
Le terme anglo-américain woke (« éveillé ») désigne initialement le fait d'être conscient des problèmes liés à la justice sociale et à l'égalité raciale. En raison de son adoption croissante au-delà de ses origines afro-américaines, le terme est devenu un fourre-tout utilisé pour désigner et généralement dénigrer les idées progressistes et les militantismes centrés sur la défense des droits de groupes minoritaires et s'appuyant sur les idées de courants universitaires comme la critical race theory (« théorie critique de la race ») qui visent à promouvoir la justice sociale. Celles-ci incluent le mouvement Black Lives Matter et des formes connexes d'antiracisme, ainsi que des campagnes sur les questions relatives à la condition féminine (comme le mouvement #MeToo) et aux droits LGBT. L'expression « capitalisme éveillé » (woke capitalism) a été inventée pour décrire les entreprises qui expriment leur soutien à ces causes.
Selon leurs détracteurs, les personnes qualifiées de woke revendiqueraient un ascendant moral injustifié, et contribueraient à une forme d'intolérance envers les opinions divergentes. Cette critique leur associe une cancel culture, perçue ou présentée comme une pratique limitant le débat public et menaçant la liberté d'expression. Mais les opposants au mouvement woke adoptent souvent eux-mêmes des stratégies similaires, appelant à boycotter ou exclure des figures publiques, des artistes ou des universitaires qu'ils jugent trop engagés dans ces causes. Pour des philosophes comme Sylviane Agacinski ou Laure Murat, ce double phénomène révèle une tendance à la polarisation politique, où chaque camp tend à disqualifier l'autre, parfois en recourant aux mêmes mécanismes d'annulation qu'il prétend combattre.
Origines et dérivés du mot woke

Le terme woke provient du verbe anglais wake (réveiller), pour décrire un état « d'éveil » face à l'injustice[1],[2]. Il est tout d'abord utilisé pour désigner des personnes conscientes des problèmes liés à la justice sociale et à l'égalité raciale[3].
Le terme, dans son sens « militant » aurait d'abord été utilisé dans le monde africain-américain, avec par exemple l'expression wide awake (« bien éveillés ») utilisée par les anti esclavagistes du XIXe siècle[4] alors qu'Abraham Lincoln était président, puis en 1938 avec l'expression stay woke dans une chanson protestataire du musicien de blues Lead Belly (relative à l'histoire d'un groupe d'adolescents noirs accusés de viol)[1],[5], puis en 2008, dans une chanson I stay woke (« je reste éveillée ») dans le titre Master Teacher de la chanteuse Erykah Badu et en 2012 quand elle tweete son soutien au groupe de rock féministe russe Pussy Riot (dont des membres étaient emprisonnées au prétexte d'« incitation à la haine religieuse »)[6].
Le terme refait surface lors de la naissance du mouvement Black Lives Matter[7] en 2014, comme slogan encourageant la vigilance et l'activisme face à la discrimination raciale[1],[8] et à d'autres inégalités sociales telles que les discriminations vis-à-vis de la communauté LGBT, des femmes, des immigrés et d'autres populations marginalisées[9], et les mobilisations pour le climat[1].
July Robert, dans un article Le wokisme, la nouvelle panique morale à la mode, estime qu'y compris en Europe, le mot est devenu un « mot-valise » (à prendre ici au sens de « mot fourre-tout »), flou et péjoratif, utilisé dans les sphères politiques et médiatiques, notamment de droite, pour exciter l'opinion publique. C'est un outil rhétorique (de la « novlangue anglosaxone » selon Michel Wieviorka) pour disqualifier en bloc les mouvements contestataires issus des minorités, mais aussi la parole de scientifiques ou personnalité des sciences humaines, environnementales, climatiques et sociales, notamment sur le genre, l'intersectionnalité et l'anti-racisme. Ces champs d'études se voient jugés comme étant idéologique et radicaux. L'intersectionnalité et les études de genre supposées être au cœur du wokisme sont devenus des concepts à combattre[10],[11].
Le terme woke a fait l'objet de mèmes, de détournements parodiques et de critiques de la part de ceux qui lui reprochent d'être une idéologie moralisatrice, sectaire et manichéenne pouvant porter atteinte à la liberté d'expression.[réf. nécessaire] Selon Vivien Vergnaud, alors rédacteur en chef adjoint du Journal du dimanche, remarquant que cette expression a été beaucoup moquée et que peu de gens s'en revendiquent[12], l'expression « wokisme » ressemble à l'expression politique « gauchisme ». Elle est plutôt utilisée pour dénigrer et disqualifier des adversaires politiques en regroupant plusieurs mouvements de pensée souvent assimilés à la gauche[13],[14],[15],[16],[17],[18],[19].
Pour le politologue Clément Viktorovitch, le terme woke est aujourd'hui davantage utilisé par les adversaires des mouvements progressistes que par les militants eux-mêmes ; il est devenu un concept fourre-tout, « un outil purement rhétorique, une arme de disqualification massive utilisée contre le discours de gauche »[20]. Il constate que les polémiques autour du wokisme ont progressivement remplacé celles autour de l'islamo-gauchisme, mais avec les mêmes finalités : « disqualifier les luttes antiracistes et féministes »[20].
Dans le magazine américain de gauche The Atlantic, le journaliste David Graham estime que le wokisme a remplacé le socialisme comme adversaire idéologique de la droite[21]. Cependant, relève Nicolas Truong dans le journal Le Monde, « la différence avec le communisme, c'est qu'aucun intellectuel ne se déclare wokiste »[22]. Le magazine Regards identifie dans « l'anti-wokisme » une forme « d'anti-communisme »[23].
Sens du mot woke au Québec
Le mot woke s'est répandu dans le français québécois à la fin des années 2010, avec un sens péjoratif popularisé par l'essayiste et chroniqueur Mathieu Bock-Côté, qui aurait aussi contribué à faire connaître le mot en France[24].
Selon le linguiste québécois Gabriel Martin, est péjorativement désignée woke « une personne dont le militantisme s'inscrit dans une idéologie de gauche radicale et structurée en fonction de questions identitaires (liées à la race, au genre, à l'orientation sexuelle, etc.) » ; et l'idéologie en jeu est « en opposition conceptuelle et sémantique aussi bien avec l'universalisme progressiste hérité des Lumières qu'avec ses contreparties plus conservatrices[25]». Il indique que le mot s'emploie aussi comme adjectif, par exemple dans l'expression idéologie woke qui désigne le « wokisme ».
Les linguistes québécois notent que le mot woke prend généralement un sous-sens péjoratif dans leur variété de français[25],[26]. Selon eux, « [il] sert nommément à dépeindre comme endoctrinées et étrangères au dialogue démocratique sain les personnes dont on l'affuble »[25] et on l'associe souvent à des individus « moralistes, dogmatiques, qui donnent des leçons, qui prônent la culture du bannissement et la rectitude politique »[26]. Il en découle que le mot a pris le caractère d'un exonyme : il est peu employé par la gauche pour s'autodésigner[25],[26]. Pour le journaliste Stéphane Baillargeon, le mot woke est « une arme retournée par la droite contre la gauche »[24].
Histoire
XXe siècle
L'Oxford English Dictionary enregistre[27] une utilisation politiquement consciente précoce en 1962 dans l'article If You're Woke You Dig It de William Melvin Kelley dans le New York Times[28] et dans la pièce de 1971 Garvey Lives! de Barry Beckham (« I been sleeping all my life. And now that Mr. Garvey done woke me up, I'm gon' stay woke. And I'm gon help him wake up other black folk. »)[29],[30].[pertinence contestée]
Fin des années 2000
La première utilisation moderne du terme woke apparaît dans la chanson Master Teacher de l'album New Amerykah Part One (4th World War) (2008) de la chanteuse de musique soul Erykah Badu. Tout au long de la chanson, Erykah Badu chante la phrase : « I stay woke ». Bien que la phrase n'ait pas encore de lien avec les questions de justice sociale, la chanson de Erykah Badu est associée ultérieurement à ces problèmes[3],[2].
To stay woke (« rester éveillé ») dans ce sens exprime l'aspect grammatical continu et habituel intensifié de l'anglais vernaculaire afro-américain : en substance, être toujours éveillé, ou être toujours vigilant. Selon David Stovall, « Erykah l'a introduit dans la culture populaire. Elle veut dire « ne pas être en paix », « ne pas être anesthésié »[31]. »
Années 2010
En 2012, les utilisateurs de Twitter ont commencé à utiliser woke et stay woke en relation avec des questions de justice sociale et raciale et #StayWoke est devenu un mot-dièse largement utilisé[32]. Erykah Badu a utilisé ce terme dès 2012 dans un message de soutien au groupe de musique féministe russe Pussy Riot, elle tweete : « La vérité ne nécessite aucune croyance. / Restez éveillés. Soyez vigilants. / #FreePussyRiot[6],[1] ».
Dans le monde anglo-saxon, le terme woke s'est répandu dans son usage courant à travers les réseaux sociaux et les cercles militants. En 2016, le titre d'un article de Bloomberg Businessweek s'interrogeait ainsi : « Is Wikipedia Woke? » (« Est-ce que Wikipédia est woke ? »), en faisant référence à la base des contributeurs majoritairement blancs de la communauté anglophone de l'encyclopédie en ligne[33].
Cette large utilisation du terme est telle qu'en 2016, Amanda Hess (en), une journaliste du New York Times, avance qu'il est « devenu presque à la mode pour les gens de clamer à quel point ils sont devenus conscients ». Selon elle, « si le « P.C. » [politiquement correct] est une raillerie de la droite, une façon de dénoncer l'hypersensibilité dans le discours politique, alors le woke est un retour de la gauche, une manière d'affirmer le sensible. Cela signifie que l'on veut être considéré comme quelqu'un de correct, et que l'on veut que tout le monde sache à quel point on est correct. » Elle exprime des inquiétudes sur le fait que le mot woke est l'objet d'une appropriation culturelle, écrivant : « Lorsque les Blancs aspirent à s'acheter une conscience, ils naviguent entre l'altruisme et l'appropriation[34]. »
Le linguiste Ben Zimmer a également estimé en 2017 qu'avec la généralisation du terme, son « appartenance originelle à la conscience politique afro-américaine a été occultée »[35].
À la fin des années 2010, le sens du terme woke évolue, pour évoquer, selon Charles Pulliam-Moore, « une paranoïa saine, en particulier sur les questions de justice raciale et politique ». Il est adopté plus généralement comme un terme d'argot et fait l'objet de mèmes[32]. Par exemple, MTV News l'identifie comme un mot-clé de l'argot adolescent en 2016[36].
Le « concept woke » soutient l'idée que cette prise de conscience est une évidence. Le rappeur Earl Sweatshirt se souvient d'avoir chanté « I stay woke ». Sa mère, dénigrant la chanson, lui aurait répondu : « Non, tu ne l'es pas »[37].
Enfin, le terme woke s'est étendu à d'autres causes et d'autres usages, plus mondains[38]. En effet, le monde semble maintenant « éveillé » : la 75e cérémonie des Golden Globes, marquée par l'affaire Harvey Weinstein et la volonté d'en finir avec le harcèlement sexuel, était en partie woke, selon le New York Times[39]. Le magazine London Review of Books affirme même que la famille royale britannique est désormais woke après les fiançailles du prince Harry avec l'actrice métisse Meghan Markle, dont les positions anti-Trump sont connues[40].
Années 2020

Créée par Keith Knight et Marshall Todd, la série télévisée Woke traite des injustices subies par les Afro-Américains du point de vue d'un dessinateur afro-américain à succès qui « entre dans le woke après une interpellation aussi brutale qu'injustifiée par des policiers blancs »[43].
Le , l'IFOP publie un sondage intitulé « Notoriété et adhésion aux thèses de la « pensée woke » parmi les Français »[44]. Cette étude indique que les concepts et notions rattachés, selon les termes du sondeur, à la « pensée woke » (écriture inclusive, racisme systémique, masculinité toxique, etc.) ne sont que peu connus des Français. Concernant la notion de « pensée woke », 14±1,8 % des 1 011 sondés en ont déjà entendu parler, 6±1,8 % du panel en connaissent le sens[1]. Le sondage démontre également que la compréhension des concepts exprimés dépendait principalement de l'âge et du niveau de diplôme[45].
Le , Soisic Belin recense dans le journal Les Échos le mot woke parmi huit mots adoptés par la génération Z[46].
En , le ministère de l'Éducation nationale décide de lancer pour la rentrée un « laboratoire républicain » contre le wokisme en vue d'étudier l'influence de ce mouvement[47]. Le rapport no 143 de l'IGESR fait état dans son Annexe 17 de plusieurs cas de mises en cause diffamatoires d'étudiants[Par qui ?] dans les IEP[48]. Le sociologue Michel Wieviorka s'est rapidement opposé à la mesure, la jugeant disproportionnée[49].
En , la Législature de Floride adopte la loi sur la liberté individuelle, que le gouverneur de Floride Ron DeSantis surnomme Stop Wrongs to Our Kids and Employees (WOKE) Act[50], interdisant en Floride l'enseignement dans les écoles et sur les lieux de travail de la théorie critique de la race et de l'existence d'un racisme systémique aux États-Unis, sous prétexte qu'elles amplifient les divisions raciales[51]. DeSantis présente cette loi comme un outil permettant aux entreprises, aux employés, aux enfants et aux familles de lutter contre « l'endoctrinement woke »[51].
Remise en question de l'existence d'un « mouvement woke »
Certains politologues, médias et groupes militants estiment que le terme woke a perdu sa signification avec sa réappropriation par les milieux conservateurs et serait devenu un simple mot fourre-tout, n'étant plus défini que par sa connotation péjorative et ne servant plus qu'à diaboliser artificiellement des revendications gênantes pour les intérêts de l'extrême droite[52],[53].
Ainsi, le site d'informations indépendant Mr Mondialisation qualifie le wokisme de « nouveau fantasme réac pour rester dans le déni » permettant d'« enfin assumer une posture anti-sociale, anti-minorité, anti-écologie, anti-tout-ce-qui-sort-de-la-norme sans grand effort intellectuel »[54], tandis que le Parti du travail de Belgique y voit un moyen de diviser la classe travailleuse au profit exclusif du haut patronat[55].
Pour le politologue français et enseignant en rhétorique Clément Viktorovitch, le terme woke est en 2021 davantage utilisé par les adversaires des mouvements progressistes que par les militants eux-mêmes. D'après lui, ce mot est devenu un concept fourre-tout, « un outil purement rhétorique, une arme de disqualification massive utilisée contre le discours de gauche ». Il constate que les polémiques autour du wokisme ont remplacé celles autour de l'islamo-gauchisme, terme rapidement délaissé dans le débat public, mais qu'elles ont les mêmes finalités : « disqualifier les luttes antiracistes et féministes ». Il souligne également l'existence du « principe de proférence » : « le simple fait de proférer un mot suffit à le faire exister. Même si les auditeurs ne savent pas exactement ce qu'il signifie, ils vont partir du principe qu'il possède une signification »[20].
Le spécialiste des religions Frédéric Dejean a critiqué les usages récurrents d'une analogie religieuse visant le « wokisme »[56], notamment par Jean-François Braunstein[57]. Il considère que c'est « un « prêt-à-penser » commode » qui exonère de tester empiriquement les hypothèses et que « l'analogie religieuse finit par être constamment recherchée sans aucune prise de distance critique ». De cet usage non maîtrisé, serait retiré « des bénéfices médiatiques et symboliques conséquents sans avoir à fournir un travail de recherche trop exigeant » avec trois conséquences néfastes : le transfert indu de propriétés d'un domaine à un autre par simple effet d'étiquetage[58], la propagation d'une vision datée du religieux en sociologie et la suggestion de l'existence d'une organisation structurée, l'équivalent d'une « Église » woke.
Le woke en marketing et dans les affaires
Le , dans un article du magazine Time, la journaliste Alana Semuels détaille un phénomène qu'elle nomme Woke capitalism (« capitalisme éveillé »), dans lequel les marques tentent d'inclure des messages socialement « conscients » dans les campagnes publicitaires. Dans l'article, elle cite l'exemple de la star de football américain Colin Kaepernick, égérie d'une campagne de Nike avec le slogan « Croyez en quelque chose, même si cela signifie tout sacrifier ». Peu avant, Kaepernick avait créé une controverse en posant un genou à terre pendant l'hymne national américain, dans un geste de protestation contre le racisme et les violences policières contre la communauté noire[59]. Le terme Woke Capital a également été utilisé par l'éditorialiste conservateur Ross Douthat (en)[60]. Selon Ross Douthat, l'attention portée par les entreprises aux injustices sociales n'est que la manifestation d'un Woke capital, qui se moque de la prolifération des armes ou de la transphobie, mais qui a senti le vent tourner[61]. Pour le journaliste indépendant Barthélemy Dont, aborder ces sujets permet à ces entreprises d'esquiver les polémiques sur les réseaux sociaux et de détourner l'attention médiatique de leurs agissements moins glorieux. Barthélemy Dont s'interroge également sur la pertinence de la campagne publicitaire de Nike : « Lorsque Nike mettait Colin Kaepernick en tête d'affiche d'une campagne publicitaire, est-ce parce qu'elle voulait « aider les communautés dans lesquelles elle travaille » ou bien parce que son cœur de cible est constitué de jeunes Noirs ? Ce qui est certain, c'est que ses ventes ont augmenté de 31 % dans les jours qui ont suivi »[61].
Le « capitalisme woke » décrit également l'attitude des grandes entreprises confrontées à la force des réseaux sociaux à une époque où les enjeux de réputation deviennent déterminants. Selon Le Monde, « des collectifs très organisés de consommateurs ou d'actionnaires harcèlent les multinationales pour les inciter à bien se comporter, que ce soit sur le plan écologique ou en matière de discrimination »[62]. Ces pressions posent la question, pour la journaliste Anne de Guigné, des possibles dérives liées aux pressions morales exercées sans débat démocratique, notamment par certains mouvements féministes et antiracistes sur les acteurs économiques[62]. Ainsi, la marque Gucci a été fortement critiquée au printemps 2019 pour avoir lancé un pull évoquant la pratique du blackface en présentant une grande bouche rouge sur fond noir qui rappellerait des caricatures racistes. Afin de se faire pardonner, la société a par la suite multiplié les dons à des associations de lutte contre les discriminations et les séminaires de sensibilisation[63]. Les Échos notent que les groupes américains n'hésitent plus à prendre position publiquement sur toutes les grandes réformes sociétales, étant poussés en cela par les groupes de pression[64]. Selon Anne de Guigné, la grande majorité des dirigeants adopterait cette nouvelle orientation morale par intérêt[64]. Dans la même veine, Le Guardian souligne que l'industrie pétrolière, après avoir financé le déni du réchauffement climatique pendant des années, argue maintenant que la transition doit être très progressive pour éviter de pénaliser les classes défavorisées : la mutation vers une idéologie woke n'est qu'un argument pour prolonger la rente[65].
De nos jours, le terme woke-washing est utilisé pour dénoncer une pratique publicitaire ou communicationnelle par laquelle une marque revendique un engagement de façade similaire au greenwashing mais étendu à d'autres causes que l'environnement, telles que l'égalité entre les sexes, les genres ou encore l'inclusion[66].
Le wokefishing est l'utilisation d'un point de vue progressiste pour séduire une personne[67].
Critiques
Le terme a fait l'objet de mèmes, de détournements parodiques et de critiques[32],[68].
Doutes sur l'existence du wokisme en tant que mouvement structuré
Certains intellectuels et politiciens estiment que le mot woke ne recouvre aucune réalité sociologique et le considèrent comme un terme vague destiné à disqualifier les causes progressistes.
Pour François Cusset, historien des idées et professeur de civilisation américaine à l'Université de Paris-Nanterre, « le terme ne recoupe rien de cohérent ou d'unitaire » et est principalement « un fantasme de la droite réactionnaire qu'elle a mis sur le marché des fantasmes politiques »[69].
Le sociologue Alain Policar, dans son livre Le wokisme n'existe pas, retrace la généalogie de ce terme, dont il estime qu'il sert à nommer « ce que les conservateurs n'aiment pas »[70].
En réaction à une polémique suscitée par le Mouvement réformateur, qui avait publié une vidéo faisant un portrait élogieux de Mussolini, le député Ecolo Guillaume Defossé a déclaré : « le MR défend le fascisme de Mussolini » puis : « Après les republications de l'extrême-droite française, le respect pour Éric Zemmour, les discours délirants sur ce qu'il appelle le 'wokisme', ça fait longtemps que les lignes sont dépassées[71]. »
Pour Frédéric Lordon, la généralisation du mot « wokisme » dans le débat public est le reflet d'un « stupéfiant triomphe des idéologues d'extrême droite à imposer leurs thématiques délirantes »[72].
Selon Marie-Anne Paveau, professeure en sciences du langage à l'université Paris-XIII, le mot « n'a aucun contenu sémantique sérieux, si ce n'est de vouloir détruire l'adversaire qu'on désigne ainsi, de manière malhonnête parce qu'il s'agit de faire croire qu'il y a là un ennemi dangereux pour la République »[73].
De son côté, le Parti du travail de Belgique le considère comme un moyen de diversion et de division afin de freiner les luttes sociales[55].
Get woke, go broke
L'expression get woke, go broke (alternativement go woke, go broke (en)), que l'on pourrait traduire par : « devenez woke, finissez fauché ») est généralement utilisée aux États-Unis pour exprimer le sentiment que les entreprises (notamment celles du secteur du divertissement) qui adhèrent au politiquement correct, ou qui cèdent aux demandes des militants pour la justice sociale en souffriront financièrement[74]. L'expression a été inventée par le romancier américain John Ringo[75].
Critiques du « mouvement woke »
Ascendant moral
L'écrivain conservateur britannique Douglas Murray a critiqué l'activisme moderne pour la justice sociale et les politiques woke dans son livre The Madness of Crowds: Gender, Race and Identity. Il a également fait valoir que le woke est un mouvement avec des objectifs respectables, mais qui est maintenant un terme « un peu chargé, de sorte qu'il a été beaucoup moqué ces dernières années et que beaucoup de gens eux-mêmes ne sont pas très enthousiastes à l'idée d'être décrits comme étant des woke ». Selon Douglas Murray, l'un des problèmes du mouvement woke, est qu'il « aggrave les choses en faisant croire aux gens qu'ils sont meilleurs. » Il affirme que « Beaucoup d'entre nous n'aiment pas l'antagonisation des gays contre les hétéros ou l'antagonisation des femmes contre les hommes, nous ne voulons pas que les races soient instrumentalisées les unes contre les autres »[68].

L'ancien président des États-Unis Barack Obama a montré son opposition à la course à la pureté idéologique des personnes se revendiquant woke, qu'il juge contre-productive. Il a déclaré : « L'idée de pureté, de n'être jamais compromis et d'être toujours politiquement woke (éveillé), tous ces trucs, vous devriez en finir vite avec ça... Le monde est compliqué, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de très bonnes choses ont des défauts. Les gens avec qui vous vous battez peuvent aimer leurs enfants et même, vous savez, partager certaines choses avec vous »[trad 1],[79],[80]. Barack Obama critique également les stratégies déployées en ligne par certains militants, s'inquiétant de cette tendance woke, particulièrement au sein des campus universitaires[80] : « Il y a des gens qui pensent que pour changer les choses, il suffit de constamment juger et critiquer les autres », en l'illustrant par un exemple : « Si je publie un tweet ou un hashtag dénonçant vos mauvaises actions, ou le fait que vous avez utilisé le mauvais mot ou le mauvais verbe, et qu'ensuite je peux me détendre et être fier de moi parce que je suis super woke en vous ayant montré du doigt, ça n'est pas pour autant de l'activisme. Ce n'est pas comme ça qu'on fait changer les choses »[trad 2],[81],[82]. Obama ajoute encore : « Si vous vous contentez de jeter la pierre aux autres (sur les réseaux sociaux notamment), vous n'irez probablement pas très loin »[trad 3],[83],[82].
Pour l'anthropologue et professeur de psychiatrie Samuel Veissière, « ceux qui se revendiquent comme woke éprouvent une certaine fierté morale à percevoir de la violence partout (patriarcat, sexisme, héterosexisme, grossophobie, transphobie, etc. Le terme a selon lui maintenant acquis une connotation plus cynique pour dénoter un puritanisme hystérique dans la montée du politiquement correct) ». Il ajoute : « Cette sorte d'inconscient judiciaire ne paraît pas très enviable. Il correspond cependant à une dérive de la société dans laquelle sera portée devant les tribunaux toute forme d'expression jugée déviante et non politiquement correcte : la liberté d'expression en est la première victime »[84].
En , la journaliste et commentatrice australienne Rita Panahi accuse les activistes et entreprises woke d'« être obsédés par des évènements historiques survenus il y a des centaines d'années », tout en fermant les yeux sur les exemples contemporains d'esclavage et de violations des droits humains contre les Ouïghours, les dissidents politiques et les prisonniers en Chine[85].
L'écrivaine et militante Chloé Valdary a déclaré que le concept d'être woke est une « épée à double tranchant » qui peut « alerter les gens sur l'injustice systémique » tout en étant « une interprétation agressive et performative de la politique progressiste qui ne fait qu'empirer les choses »[86].
Caractère religieux
Pour le philosophe et professeur émérite Jean-François Braunstein, le « projet woke » n'est ni philosophique, ni idéologique, ni même politique, mais relève du religieux extrême avec son péché originel, son credo, son inquisition, son radicalisme, ses différents textes fondateurs, apôtres, rites, dénonciations, anathèmes, blasphèmes… que l'auteur dénonce en 2022 dans son ouvrage intitulé La Religion woke[57]. Contrairement à nombre d'autres critiques, il récuse la filiation avec la French Theory « des Foucault, Derrida et Lyotard », et renvoie plutôt à une tradition puritaine américaine avec un mouvement qui s'en prendrait « radicalement à la science et aux Lumières, à l'objectivité comme à la vérité » et s'attaquerait à l'universalisme républicain au profit d'un communautarisme[87].
Langage woke
Dans deux articles de 2021 du NouvelObs et du Figaro, il est répertorié les principaux nouveaux concepts du wokisme « forgés par des luttes militantes diverses » : adelphité, agenre, appropriation culturelle, black-face, blanchité, binarité, cancel culture, cisgenre, culture du viol, deadname (« morinom » en québécois), décoloniser, déconstruction (ou « déconstructivisme »), écoféminisme, écriture inclusive (ou « langage épicène »), féminicide, fluidité, grossophobie, intersectionnalité, invisibilisation, hétéronormativité, LGBTQIA+, male gaze (ou « regard masculin »), mansplaining (ou « mecsplication », voire « pénisplication » au Québec), manspreading, masculinité toxique, mégenrer , non-mixité, offensant, pansexualité, patriarcat, privilège (masculin, blanc…), queer, race, racisé, racisme (ou « sexisme ») systémique, SJW, sorcière, sororité, transidentité (ou « transgénérisme »), trans-racialisme, validisme (ou « capacitisme »), white washing[88],[89],[90].
Le docteur en philosophie à l'ENS Sami Biason avance que « le littéralisme est un des marqueurs du wokisme. Ses promoteurs considèrent que l'acte d'énonciation d'un mot peut primer sur son sens. C'est ce qui amène certaines féministes à ne plus dire woman mais womyn, afin de ne pas entendre la syllabe man, contenue dans le mot, qui porterait une malheureuse correspondance avec un régime qu'elles qualifient d'oppressif »[91].
Liberté académique
Dans un article du quotidien néerlandais De Volkskrant, un certain nombre d'universitaires expriment la crainte que la liberté académique ne soit menacée par une génération d'étudiants dotés d'une nouvelle « pureté morale » — que l'on appelle désormais woke. Les étudiants supposent parfois que vous êtes réveillé ou non sur la base d'un seul mot. Les activistes éveillés imposent une nouvelle forme de pureté morale, qui crée une coercition à la pensée, supprime et exclut les idées contraires, les débats conflictuels et les résultats de recherche indésirables, ce qui conduit à l'autocensure et menace la liberté académique. »[réf. nécessaire]
Le géographe électoral Josse de Voogd, qui travaillait à l'Université d'Amsterdam, mais qui est maintenant chercheur indépendant, déclare qu'« un groupe d'universitaires se tait sagement, car toute critique de la politique de diversité ou de la politique identitaire peut faire beaucoup de bruit ». Il explique que la résistance au wokeness [à l'état d'éveil] est rejetée comme une fragilité blanche, une attaque contre la position de personne blanche de la personne exprimant cette résistance, même si elle-même se trouve dans une position défavorisée et que sa critique en découle. Selon lui, il est même possible qu'on traite les personnes opposés aux woke d'extrême droite[92].
En , après que Kathleen Stock, professeur de philosophie à l'Université du Sussex, en Angleterre, militante féministe et lesbienne, considérée comme « critique du genre », a subi en une campagne étudiante exigeant son licenciement, 200 universitaires décident de signer une tribune dans le Sunday Times pour dénoncer une « culture de la peur » et la complicité passive des universités. Les professeurs dénoncent l'emprise et la violence du mouvement woke au sein des universités britanniques concernant les questions de transidentité. Selon les universitaires, 80 incidents relevant de l'intimidation, du harcèlement ou de la censure, ont été relevés au cours des cinq années précédentes dans les plus grandes universités du pays. L'ampleur de la campagne contre Kathleen Stock est telle que la police a conseillé à la professeur de s'entourer de gardes du corps et d'installer des caméras de vidéosurveillance chez elle[93],[94].
Intolérance et cancel culture
Une tribune publiée dans le magazine Harpers, « A Letter on Justice and Open Debate », signée notamment de Noam Chomsky, Salman Rushdie ou encore de J.K. Rowling, prévient que la prise de conscience nécessaire des inégalités raciales et/ou de genre intensifie « un nouvel ensemble d'attitudes morales et d'engagements politiques qui tendent à affaiblir nos normes de débat ouvert et de tolérance des différences en faveur de la conformité idéologique »[95],[96],[97].
Oppositions politiques
En France et au Québec
Selon la journaliste Assma Maad, au sein de la gauche française, les partisans de la « laïcité offensive » s'inquiètent de la montée d'une intolérance au sein du mouvement woke à l'égard d'opinions opposées et d'un musellement de la liberté d'expression par les woke, notamment par la cancel culture[1].
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s'est opposé à diverses pratiques woke[98],[99].
Des personnalités centristes comme François Legault, premier ministre du Québec, ou Jean-Michel Blanquer, alors ministre français de l'Éducation nationale[100], ont critiqué le « wokisme »[101]. Jean-Michel Blanquer a accusé les militants woke de remettre en question l'unité républicaine en renvoyant les citoyens à une identité fondée sur leur origine, leur sexualité ou leur genre[102].
Selon Stéphanie Chayet du Monde, les tenants de l'universalisme républicain soutiennent que les penseurs de la French Theory des années 1970 (Michel Foucault, Gilles Deleuze, Jacques Derrida) ont énoncé les prémices de cette tension idéologique[103].
Ailleurs dans le monde

La philosophe américaine Susan Neiman estime, dans son livre Left Is Not Woke (2023), que le woke est une perversion de la gauche. Pour elle, si cette idéologie part de constats nécessaires sur les inégalités ainsi que sur les chapitres sombres de l'histoire, le woke pousse ses constats jusqu'à l'absurde, essentialise les supposées différences entre personnes de « races » ou de genres différents, attribuant à tous les membres d'un supposé groupe les mêmes caractéristiques, et nie toute possibilité de progrès. Susan Neiman décrit ainsi le woke comme étant l'antithèse de la gauche, la gauche se devant de promouvoir « l'universalisme à la place du tribalisme »[104]. Elle écrit : « Sans universalisme, il n'y a pas d'argument contre le racisme ; il n'y a que des tribus qui se font concurrence pour le pouvoir »[105].
Écrivant en 2023, Eric Levitz du magazine New York note que les personnes de gauche opposées au « wokisme » y dénoncent une dérive « extrême ou illibérale » du progressisme, et / ou « un moralisme superficiel »[104]. Abondant en partie dans le sens de Susan Neiman, il souligne que diverses institutions éducatives aux États-Unis — dont (brièvement) la Smithsonian Institution — ont adopté et promeuvent l'argument de l'intellectuelle noire Tema Okun de l'université Duke qui dénonce l'objectivité, la rationalité et la prévoyance comme étant des valeurs de la « culture blanche » dont les Américains non-blancs devraient s'émanciper en les rejetant. Eric Levitz écrit que ces idées racisantes inhibent le progressisme au lieu de le faciliter. Il souligne également « les prétentions et les modes idéologiques absurdes » qui sont inculquées à certains élèves et étudiants au nom de l'antiracisme, et cite le chercheur en études noir-américaines Vincent Lloyd qui, étant de gauche, dénonce « l'endoctrinement d'étudiants dans un dogme identitaire lugubre » : toutes les personnes non-noires sont racistes, les Noirs ont besoin de rester entre eux, l'oppression contre les Noirs est la pire de toutes, elle est indépassable, et « les faits objectifs sont un outil de la suprématie blanche », devant donc être rejetés au profit de convictions woke[104].
Umut Özkirimli, du think tank espagnol Centre de Barcelone pour les Affaires internationales (en), publie en 2023 le livre Cancelled: The Left Way Back from Woke. Il y reproche à la gauche woke d'être réactionnaire, contre-productive et idéologiquement proche de la droite populiste. Il appelle au retour à une gauche progressiste, soucieuse de liberté et de pluralisme et qui ait pour boussole l'humanité commune à tous les êtres humains[106].
Le journaliste américain Jay Sophalkalyan reproche quant à lui aux idées woke d'avoir « une perspective réductrice qui filtre le monde à travers le prisme de relations de pouvoir fondées sur l'identité », où toute personne « perçue comme blanche, masculine, non-handicapée, hétérosexuelle » est jugée inévitablement « complice » d'oppressions systémiques. Reprenant la formule « gauche régressive », proposée en 2007 par le journaliste et activiste britannique de centre-gauche Maajid Nawaz, Jay Sophalkalyan voit dans le mouvement woke une « myopie morale » qui amène les idéologues woke à « s'abstenir de critiquer l'islam, prétendument en raison de son assimilation à des personnes de couleur ». Il souligne que des personnes de gauche n'ont pas voulu critiquer le travail forcé, le quasi-esclavage et les milliers de morts sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar, invoquant pour ce faire le passé esclavagiste de l'Occident ou le respect de la culture qatarie et de l'islam. Jay Sophalkalyan dénonce ainsi la distorsion par laquelle « toute personne qui ne souscrit pas à chaque aspect du dogme woke sans exception est un esclavagiste ou un fasciste » et selon laquelle il ne faut pas critiquer « les véritables esclavagistes et fascistes au Moyen-Orient et en Chine. […] Nous détestons tellement notre propre société [occidentale] que nous refusons d'accepter le fait que d'autres puissent être pires »[107].
Accusation d'importation d'un mouvement anglo-saxon dans des pays de cultures différentes
L'ex-ministre français de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron, souhaitait lutter contre les méthodes et les messages de la culture « woke » et de la « cancel culture »[100]. Il estimait que cette idéologie venue des États-Unis contribuait à la fragmentation de la République : « on ne doit pas essentialiser les différences » et « on ne doit pas chercher à fragmenter la société en sous-chapelles identitaires »[108].
Pour l'essayiste Anne-Sophie Chazaud « L'importation de ces « concepts » souvent hystériques représente un appauvrissement culturel, une soumission à des schémas de pensée dominants qui sont ceux de l'économie culturelle dominante : comme émancipation, on pourrait faire mieux ! » Par ailleurs, « ce modèle anglo-saxon, à la fois des social justice warriors et de sa déclinaison à la mode du woke est l'émanation d'une société dans laquelle tout est judiciarisé. Il convient donc d'être en « éveil », ce qui, dans le fond, correspond aussi à la notion de « veille » liée aux nouvelles technologies de l'information et de la communication sur lesquelles règnent les GAFA, afin de pouvoir toujours porter le fer, sur le modèle d'une potentielle action judiciaire permanente. »[84].
Au contraire, pour Albin Wagener, chercheur associé à l'INALCO, c'est plutôt l'inverse qui se produit : ce ne sont pas des militants qui importent la « culture woke », mais des think tanks français qui « organisent une importation des paniques morales conservatrices américaines dans l'espace politique français, afin de contrer le progressisme politique »[109]. Il vise notamment le think tank Fondapol et tout un « spectre politique qui va de la gauche républicaine conservatrice à l'extrême droite ». D'après lui, le but est « de présenter une vision conservatrice de la société » et de présenter « des mouvements de reconnaissance et de justice sociale comme dangereux pour l'équilibre démocratique »[109].
Élection présidentielle américaine de 2024
Au lendemain de l'élection présidentielle américaine de 2024, le 6 novembre, Google a constaté que les demandes de définition du terme «wokisme» ont battu des records[110]. La candidate démocrate Kamala Harris aurait perdu le vote populaire à l'échelle nationale de justesse (avec 48,3% contre 49,9% à Trump) car elle aurait trop évoqué ces thématiques, selon des partisans du président élu Donald Trump, et le «wokisme» aurait été le bouc émissaire de ce dernier, selon le quotidien français Libération[110]. Publié trois jours après le scrutin, un large sondage sortie des urnes de l'institut américain Blueprint, proche du camp démocrate, a montré que la supposée « trop grande attention de Kamala Harris » aux « questions culturelles, telles que la transidentité, plutôt qu'aux intérêts de la classe moyenne » est arrivée en 3e position après l'inflation et l'immigration dans les motivations du vote Trump[110], avec 17% des électeurs interrogés qui ont coché cette case et près d'un quart pour ceux qui étaient restés indécis jusqu'aux derniers jours.
En France, des leaders politiques tels que Nicolas Sarkozy, Éric Ciotti, Éric Zemmour et Jean-François Copé se sont réjouis de la victoire de Trump en invoquant cette raison[111]. Cependant, Kamala Harris n'a « jamais mis en avant le fait qu'elle était une femme ou noire »[110] et s'est « tenue loin de ce type de discours et de mobilisations », selon une enquête de vérification des faits de Libération[110], et « gommé toute référence » au wokisme, selon le quotidien Le Monde[112]. La motivation des électeurs de Trump viendrait plutôt du fait que leur candidat « a martelé en permanence et mené une campagne ouvertement antiwoke, à coups de spots publicitaires transphobes associant Harris à la lutte pour les droits des personnes trans »[110], en dépensant 65 millions de dollars en publicités sur ce thème, Trump ayant lui-même « agité le spectre d'un changement de sexe à l'école », de manière brutale et sans consulter les parents des enfants. La candidate démocrate avait pourtant recentré son Parti sur « l'abandon du wokisme » et le « soutien à la classe moyenne » avait pourtant titré dès le quotidien Le Figaro[113] et évité soigneusement d'aborder les questions de race et de genre dans ses discours, avait analysé en septembre dans Le Point Nicole Bacharan, historienne et politologue spécialiste des États-Unis[114]. Mais même si elle n'a « heureusement pas du tout mené une campagne woke », selon le constat de la philosophe Susan Neiman, dans Philosophie magazine[110], une partie des électeurs de Trump ont eu cette perception[110].
Notes et références
Notes
- ↑ (en) « This idea of purity, and you're never compromised, and you're always politically woke and all that stuff. You should get over that quickly. The world is messy. There are ambiguities. People who do really good stuff have flaws. People who you're fighting, may love there kids, and, you know, share certain things with you. »
- ↑ (en) « Like if I tweet or hashtag about how you didn't do something right or used the wrong verb. Then, I can sit back and feel pretty good about myself because, ‘Man, you see how woke I was? I called you out.' [...] You know, that's not activism. That's not bringing about change. »
- ↑ (en) « If all you're doing is casting stones, you're probably not going to get that far. »
Références
- Assma Maad, « Qu'est-ce que la pensée woke ? Quatre questions pour comprendre le terme et les débats qui l'entourent », Les Décodeurs, Le Monde, (consulté le ).
- Simon Blin, « L'autocensure a-t-elle gagné le New York Times et la gauche américaine ? »
, Libération, .
- (en) « Stay Woke: The new sense of 'woke' is gaining popularity », Merriam-Webster (consulté le ).
- ↑ (en-US) Matthew Wills, « Abolitionist “Wide Awakes” Were Woke Before “Woke” », sur JSTOR Daily, (consulté le ).
- ↑ Pap Ndiaye (interviewé) et Marie Slavicek (intervieweuse), « Les militants woke s'inscrivent dans une histoire longue de mobilisation politique de la jeunesse », Le Monde, (consulté le ).
- (en) Erykah Badoula, « Truth requires no belief. Stay woke. Watch closely. » [archive du ], sur Twitter, (consulté le ).
- ↑ Anne Chemin, « Derrière le débat sur le « wokisme », les trois mutations du racisme : biologique, culturel, systémique », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ (en) Elaine Richardson et Alice Ragland, « #StayWoke: The Language and Literacies of the #BlackLivesMatter Movement », Community Literacy Journal, vol. 12, no 2, , p. 27–56 (DOI 10.25148/clj.12.2.009099, lire en ligne [PDF]).
- ↑ (en) Perry Jr. Bacon, « The Ideas That Are Reshaping The Democratic Party And America », sur FiveThirtyEight, .
- ↑ July Robert, « Le wokisme, la nouvelle panique morale à la mode », La Revue nouvelle, no 8, , p. 5–7 (DOI 10.3917/rn.228.0005, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Olivier Postel-Vinay, « Critiques et défense du wokisme », Books, no 49, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Vivien Vergnaud, « C'est quoi le "wokisme"? » [archive du ], Le Journal du dimanche, (consulté le ).
- ↑ Fabien Jannic-Cherbonnel, « L'article à lire pour comprendre ce que signifie le mot "woke", qui s'installe dans le débat public », sur franceinfo.fr, (consulté le ) ; « Aux États-Unis, il est fréquemment employé pour dénigrer la gauche, les personnes identifiées comme progressistes, les universitaires étudiant les discriminations ou encore les militants pour l'égalité des droits. ».
- ↑ Alain Policar, « De woke au wokisme : Anatomie d'un anathème », Raison présente, no 221, , p. 115–118 (DOI 10.3917/rpre.221.0115, lire en ligne) : « Le slogan […] gagne en popularité avant d'être récupéré par les conservateurs américains pour le dénigrer et, plus généralement, disqualifier ceux qui en font usage. »
- ↑ Romano 2020 : « This framing of “woke” is bipartisan: It's used as a shorthand for political progressiveness by the left, and as a denigration of leftist culture by the right. ».
- ↑ Mahoudeau 2022 citant et soutenant la position de Romano 2020 : « À gauche comme à droite, comme explique la journaliste Aja Romano, le terme sert rapidement de mot fourre-tout, « utilisé comme un raccourci pour décrire le progressisme politique par la gauche, et comme une façon de dénigrer la gauche par la droite ». »
- ↑ Maad 2021 : « Le terme, issu des problématiques de justice sociale et raciale aux États-Unis, est devenu une expression fourre-tout, utilisée pour dénigrer des idées progressistes ».
- ↑ Élisabeth Roudinesco, « Soi-même contre tout : Réflexion sur l'assignation identitaire », Figures de la psychanalyse, no 44, , p. 89-96 (DOI 10.3917/fp.044.0089, lire en ligne) : « Depuis 2020, le mot a été repris par les opposants à cette culture qui se plaisent désormais à la dénigrer en comparant ses représentants à une tribu communautariste ».
- ↑ Frédéric Dejean, « L'analogie religieuse dans la critique du wokisme », La Vie des idées, : « Les critiques du wokisme l'assimilent régulièrement à une « nouvelle religion », afin d'en dénigrer les abus supposés : fanatisme, emprise, irrationalité. »
- Clément Viktorovitch, « Le "wokisme" : une arme de disqualification massive », Entre les lignes, sur franceinfo.fr, (consulté le ).
- ↑ (en) David A. Graham, « Wokeness Has Replaced Socialism as the Great Conservative Bogeyman », The Atlantic, (consulté le ).
- ↑ Nicolas Truong, « Le « wokisme », déconstruction d'une obsession française »
, Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Pablo Pillaud-Vivien, « Dans l'anti-wokisme, il y a beaucoup d'anti-communisme », Regards, (consulté le ).
- Stéphane Baillargeon, « Le WOKE, le mot, la chose », Le Devoir, Montréal, vol. 112, no 160, , A8 (lire en ligne, consulté le ).
- Gabriel Martin, « Le sens québécois du mot woke », Le Devoir, Montréal, vol. 112, no 215, , A7 (lire en ligne, consulté le ).
- Gabriel Ouimet et Andrea Lubeck, « C'est quoi un woke, des origines à aujourd'hui », 24 heures, Montréal, vol. 21, no 28, , p. 8 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Nicole Holliday, «How 'woke' fell asleep» [archive du ], sur OxfordWords Blog, (consulté le ).
- ↑ (en-US) William Melvin Kelley, « If You're Woke You Dig It; No mickey mouse can be expected to follow today's Negro idiom without a hip assist », The New York Times, (consulté le ).
- ↑ (en) Barry Beckham, Garvey Lives! : A Play, (lire en ligne).
- ↑ (en) Marcus Garvey, The Philosophy and Opinions of Marcus Garvey, Or, Africa for the Africans, The Majority Press, , 514 p. (ISBN 978-0-912469-24-9, lire en ligne).
- ↑ (en) Paul Finkelman, Encyclopedia of African American History, 1896 to the Present : From the Age of Segregation to the Twenty-first Century Five-volume Set, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-516779-5, lire en ligne).
- (en-US) Charles Pulliam-Moore, « How 'woke' went from black activist watchword to teen internet slang », sur Splinter News (en), (consulté le ).
- ↑ (en) Dimitra Kessenides et Max Chafkin, « Is Wikipedia Woke? », Bloomberg Businessweek, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Amanda Hess, « Earning the ‘Woke' Badge », The New York Times, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Ben Zimmer, « ‘Woke,' From a Sleepy Verb to a Badge of Awareness », The Wall Street Journal, (consulté le ).
- ↑ (en) Taylor Trudon, « Say Goodbye To 'On Fleek,' 'Basic' And 'Squad' In 2016 And Learn These 10 Words Instead », MTV News, (consulté le ).
- ↑ (en) Kelley Frannie, « Earl Sweatshirt: 'I'm Grown' », NPR, (consulté le ).
- ↑ Marc-Olivier Bherer, « Ne soyez plus cool, soyez « woke » », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ (en-US) James Poniewozik, « The Golden Globes Get (Halfway) Woke », The New York Times, (consulté le ).
- ↑ (en) Richard Power Sayeed, « Richard Power Sayeed | Woke Windsors », London Review of Books Blog, (consulté le ).
- ↑ (en) Damien Cave, « Rupert Murdoch's Australia News Outlets to Ease Their Climate Denial », The New York Times, .
- ↑ (en) Graham Readfearn et Adam Morton, « ‘Climate villain': scientists say Rupert Murdoch wielded his media empire to sow confusion and doubt », The Guardian, .
- ↑ AFP, « La série "Woke" est lancée : un pavé dans l'Amérique post-George Floyd », sur franceinfo.fr, (consulté le ).
- ↑ « Notoriété et adhésion aux thèses de la pensée "woke" parmi les français », IFOP, (consulté le ).
- ↑ Étienne Girard et Thomas Mahler, « Sondage exclusif. "Privilège blanc", "culture du viol"… Les Français ne parlent pas "woke" », L'Express, .
- ↑ Soisic Belin, « Huit mots pour comprendre la génération Z » [archive du ], Start, Les Échos, (consulté le ).
- ↑ Marie-Amélie Lombard-Latune, « Les coulisses de l'opération Blanquer contre le wokisme », L'Opinion, .
- ↑ « Mission relative à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les Instituts d'études politiques », sur enseignementsup-recherche.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Michel Wieviorka : "Non, la France n'est pas envahie par le 'wokisme' !" », L'Express, (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Governor DeSantis Announces Legislative Proposal to Stop W.O.K.E. Activism and Critical Race Theory in Schools and Corporations » [« Le gouverneur DeSantis annonce une proposition de loi visant à mettre fin à l'activisme W.O.K.E. et à la théorie critique de la race dans les écoles et les entreprises. »] [archive du ], sur flgov.com, .
- (en-US) Ali Shirin, « Florida House passes ‘Stop WOKE Act' to limit talks on race, gender, and discrimination in schools, workplaces » [« La législature de Floride adopte la loi Stop Woke Act, qui limite les discussions sur la race, le sexe et la discrimination dans les écoles et sur les lieux de travail »] [archive du ], The Hill, .
- ↑ Belga, « Journée de lutte pour les droits des femmes : 'Woke', ce terme flou utilisé pour dévaloriser », RTBF, (consulté le ).
- ↑ Jannic-Cherbonnel 2021.
- ↑ Sharon Houri, « « Wokisme » : le nouveau fantasme réac pour rester dans le déni », sur Mr Mondialisation, (consulté le ).
- Petya Obolensky, « La « lutte contre le wokisme », une arme de diversion massive », sur solidaire.org, (consulté le ).
- ↑ Frédéric Dejean, « L'analogie religieuse dans la critique du wokisme », La Vie des idées, .
- Braunstein 2022.
- ↑ Éric Maigret, « Du mythe au culte… ou de charybde en scylla ? », dans Philippe Le Guern (dir.), Les cultes médiatiques, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le sens social », (DOI 10.4000/books.pur.24172, lire en ligne).
- ↑ (en) Alana Semuels, « Why Corporations Can No Longer Avoid Politics », Time, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Ross Douthat, « Opinion | The Rise of Woke Capital », The New York Times, (consulté le ).
- Barthélemy Dont, « Les entreprises peuvent-elles avoir d'autres objectifs que leur profit? », sur korii.slate.fr, (consulté le ).
- Isabelle Chaperon, « « Le Capitalisme woke » d'Anne de Guigné : les entreprises face à la morale », Le Monde, .
- ↑ Anne de Guigné, « Comment les entreprises ont cédé à la tentation woke dans le sillage du mouvement Black Lives Matter », sur Atlantico, .
- Guillaume de Calignon, « Quand l'entreprise se met à faire de la politique », Les Échos, .
- ↑ Amy Westervelt (The Guardian), « La nouvelle tactique des pétrolières: être woke », sur sciencepresse.qc.ca, Agence Science-Presse, (consulté le ).
- ↑ Mireille, « Woke washing », sur definitions-marketing.com.
- ↑ Elisa Samourcachian, « Le "wokefishing", une technique de drague visant à se faire passer pour progressiste et féministe », sur Le HuffPost, (consulté le ).
- (en-NZ) « Douglas Murray: The groupthink tyranny of woke », Saturday Morning, Radio New Zealand, (consulté le ).
- ↑ « Qu'est-ce que le wokisme ? », Répliques, sur radiofrance.fr, France Culture, (consulté le ).
- ↑ Cyprien Caddeo, « Alain Policar : « Les conservateurs nomment “wokisme” tout ce qu'ils n'aiment pas » », L'Humanité, (consulté le ).
- ↑ Belga, « Une vidéo du MR qui “relativise” le fascisme de Mussolini crée la polémique », sur 7 sur 7, .
- ↑ « Frédéric Lordon : « La multitude mobilisée en masse est l'unique solution » », Ballast, (consulté le ).
- ↑ Florent Le Du, « Diabolisation de la gauche. « User du mot « wokisme » sert une propagande politique » », L'Humanité, (consulté le ).
- ↑ (en-GB) Bernd Debusmann Jr., « If US companies 'go woke', do they really go broke? », BBC News, (consulté le ).
- ↑ (en-GB) « When brands go woke, do they go broke? » [archive du ], sur cim.co.uk, Chartered Institute of Marketing, (consulté le ).
- ↑ « « Stop Woke » : un « groupuscule d’extrême droite » tague un drapeau LGBT, le maire de Montpellier va porter plainte », Le Parisien, .
- ↑ Jean-Marc Aubert, « Vandalisme à Montpellier : le groupe identitaire les Jeunes d'Oc revendique, le maire porte plainte », Métropolitain, sur actu.fr, .
- ↑ Nicolas Zarrouk, « Le groupe Jeunes d’Oc s’en prend aux symboles LGBT et signe une nouvelle action identitaire à Montpellier : la Ville va porter plainte », Midi libre, .
- ↑ (en-GB) « Barack Obama challenges 'woke' culture », BBC News, (consulté le ).
- « Barack Obama appelle les progressistes à cesser d'être sectaires et manichéens », Marianne, (consulté le ).
- ↑ Claire Levenson, « Le coup de gueule d'Obama contre la tendance woke sur Twitter », sur Slate.fr, (consulté le ).
- (en) Ed Mazza, « Obama Calls Out Woke Culture, Twitter Outrage: 'That's Not Activism' », sur HuffPost, (consulté le )
- ↑ Philippe Corbé, « Black Lives Matter : qu'est-ce que le "woke", cet état d'esprit "éveillé" ? », RTL, (consulté le ).
- Samuel Veissière et Anne-Sophie Chazaud, « Êtes-vous contaminé par l'épidémie de “woke” (ça n'est pas parce que vous ne savez pas ce que c'est que vous n'êtes pas concerné) ? », sur Atlantico, (consulté le ).
- ↑ (en) « Hypocrisy rife inside ‘woke' corporations turning a blind eye to China », Sky News Australia, (consulté le ).
- ↑ (en) Aja Romano, « A history of “wokeness” », sur Vox, (consulté le ) ; « Even on the left, the idea of being “woke” can be a double-edged sword, often used to suggest an aggressive, performative take on progressive politics that only makes things worse. ».
- ↑ Philippe Foussier, « Jean-François Braunstein, La religion woke, Grasset, 282 p., 20,90 € » (compte-rendu de l'ouvrage), Humanisme, Grand Orient de France, no 340, , p. 116–122 (DOI 10.3917/huma.340.0116, lire en ligne).
- ↑ Pascal Riché, « Exclusif : notre dictionnaire woke-français », Le Nouvel Obs, (consulté le ).
- ↑ Maguelonne de Gestas, « Parlez-vous le «woke»? », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Mindmap Lexique du wokisme », sur educ.arte.tv, Arte (consulté le ).
- ↑ Alice Develey, « Pourquoi le «girlcott» est un non-sens étymologique », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ (nl) Kaya Bouma et Haro Kraak, « Worstelen met ‘woke' in de collegezaal: bedreigt woke-activisme de academische vrijheid? » [archive du ], sur De Volkskrant, (consulté le ).
- ↑ « Accusés de transphobie, 200 universitaires britanniques dénoncent les intimidations de militants «woke» et la complicité des universités », Le Figaro, .
- ↑ (en) « Academic freedom in British universities is under threat », The Economist, .
- ↑ (en) « A Letter on Justice and Open Debate », Harper's Magazine, (consulté le ).
- ↑ « Polémique. La tribune contre la “cancel culture” qui a enflammé Twitter », Courrier international, (consulté le ).
- ↑ « Mark Lilla, Margaret Atwood, Wynton Marsalis… : « Notre résistance à Donald Trump ne doit pas conduire au dogmatisme ou à la coercition » », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Benjamin Dodman, « Présidentielle : Fabien Roussel ou la stratégie du contre-pied pour exister à gauche », France 24, (consulté le ).
- ↑ Thomas Mahler, « EXCLUSIF. "J'ai cru que les 'woke', c'était un plat" : Fabien Roussel face à Raphaël Enthoven », L'Express, (consulté le ).
- « Vu de l'étranger. La mission anti-woke de Jean-Michel Blanquer », Courrier international, .
- ↑ Isabelle Porter et Marie-Michèle Sioui, « Les «wokes» veulent «faire sentir coupables» les Québécois, selon Legault », Le Devoir, (consulté le ).
- ↑ « C'est quoi exactement, le « wokisme » ? », L'Heure du Monde, sur podcasts.lemonde.fr, Le Monde, .
- ↑ Stéphanie Chayet, « Foucault, Deleuze, Derrida… Aux origines françaises du « wokisme » », M, le magazine du Monde, .
- (en) Eric Levitz, « Do the ‘Woke' Betray the Left's True Principles? », New York, .
- ↑ (en) Susan Neiman, « The true Left is not woke : Progressive activists have forgotten their roots », sur UnHerd (en), .
- ↑ (en) Umut Özkirimli, Cancelled : The Left Way Back from Woke, Polity Press, (ISBN 978-1-5095-5092-0).
- ↑ (en) Jay Sophalkalyan, « The Moral Myopia of Woke Culture », The Journal of Political Inquiry, .
- ↑ « La cancel culture est “déstabilisatrice pour nos civilisations”, estime Jean-Michel Blanquer », CNews, (consulté le ).
- (en) Albin Wagener, « Le « wokisme » ou l'import des paniques morales », sur The Conversation, (consulté le ).
- Clémence Mary, « Qu'est-ce que le «wokisme», ce bouc émissaire de Trump, de la droite française et d'une partie de la gauche ? », Libération, .
- ↑ Patrick Cohen, « Victoire de Trump, défaite du wokisme ? », L'édito politique, sur radiofrance.fr, France Inter, .
- ↑ Piotr Smola (correspondant à Washington), « Présidentielle américaine 2024 : Kamala Harris, l'échec d'une vie politique », Le Monde, .
- ↑ Adrien Jaulmes, « Abandon du wokisme, soutien à la classe moyenne, stratégie de rassemblement... Kamala Harris recentre le Parti démocrate contre Donald Trump », Le Figaro, .
- ↑ Nicole Bacharan (interviewée) et Kévin Badeau (intervieweur), « Kamala Harris a mis le wokisme en sourdine », Le Point, .
Voir aussi
Bibliographie
- Eugénie Bastié, La Guerre des idées : Enquête au cœur de l'intelligentsia française, Paris, Robert Laffont, , 312 p. (ISBN 978-2-221-25294-9).
- Daniel Bernabé (trad. de l'espagnol par Patrick Marcolini, avec l'aide de Victoria Goicovich), Le piège identitaire : L'effacement de la question sociale [« La trampa de la diversidad : cómo el neoliberalismo fragmentó la identitad de la clase trabajodara »], Paris, L'Échappée, , 304 p. (ISBN 978-2-37309-104-5).
- Jean-François Braunstein, La Religion woke, Paris, Grasset, , 288 p. (ISBN 978-2-246-83031-3) [présentation en ligne] [présentation en ligne].
- Nora Bussigny, Les Nouveaux Inquisiteurs : L'enquête d'une infiltrée en terres wokes, Paris, Albin Michel, , 240 p. (ISBN 978-2-226-47695-1).
- Brice Couturier, Ok Millennials ! : Puritanisme, victimisation, identitarisme, censure, l'enquête d'un baby-boomer sur les mythes de la génération woke, Paris, L'Observatoire, , 331 p. (ISBN 979-10-329-1833-3).
- Brice Couturier et Erell Thevenon-Poullennec, L'entreprise face aux revendications identitaires, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Société », , 213 p. (ISBN 978-2-13-085006-9).
- Francis Dupuis-Déri, Panique à l'université : Rectitude politique, wokes et autres menaces imaginaires, Montréal, Lux, coll. « Lettres libres », , 315 p. (ISBN 978-2-89833-030-8).
- Jonas Follonier (préf. Olivier Massin), La diffusion du wokisme en Suisse : Censure, quotas, écriture inclusive, intimidation, Genève, Slatkine, , 120 p. (ISBN 9782832113301, présentation en ligne).
- Frédéric Gros, La Honte est un sentiment révolutionnaire, Paris, Albin Michel, , 224 p. (ISBN 978-2-226-44579-7).
- Anne de Guigné, Le Capitalisme woke, Paris, Presses de la Cité, coll. « La Cité », , 200 p. (ISBN 978-2-258-19791-6, présentation en ligne).
- Pierre Jourde, La tyrannie vertueuse, Paris, Le Cherche midi, , 243 p. (ISBN 978-2-7491-7238-5).
- (en) Jonathan Haidt et Greg Lukianoff, The Coddling of the American Mind : How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure, Penguin Press, , 338 p. (ISBN 978-0-7352-2489-6) [présentation en ligne] [présentation en ligne] [présentation en ligne].
- Alex Mahoudeau, La Panique woke : Anatomie d'une offensive réactionnaire, Éditions Textuel, , 160 p. (ISBN 978-2-84597-900-0, OCLC 1319726454, BNF 47062406)..
- Yascha Mounk, Le piège de l'identité : Comment une idée progressiste est devenue une idéologie mortifère, Paris, Éditions de l'Observatoire, , 560 p. (ISBN 979-10-329-2717-5, présentation en ligne).
- Helen Pluckrose et James Lindsay (trad. de l'anglais par Olivier Bosseau et Peggy Sastre, préf. Alan Sokal), Le triomphe des impostures intellectuelles : Comment les théories sur l'identité, le genre, la race gangrènent l'université et nuisent à la société [« Cynical Theories: How Activist Scholarship Made Everything About Race, Gender, and Identity—and Why This Harms Everybody »], Saint-Martin-de-Londres, H&O, , 444 p. (ISBN 978-2-84547-384-3, présentation en ligne).
- Olivier Roy, L'aplatissement du monde : La crise de la culture et l'empire des normes, Paris, Seuil, coll. « La Couleur des idées », , 230 p. (ISBN 978-2-02-150593-1, présentation en ligne).
- Romuald Sciora, Faut-il avoir peur du wokisme ? Comprendre la philosophie woke, Malakoff, Armand Colin, , 188 p. (ISBN 978-2-200-63779-8, présentation en ligne).
- Pierre Valentin, L'idéologie woke. Anatomie du wokisme (1) et Face au wokisme (2), Paris, Fondation pour l'innovation politique, , 55 et 56 p. (ISBN 978-2-36408-258-8 et 978-2-36408-259-5, lire en ligne).
- Pierre Valentin, Comprendre la révolution woke, Paris, Gallimard, , 224 p. (ISBN 978-2072997488).
Ressources radiophoniques
- Alain Finkielkraut, « Êtes-vous "woke" ? » [audio], émission Répliques (50 min), France Culture, .
- Thomas Legrand, « Le wokisme ou la panique woke ? » [audio], émission En quête de politique (47 min), France Inter, .
Articles connexes
- Black Lives Matter
- Baizuo
- Cancel culture
- Constructivisme social
- Culture afro-américaine
- Gauchisme, islamo-gauchisme
- Gauche régressive
- Religion politique
- Social justice warrior
- Théorie critique, théorie critique de la race
- Vertu ostentatoire
- Veille (vigilance), esprit critique, scepticisme (philosophie)
- Éveil spirituel, réveil spirituel, grand réveil
- Wokefishing, Catfishing
- Studies / Études en sciences sociales
- Études de genre (en anglais : Gender studies)
- Études des sciences (en anglais : Science studies)
- Études des femmes (en anglais : Women's studies)
- Théorie queer (en anglais : Queer theory)
- Mission civilisatrice, Destinée manifeste, Assimilation coloniale, Impérialisme culturel, Occidentalisation
- Culpabilité blanche (White guilt), Privilège blanc
- Backlash (sociologie)
Vidéographie
- [vidéo] Mediapart, « « Wokisme » : pourquoi ce mot est piégé », sur YouTube, .
Liens externes
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Mouvement culturel
- Black Lives Matter
- Antiracisme
- Minorité ethnique
- Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres
- Culture afro-américaine
- Culture LGBT
- Gauche (politique)
- Intersectionnalité
- Consommation
- Société américaine
- Groupe ou mouvement politique aux États-Unis
- Expression ou néologisme politique
- Expression américaine
- Expression argotique
- Idéologie
- Controverse en politique
- Phénomène de mode des années 2020
- Péjoratif politique
