000 dans J2SE 5.0. Des API entiĂšres, comme Swing ou Java2D, ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es et beaucoup de mĂ©thodes de lâoriginal JDK 1.0 ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es deprecated (câest-Ă -dire dĂ©conseillĂ©es, elles pourraient ĂȘtre supprimĂ©es dans une version ultĂ©rieure de Java).
Java SE 6
[modifier | modifier le code]Sortie le (3 777 classes et interfaces dans plus de 20 paquetages), son nom de code est Mustang[46]. Une version bĂȘta est sortie le , une autre bĂȘta en , une version « release candidate » en , et la version finale le . Avec cette version, Sun remplace dĂ©finitivement le nom J2SE par Java SE et supprime le .0 au numĂ©ro de version[47].
Cette version a Ă©tĂ© l'objet de nombreuses failles de sĂ©curitĂ© et leurs mises Ă jour correctives, conduisant Ă la version 1.6.0_45 par Oracle et mĂȘme 1.6.0_51 pour sa version Mac OS. C'est d'ailleurs lĂ la derniĂšre version de Java fonctionnant pour Mac OS X 10.6 et antĂ©rieurs.
Java SE 7 (LTS)
[modifier | modifier le code]Sortie le (8 000[48] classes et interfaces), son nom de code est Dolphin. Il sâagit de la premiĂšre version sous la licence GNU GPL.
DÚs l'update 6 (7u6), l'édition standard Oracle de Java supportant de nouveau pleinement Mac OS X[49], les mises à jour pour cet OS ne sont plus prises en charge par Apple mais par Oracle. Toutefois cette version de Java n'est pas supportée par Mac OS X v10.6 : En effet certaines API requises par Java 7 ont bien été incluses par Apple dans Mac OS X 10.7.3, mais il n'est pas prévu qu'elles soient implémentées sur les précédentes versions de Mac OS[50]. La version 7u90 d' est la derniÚre mise à jour de Java 7 disponible publiquement[51].
Java 7 propose entre autres les nouveautés suivantes :
- la notation binaire ;
- le formatage numérique pour plus de lisibilité ;
- les switch avec des string ;
- l'inférence des types à la création d'instance pour éviter une redondance de syntaxe (cf. List<String> lst = new ArrayList<>();) ;
- le multicatch permettant de concaténer les exceptions catchées via des | ;
- java.nio (JSR 203) qui propose notamment une nouvelle interface Path, un systĂšme de parcours des rĂ©pertoires, un service de watchâŠ
- les tasks pour paralléliser les calculs jugés trop lourd ou trop coûteux ;
- l'autoboxing d'objets vers les types primitifs ;
- interface utilisateur : transparence des frames, bordures arrondies, gestion des Ă©vĂšnements asynchrones via les secondary loops, les JLayers, les Painters, le nouveau style NimbusâŠ
Java SE 8 (LTS)
[modifier | modifier le code]Nom de code Kenaï. Diverses releases en cours de développement du JDK sont disponibles au téléchargement dÚs l'automne 2013[52], et Java 8 sort mi- conformément à une feuille de route présentée par Oracle dÚs [53].
Une des nouveautĂ©s majeures de cette version est lâajout des lambdas[54], entraĂźnant une refonte d'une partie de l'API, notamment les collections et la notion de stream. Les autres ajouts notables incluent les optionnels, les implĂ©mentations par dĂ©faut au sein d'une interface, une refonte de l'API date, etc. En revanche la version Enterprise Edition (Java 8 EE) n'est pas attendue avant 2017.
La modularisation de la JVM avec le projet Jigsaw, initialement prévue pour cette version, est quant à elle reportée à la version 9[55], du fait notamment des failles de sécurité rencontrées par Java 6 dont Oracle a privilégié la correction en 2013 par rapport aux évolutions de Java.
Java SE 9
[modifier | modifier le code]Initialement prévue pour 2015 mais reportée en partie à cause du projet Jigsaw, cette version est finalement sortie le [56].
Java 9 intĂšgre :
- le projet Jigsaw permettant de modulariser les modules chargés au sein du JDK ;
- JShell[57], le projet Kulla visant la crĂ©ation d'un shell pour Java sur le format readâevalâprint loop (en) ;
- le projet Valhalla visant une amélioration des types Java ;
- un support natif de HTTP/2[58] Cf Release Note Oracle[59]. Il faut utiliser des bibliothĂšques pour JSON[60].
Java SE 10
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le [61].
Cette nouvelle version intĂšgre notamment :
- JEP 286[62] : inférence des types des variables locales;
- JEP 310[63] : partage de binaire pour permettre un lancement plus rapide
- JEP 317[64] : activation de Graal un compilateur JIT en Java
Java SE 11 (LTS)
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le [65].
Au-delĂ du changement du modĂšle de support Ă long terme des versions, cette version intĂšgre notamment :
- JEP 323 : amélioration sur les paramÚtres des lambda
- JEP 321 : un client HTTP plus évolué
- JEP 320 : suppression des modules CORBA et EE par défaut
Java SE 12
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le [66].
Cette version intÚgre 8 évolutions :
- JEP 189 : Shenandoah, un ramasse miette avec de courte pauses (Expérimentale)
- JEP 230 : suite d'outils de microbenchmark pour le code source du JDK
- JEP 325 : expressions Switch (aperçu)
- JEP 334 : API Constants, permettant d'ajouter des informations dans les métadonnées dans les fichiers .class, utile pour les langages sur la JVM)
- JEP 340 : un seul portage pour l'architecture ARM 64bits
- JEP 341 : Default CDS Archives, chargement des informations des classes de la JVM plus rapide
- JEP 344 et JEP 346 : améliorations du ramasse miette G1
Java SE 13
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le [67].
- JEP 355 : Text Blocks
- JEP 354 : (Switch - aperçu v2) Nouveau case
case...->(case traditionnelcase...:)switch(nombre){ //case traditionnel case 5: System.out.println("La variable est égale à 5"); break; //nouveau case case 5 -> System.out.println("La variable est égale à 5"); }
Java SE 14
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 17 mars 2020[68]
- JEP 343 : Incubator
- JEP 358 : Plus de précision de la part du compilateur sur les erreurs NullPointerExceptions
- JEP 361 : (Switch - version finale) Nouveau case
case...->(case traditionnelcase...:)[69] - JEP 362 : Dépréciation des ports Solaris et SPARC
- JEP 368 : Text Blocks
Java SE 15
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 15 septembre 2020[70].
? Pas de JEP ?
Java SE 16
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 16 mars 2021[71].
? Pas de JEP ?
Java SE 17 (LTS)
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 14 septembre 2021[72].
- JEP 306 : Restauration de la sémantique stricte permanente pour la virgule flottante
- JEP 356 : Générateur amélioré de nombre pseudo-aléatoire
- JEP 382 : Nouveau pipeline de rendu macOS
- JEP 391 : Portage macOS AArch64
- JEP 398 : Dépréciation pour suppression de l'API Applet
- JEP 403 : Encapsulation forte des internes du JDK
- JEP 406 : Filtrage par motif (Pattern Matching) pour switch (préversion)
- JEP 407 : Suppression de l'activation de RMI
- JEP 409 : Classes scellées
- JEP 410 : Suppression du compilateur expérimental AOT et JIT
- JEP 411 : Dépréciation pour suppression du gestionnaire de sécurité
- JEP 412 : API de fonction étrangÚre et de mémoire (incubation)
- JEP 414 : API vectorielle (deuxiĂšme incubation)
- JEP 415 : Filtres de désérialisation spécifiques au contexte
Java SE 18
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 22 mars 2022[73].
Liste des JEP[74]:
- JEP 400 : UTF-8 par défaut
- JEP 408 : Simple Web Server
- JEP 413 : Code Snippets dans la documentation de l'API Java
- JEP 416 : Réimplémenter la Core Reflection with Method Handles
- JEP 417 : API Vector (TroisiĂšme Incubateur)
- JEP 418 : Internet-Address Resolution SPI
- JEP 419 : Foreign Function & Memory API (deuxiĂšme incubateur)
- JEP 420 : Pattern Matching for switch (Second Preview)
- JEP 421 : Deprecate Finalization for Removal
Java SE 19
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 20 septembre 2022[75].
- JEP 415 : le JDK est porté pour Linux sur l'architecture RISC-V.
Java SE 20
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 21 mars 2023[76].
- JEP 429 : Valeurs ciblées (incubation)
- JEP 432 : ModÚles d'enregistrement (deuxiÚme aperçu)
- JEP 433 : Correspondance des modÚles pour switch (quatriÚme aperçu)
- JEP 434 : API de mémoire et de fonctions étrangÚres (second aperçu)
- JEP 436 : Fils virtuels (deuxiÚme aperçu)
- JEP 437 : Simultanéité structurée (deuxiÚme incubation)
- JEP 438 : API de vecteur (cinquiĂšme incubation)
Java SE 21 (LTS)
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 19 septembre 2023[77].
Java SE 22
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 19 mars 2024[78].
Java SE 23
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 17 septembre 2024[79].
Java SE 24
[modifier | modifier le code]Cette version est sortie le 18 mars 2025[80].
Philosophie
[modifier | modifier le code]Lors de la création du langage Java, il avait été décidé que ce langage devait répondre à cinq objectifs[81] :
- simple, orienté objet et familier ;
- robuste et sûr ;
- indépendant de la machine employée pour l'exécution ;
- trĂšs performant ;
- compilé, multi-tùches et dynamique.
Langage orienté objet et familier
[modifier | modifier le code]La premiÚre caractéristique, le caractÚre orienté objet (« OO ») et familier, fait référence à une méthode de programmation et de conception du langage et le fait qu'un programme écrit en Java ressemble assez fort à un programme écrit en C++.
Bien quâil existe plusieurs interprĂ©tations de lâexpression orientĂ© objet, une idĂ©e phare dans ce type de dĂ©veloppement est que les diffĂ©rents types de donnĂ©es doivent ĂȘtre directement associĂ©s avec les diffĂ©rentes opĂ©rations quâon peut effectuer sur ces donnĂ©es. En consĂ©quence, les donnĂ©es (appelĂ©es PropriĂ©tĂ©s) et le code les manipulant (appelĂ© MĂ©thodes) sont combinĂ©s dans une mĂȘme entitĂ© appelĂ©e Classe d'objet. Le code devient logiquement dĂ©coupĂ© en petites entitĂ©s cohĂ©rentes et devient ainsi plus simple Ă maintenir et plus facilement rĂ©utilisable, Ă©tant intrinsĂšquement modulaire.
Dâautres mĂ©canismes tels que lâhĂ©ritage permettent dâexploiter toutes les caractĂ©ristiques dâune Classe prĂ©cĂ©demment Ă©crite dans ses propres programmes sans mĂȘme avoir Ă en connaĂźtre le fonctionnement interne â on nâen voit que lâinterface (l'interface dĂ©crit les propriĂ©tĂ©s et les mĂ©thodes sans fournir le code associĂ©). Java interdit la notion d'hĂ©ritage depuis plusieurs classes parent sauf si elles sont des interfaces.
Dans la version 1.5 du langage ont Ă©tĂ© rajoutĂ©s les gĂ©nĂ©riques, un mĂ©canisme de polymorphisme similaire (mais diffĂ©rent) aux templates du langage C++ ou aux foncteurs dâOCaml. Les gĂ©nĂ©riques permettent dâexprimer dâune façon plus simple et plus sĂ»re (du point de vue du typage) les propriĂ©tĂ©s dâobjets comme des conteneurs (listes, arbresâŠ) : le type liste est alors considĂ©rĂ© gĂ©nĂ©riquement par rapport au type dâobjet contenu dans la liste.
Mécanisme du ramasse-miettes
[modifier | modifier le code]Cet Ă©lĂ©ment contribue Ă la robustesse et Ă la performance des programmes, le ramasse-miettes (Garbage Collector) est appelĂ© rĂ©guliĂšrement et automatiquement pendant l'exĂ©cution du programme. Sur les systĂšmes multi-processeurs et/ou multi-cĆurs, celui-ci emploie mĂȘme des threads multiples Ă faible prioritĂ© afin de perturber le moins possible l'exĂ©cution du programme[82]. En outre, le programmeur peut au besoin suggĂ©rer de lancer le ramasse-miettes Ă lâaide de la mĂ©thode System.gc().
Un grief rĂ©current Ă lâencontre de langages comme C++ est la lourde tĂąche dâavoir Ă programmer manuellement la gestion de la mĂ©moire. En C++, la mĂ©moire allouĂ©e par le programme pour crĂ©er un objet est dĂ©sallouĂ©e lors de la destruction de celui-ci (par exemple par un appel explicite Ă l'opĂ©rateur delete). Si le programmeur oublie de coder la dĂ©sallocation, ceci aboutit Ă une « fuite mĂ©moire », et le programme en consomme de plus en plus. Pire encore, si par erreur un programme demande plusieurs fois une dĂ©sallocation, ou emploie une zone de mĂ©moire aprĂšs avoir demandĂ© sa dĂ©sallocation, celui-ci deviendra trĂšs probablement instable et causera une erreur fatale.
En Java, une grande partie de ces problĂšmes est Ă©vitĂ©e grĂące au ramasse-miettes. L'espace mĂ©moire nĂ©cessaire Ă chaque objet créé est gĂ©rĂ© dans un tas de mĂ©moire (en anglais : memory heap) rĂ©servĂ© Ă cet usage. Le programme accĂšde Ă chaque objet via une rĂ©fĂ©rence dans le tas. Quand il n'existe plus aucune rĂ©fĂ©rence permettant d'atteindre un objet, le ramasse-miettes le dĂ©truit automatiquement â puisqu'il est devenu inaccessible â libĂ©rant la mĂ©moire et prĂ©venant ainsi toute fuite de mĂ©moire.
Le ramasse-miettes emploie un algorithme de marquage puis libĂ©ration (en anglais : mark and sweep[82]) qui permet de gĂ©rer les cas complexes d'objets se rĂ©fĂ©rençant mutuellement ou de boucles de rĂ©fĂ©rences (cas d'une liste Ă chaĂźnage double par exemple). En pratique, il subsiste des cas d'erreur de programmation oĂč le ramasse-miettes considĂšre qu'un objet est encore utile alors que le programme n'y accĂšde plus fonctionnellement (mais garde une rĂ©fĂ©rence sur l'objet), ce qui constitue un cas particulier de « fuite mĂ©moire ».
Le ramasse-miettes rend sensiblement plus simple et plus sûre la gestion de la mémoire. Les concepteurs et les utilisateurs de programmes ou bibliothÚques (en anglais Libraries) n'ont pas à se soucier de la désallocation des objets (opérateur delete en C++), sauf éventuellement pour des raisons de performance.
Indépendance vis-à -vis de la plateforme
[modifier | modifier le code]LâindĂ©pendance vis-Ă -vis de la plateforme signifie que les programmes Ă©crits en Java fonctionnent de maniĂšre parfaitement similaire sur diffĂ©rentes architectures matĂ©rielles. La licence de Sun pour Java insiste ainsi sur le fait que toutes les implĂ©mentations doivent ĂȘtre compatibles. On peut ainsi thĂ©oriquement effectuer le dĂ©veloppement sur une architecture donnĂ©e et faire tourner lâapplication finale sur toutes les autres.
Ce résultat est obtenu par :
- des bibliothĂšques standard fournies pour pouvoir accĂ©der Ă certains Ă©lĂ©ments de la machine hĂŽte (le graphisme, le multithreading, la programmation rĂ©seauâŠ) exactement de la mĂȘme maniĂšre sur toutes les architectures ;
- des compilateurs Java qui compilent le code source « Ă moitiĂ© » afin dâobtenir un bytecode (plus prĂ©cisĂ©ment le bytecode Java, un langage de type assembleur, proche de la machine virtuelle et spĂ©cifique Ă la plateforme Java).
- Ce bytecode a ensuite vocation Ă ĂȘtre interprĂ©tĂ© sur une machine virtuelle Java (JVM en anglais), un programme Ă©crit spĂ©cifiquement pour la machine cible qui interprĂšte le bytecode Java et fait exĂ©cuter par la machine les instructions traduites en code natif.
Noter que mĂȘme sâil y a explicitement une premiĂšre phase de compilation, le bytecode Java est soit interprĂ©tĂ©, soit converti Ă la volĂ©e en code natif par un compilateur Ă la volĂ©e (just in time, JIT).
Types de compilations
[modifier | modifier le code]Les premiĂšres implĂ©mentations du langage utilisaient une machine virtuelle interprĂ©tĂ©e pour obtenir la portabilitĂ©. Ces implĂ©mentations produisaient des programmes qui sâexĂ©cutaient plus lentement que ceux Ă©crits en langage compilĂ© (C, C++, etc.) si bien que le langage souffrit dâune rĂ©putation de faibles performances.
Des implĂ©mentations plus rĂ©centes de la machine virtuelle Java (JVM) produisent des programmes beaucoup plus rapides quâauparavant, en utilisant diffĂ©rentes techniques :
- La premiĂšre technique est de compiler directement en code natif comme un compilateur traditionnel, supprimant complĂštement la phase de bytecode. Des compilateurs Java tels que GNU Compiler for Java (GCJ) compilent ainsi directement le Java en code objet natif pour la machine cible. On obtient ainsi de bonnes performances, mais aux dĂ©pens de la portabilitĂ© : le code final produit par ces compilateurs ne peut de ce fait ĂȘtre exĂ©cutĂ© que sur une seule architecture ;
- Une autre technique appelée compilation « juste-à -temps », ou « à la volée » (just in time, JIT), traduit le byte code en code natif durant la phase de lancement du programme ;
- Certaines machines virtuelles plus sophistiquĂ©es utilisent une recompilation dynamique durant laquelle la machine virtuelle analyse le comportement du programme et en recompile sĂ©lectivement certaines parties. La recompilation dynamique permet dâobtenir de meilleurs rĂ©sultats que la compilation statique car les compilateurs dynamiques peuvent optimiser en fonction de leur connaissance de lâenvironnement cible et des classes qui sont utilisĂ©es.
- La compilation JIT et la recompilation dynamique permettent à Java de tirer profit de la rapidité du code natif sans perdre la portabilité.
Bilan de la portabilité Java
[modifier | modifier le code]AprĂšs que Sun eut constatĂ© que lâimplĂ©mentation de Microsoft ne supportait pas les interfaces RMI et JNI, et comportait des Ă©lĂ©ments spĂ©cifiques Ă certaines plateformes par rapport Ă sa plateforme initiale, Sun dĂ©posa plainte en justice contre Microsoft[83], et obtint des dommages et intĂ©rĂȘts (20 millions de dollars). Cet acte de justice renforça encore les termes de la licence de Sun. En rĂ©ponse, Microsoft arrĂȘta le support de Java sur ses plateformes et, sur les versions rĂ©centes de Windows, Internet Explorer ne supporte pas les applets Java sans ajouter de plug-in. Cependant, Sun met Ă disposition gratuitement des environnements dâexĂ©cution de Java pour les diffĂ©rentes plateformes Microsoft.
La portabilitĂ© est techniquement un objectif difficile Ă atteindre et le succĂšs de Java en ce domaine est mitigĂ©. Quoiquâil soit effectivement possible dâĂ©crire des programmes pour la plateforme Java qui fonctionnent correctement sur beaucoup de machines cibles, le nombre important de plateformes avec de petites erreurs et des incohĂ©rences a abouti Ă un dĂ©tournement du slogan de Sun « Write once, run anywhere » (« Ăcrire une fois, exĂ©cuter n'importe oĂč ») en « Write once, debug everywhere » (« Ăcrire une fois, dĂ©boguer partout ») !
LâindĂ©pendance de Java vis-Ă -vis de la plateforme est cependant un succĂšs avec les applications cĂŽtĂ© serveur comme les services web, les servlets et les JavaBeans aussi bien que les systĂšmes embarquĂ©s sur OSGi, utilisant lâenvironnement Embedded Java.
Exécution sécurisée de code distant
[modifier | modifier le code]La plateforme Java fut lâun des premiers systĂšmes Ă offrir le support de lâexĂ©cution du code Ă partir de sources distantes. Une applet peut fonctionner dans le navigateur web dâun utilisateur, exĂ©cutant du code tĂ©lĂ©chargĂ© dâun serveur HTTP. Le code dâune applet fonctionne dans un espace trĂšs restrictif, ce qui protĂšge lâutilisateur des codes erronĂ©s ou mal intentionnĂ©s. Cet espace est dĂ©limitĂ© par un objet appelĂ© gestionnaire de sĂ©curitĂ©. Un tel objet existe aussi pour du code local, mais il est alors par dĂ©faut inactif.
Le gestionnaire de sĂ©curitĂ© (la classe SecurityManager) permet de dĂ©finir un certain nombre dâautorisations dâutilisation des ressources du systĂšme local (systĂšme de fichiers, rĂ©seau, propriĂ©tĂ©s systĂšmeâŠ). Une autorisation dĂ©finit :
- Un code accesseur (typiquement, une applet â Ă©ventuellement signĂ©e â envoyĂ©e depuis un serveur web) ;
- Une ressource locale concernée (par exemple un répertoire) ;
- Un ensemble de droits (par exemple lire/écrire).
Les Ă©diteurs dâapplet peuvent demander un certificat pour leur permettre de signer numĂ©riquement une applet comme sĂ»re, leur donnant ainsi potentiellement (moyennant lâautorisation adĂ©quate) la permission de sortir de lâespace restrictif et dâaccĂ©der aux ressources du systĂšme local.
ĂlĂ©ments du langage
[modifier | modifier le code]Voici un exemple dâun programme Hello world typique Ă©crit en Java :
public class HelloWorld {
public static void main(String[] args) {
System.out.println("Hello world!");
}
}
Le fichier source porte presque toujours le nom de la classe avec l'extension « .java » (ici « HelloWorld.java », ce serait mĂȘme obligatoire car la classe possĂšde l'attribut public dans sa dĂ©claration â la rendant alors accessible Ă tout autre programme). On peut compiler puis exĂ©cuter cet exemple sur le terminal avec les commandes suivantes (sous Linux) :
javac HelloWorld.java export CLASSPATH=. java HelloWorld
La ligne « export CLASSPATH=. » sert Ă indiquer Ă Java quâil doit Ă©galement chercher les programmes class dans le rĂ©pertoire courant. Ce chemin peut Ă©galement ĂȘtre spĂ©cifiĂ© au lancement du programme par lâoption -classpath (ou -cp en abrĂ©gĂ©) :
java -cp. HelloWorld
Mots réservés, primitifs et littéraux
[modifier | modifier le code]Les éléments syntaxiques suivants sont les mots-clés du langage Java :
abstract else instanceof static try boolean false
assert (1.4) enum (5.0) interface strictfp (1.2) volatile byte true
break extends native super while char
case final new switch double
catch finally package synchronized float
class for private this int
const (*) goto (*) protected throw long
continue if public throws short
default implements return transient void null
do import
Notes :
- (*) ces mots clefs sont réservés mais n'ont pas de signification pour le compilateur (il est juste interdit d'employer ce nom pour une variable par exemple) ;
- (1.2), (1.4) et (5.0) ces mots clefs ont été ajoutés avec la version indiquée du langage.
(source)
Classe, attribut, méthode
[modifier | modifier le code]Notion de classe
[modifier | modifier le code]Une classe est la description de donnĂ©es appelĂ©es attributs, et dâopĂ©rations appelĂ©es mĂ©thodes. Il s'agit d'un modĂšle de dĂ©finition pour des objets ayant le mĂȘme ensemble dâattributs, et le mĂȘme ensemble dâopĂ©rations. Ă partir dâune classe on peut crĂ©er un ou plusieurs objets par instanciation ; chaque objet est une instance dâune seule classe.
Visibilité :
- Public : le mot
classest alors prĂ©cĂ©dĂ© depublic, tout utilisateur qui importe le paquetage peut utiliser la classe. Dans ce cas elle doit ĂȘtre dĂ©finie dans un fichier qui a pour nom le nom de la classe. - PrivĂ© : le mot
classest alors prĂ©cĂ©dĂ© deprivate, seules des classes dĂ©finies dans le mĂȘme fichier peuvent utiliser cette classe. - Paquetage : le mot
classnâest pas prĂ©cĂ©dĂ© de mot particulier, toutes les classes du paquetage peuvent utiliser la classe.
Notion d'attribut
[modifier | modifier le code]Un attribut se définit en donnant son type, puis son nom, et éventuellement une partie initialisation.
Visibilité :
- Public : sa définition est précédée de
public, et il peut ĂȘtre utilisĂ© par tout utilisateur de la classe. - PrivĂ© : sa dĂ©finition est prĂ©cĂ©dĂ©e de
private, et il ne peut ĂȘtre utilisĂ© quâĂ lâintĂ©rieur de la classe. - ProtĂ©gĂ© : sa dĂ©finition est prĂ©cĂ©dĂ©e de
protected, et il ne peut ĂȘtre utilisĂ© quâĂ lâintĂ©rieur de la classe, du paquetage, ou des classes dĂ©rivĂ©es. - Paquetage : aucun mot particulier ne prĂ©cĂšde sa dĂ©finition, ainsi il peut ĂȘtre utilisĂ© dans toute classe du mĂȘme paquetage.
Notion de méthode
[modifier | modifier le code]Une méthode est définie par :
- son type de retour : type de la valeur retournée par la méthode. Si la méthode ne retourne pas de valeur le type spécifié est alors
void; - son nom ;
- ses paramÚtres : les paramÚtres sont spécifiés par leur type et leur nom et sont séparés par des virgules.
Visibilité :
- Public : sa définition est précédée de
public, et elle peut ĂȘtre utilisĂ©e par tout utilisateur de la classe. - PrivĂ© : sa dĂ©finition est prĂ©cĂ©dĂ©e de
private, et elle ne peut ĂȘtre utilisĂ©e quâĂ lâintĂ©rieur de la classe. - ProtĂ©gĂ© : sa dĂ©finition est prĂ©cĂ©dĂ©e de
protected, et elle ne peut ĂȘtre utilisĂ©e quâĂ lâintĂ©rieur de la classe, du paquetage, ou des classes dĂ©rivĂ©es. - Paquetage : aucun mot particulier ne prĂ©cĂšde sa dĂ©finition, ainsi la mĂ©thode peut ĂȘtre utilisĂ© dans toute classe du mĂȘme paquetage.
Types
[modifier | modifier le code]| Nom | Taille en octets lors des calculs | Valeur par défaut | Valeurs possibles |
|---|---|---|---|
| boolean | Un seul bit suffit, mais on réserve souvent un octet pour les stocker. | false |
true, false
|
| byte | 1 | 0 |
entiers compris entre -128 et +127 (-27 et 27-1) |
| short | 2 | 0 |
entiers compris entre â32 768 et 32 767 (-215 et 215-1) |
| int | 4 | 0 |
entiers compris entre â2 147 483 648 et +2 147 483 647 (-231 et 231-1) |
| long | 8 | 0 |
entiers compris entre â9 223 372 036 854 775 808 et 9 223 372 036 854 775 807 (-263 et 263-1) |
| char | 2 | '\u0000' |
Ensemble des valeurs Unicode (valeurs de U+0000 Ă U+FFFF, 4 chiffres obligatoires aprĂšs '\u') Les 128 premiers caractĂšres sont les codes ASCII et se notent entre apostrophes : 'a', '1', '\'', '\n'.
|
| float | 4 | 0.0 |
Ensemble des nombres [â3,402 823 47 ĂâŻ1038 .. â1,402 398 46 ĂâŻ10â45], 0, [1,402 398 46 ĂâŻ10â45 .. 3,402 823 47 ĂâŻ1038] |
| double | 8 | 0.0 |
Ensemble des nombres [â1,797 693 134 862 315 70 ĂâŻ10308 .. â4,940 656 458 412 465 44 ĂâŻ10â324], 0, [4,940 656 458 412 465 44 ĂâŻ10â324 .. 1,797 693 134 862 315 70 ĂâŻ10308] |
| Object | Dépendant de la machine virtuelle | null
|
Le tableau ci-dessus recense les types de base, cependant il existe en Java d'autres types qui sont des objets et sont à utiliser en tant que tel. Par exemple pour définir un entier on peut utiliser le type 'Integer' dont la valeur d'initialisation par défaut vaudra null
Pour instancier une variable, la syntaxe (ici la mĂȘme qu'en C) est la suivante :
NomDuType maVariable;
maVariable est alors allouée sur la pile.
Les collections d'objets
[modifier | modifier le code]Il est souvent nĂ©cessaire de stocker de nombreuses donnĂ©es dans des collections : liste dâachats, notes des Ă©lĂšves, etc. Les collections peuvent ĂȘtre consultĂ©es, modifiĂ©es, on peut les trier, les recopier, les supprimer, etc. Elles peuvent avoir une taille fixe ou variable.
Les collections Ă taille fixe sont moins lourdes que les collections Ă taille variable.
Collections de taille fixe
[modifier | modifier le code]- Les tableaux :
- Comme en C, les indices d'un tableau de taille n vont de 0 Ă n-1. Un des plus grands avantages des tableaux est lâaccĂšs en temps constant O(1), Ă chaque case du tableau.
- Les tableaux sont des objets en Java. Pour initialiser un tableau
tabdâentiers de 10 cases, on peut Ă©crire (entre autres) :
int[] tab = new int[10];
- ou :
int tab[] = new int[10];
- ou :
int tab[] = {0, 0, 0, 0, 0,
0, 0, 0, 0, 0};
- Les indices de
tabvont de 0 Ă 9, et il ne pourra pas ĂȘtre redimensionnĂ©. - Chaque Ă©lĂ©ment de
tabest initialisé à sa valeur par défaut, ici 0 car il s'agit d'un tableau d'entiers (int). La valeur par défaut d'un objet estnull, celle d'un booléen estfalse.
- Pour lire ou modifier l'élément de
tabd'indice i, pour 0 †i †9, on utilise tab[i].- Exemple : Pour attribuer la valeur 2 à une case de
tab, on écrit :tab[i] = 2;
- Exemple : Pour attribuer la valeur 2 Ă une case de
- La propriété length (exemple :
tab.length) fournit le nombre d'Ă©lĂ©ments du tableau. Si on essaie de modifier un Ă©lĂ©ment qui nâexiste pas, par exemple avectab [10] = 4;, une exception IndexOutOfBoundsException est dĂ©clenchĂ©e (notre tableautabne contient que 10 cases, numĂ©rotĂ©es de 0 Ă 9 inclus).
Collections de taille variable
[modifier | modifier le code]La classe abstraite AbstractList est fournie pour implémenter les collections à taille variable.
Pour initialiser une ArrayList il faut importer la classe java.util.ArrayList et écrire liste = new ArrayList<T>(); ou liste = new ArrayList<>(); depuis le JDK 7.0.
Depuis le JDK 1.5, on a la possibilitĂ© dâindiquer le type des Ă©lĂ©ments contenus dans une ArrayList : Entiers, chaĂźnes de caractĂšres ou autres objets.
- Cette collection est vide aprĂšs lâappel du constructeur ;
- On peut ajouter autant dâĂ©lĂ©ments que lâon veut.
Pour ajouter un élément on écrit liste.add(Objet);
Pour accĂ©der Ă un Ă©lĂ©ment de lâArrayList : liste.get(index);
Pour connaĂźtre le nombre dâĂ©lĂ©ments que contient une liste : liste.size();
Pour supprimer un Ă©lĂ©ment : liste.remove(index); les Ă©lĂ©ments qui suivent lâĂ©lĂ©ment supprimĂ© seront dĂ©calĂ©s Ă gauche.
Structures de contrĂŽle
[modifier | modifier le code]Boucles
[modifier | modifier le code]Bien quâelles aient toutes un rĂŽle similaire, chaque boucle est pourtant adaptĂ©e Ă une situation :
- Structure tant que (adaptĂ©e pour effectuer des opĂ©rations tant quâune condition est remplie) :
while (<expression booléenne>) {
instruction(s)
}
- Structure faire ⊠tant que (comme la structure tant que mais la premiĂšre itĂ©ration est exĂ©cutĂ©e quelle que soit la condition, pour les autres itĂ©rations la condition doit ĂȘtre remplie) :
do {
instruction(s)
}
while (<expression booléenne>);
- Structure pour (adaptĂ©e lorsqu'une collection doit ĂȘtre parcourue en totalitĂ© pour traitement) :
for (<initialisation> ; <condition de poursuite> ; <expression dâincrĂ©mentation>) {
instruction(s)
}
- Structure pour chaque (simplification du for en for each, dans laquelle l'expression doit ĂȘtre un tableau ou une collection) :
for (type variable : <expression>) {
instruction(s)
}
- Structure pour (Java 1.5) :
for (<Objet rĂ©cupĂ©rant lâoccurrence suivante de la collection> : <collection dâobjets>) {
instruction(s)
}
Structures conditionnelles
[modifier | modifier le code]- Structure si : condition simple
if (<expression booléenne>) {
instruction(s)
}
Remarque : il est possible de combiner des conditions (expressions booléennes) en utilisant des opérateurs supplémentaires : le « ET » logique && (instruction exécutée si toutes les conditions sont vraies) :
if (<condition 1> && <condition 2>) {
instruction(s) si les conditions 1 et 2 sont vraies
}
Il existe aussi le « OU » logique || (instruction exécutée si au moins une des conditions est vraie) :
if (<condition 1> || <condition 2>) {
instruction(s) si au moins une des deux est vraie
}
Enfin, il y a le « NON » logique ! qui permet d'inverser le résultat d'une condition.
Il est possible de combiner ces opérations pour obtenir des structures conditionnelles complexes. On peut ajouter des parenthÚses pour définir les priorités des conditions (comme dans un calcul). Dans les autres cas, la JVM effectue les différentes vérifications de gauche à droite.
- Structure si ⊠sinon : condition avec alternative unique
if (<expression booléenne>) {
instruction(s)
}
else {
instruction(s)
}
- Structure si ⊠ou si ⊠ou si ⊠: condition avec alternatives multiples
if (<expression booléenne>) {
instruction(s)
}
else if (<expression booléenne>) {
instruction(s)
}
else if (<expression booléenne>) {
instruction(s)
}
else {
instruction(s)
}
- Structure atteindre ⊠cas x ⊠cas y ⊠: embranchement vers un bloc dâinstructions Ă©numĂ©rĂ©.
switch (<expression>) {
case <constante>:
instruction(s)
break;
case <constante>:
instruction(s)
break;
[...]
default:
instruction(s)
break;
}
Le choix d'exĂ©cution des instructions est dĂ©terminĂ© par l'expression suivant switch dont le type peut ĂȘtre entier (int, char, byte ou short ou classes enveloppes correspondantes), Ă©numĂ©rĂ© (enum) ou String (chaĂźne de caractĂšres, depuis Java 7 seulement).
Remarque : L'opérateur conditionnel ou opérateur ternaire ? : peut permettre d'éviter l'utilisation d'une instruction conditionnelle. Une expression conditionnelle aura l'une ou l'autre valeur aprÚs test de la condition booléenne :
<expression booléenne> ? <valeur si vrai> : <valeur si faux>
Branchements inconditionnels
[modifier | modifier le code]- L'instruction break fait sortir immĂ©diatement de la boucle en cours (for, while, do), mais permet Ă©galement de sortir dâune clause contenue dans un switch. Si le break est omis, l'exĂ©cution du switch se poursuit de case en case.
- L'instruction continue termine lâitĂ©ration en cours et continue Ă la prochaine. Son usage ainsi que celui de break dans les boucles est controversĂ© (de la mĂȘme maniĂšre que goto dans d'autres langages structurĂ©s). Elle tendrait Ă favoriser un type de programmation non structurĂ©e (programmation spaghetti).
- Lâinstruction return termine une mĂ©thode. Avec return uneValeur, uneValeur sera renvoyĂ©e Ă la mĂ©thode appelante.
Traitement des exceptions
[modifier | modifier le code] try {
instruction(s)
}
catch (<type exception> <variable>) {
instruction(s)
}
[...]
finally {
instruction(s)
}
Le bloc de code finally sera exécuté quel que soit le résultat lorsque le programme sortira du bloc try-catch.
Voici un exemple de capture dâune exception :
FileOutputStream fos = null;
try {
//Chacune de ces deux instructions peut générer une exception
// création d'un flux pour écrire dans un fichier
fos = new FileOutputStream(...);
// écriture de données dans ce flux
fos.write(...);
}
catch (IOException e) {
//Gestion de l'erreur de création ou d'écriture dans le flux
e.printStackTrace();
}
finally {
//Cette section de code est toujours exĂ©cutĂ©e, quâil y ait une exception ou pas
// fermeture du flux s'il a été ouvert
if(fos != null) fos.close();
}
Cet exemple permet dâillustrer le mĂ©canisme des exceptions en Java. Dans le cas dâune erreur dâentrĂ©e/sortie dans le bloc try, lâexĂ©cution reprend dans le bloc catch correspondant Ă cette situation (exception de type IOException).
Dans ce bloc catch, la variable e rĂ©fĂ©rence lâexception qui sâest produite. Ici, nous invoquons la mĂ©thode printStackTrace() qui affiche dans la console des informations sur lâexception qui sâest produite : nom, motif, Ă©tat de la pile dâappels au moment de la levĂ©e de lâexception et, Ă©ventuellement, numĂ©ro de ligne auquel lâerreur sâest produite.
Le bloc finally est ensuite exĂ©cutĂ© (ici pour refermer les ressources utilisĂ©es). Il ne sâagit ici que dâun exemple, lâaction Ă mettre en Ćuvre lorsquâune exception survient dĂ©pend du fonctionnement gĂ©nĂ©ral de lâapplication et de la nature de lâexception.
Types génériques
[modifier | modifier le code]Un type générique est autrement appelé un Template, il prend un ou plusieurs autres types en arguments. Le type passé en paramÚtre est déterminé lors de l'instanciation.
Cela permet notamment dans le cadre des ArrayList d'éviter les transtypages.
public class ArrayList<E> {
ArrayList<String> al = new ArrayList<String>();
}
Ces types génériques ne sont utilisés qu'à la compilation, et non directement dans le bytecode.
Différence avec le C++ : les templates en C++ dupliquent une classe pour chaque type. Java, au contraire, agit au moment de la compilation comme si on avait dupliqué les classes de ces types intrinsÚques mais ne traite en réalité qu'avec une seule classe.
Codage du code source
[modifier | modifier le code]Les spĂ©cifications du langage Java prĂ©cisent quâil est formĂ© de caractĂšres au format UTF-16, ce qui permet lâutilisation dans le code source de tous les caractĂšres existant dans le monde :
public class HelloWorld {
private String text = "hello world";
}
Pour assurer la portabilitĂ© entre plateformes, les noms de classes devraient nĂ©anmoins ĂȘtre formĂ©s uniquement de caractĂšres ASCII.
Opérateur de comparaison
[modifier | modifier le code]| Opérateur | Signification |
|---|---|
| == | Ăgal (ne pas confondre avec = qui est l'opĂ©rateur d'assignation) |
| != | Différent |
| < | Inférieur |
| > | Supérieur |
| <= | Inférieur ou égal |
| >= | Supérieur ou égal |
Critiques du langage Java
[modifier | modifier le code]Failles de sécurité
[modifier | modifier le code]La plate-forme de développement Java propose un gestionnaire de sécurité[84] (cf. supra § Exécution sécurisée de code distant) qui permet à un utilisateur de tester un exécutable douteux dans un « bac à sable » pour éviter de contaminer ses périphériques de stockage. Ce mode d'exécution restreint l'accÚs par l'exécutable à des options et interfaces exploitées par les logiciels malveillants : les manipulations sur les bases de fichiers locaux, plusieurs commandes systÚmes ou de bas niveau, ou l'accÚs au réseau informatique.
Peu aprĂšs 2010, des chercheurs ont mis au jour plusieurs failles de sĂ©curitĂ© dans les versions de Java les plus courantes : celle d'Oracle, par exemple, laisse filtrer du code non-autorisĂ© malgrĂ© le mĂ©canisme dâisolation, et expose ses utilisateurs Ă des piratages. Ces failles n'affectent que les applications Java exĂ©cutant alĂ©atoirement des programmes non explicitement approuvĂ©s par l'utilisateur : greffons de navigateur web exploitant des applets Java tĂ©lĂ©chargĂ©s depuis des sites ouverts.
Le 31 aoĂ»t 2012, une grave faille de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e dans Java 6 et 7 pour Microsoft Windows, OS X et Linux, qui permettait de prendre le contrĂŽle Ă distance en chargeant une page web factice[85],[86]. La mĂȘme faille a Ă©tĂ© retrouvĂ©e dans Java 5 par la suite[87]. Ainsi, le 10 janvier 2013, trois spĂ©cialistes de l'informatique prirent position contre Java, affirmant Ă l'Agence Reuters que ce langage n'Ă©tait pas sĂ»r et que les internautes feraient bien de le dĂ©sactiver par dĂ©faut. Jaime Blasco, directeurs du laboratoire d'AlienVault Labs, a dĂ©clarĂ© : « Java est un vrai fouillis. Ce n'est pas sĂ»r. Il faut le dĂ©sactiver[88]. »
En 2014, compte tenu de ces problÚmes de sécurité et de vulnérabilité avec Java, l'influenceur Brian Krebs appelait les internautes à retirer le greffon Java de leur navigateur[89]. « C'était prometteur au début, mais son utilité pour la navigation sur le web a fait long feu, et c'est à présent un cauchemar qui fait les délices des cyber-criminels aux dépens des internautes[90]. »
Dans le cas particulier du greffon Java de navigateurs web, comme il n'est indispensable que pour un petit nombre d'applications en ligne, plusieurs experts en sécurité informatique recommandent de limiter au maximum le recours à celui-ci[91],[92].
Avec la disparition progressive du greffon Java de navigateur durant les années 2010, et l'évolution par des mises à jour, Java n'est plus considéré à la fin des années 2010 comme un risque majeur pour les ordinateurs de bureau[93]. Il a, au début des années 2020, en tant que premier langage des applications d'entreprise, un niveau de sécurité similaire à son principal concurrent dans ce domaine, Microsoft .NET[94].
La « classite »
[modifier | modifier le code]Dans son essai sur la conception des logiciels[95], J. Ousterhout, l'auteur de Tcl/Tk, diagnostique chez les concepteurs de Java une forme d'idée fixe qu'il appelle « classite » (classitis), à savoir que « comme les classes objet sont favorables à la structuration du code, plus on crée de classes, mieux c'est. » Selon cet auteur, la multiplication du nombre de classes objet, si elle favorise l'écriture de routines individuellement courtes et faciles à analyser, augmente corrélativement la complexité de l'ensemble d'un programme et le rend difficile à comprendre, à corriger et à étendre.
La généricité du langage Java
[modifier | modifier le code]Lorsque Java 5.0 a Ă©tĂ© dotĂ© de la programmation gĂ©nĂ©rique, son rĂ©pertoire de classes objet (dont plusieurs Ă©taient mĂȘme dĂ©jĂ dĂ©suĂštes!) Ă©tait trĂšs fourni. Il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© d'utiliser la gĂ©nĂ©ricitĂ© des procĂ©dures en mode « ignorer » (Type erasure) pour favoriser une compatibilitĂ© ascendante et rĂ©utiliser le code des classes existantes ; mais cette dĂ©cision a limitĂ© les avantages de la programmation gĂ©nĂ©rique par rapport Ă d'autres langages[96],[97], et l'accumulation de mĂ©tacaractĂšres dans le typage a rendu Java incohĂ©rent[98].
Types de données manquants
[modifier | modifier le code]Java n'a pas, en propre, de type d'entier non signé : dans ce langage, ils sont donc souvent produits par des sous-programmes écrits en langage C. Cette lacune s'oppose, du reste, à un passage de paramÚtre fluide entre les deux langages, C et Java. Enfin, on sait que les grands entiers positifs sont trÚs utilisés, notamment pour la cryptographie, ce qui rend Java moins attractif pour ce genre de traitement[99]. Bien qu'on puisse en partie contourner ce problÚme par conversion de code et recours à des types de données plus grands (par exemple en utilisant un entier 64 bits pour coder un entier 32 bits non signé), Java est malcommode pour la manipulation des grands entiers[100].
Ăcarts aux normes de codage en virgule flottante
[modifier | modifier le code]S'il est vrai que l'arithmĂ©tique en virgule flottante de Java respecte pour l'essentiel les directives de la norme IEEE 754 (Standard for Binary Floating-Point Arithmetic), elle s'en Ă©carte sur quelques points (par exemple l'indicateur binaire de dĂ©bordement de type ou la gestion des arrondis), mĂȘme lorsque l'on active le modificateur strictfp. En outre, les types de flottants de prĂ©cision Ă©tendue reconnus par la norme 754 et dĂ©jĂ disponibles sur de nombreux processeurs, n'existent pas en Java[101],[102].
Faible performance
[modifier | modifier le code]Dans les débuts de Java (c'est-à -dire avant le lancement de la machine virtuelle HotSpot dans Java 1.3 en 2000), la lenteur de Java était bien connue. La plate-forme comparative Benchmarks avait notamment relevé que Java était deux fois plus lent que le langage C[103],[104],[105].
Mais il est vrai que la vitesse d'exécution de Java s'est considérablement améliorée depuis[106]. La compilation à la volée, moyennant une certaine discipline dans l'écriture du code source, est aujourd'hui à peine inférieure à celle des compilateurs natifs[106],[107].
Environnements de développement
[modifier | modifier le code]JavaStyle
[modifier | modifier le code]Les JavaStyle sont des conventions de programmation en langage Java dĂ©finies par Sun. Le respect de conventions strictes assure une homogĂ©nĂ©itĂ© dans le code source dâune application dĂ©veloppĂ©e par toute une Ă©quipe et favorise la diffusion du code source auprĂšs dâune communautĂ© partageant les mĂȘmes conventions de codage.
Le lower camel case est utilisé pour les noms de méthodes et de variables.
Frameworks et API
[modifier | modifier le code]Sun fournit un grand nombre de frameworks et dâAPI afin de permettre lâutilisation de Java pour des usages trĂšs diversifiĂ©s.
On distingue essentiellement quatre grands frameworks :
- Java SE (anciennement J2SE) : Ce framework est destiné aux applications pour poste de travail ;
- Java EE (anciennement J2EE) : Ce framework est spĂ©cialisĂ© dans les applications serveurs. Il contient pour ce faire un grand nombre dâAPI et dâextensions ;
- Java ME (anciennement J2ME) : Ce framework est spécialisé dans les systÚmes embarqués et décline plusieurs variantes pour les applications mobiles, téléphones, télévisions, ainsi que les cartes à puces notamment Java Card.
La persistance est fondée sur les standards :
On trouve toutefois de nombreuses autres technologies, API et extensions optionnelles pour Java :
- Java Media Framework (en) : framework multimédia, contenant notamment les API Java2D, Java 3D, JavaSound, Java advanced Imaging ;
- Java Telephony API (en) ;
- Java TV (en) ;
- JXTA : SystĂšme de peer-to-peer reposant sur Java ;
- Jini ;
- JAIN ;
- Java Dynamic Management Kit (es) (JDMK) ;
- Java Speech ;
- JMI ;
- JavaSpaces.
- JavaFX
Outils de développement
[modifier | modifier le code]La programmation peut se faire depuis une invite de commande en lançant un compilateur Java (souvent nommĂ© javac), mais pour avoir plus de confort, il est prĂ©fĂ©rable dâutiliser un environnement de dĂ©veloppement intĂ©grĂ© ou IDE (qui permet de compiler automatiquement), certains sont gratuits. Par exemple :
- BlueJ ;
- CodeWarrior ;
- Eclipse ;
- IntelliJ IDEA ;
- JBuilder ;
- JCreator ;
- jDeveloper 2 ;
- NetBeans.
Automatisation
[modifier | modifier le code]Un programme Java peut ĂȘtre produit avec des outils qui automatisent le processus de construction (c'est-Ă -dire l'automatisation de certaines tĂąches faisant appel Ă un nombre potentiellement grand de dĂ©pendances comme l'utilisation de bibliothĂšques, la compilation, la gĂ©nĂ©ration d'archives, de documentation, le dĂ©ploiement, etc.). Les plus utilisĂ©s sont :
- Apache Ant (génération portable, décrite en XML) ;
- Apache Maven (génération portable, décrite en XML) ;
- Gradle (génération portable, en utilisant le langage Groovy) ;
- SCons (génération portable, en utilisant le langage Python). Exemple :
Java(target = 'classes', source = 'src')
Jar(target = 'test.jar', source = 'classes')
Résultats :
% scons -Q
javac -d classes -sourcepath src src/Exemple1.java src/Exemple2.java src/Exemple3.java
jar cf test.jar classes
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu de lâarticle de WikipĂ©dia en anglais intitulĂ© « Java (software platform) » (voir la liste des auteurs).
- â [1]
- â « JDK 25 »
- â In Java 5.0, several features (the enhanced for loop, autoboxing, varargs, annotations and enums) were introduced, after proving themselves useful in the similar (and competing) language [2][3][4]
- â « PEP 318 -- Decorators for Functions and Methods », sur Python.org (consultĂ© le ).
- â (en) NationalSecurityAgency, « ghidra/Ghidra/Framework/Gui/src/test/java/generic/theme at master · NationalSecurityAgency/ghidra », sur GitHub (consultĂ© le )
- Steven Vaughan-Nichols, « Java à 30 ans : comment un langage conçu pour un gadget complÚtement foireux est devenu un pilier de la technologie moderne »
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- â « So why did they decide to call it Java? », sur JavaWorld,
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- â (en) Sun Microsystems Announces Formation Of Javasoft.
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- â Java sur STM32
- â Apple Java 6 pour Mac OS X FAQ http://www.java.com/fr/download
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- â (en) "Q: What components of the JDK software are you open sourcing today? A: Weâre open sourcing the Java programming language compiler ("javac"), and the Java HotSpot virtual machine."Free and Open Source Java FAQ; the source is being released via the OpenJDK project.
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- â Java Naming http://www.java.com.
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- â Oracle Announces Availability of Java Platform Enterprise Edition 7 Oracle Press Release June 12, 2013.
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- â (en) « Oracle Java SE Support Roadmap » (consultĂ© le )
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- â https://jdk8.java.net « Copie archivĂ©e » (version du sur Internet Archive)
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- â (en) communiquĂ© de presse - (en) liste complĂšte des changements
- â (en) JSR 59
- â (en) communiquĂ© de presse - (en) liste complĂšte des changements
- â (en) JSR 41
- â (en) Version 1.5.0 or 5.0?
- â (en) communiquĂ© de presse
- â Qu'est-ce que le logiciel Java Web Start http://www.java.com
- â (en) JSR 270
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- â Oracle met Ă jour Java SE et JavaFX pour OS X, ARM et Linux Le Monde Informatique
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- â JDK8 Schedule and status OpenJDK.
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- â Mickael Baron, « Java 9 est disponible, la plateforme se met aux modules : tour d'horizon des nouveautĂ©s », Developpez.com,â (lire en ligne, consultĂ© le )
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- â « JDK 11 », sur openjdk.java.net (consultĂ© le )
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- â « The Arrival of Java 15! », Oracle, (consultĂ© le )
- â « Oracle annonce Java 16 », Oracle France,â (lire en ligne, consultĂ© le )
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- â JDK 18
- â (en) « JDK 19 »
- â « JDK 20 », sur openjdk.org (consultĂ© le )
- â (en) Oracle, « The Arrival of Java 21 »
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- â « JDK 22 », sur openjdk.org
- â (en) « Oracle Releases Java 23 »
- â (en) « https://www.oracle.com/news/announcement/oracle-releases-java-24-2025-03-18/ »
- â (en) Design Goals of the Java Programming Language.
- Voir par exemple les détails du fonctionnement et la description des options -XX:+UseParallelGC et -XX:+UseConcMarkSweepGC de la JRE de Sun (en) Java SE Virtual Machine Garbage Collection Tuning
- â Microsoft poussĂ© Ă parler Java LibĂ©ration - 26/12/2002
- â « Java Security Architecture: Contents », sur Docs.oracle.com, (consultĂ© le )
- â Michael Horowitz, « Java security flaw: yada yada yada | Computerworld », sur Blogs.computerworld.com, (version du sur Internet Archive)
- â Chris Brook, « The first stop for security news », sur Threatpost (version du sur Internet Archive)
- â Chris Brook, « The first stop for security news », sur Threatpost (version du sur Internet Archive)
- â « Why and How to Disable Java on Your Computer Now - Technology & science - Innovation », sur NBC News, (consultĂ© le )
- â Brian Krebs, « Good Riddance to Oracle's Java Plugin », sur KrebsOnSecurity,
- â Antone Gonsalves, « Java Is No Longer Needed. Pull The Plug-In », sur Wearable World,
- â « US Department of Homeland Security Calls On Computer Users To Disable Java », sur Forbes.com (consultĂ© le )
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- J. P. Lewis et Ulrich Neumann, « Performance of Java versus C++ », sur Graphics and Immersive Technology Lab, université du Sud de la Californie
- â FreeTTS â A Performance Case Study erreur modĂšle {{Lien archive}} : renseignez un paramĂštre «
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Ken Arnold, James Gosling et David Holmes, Le Langage Java, 2001 (ISBN 978-2-7117-8671-8)
- (en) Bruce Eckel, Thinking in Java, Prentice-Hall, 2002 (ISBN 978-0-13-100287-6). version téléchargeable version électronique en ligne traduction francophone : penser en java
- Alexandre Brillant, Java 5, 2006 (ISBN 978-2-7460-3170-8)
- Jean Brondeau, Introduction Ă la programmation objet en Java, Dunod, Paris, 1999 (ISBN 978-2-10-004106-0)
- Annick Fron, Architectures réparties en Java, 2007 (ISBN 978-2-10-051141-9)
- Le tutoriel en ligne How To Program In JAVA [lire en ligne]
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Plateforme Java
- Machine virtuelle Java
- Bytecode Java
- Servlet
- Navigateur HotJava
- GNU Compiler Collection (inclut un compilateur de code Java vers code natif, GCJ)
- .properties, maniĂšre de stocker les variables de configuration
- Processing
- Java version history (en)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Site officiel
- (en) http://docs.oracle.com/javase/1.5.0/docs : Schéma de l'architecture logicielle de Java
