| Fondation |
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| Sigle |
(en) NSF |
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| Pays |
| Effectif |
2 100 employés () |
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| Directeur | |
| Organismes affiliés |
High Energy Physics Advisory Panel (en), American Institute of Mathematics (en), Network for Earthquake Engineering Simulation (en), Statistical and Applied Mathematical Sciences Institute, Office of Budget, Finance and Award Management (d), National Science Foundation Directorate for Biological Sciences (d), National Science Foundation Directorate of Computer and Information Science and Engineering (d), National Science Foundation Directorate for Education and Human Resources (d) |
| Budget | |
| Site web |
(en) nsf.gov |
La Fondation nationale pour la science[N 1] (en anglais (US) National Science Foundation, en abrégé NSF) est une agence indépendante du gouvernement des États-Unis, destinée à soutenir financièrement la recherche scientifique fondamentale. Elle est l'équivalent américain de l'ANR en France. La NSF fonctionne principalement par l'établissement de subventions de recherche, à des universités, des laboratoires, ou des individus (directeurs de laboratoires, chargés de recherche, ou étudiants en maîtrise ou doctorat). Depuis l'arrivée de Donald Trump, la NSF traverse une période de fortes turbulences marquée par le gel des paiements, l’annulation ou la révision de centaines de subventions, de nouveaux critères plus restrictifs, et une réduction budgétaire massive imposée par les directives présidentielles.
Histoire et mission
La NSF fut créée par le National Science Foundation Act de 1950. Sa mission déclarée est de « promouvoir le progrès des sciences ; d'améliorer la santé, la prospérité, et le bien-être nationaux ; et d'assurer la défense nationale » (To promote the progress of science; to advance the national health, prosperity, and welfare; and to secure the national defense)[8].
Certains historiens des sciences considèrent la NSF comme un mauvais compromis (forged consensus) entre différentes perceptions, incompatibles entre elles, du rôle du gouvernement fédéral des États-Unis et de l'étendue de son action. Constamment critiquée pour l'insuffisance de ses fonds, la NSF eut l'occasion de réaffirmer son rôle de principale agence gouvernementale civile pour le financement de la recherche fondamentale avec le Mansfield Amendment en 1973. Le Mansfield Amendment limite expressément le financement de la recherche fondamentale par les agences militaires, telles que la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), l'ONR (Office of Naval Research), et l'AFOSR (Air Force Office of Scientific Research), sauf pour les projets qui ont des applications militaires directes. Cet amendement fut très controversé car il réduisit une source importante de financement de la recherche fondamentale, tandis que la NSF s'avéra incapable de remplacer totalement les fonds ainsi supprimés.
Dans les années 2020, l'administration Trump II et en particulier le DOGE d'Elon Musk, ont ordonné un réexamen des financements de la National Science Foundation (NSF), entraînant le gel de nouveaux financements et la préparation de résiliations de subventions contenant des éléments liés à la diversité, l'équité et l'inclusion. La NSF a alors immédiatement annulé l'ensemble de ses panels d'évaluation afin de se conformer aux nouveaux ordres exécutifs, suspendant temporairement le processus normal de sélection des projets scientifiques, et l'agence a gelé les paiements de toutes les subventions en cours, affectant directement des centaines de chercheurs et de laboratoires dont les projets, les salaires et l'indépendance dépendaient de ces fonds fédéraux[9],[10].
De nouvelles règles de révision des critères d'évaluation des projets scientifiques subventionnés ont été annoncées fin 2025 (après 3 ans de travail d'un groupe interne chargé par l'Administration Trump de moderniser la politique d'évaluation des environ 50 000 projets de recherche que la NSF reçoit chaque année dans le cadre des demandes de subvention) par la NSF [11], un rapport du National Science Board introduisant trois évolutions majeures pour une "nouvelle ère de la NSF) : 1) un élargissement des experts sollicités pour l'évaluation (incluant davantage le secteur privé : industrie et capital‑risque), 2) une exigence renforcée de démontrer les bénéfices sociétaux des recherches financées — notamment en matière de compétitivité économique et de sécurité nationale, et 3) une gestion des portefeuilles de financements à l'échelle de l'agence pour mieux aligner les choix sur les priorités nationales émergentes ; outre les changements opérationnels déjà engagés (harmonisation des stratégies de financement, simplification des processus, incitation à vérifier les résultats publiés et soutien accru aux projets audacieux à fort potentiel). « Ces changements permettent un seul examen externe au lieu du minimum actuel de trois, mettent fin à l'utilisation courante de panels d'experts pour discuter de ces examens individuels, et donnent aux gestionnaires de programme une plus grande autorité pour recommander quelles propositions devraient ou ne devraient pas être financées ». De plus, la NSF demande aux chefs de Programmes de privilégier les “standard grants” plutôt que les “continuing awards”, afin de limiter les engagements pluriannuels et de préserver la flexibilité budgétaire. Ils doivent aussi être plus sélectifs en appliquant strictement les critères de “return without review” (procédure de rejet administratif précoce fait sans analyse scientifique du projet) et en utilisant les outils automatisés de détection mis à disposition, une politique qui sera étendue en décembre 2025 aux projets jugés insuffisamment détaillés. Enfin, l'agence annonce vouloir moderniser son système d'évaluation en s'appuyant sur les retours du Merit Review Reform team et sur de futurs processus de concertation interne.
Ces changements inquiètent le monde scientifique américain déjà mis à mal par d'importantes suppression de postes (fin 2025, « la direction de la biologie de la NSF, par exemple, compte désormais 40 % de responsables de programme en moins ») et de crédits[11]. Ces règles nouvelles s'inscrivent dans le contexte d'une grande fragilisation de l'institution, notamment liée à la perte d'une part très importante de son personnel, et fin 2005 par l'interruption prolongée des activités fédérales lors des récents 43 jours de shutdown gouvernemental, dans un climat politique de plus en plus délétère vis-à-vis des orientations scientifiques du pays. Ceci a obligé l'agence à simplifier ses sollicitations, à élargir ses thématiques, mais aussi à fortement réduire le nombre d'examinateurs externes des dossiers (en rendant même optionnels les panels d'experts). Ces ajustements, motivés par la nécessité de traiter un arriéré massif de propositions et de fonctionner avec des effectifs réduits, s'accompagnent d'un affaiblissement du retour fourni aux candidats au financement de la Recherche, désormais limité à trois ou quatre phrases « Les résumés plus concis sont une autre façon d'améliorer l'efficacité, selon la NSF. Mais elles contredisent une recommandation du nouveau rapport du NSB selon laquelle les évaluateurs détaillent davantage l'évaluation de "l'impact plus large" de chaque proposition. ». On constate aussi une absence de prise en compte de sujets jugés sensibles et classés comme woke par l'administration de Donald Trump (qui a proposé de réduire de plus de moitié le budget de la NSF). Et certains élus républicains au Congrès ont estimé que plus du quart du budget de la NSF promouvait des idéologies « woke ») dans les nouvelles directives, alors même que le National Science Board souligne l'importance d'évaluations plus détaillées, notamment sur les bénéfices sociétaux. Selon la Revue Science (décembre 2025), ces évolutions pourraient accroître le poids décisionnel des responsables de programme au détriment de l'expertise externe, réduire la transparence du processus et compliquer l'orientation des chercheurs dans un paysage incertain et irrationnel. Selon les analyses citées, l'ensemble de ces changements représente un recul potentiel pour la qualité, la diversité et la robustesse de l'évaluation scientifique, dans un moment où l'agence fait face à des pressions politiques et budgétaires inhabituelles.
Selon MIT Technology Review, l'administration Trump a mis fin à plus de 100 projets de recherche financés par la National Science Foundation portant sur le changement climatique, coupant ainsi des dizaines de millions de dollars destinés à des études déjà approuvées et parfois en cours. Politico[12] et USA Today[13] ajoutent que la Maison-Blanche a aussi annoncé le démantèlement du National Center for Atmospheric Research (NCAR), l'un des principaux centres américains de recherche climatique, qualifié par des responsables de "source d'alarmisme climatique". Ces mesures s'inscrivent dans une campagne plus large visant à réduire ou réorienter les programmes fédéraux consacrés à l'étude du réchauffement climatique, ce que plusieurs observateurs décrivent comme une menace pour la continuité de la recherche atmosphérique et climatique aux États‑Unis et dans le monde[14],[12],[13].
Contrôle
Les activités de la NSF (sauf pour ce qui relèverait de La Défense nationale) sont programmées et contrôlées sous l'égide du Comité des sciences, de l'espace et des technologies de la Chambre des représentants des États-Unis.
Depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, la NSF a modifié l'application de ses critères de contrôle et d'évaluation en les simplifiant et en les durcissant concernant le contrôle des projets contenant des mots clés les reliant à la diversité, l'équité, l'inclusion, le climat et la biodiversité.. et en gelant ou réexaminant des milliers de subventions pour se conformer aux nouveaux ordres exécutifs présidentiels[15],[14],[16],[17].
Domaines de recherche subventionnés par la NSF
La National Science Foundation finance un très large éventail de disciplines et projets scientifiques, qui, selon les pages officielles de la NSF[18], sont principalement :
- Biologie (écologie, biodiversité, génomique, neurosciences)
- Sciences de la Terre (de l'atmosphère et de l'océan et des zones polaires notamment)
- Informatique et Sciences de l'information
- Sciences sociales et économiques
- Ingénierie
- Mathématiques, Statistiques
- Sciences de l'éducation
- Sciences économiques et sociales, science du comportement
- Science de l'environnement
- Sciences physiques (Astronomie/Astrophysique et autres sciences spatiales),
- Chimie, Physique)
- Éducation scientifique (STEM)
En 2025, la NSF identifie, selon son site, quelques domaines technologiques clés — allant de la fabrication avancée, des matériaux innovants, de l’intelligence artificielle et de la biotechnologie aux communications, à la cybersécurité, à l’énergie, aux technologies quantiques en passant par les semi‑conducteurs — destinés à façonner les technologies du futur.
Elle promeut aussi une recherche plus interdisciplinaire et « transformative » visant à résoudre des problèmes sociétaux majeurs et à ouvrir de nouveaux fronts scientifiques et technologiques ; pour une recherche de convergence (notion définie par la NSF comme une approche destinée à résoudre des problèmes complexes, en particulier ceux liés aux besoins sociétaux, en s’appuyant sur un problème scientifique ou social clairement défini. Elle repose sur une intégration profonde de disciplines diverses, réunissant des chercheurs aux expertises variées pour favoriser l’émergence de méthodes, de données et de cadres conceptuels partagés. Ce processus peut conduire à la création de nouveaux paradigmes ou même de nouvelles disciplines, rapprochant la convergence de la recherche transdisciplinaire considérée comme son niveau d’intégration le plus avancé. Les projets de convergence réussis démontrent la nécessité d’un tel rapprochement disciplinaire, la préparation de l’équipe à collaborer, l’intégration effective des connaissances et outils, ainsi que l’implication de la nouvelle génération de chercheurs. Enfin, des exemples emblématiques incluent les systèmes cyber‑physiques, la compréhension du cerveau et la biologie synthétique, qui illustrent la portée de cette approche dans la science et l’ingénierie contemporaines[18].
Programmes spéciaux
La NSF a dans le passé construit plusieurs programmes spéciaux, dont pour tenter d'augmenter la participation aux sciences des minorités sous-représentées (femmes, personnes handicapées, Noirs-Américains, Hispaniques, Asiatiques, Amérindiens), et pour faciliter l'interaction entre recherche et éducation dès le lycée afin d'attirer un plus grand nombre d'étudiants vers les sciences[18].
La NSF finance également des projets spéciaux à l'échelle nationale tels que la Bibliothèque Nationale Scientifique Numérique (National Science Digital Library). Cette action est intégrée dans une réflexion plus globale sur la cyberinfrastructure, animée également par la NSF[18].
La NSF et la NASA
Dans le domaine de l'astronomie, l'assignation d'un projet à la responsabilité de la NSF ou celle de la NASA n'est pas toujours claire. Dans la division actuelle, la NASA finance les opérations nécessitant une mise en orbite, telles que les satellites-télescopes (Hubble, Chandra et Spitzer), tandis que la NSF finance les projets au sol (IceCube, LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory)…).
La NSF comme modèle ?
En France, l'Agence nationale de la recherche (ANR) s'inspire du fonctionnement de la NSF telle qu'elle fonctionnait avant l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. La pertinence de ce modèle dans le contexte français a été fortement remise en question par les chercheurs du collectif Sauvons la recherche[réf. nécessaire].
Flotte de navires océanographiques
- RV Sikuliaq (2015)
- RV Laurence M. Gould (1997)
- RV Clifford A. Barnes (1995)
- RV Nathaniel B. Palmer (1992)
- RV Marcus G. Langseth (1991)
- RV Oceanus (1976)
- RV Endeavor (1976)
Notes et références
Notes
Références
- [2].
- [3].
- [4].
- ↑ [5].
- ↑ [6].
- [7].
- ↑ (en) « NSF Creation and Mission », sur nsf.gov (version du sur Internet Archive).
- ↑ (en) Dan Garisto, « Exclusive: Trump team freezes new NSF awards — and could soon axe hundreds of grants », Nature, (ISSN 0028-0836 et 1476-4687, DOI 10.1038/d41586-025-01263-0, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Jonathan Lambert, « National Science Foundation freezes grant review in response to Trump executive orders », sur NCPR, (consulté le ).
- (en) « Merit review for a new era at NSF | NSF - U.S. National Science Foundation », sur www.nsf.gov, (consulté le ).
- (en) « Trump's dismantling of climate research center is a ‘destruction of knowledge', critics say », sur POLITICO, (consulté le ).
- (en-US) Joey Garrison, « Trump moves to dismantle major US climate research center in Colorado », sur USA TODAY (consulté le ).
- (en) James Temple, « The Trump administration has shut down more than 100 climate studies », sur MIT Technology Review, (consulté le ).
- ↑ (en) Dan Garisto et Max Kozlov, « Exclusive: how NSF is scouring research grants for violations of Trump's orders », Nature, (ISSN 0028-0836 et 1476-4687, DOI 10.1038/d41586-025-00365-z, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Trump Administration’s Aid Reductions Disrupt Critical Global Conservation Programs », sur sdgnews.com, (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Habitat at Risk: The Trump Administration’s Rollback of Wildlife & Habitat Safeguards » (consulté le ).
- (en) « Our Focus Areas | NSF - U.S. National Science Foundation », sur www.nsf.gov (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- (en) David M. Hart, The Forged Consensus: Science, Technology, and Economic Policy in the United States, 1921-1953, Princeton University Press, 1998.
- Les États généraux de la recherche : -, Tallandier Éditions, 2004.
Articles connexes
- National Aeronautics and Space Administration (NASA)
- Statistiques mondiales de recherche et développement
- University-National Oceanographic Laboratory System
- Doppler on Wheels
Liens externes
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- (en) Site officiel
