2e rangée : Lilly Smith, Walini, Marcia Pascal.
3e rangée : Lillian Gross, William Penn Adair (en), Thomas M. Cook.
| |
215 632 (2015)[1] |
|---|---|
| |
127 332 (2015)[1] |
| Population totale | 1 108 037 (2015)[1] |
| Langues | Anglais, cherokee |
|---|
Les Cherokees[2] (en cherokee : á ááŽá«áŻ (a-ni-yv-wi-ya)), sont un peuple autochtone dâAmĂ©rique du Nord qui habitait dans lâEst et le Sud-Est des Ătats-Unis avant dâĂȘtre forcĂ© Ă se dĂ©placer vers le plateau dâOzark. Les ethnologues estiment quâil existe aujourdâhui entre cinq et sept millions de personnes descendant des Cherokees.
Actuellement, les principales communautĂ©s sont la Nation Cherokee et lâUnited Keetoowah Band of Cherokee Indians (en) en Oklahoma et lâEastern Band of Cherokee Indians (en) en Caroline du Nord.
La nation est également représentée en Géorgie, en Alabama, en Arkansas, dans le Missouri et dans le Tennessee.
Pour certains, le cĆur spirituel de la nation est la Keetoowah Nighthawk Society.
Ătymologie
[modifier | modifier le code]Ă lâorigine, les Cherokees sâauto-dĂ©signaient Aniyvwiya, mais Ă©taient appelĂ©s par les Creeks Tsalagi, nom quâeux-mĂȘmes ont adoptĂ© et dĂ©formĂ© au cours du temps en Cha-ra-gi et en Cherokee.
Histoire
[modifier | modifier le code]Selon leur tradition orale, les Cherokees, parlant une langue iroquoienne, auraient migrĂ© vers le Sud-Est des Ătats-Unis depuis la rĂ©gion des Grands Lacs, oĂč lâon retrouve diffĂ©rents peuples iroquois[3]. LâarchĂ©ologie ne permet pas de les distinguer des autres peuples autochtones pendant cette longue pĂ©riode.
De 1736 Ă 1743, lâutopiste allemand Christian Priber se rend en territoire cherokee et organise en tant que « premier ministre » la rĂ©sistance autochtone face aux Treize Colonies. Ă cette Ă©poque, les Cherokees sont dĂ©jĂ christianisĂ©s, en partie mĂ©tissĂ©s et font partie de lâorganisation dite des « Cinq tribus civilisĂ©es ».
Ă lâĂ©poque de la guerre d'indĂ©pendance des Ătats-Unis, les violations rĂ©pĂ©tĂ©es des traitĂ©s par les colons poussent une minoritĂ© de Cherokees à « prendre le sentier de la guerre ». Ces dissidents, nommĂ©s les Chickamaugas et menĂ©s par le chef Dragging Canoe, sâallient avec les Chaouanons et les Britanniques pour mener des raids contre les Ă©tablissements des colons amĂ©ricains.
John Ross (Koowescoowe en langue cherokee) est un des personnages importants dans lâhistoire de la nation cherokee. Son pĂšre Ă©migre dâĂcosse avant la rĂ©volution amĂ©ricaine. Sa mĂšre, Ă©galement fille dâĂcossais, possĂšde un quart de sang cherokee. John Ross commence sa carriĂšre publique en 1809. Comme lâautorise la constitution de lâĂ©poque, la Nation Cherokee est créée en 1820, avec des reprĂ©sentants officiels Ă©lus ; John Ross est nommĂ© chef de la nation en 1828, et le reste jusquâĂ sa mort.


Les Cherokees ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de force de leurs terres ancestrales vers le Territoire indien en Oklahoma, principalement Ă cause de la ruĂ©e vers l'or aux environs de Dahlonega dans les annĂ©es 1830. La dĂ©portation du peuple cherokee porte le nom de Piste des Larmes. Une fois arrivĂ©s dans ce territoire moins fertile, aux eaux plus rares et au climat plus contrastĂ© que leur terre d'origine des Carolines et du nord de la GĂ©orgie, les tensions sâaggravent et la suspension de la « Loi du Sang » cherokee est ignorĂ©e. Le , aprĂšs lâajournement dâune assemblĂ©e tribale, plusieurs des plus importants signataires du TraitĂ© de New Echota sont assassinĂ©s, y compris le rapporteur de la « Loi du Sang », Major Ridge, ainsi que John Ridge et Elias Boudinot. Câest le dĂ©but dâune guerre civile de 15 ans parmi les Cherokees. Un des survivants notables, Stand Watie, devient gĂ©nĂ©ral confĂ©dĂ©rĂ© pendant la guerre de SĂ©cession. Les Cherokees sont une des Cinq tribus civilisĂ©es qui ont signĂ© des traitĂ©s, et ont Ă©tĂ© reconnus par les Ătats confĂ©dĂ©rĂ©s d'AmĂ©rique.
Des Cherokees, dans lâouest de la Caroline du Nord, ont servi au sein de la « Thomas' Legion », une unitĂ© dâenviron 1 100 hommes dâorigine cherokee et europĂ©enne, combattant principalement en Virginie, oĂč leur rĂ©ussite est impressionnante. La « Thomas' Legion » fut la derniĂšre unitĂ© confĂ©dĂ©rĂ©e Ă se rendre en Caroline du Nord, Ă Waynesville, le .
Avant la guerre de SĂ©cession, les Cherokees, comme dâautres peuples autochtones du Sud des Ătats-Unis, avaient des esclaves. Initialement issus dâautres tribus amĂ©rindiennes vaincues par les Cherokees, ils ont pu aussi ĂȘtre dâorigine africaine et issus du commerce triangulaire. Les esclaves ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s Ă la fin de la guerre, mais nombre d'entre eux sont alors restĂ©s dans les nations oĂč ils vivaient, et se sont mĂ©tissĂ©s.
Les Cherokees dâOklahoma ont perdu le droit dâĂ©lire leur propre chef en 1907 lorsque lâOklahoma est devenu un Ătat, peuplĂ© par les colons. Divers dirigeants sont dĂ©signĂ©s par les prĂ©sidents jusquâen 1970, lorsque les Cherokees ont rĂ©cupĂ©rĂ© le droit dâĂ©lire leur gouvernement, par Ă un dĂ©cret du CongrĂšs signĂ© par le prĂ©sident Richard Nixon. W. W. Keeler a Ă©tĂ© le premier chef Ă©lu des Cherokees dâOklahoma, il a Ă©tĂ© aussi prĂ©sident de Phillips Petroleum. Ross Swimmer, Wilma Mankiller, Joe Byrd et actuellement Chad Smith lui ont succĂ©dĂ©.
Le , le Conseil tribal de la Nation cherokee dĂ©finit officiellement le mariage comme une union entre un homme et une femme, mettant de fait hors la loi le mariage homosexuel. Cette dĂ©cision rĂ©pond Ă une demande dâunion dâun couple lesbien dĂ©posĂ©e le . Le chef Chad Corntassel Smith explique que le motif principal de cette dĂ©cision est dâhomogĂ©nĂ©iser la lĂ©gisation de la Nation cherokee avec celle de lâĂtat dâOklahoma, traditionnellement basĂ©e sur la Bible (lâOklahoma fait partie de la « Bible Belt »). Dans le mĂȘme Ă©tat dâesprit, dĂ©but , les Cherokees ont votĂ© en majoritĂ©, Ă 77 %, pour lâexpulsion des descendants dâanciens esclaves afro-amĂ©ricains de leur nation s'ils ne peuvent prouver une ascendance amĂ©rindienne[4],[5].
Comme toutes les nations amĂ©rindiennes officiellement reconnues par le gouvernement des Ătats-Unis, les Cherokees bĂ©nĂ©ficient dâavantages et de subventions, et les critiques ne voient dans ce scrutin quâune façon dâĂ©carter de ces avantages ceux qui ne sont pas de « pur sang » autochtone, « pur sang » dâailleurs mythique puisque le mĂ©tissage (mais avec des blancs) a commencĂ© au XVIIIe siĂšcle.
Démographie
[modifier | modifier le code]| Ăvolution de la population | ||
|---|---|---|
| Année | Pop. | ±% |
| 1990 | 369 035 | â |
| 2000 | 729 533 | +97.7% |
| 2010 | 819 105 | +12.3% |
| 2015 | 1 108 037 | +35.3% |
| Source : [6],[7],[8],[1] | ||
Langues
[modifier | modifier le code]Mariage
[modifier | modifier le code]Avant le XIXe siĂšcle, la polygamie Ă©tait courante chez les Cherokee, en particulier chez les hommes d'Ă©lite[9]. La culture matrilinĂ©aire signifiait que les femmes contrĂŽlaient la propriĂ©tĂ©, comme leurs logements, et que leurs enfants Ă©taient considĂ©rĂ©s comme nĂ©s dans le clan de leur mĂšre, oĂč ils obtenaient un statut hĂ©rĂ©ditaire. Son frĂšre aĂźnĂ© Ă©tait pour ses fils un mentor plus important que leur pĂšre, qui appartenait Ă un autre clan. Traditionnellement, les couples, en particulier les femmes, peuvent divorcer librement[10].
RĂŽles de genre
[modifier | modifier le code]Les hommes et les femmes ont historiquement joué des rÎles importants, mais parfois différents, dans la société Cherokee. Historiquement, les femmes ont été principalement cheffes de famille, propriétaires de la maison et de la terre, exploitantes des terres familiales et «mÚres» des clans. Comme dans de nombreuses cultures autochtones, les femmes Cherokee sont honorées en tant que donneuses de vie[11]. En tant que donneuses et nourriciÚres de la vie via l'accouchement et la culture de plantes, et en tant que dirigeantes communautaires en tant que clan mÚres, les femmes sont traditionnellement des leaders communautaires dans les communautés Cherokee. Certaines ont servi comme guerriÚres, à la fois historiquement et dans la culture contemporaine, lors du service militaire. Les femmes Cherokee sont considérées comme des gardiennes de la tradition et responsables de la préservation de la culture[12].
Esclavage
[modifier | modifier le code]L'esclavage était une composante de la société Cherokee avant la colonisation européenne, car ils réduisaient fréquemment en esclavage les captifs ennemis capturés pendant les périodes de conflit avec d'autres tribus indigÚnes[9]. Par leur tradition orale, les Cherokee considéraient l'esclavage comme le résultat de l'échec d'un individu à la guerre et comme un statut temporaire, en attendant la libération ou l'adoption de l'esclave dans la tribu[13].
Communautés
[modifier | modifier le code]Le gouvernement amĂ©ricain reconnait trois entitĂ©s au sein de ce qui peut ĂȘtre dĂ©fini comme la "nation cherokee"[14].
| CommunautĂ©s | Membres[15],[16] | Territoire | Ătat | Population[17] |
|---|---|---|---|---|
| Nation Cherokee | 299 862 | Cherokee OTSA | 511 793 | |
| United Keetoowah Band (en) | 14 300 | |||
| Eastern Band (en) | 13 000 | Qualla Boundary (en) | 9 796 |
Langue et alphabet
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Les Cherokee parlent une langue iroquoienne polysynthĂ©tique, le Tsa-la-gi qui sâĂ©crit grĂące Ă un syllabaire inventĂ© par Sequoyah. Pendant des annĂ©es, beaucoup de gens transcrivaient en alphabet latin ou utilisaient des polices peu adaptĂ©es pour Ă©crire le syllabaire sur les outils informatiques. Cependant, aprĂšs lâajout rĂ©cent des syllabes cherokee Ă Unicode, la langue cherokee est en train de vivre une renaissance de son utilisation sur Internet. Il existe un Wikipedia en cherokee.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) « Cherokee tribal grouping alone or in any combination », sur factfinder.census.gov (consulté le ).
- â Ăcrit le plus souvent «âŻCherokeesâŻÂ» dâaprĂšs lâorthographe anglaise, mais aussi plus rarement «âŻTchĂ©rokĂźs, ChĂ©rokĂźs, ChĂ©rakis, CheraquisâŻÂ» ou « ChĂ©rokĂ©esâŻÂ» en français.
- â Mooney 1902.
- â « Les Noirs exclus par les Cherokees », sur liberation.fr, (consultĂ© le ).
- â (en) Alex Kellogg, « Cherokees Face Scrutiny For Expelling Blacks », sur NPR.org, (consultĂ© le )
- â https://www2.census.gov/library/publications/decennial/1990/cp-3-7/cp-3-7-1.pdf
- â https://www.census.gov/prod/2002pubs/c2kbr01-15.pdf
- â (en) « The American Indian and Alaska Native Population: 2010 » [PDF], sur census.gov, US Census Bureau, .
- Perdue (1999), p. 176
- â Perdue (1999), pp. 44, 57-8
- â Jamie Myers Mize, Sons of Selu : masculinitĂ© et pouvoir genrĂ© dans la sociĂ©tĂ© Cherokee, 1775-1846 (thĂšse),
- â Margaret Connell-Szasz et Theda Perdue, « Femmes Cherokee : changement de genre et de culture, 1700-1835 », The American Historical Review, vol. 104, no 5,â , p. 1659 (DOI 10.2307/2649389, JSTOR 2649389)
- â Russell (2002) p70
- â Susanne Berthier-Foglar, « Lionel LarrĂ©, Histoire de la nation cherokee. Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection Parcours Universitaire, 2014 », Transatlantica. Revue dâĂ©tudes amĂ©ricaines. American Studies Journal, no 2,â (ISSN 1765-2766, lire en ligne, consultĂ© le )
- â (en) « Oklahoma Indian nations pocket pictorial directory », sur digitalprairie.ok.gov (consultĂ© le )
- â (en) « NC DOA : NC Tribal Communities », sur ncadmin.nc.gov (consultĂ© le )
- â (en) « My Tribal Area », sur census.gov (consultĂ© le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Duane H. King, The Cherokee Indian nation : a troubled history, Knoxville, University of Tennessee Press, , 256 p. (ISBN 978-0-87049-227-3, OCLC 4194151, lire en ligne).
- (en) Thomas E. Mails, The Cherokee people : the story of the Cherokees from earliest origins to contemporary times, Tulsa, Council Oak Books, , 368 p. (ISBN 978-0-933031-45-6, OCLC 26660971, lire en ligne).
- (en) James Mooney, Myths of the Cherokee, Washington, (lire en ligne).
- Russell Thornton (trad. Judith Gross et Odile Rincklin), Les Cherokees, Monaco, Ăditions du Rocher, coll. « Nuage rouge », , 313 p. (ISBN 978-2-268-02722-7, OCLC 38238144).
- Bernard Vincent, Le sentier des larmes : le grand exil des Indiens Cherokees, Paris, Flammarion, , 250 p. (ISBN 978-2-08-210113-4, OCLC 401601493).
- Lionel Larré, Histoire de la nation cherokee, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, (ISBN 9782867819292)
