| Le Petit Chaperon rouge | ||||||||
Le Petit Chaperon rouge.Illustration de Jessie Willcox Smith, 1911. | ||||||||
| Auteur | Charles PerraultFrères Grimm | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays | France | |||||||
| Genre | Conte en prose | |||||||
| Éditeur | Claude Barbin | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Date de parution | ||||||||
| Chronologie | ||||||||
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Le Petit Chaperon rouge est un conte de tradition orale d'origine française, classifié comme le conte-type 333 dans la classification Aarne-Thompson.
Il est surtout connu par le biais de deux versions collectées, retranscrites et interprétées par les moralistes Charles Perrault en France et les frères Grimm en Allemagne. Depuis le milieu du XXe siècle, il a fait l'objet de nombreux détournements, opérant notamment un retour aux sources de la tradition orale et populaire du conte.
Versions originelles du conte
Le Petit Chaperon rouge est un conte de la tradition populaire française qui a connu de nombreuses versions au cours de l’histoire et selon les pays où il a été repris. On dénombre une centaine de variantes du conte[1],[2],[3].
Les paysans français racontaient l’histoire dès le XIVe siècle. L'une des versions orales du conte est des plus sanglantes : le loup, arrivé chez la mère-grand, la dévore en gardant toutefois un peu de côté, et prend sa place. La petite fille arrive et, ne se doutant de rien, obéit à la fausse grand-mère lui disant de manger un peu de viande et de boire un peu de vin, en fait la chair et le sang de l'aïeule (la petite fille s'interrogerait même quant aux dents présentes dans la chair, question à laquelle le loup lui répondrait qu'il s'agit de haricots).
Une version de l'histoire du Petit Chaperon rouge est sculptée au palais Jacques-Cœur de Bourges (en France), palais du XVe siècle, ce qui atteste encore de l'ancienneté de ce conte populaire[réf. nécessaire].

On retrouve trace de l’histoire d'un Petit Chaperon rouge dans la tradition orale de nombreux pays européens, sous différentes versions, antérieures au XVIIe siècle. La version écrite la plus ancienne remonte à un poème « De puella a lupellis servata » compris dans le recueil Fecunda ratis, rédigé au Xe siècle par l’écolâtre Egbert de Liège[4], même si le lien entre les deux textes reste discuté[5],[6].
L’anthropologue britannique Jamie Tehrani, de l’université de Durham, a ainsi mené une étude statistique sur 58 variantes du conte en se concentrant sur 72 variables (nombre et sexe des protagonistes, le type d'animal, la fin, les ruses utilisées, etc.)[2] : cette étude présente cependant de nombreux problèmes[5]. Dans certaines des versions les plus anciennes, le Petit Chaperon rouge est un jeune homme déguisé en fille et envoyé par Mère-Grand dans la forêt hostile entourant le village pour tuer le loup. Le conte porte d'abord sur le travestissement et la dissimulation. La couleur du Chaperon servant au travestissement est une référence symbolique au meurtre du Loup. Dans la version italienne, intitulée La Finta Nonna[7] (La Fausse Grand-mère), la petite fille l’emporte sur le Loup grâce à sa propre ruse, sans l’aide d’un homme ou d’une femme plus âgée. Dans cette version également, le conte insiste sur la dissimulation et la ruse.
Le conte du Petit Chaperon rouge est devenu l’un des plus populaires en Europe et dans le monde grâce à la grande versatilité de la situation triangulaire entre le Petit Chaperon rouge, le loup et mère-Grand. Il permettait aux conteurs de proposer différentes variantes en fonction de leur public et de l'objectif visé[3].
Le personnage du chasseur (ou d'un bûcheron, selon les versions), inexistant au départ, n'apparaîtra que dans une des versions les plus tardives du conte, celle des frères Grimm[8], reléguant le Petit Chaperon rouge, qu'il soit homme ou femme, dans un rôle plus passif.
Il existe un conte chinois semblable. Dans celui-ci, c'est la grand-mère qui se rend chez ses trois petites-filles. Elle rencontre le loup, qui, après l'avoir interrogée, la tue et prend son apparence dans le but de tromper et de manger les trois filles. Ces dernières, cependant, finissent par comprendre l'imposture et par tuer le loup par la ruse, même si la grand-mère est tuée. On peut aussi citer des contes coréens comparables, où l'agresseur est un tigre tandis que les victimes sont une mère et ses enfants, au moins un garçon et une fille.
Versions des moralistes
Versions de Charles Perrault

La plus ancienne version retranscrite et figée est celle de Charles Perrault, parue dans Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités le [9]. Cette version est plus malheureuse et plus moralisatrice que celles qui suivront. L’héroïne en est une jeune fille bien élevée, la plus jolie du village, qui court à sa perte en donnant au loup qu’elle rencontre dans la forêt les indications nécessaires pour trouver la maison de sa grand-mère. Le loup mange la vieille dame en se cachant des bûcherons qui travaillent dans la forêt voisine. Il tend ensuite un piège au Petit Chaperon rouge et finit par la manger. L’histoire se termine ainsi, sur la victoire du loup.
- Illustrations de Gustave Doré pour le conte de Charles Perrault, 1862
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« En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup. »
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« Il se jeta sur la bonne femme et la dévora en moins de rien. »
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« Elle était bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé. »
Versions des frères Grimm
Au XIXe siècle, deux versions distinctes furent rapportées par Jacob et Wilhelm Grimm : la première par Jeanette Hassenpflug (de) (1791–1860) et la seconde par Marie Hassenpflug (1788–1856). Les deux frères firent de la première version l’histoire principale et de la seconde une suite. L’histoire de Rotkäppchen (La Capuche rouge) parut dans la première édition de leur collection Kinder- und Hausmärchen (Contes de l'enfance et du foyer, 1812). Dans cette version, la fillette et sa grand-mère sont sauvées par un chasseur qui suivait la piste du Loup. La suite montre la fillette et sa grand-mère piégeant et tuant un autre loup, anticipant ses gestes grâce à l’expérience acquise au cours de la première histoire.
Les frères Grimm modifièrent l’histoire dans les éditions postérieures, jusqu’à atteindre la version la plus connue dans l’édition de 1857. Cette version édulcorée, largement répandue, raconte l’histoire d’une petite fille qui traverse la forêt pour apporter un morceau de galette et du beurre à sa grand-mère. En chemin, la fillette fait la rencontre d’un loup, qui la piège à la fin et la dévore elle et sa grand-mère. Un chasseur vient néanmoins pour les sauver en ouvrant le ventre du Loup. Le Petit Chaperon rouge et sa grand-mère en sortent saines et sauves.
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Le Petit Chaperon rouge par George Frederic Watts.
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Illustration de Otto Kubel vers 1930.
Autres versions
Version d'Henry Cole
En 1843, l'auteur britannique Henry Cole publie sous le nom de Felix Summerly une version différente intitulée Little Red Riding Hood (nom anglais du Petit Chaperon rouge), en collaboration avec John Callcott Horsley[10]. Cette version est très riche en détails. L'histoire se situe en Angleterre, dans le Hampshire, plus précisément dans New Forest. L'auteur prend soin au début de présenter l'héroïne, âgée de huit ans, et les relations qu'elle entretient sa famille. Serviable, elle aide ses parents dans leurs tâches quotidiennes et rend régulièrement visite à sa grand-mère, qui lui offre le fameux chaperon rouge. Un automne, elle part apporter à cette dernière un pot de miel et du beurre. Dans cette version, elle sauve le loup en empêchant des fagotiers de le tuer. Puis, une fois qu'elle indique à l'animal où habite sa grand-mère, elle regrette d'en avoir trop dit, son défaut étant de parfois trop parler. Puis, une fois chez sa grand-mère, elle a des doutes, se demandant si elle a affaire au loup. Cela ne l'empêchera pas de se faire manger... du moins dans la première fin. En effet, l'auteur note que cette fin traditionnelle est douloureuse et que la plupart des enfants ne l'aiment pas. Il en fournit donc une seconde, plus heureuse, qu'il a entendu raconter. Cette fois, l'héroïne hurle alors que le loup la saisit. Alertés, son père et les fagotiers arrivent et tuent l'animal.
Version de Charles Marelles
En 1888, l'auteur français champenois Charles Marelles publie ce qu'il présente comme la véritable version du conte dans La véritable histoire du Petit Chaperon d'Or (dans son recueil Affenschwanz et cetera: variantes orales de contes populaires français et étrangers, paru en 1888)[11]. Dans l'avertissement, l'auteur explique que cette version lui fut dicté en 1880 par l'avocat maître Lucas, de Crésantignes, qui la tenait lui-même d'un maître d'école de Romigny.
De son vrai nom Blanchette, elle doit son surnom au capet couleur d'or et de feu qui la coiffe toujours. Ce petit chaperon est un cadeau de sa grand-mère, femme si ancienne qu'elle a oublié son âge, comme porte-bonheur, le disant fait d'un rayon de soleil. Et comme elle avait la réputation d'être une sorcière, tout le monde pensait l'objet ensorcelé ! Un samedi, la fille, étant autonome, reçoit de sa mère la consigne d'amener à son aïeule un morceau de galette pour qu'elle puisse se régaler le dimanche, avant de revenir immédiatement à la maison, sans parler aux inconnus en chemin. Comme chez Perrault, elle rencontre Compère le loup, à qui elle révèle où habite la dame. Il se rend donc rapidement chez elle mais, se rendant compte qu'elle est absente (elle est partie tôt vendre des herbes au village), il prend sa place dans son lit et enfile ses vêtements.
De son côté, la fille arrive enfin. Le loup ne lui parle pas de chevillette, ni de bobinette : il lui demande simplement de pousser le loquet pour entrer. Il l'invite alors à se glisser dans son lit pour se reposer ; elle obéit, mais garde son chaperon. Alors qu'il se précipite la gueule ouverte pour la manger, elle baisse la tête en appelant sa mère et il ne fait que croquer l'objet ! Il hurle alors de douleur à cause du capet magique qui lui brûle le gosier et tente de s'enfuir ! À ce moment-là, la grand-mère, qui est revenue, reste sur le seuil de sa porte et ouvre grand le sac, dans lequel l'animal s'engouffre sans s'en rendre compte. Le refermant, elle part le vider dans son puits et le loup se noie. Rassurant sa petite fille, elle l'invite à manger de la galette et boire du vin, puis la raccompagne chez sa mère.
Autres versions régionales françaises
Diverses versions ont été rapportes de différentes régions françaises[12] :
Paul Sébillot rapporte un conte similaire ses Contes populaires de la Haute-Bretagne (1880) : Le Rat et la Râtesse[13]. À la fin du conte, il explique :
« La première partie de ce récit, qui se compose de deux contes soudés, se trouve sous une forme plus vive dans la Mort du Rat, Contes populaires de la Haute-Bretagne, n° LV. On peut comparer à ces deux contes : Ce qu'il faut pour coudre la peau d'un rat, conte recueilli dans l'Ardèche par M. [Victor] Smith, et publié en patois dans Mélusine, [en 1978] p. 426, et un conte italien d'Imbriani, analysé par M. Marc Monnier, Contes populaires en Italie, p. 96.
La seconde n'est autre qu'une version campagnarde du Petit Chaperon Rouge. »
Jean-François Bladé publie une version très répandue en Gascogne et en Agenais, Le Loup et l'Enfant, qu'il a entendue à Pergain-Taillac (Gers) et qu'il publie dans ses Contes populaires de la Gascogne[14] dans le troisième volume (1886).
La même année, Achille Millien a publié deux versions entendues dans la Nièvre : l'une entendue à Martin (canton de La Charité) et intitulée Conte de la Mère-Grand, l'autre à Montigny-aux-Amognes. Elles sont toutes deux publiées dans la revue folklorique Mélusine : revue de mythologie, littérature populaire, traditions et usages[15], au milieu d'autres versions régionales.
Traductions notables
Les versions de Perrault et de Marelles ont été traduites en anglais et figurent respectivement dans The Blue Fairy Book (1889) et The Red Fairy Book des époux Leonora et Andrew Lang[16].
Critique et interprétations
Il s'agit d'un conte-type 333 selon la classification Aarne-Thompson[17].
Nature du chaperon
Le chaperon que porte Le Petit Chaperon rouge est, à l’époque de Charles Perrault, une coiffure féminine[18] populaire et bourgeoise, mais déjà démodée. La chose est naturelle : le costume des enfants des classes aisées du XVIIe siècle se caractérise par son archaïsme et ses emprunts aux modes populaires. Ce petit chaperon rouge serait donc la marque du désir des protagonistes villageois de se distinguer socialement, un signe de l’affection de la mère et de la grand-mère pour leur ravissante petite fille[19]. Certains chercheurs (notamment Pierre Saintyves) ont vu dans le chaperon rouge une couronne de fleurs, ce qui ferait de l'héroïne une reine de Mai (en), personnage du folklore populaire. Cette interprétation est critiquée par les comparatistes qui font remarquer que les différentes versions du conte n'insistent pas toutes sur ce trait qui paraît avoir été mis en exergue (voire inventé) par Perrault et les frères Grimm[17].
Il faut aussi savoir que les frères Grimm ont essentiellement recensé les contes dans le Land de Hesse, où le costume traditionnel porté par les femmes comporte une petite coiffe de velours qui changeait de couleur selon l'âge et la condition de sa propriétaire : rouge pour les enfants et les jeunes filles, vert pour les femmes mariées, et noire pour les veuves. Il n'est donc pas étonnant que la grand-mère ait coiffé ainsi sa petite-fille[réf. souhaitée].
La couleur rouge
La couleur rouge arborée par le Petit Chaperon a parfois été interprétée, notamment par Paul Delarue, Marc Soriano et Yvonne Verdier comme un détail de la version de Charles Perrault[6]. Toutefois sa présence dans le surnom même de l'enfant, et donc dans le titre du conte suggère au contraire un choix délibéré[6],[20].
La couleur rouge pourrait faire écho à plusieurs pratiques et coutumes en vigueur à l'époque de la création du conte. Il était fréquent à la campagne de faire porter aux enfants un vêtement de couleur rouge afin de faciliter leur surveillance, une pratique attestée encore jusqu'au XIXè siècle (par exemple dans le poème La légende de la Nonne, de Victor Hugo : « Enfants, voici des bœufs qui passent, cachez vos rouges tabliers »)[20]. Une autre coutume est celle, pour les jeunes filles ou les jeunes femmes, du port d'une robe rouge lors des jours de fêtes, cette couleur étant la mieux maîtrisée par les teinturiers ruraux[20]. Le rouge est également associé à la Pentecôte qui est explicitement mentionnée dans plusieurs versions anciennes du Petit Chaperon rouge (deux versions mentionnent que l'histoire se passent le jour de la Pentecôte, une autre que le personnage est né le jour de la Pentecôte)[20]. Plus généralement, le rouge est traditionnellement en Europe une couleur protectrice contre le mal : par exemple, dans la Chanson des Nibelungen, le héros Siegfried aborde une cape (Tarnkappe) rouge qui le rend invisible ; cette tradition pourrait se retrouver dans la couleur rouge du chaperon, qui aurait toutefois, dans cet exemple précis, perdu son efficacité[20].
Une interprétation donnant au rouge une connotation sexuelle, a été proposée par le psychanalyste Bruno Bettelheim[21], mais est contestée par l'historien des couleurs Michel Pastoureau : au Moyen-Âge comme au XVIIe siècle, c'était le vert qui était associé à la sexualité et, dans cette interprétation, le Petit Chaperon rouge aurait alors dû être un « Petit Chaperon vert »[20].
Pour Michel Pastoureau, la couleur rouge du chaperon est plus généralement complétée par la couleur noire du loup et la couleur blanche du petit pot de beurre pour former une triade blanc-rouge-noir présente dans de nombreux autres contes ou fables de la période[20]. Ainsi, dans Blanche-Neige, la protagoniste est associée à la couleur blanche, tandis que la méchante reine est vêtue de noir et l'empoisonne avec une pomme rouge ; dans le Corbeau et le Renard, le corbeau et le renard sont respectivement associés au noir et au rouge, tandis que le fromage que tient le corbeau est associé au blanc[20].
Possibles significations du conte
Le conte du Petit Chaperon rouge pourrait être un conte d'avertissement visant à éloigner les enfants des forêts, qui abritent au Moyen-Âge de nombreux loups. Cette interprétation, proposée notamment par les folkloristes Marianne Rumpf (de) et Paul Delarue, est soutenue par l'existence, dans le manuscrit écrit par Perrault en 1695, d'une annotation précisant que le passage « C'est pour te manger » devait être lu « d'une voix forte pour faire peur à l'enfant comme si le loup l'allait manger » ; cette annotation disparut de la version publiée en 1697[6].
Certains auteurs proposent également une analyse moins directe du conte, au moins dans les versions de Perrault et des Frères Grimm.
Le psychanalyste Bruno Bettelheim propose de multiples interprétations : opposition du plaisir et de la réalité (le loup se travestit pour arriver à ses fins) ; thème de la renaissance avec la délivrance du ventre du Loup présente dans la version des frères Grimm ; thème de la séduction du Loup et du Bucheron (chez les frères Grimm), symbolisée par le bonnet de velours rouge offert au Petit Chaperon rouge par sa grand-mère[21]. La plupart de ces interprétations sont toutefois contestées sur des bases historiques. Certaines versions du conte incluent un héros de sexe masculin[22]. L'historien des couleurs Michel Pastoureau rappelle également que la signification des couleurs était différente lors de la rédaction du conte : au Moyen-Âge comme au XVIIe siècle, c'était le vert qui était associé à la sexualité. Le rouge avait une connotation religieuse, voire de protection[20].
Le sociologue américain Jack Zipes, de l’université de Minnesota, germaniste spécialiste des contes de fées, propose une lecture darwinienne du conte, qui pose la question de manger ou être mangé[23]. Jack Zipes, comme dans les versions originelle du conte, interprète le conte comme un art vivant de la subversion[24] mélangeant ruses, arnaques et dissimulations.
Détournements des versions officielles et retour aux sources du conte



L'histoire du Petit Chaperon rouge, dans la version moralisatrice de Charles Perrault, a été maintes fois détournée, dans les livres, les films ou encore les dessins animés. Cette entreprise de détournement peut être vue dans certains cas comme un retour aux sources médiévales du conte.
Théâtre
Le conte a inspiré à Alphonse Daudet sa comédie Le roman du Chaperon-Rouge[25] (1862)[12].
Pierre Henri Cami propose un détournement avec Le petit chaperon vert, intégré dans son recueil L'Homme à la tête d'épingle[26] (1913)[12].
Le Procès du Loup, écrite par Žarko Petan (1986)[27], est une suite du conte où le loup, arrêté, se retrouve jugé dans un tribunal.
Cinéma
L'un des plus célèbres détournements est celui réalisé par Tex Avery dans Red Hot Riding Hood en 1943 : le Loup est un prédateur sexuel, Mère-Grand est l'heureuse résidente du dernier étage d'un gratte-ciel et le Petit Chaperon rouge travaille dans un Night club d'Hollywood. Vamp préfigurant la future Marilyn Monroe, le Petit Chaperon rouge rend le Loup fou. Ce dernier tente d'attirer le Petit Chaperon rouge qui décline fermement l'invitation avant de se réfugier chez Mère-Grand, attirant le Loup à sa poursuite. Il se trouve que Mère-Grand, dame pourtant d'un certain âge, se révèle être particulièrement friande de loups vigoureux. Piégé dans le loft de Mère-Grand, le Loup finit par se jeter du haut du gratte-ciel pour échapper aux baisers dégoulinants de l'épais rouge à lèvres d'une Mère-Grand toute vêtue de rouge. Le Loup croise à nouveau le Petit Chaperon rouge et se suicide à sa vue. Le dessin animé de Tex Avery fut censuré dans un premier temps, sauf pour les G.I.'s qui purent le voir en intégralité grâce à la demande de certains de leurs officiers[28].
Dans Little Rural Riding Hood (1949), la situation du Loup empire : il est massacré par un Petit Chaperon rouge de la campagne, puis humilié par un cousin Loup de la ville devant un Petit Chaperon rouge citadin.
La versatilité du conte n'avait pas échappé au réalisateur de film d'animation américain. Ainsi, dans le livre The 50 Greatest Cartoons, écrit par l'historien du cinéma d'animation Jerry Beck (en), trois dessins animés réalisés par Tex Avery apparaissent dans le top 50 des meilleurs dessins animés de tous les temps : Red Hot Riding Hood (7e), Bad Luck Blackie (15e) et Little Rural Riding Hood (22e). Un grand classique des marionnettes pour enfants rassemble en une seule création les trois personnages du Petit Chaperon rouge, du Loup et de Mère-Grand, permettant aux enfants d'intervertir les rôles dans un jeu triangulaire sans fin[pas clair].
En 1996, le film Freeway revisite l'histoire du Petit Chaperon rouge en mêlant thriller, drame et humour noir.
Dans le registre de l'espionnage et plus récemment, dans La Revanche du Petit Chaperon rouge (2011) de Mike Disa, le Petit Chaperon rouge, le Loup, et la Mère-Grand dirigent une agence d'espionnage ultramoderne. Ce long-métrage est la suite de La Véritable Histoire du Petit Chaperon rouge (titre anglais : Hoodwinked!), sorti en 2005.
Télévision
Le conte a également servi de référence dans le domaine de l'espionnage. Dans Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers), le personnage de Mère-Grand (Grandmother ou Mother selon les épisodes) est le chef excentrique, mais handicapé et se déplaçant en chaise roulante, d'un service de contre-espionnage très britannique. À la DGSE, Mère-Grand est le surnom d'une figure historique du service, ayant dirigé la Direction du renseignement, responsable des agents de renseignement et d'influence[29],[source insuffisante].
Dans Once Upon a Time (2011–2018), le Petit Chaperon Rouge est en fait un loup-garou (le Loup), qui ne reprend sa forme humaine qu’en se couvrant d’un manteau rouge magique.
Titre dans d'autres langues
- Albanais : Kesule kuqja
- Allemand : Rotkäppchen
- berbère : ⵝⴰⵇⵞⵉⵛⵝ ⵙⵝⵇⵍⵎⵄⵜⵙ ⵝⴰⵣⴳⴰⵘⵝ (Ṯaqčicṯ Sṯqlmʿts Ṯaẓgaɣṯ)
- anglais : Little Red Riding Hood
- arabe : لَيْلَى وَٱلذِّئْب (laylā waḏ-ḏiʔb)
- arménien : Կարմիր գլխարկը (Karmir glxarkə)
- Basque : Txano Gorritx
- Breton : Kabellig ruz
- Bulgare : Червената шапчица (Tchervenata chaptschitsa)
- Catalan : La caputxeta vermella
- Chinois : 小紅帽 / 小红帽,
- Coréen : 빨간 모자 (Ppalgan Moja)
- Croate : Crvenkapica
- Danois : Den lille Rødhætte
- Espagnol : Caperucita Roja
- Espéranto : Ruĝkufuletino
- Estonien : Punamütsike
- Finnois : Punahilkka
- Galicien : Carrapuchiña vermella
- Gallois : Hugan Fach Goch
- Géorgien : წითელქუდა (Citelk'uda)
- Grec : Η Κοκκινοσκουφίτσα (I Kokkinoskufítsa)
- Hébreu : כיפה אדומה (Kippah Addumah)
- Hindi : नन्हि लल छुन्नि (Nanhi Lal Chunni)
- Hongrois : Piroska és a farkas
- Indonésien : Si Tudung Merah
- Islandais : Rauðhetta og úlfurinn
- Italien : Cappuccetto Rosso
- Japonais : 赤ずきん (あかずきん) (Aka Zukin)
- Kurde : کیژە گچکەلە كلاو سورەکە
- Latin : Lacernella Rubra
- Letton : Sarkangalvīte
- Lituanien Raudonkepuraitė
- Néerlandais : Roodkapje
- Norvégien : Rødhette og ulven
- Occitan : Lo Capaironet Roge
- Persan : شنل قرمزی (Shenel qermezî)
- Polonais : Czerwony Kapturek
- Portugais : O Capuchinho Vermelho (au Portugal) ou Chapeuzinho Vermelho (au Brésil)
- Roumain : Scufița roșie
- Russe : Красная Шапочка (Krasnaia Chapotchka)
- Slovaque : Červená Čiapočka
- Slovène : Rdeča kapica
- Serbe : Crvenkapica ou црвенкапица
- Suédois : Lilla Rödluvan
- Ukrainien: Червона Шапочка (Tchervona Chapotchka)
- Tchèque : Červená Karkulka
- Turc : Kırmızı Başlıklı Kız
- Vietnamien : Cô bé quàng khăn đỏ
Discographie (d'après Alan Kelly)
Il existe un enregistrement de 78 tours cher E.Berliner's Gramophone (catalogue allemand)
| Num. catalogue | Matrice | Date | Titre | Compositeur | Lieu d'enregistrement |
|---|---|---|---|---|---|
| 48014 | 710B | 06?-1901 | Rotkäppchen, Polka[30] | Gustave Adolph Kerker | Munich |
Notes et références
- ↑ « l'-origine-du-conte-du-petit-chaperon-rouge-devoilee-grace-a-une-methode-inedite »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)
- (en) Jamshid J. Tehrani, « The Phylogeny of Little Red Riding Hood », PLoS ONE, t. 8, no 11, (lire en ligne), e78871.
- Catherine Veley-Vallantin, Histoire des contes, Fayard,
- ↑ (en) J.M. Ziolkowski, « A fairy tale from before fairy tales : Egbert of Liege’s “De puella a lupellis seruata” and the medieval background of “Little Red Riding Hood” », Speculum, 1992, no 67, p. 549–575.
- Patrice Lajoye, Julien d'Huy et Jean-Loïc Le Quellec, « Comments on Tehrani (2013) - NMC », sur nouvellemythologiecomparee.hautetfort.com (consulté le )
- Jacques Berlioz, « Un Petit Chaperon Rouge Médiéval? «La Petite Fille Épargnée Par Les Loups» Dans La "Fecunda Ratis" D'egbert De Liège (début Du Xie Siècle) », Merveilles & contes, vol. 5, no 2, , p. 246–263 (ISSN 0898-154X, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « LA FINTA NONNA (LA FAUSSE GRAND-MÈRE) », sur www.octopusmag.fr, (consulté le ).
- ↑ « Mise en parallèle des trois versions ».
- ↑ Contes de Charles Perrault, Encyclopaedia Universalis, , p. 6.
- ↑ Lire en ligne sur Wikisource (en anglais).
- ↑ Charles Marelles, Affenschwanz et cetera: variantes orales de contes populaires français et étrangers, 1888, p. 5 pour l'avertissement et 39 pour le début du conte (lire en ligne).
- Annie Collognat et Marie-Charlotte Delmas, Les Contes de Perrault dans tous leurs états, Éditions Omnibus,
- ↑ Paul_Sébillot, Le Rat et la Râtesse, dans Contes populaires de la Haute-Bretagne (lire en ligne).
- ↑ Jean-François_Bladé, Peau-d’Âne, dans Contes populaires de la Gascogne, t. 3, p. 189 (lire en ligne, p. 201 sur le site).
- ↑ Achille_Millien, Conte de la Mère-Grand, dans Mélusine : revue de mythologie, littérature populaire, traditions et usages, pp. 352 et 428 (lire en ligne ici et ici).
- ↑ Little Red Riding-hood, dans The Blue Fairy Book (lire en ligne en anglais) et The True History of Little Goldenhood, dans The Red Fairy Book (lire en ligne en anglais).
- P. Delarue, p. 373 sq.
- ↑ Le chaperon est une capuche qui couvre le cou et les épaules.
- ↑ Charles Perrault, Contes (introduction, notices et notes de Catherine Magnien), Éditions Le Livre de Poche classique
- Michel Pastoureau, Rouge: histoire d'une couleur, Seuil, (ISBN 978-2-02-118033-6)
- Bruno Bettelheim explique le petit chaperon rouge, Insuf-FLE.
- ↑ Version du Bas-Poitou intitulée Boudin-Boudine collectée par Geneviève Massignon et publiée dans De bouche à oreilles (Berger-Levrault, coll. Territoires, 1983 (ISBN 2-7013-0520-9)). Le « petit gars » apporte à sa grand-mère des boudins de la truie que ses parents viennent de tuer.
- ↑ Jack Zipes, The Trials and Tribulations of Little Red Riding Hood, Jack Zipes,
- ↑ Jack Zipes, Les contes de fées et l’art de la subversion, Jack Zipes,
- ↑ Alphonse_Daudet, Le roman du Chaperon-Rouge (lire en ligne)
- ↑ Pierre_Henri_Cami, Le petit chaperon vert, dans L'Homme à la tête d'épingle (lire en ligne ici tout le recueil ou ici dans sa version illustrée par Chantal Cazin).
- ↑ « Žarko Petan », sur Les Archives du spectacle
- ↑ « Secret Cinema présente Romeo + Juliette Critique », sur www.site-image.eu, (consulté le ).
- ↑ Pierre Siramy, 25 ans dans les services secrets, Flammarion (lire en ligne)Cette source ne permet pas de confirmer l'information qui précède.
- ↑ (ru) « Rotkaeppchen, polka », sur Мир русской грамзаписи. The World of Russian Records (consulté le )
Voir aussi
- Psychanalyse des contes de fées : analyse psychanalytique du conte.
Bibliographie
- Bruno Bettelheim, The uses of Enchantment, 1976, Psychanalyse des contes de fées, traduction française 1976, édition citée : Hachette Littératures, 1998, (ISBN 201278898X)
- P. Delarue et M.-L. Tenèze, Le Conte populaire français, 1976-1985, (ISBN 270681277X)
- (de) Hans Ritz, Die Geschichte von Rotkäppchen. Ursprünge, Analysen, Parodien eines Märchens, Kassel 2013, Édition augmentée.
- (de) Hans Ritz, Bilder vom Rotkäppchen. Das Märchen in 200 Illustrationen und Karikaturen, Kassel 2007, Édition augmentée.
- Serge Martin, Les Contes à l'école. Le(s) petit(s) chaperon(s) rouge(s), éd. Bertrand-Lacoste, 1997.
- Bruno de La Salle, Le Conteur amoureux, éd. du Rocher, 2007.
- Catherine Velay-Vallantin, « Entre fiction et réalité : Le Petit Chaperon rouge et la Bête de Gévaudan », Gradhiva : revue d'histoire et d'archives de l'anthropologie, no 17, , p. 111-126 (lire en ligne).
- Catherine Velay-Vallantin, « Le conte mystique du Petit Chaperon rouge : la Bête du Gévaudan et les « inutiles au monde » », Féeries, no 10, , p. 27-58 (lire en ligne).
- (en) Catherine Velay-Vallantin, « Little Red Riding Hood as Fairy Tale, Fait-divers, and Children's Literature : The Invention of a Traditional Heritag », dans Nancy L. Canepa (dir.), Out of the Woods : The origins of the Literary Fairy Tale in Italy and France, Detroit, Wayne State University Press, , 363 p. (ISBN 0-8143-2687-0), p. 306-351.
- Catherine Velay-Vallantin, « Quand le conte s'anime. Où le Petit Chaperon rouge et le loup ont rendez-vous au cabaret de Tex Avery », La Grande Oreille, Revue des arts de la parole, n°26, décembre 2005, p. 30-37.
- Catherine Velay-Vallantin, « Le Petit Chaperon rouge entre vices et sévices », La Grande Oreille. La revue des arts de la parole, n° 45, mars 2011, p. 64-65.
Textes complets sur Wikisource
Charles Perrault
Les frères Grimm
- Le Petit Chaperon rouge (Rothkaeppchen)
- Le Petit Chaperon rouge, Contes de l'Enfance et du Foyer, des frères Grimm, traduction Charles Deulin
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Exposition virtuelle sur le site de la BNF
- (de) Rotkäppchen : textes originaux en allemand sur Wikisource
- Traduction de la version anglaise de Walter Crane.
- Épisode 3 : Barbe Bleue et le Petit Chaperon rouge (audio : 29 minutes) dans l'émission Les lectures baroques d'Eugène Green diffusée sur France Culture
- Le petit chaperon rouge : en argot à la manière de Pierre Devaux (1901-1966) (78 tours numérisé / audio : 4 minutes 41 secondes), parodie du conte de Perrault racontée par Yves Deniaud sur le site de la Médiathèque Musicale de Paris
- Le petit chaperon rouge et autres contes de Charles Perrault en version audio par Romy Riaud
