l'appellation « Saumon » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Taxons concernés
Plusieurs espÚces de la famille des salmonidés
parmi les genres :
« Saumon » est un nom vernaculaire ambigu désignant chez les francophones plusieurs espÚces de poissons de la famille des salmonidés :
- huit espÚces classées dans le genre Oncorhynchus, qui vivent dans le nord de l'océan Pacifique et son bassin versant ;
- deux espÚces du genre Hucho, qui vivent dans le bassin du Danube ainsi qu'en Sibérie ;
- une espÚce du genre Salmo, qui vit dans le nord de l'océan Atlantique et son bassin versant.

La majorité des saumons remontent (autrefois par millions) les riviÚres vers les sources pour aller pondre (anadromie). La plupart des adultes meurent aprÚs la ponte. Leurs millions de cadavres ainsi que les saumons mangés par les animaux sauvages (ours notamment[1]) lors de leur remontée sont une source importante d'oligoéléments d'origine marine, favorable à la biodiversité[2]. AprÚs l'éclosion en eau douce, les jeunes migrent vers l'océan jusqu'à leur maturité sexuelle. D'autres sont exclusivement dulçaquicoles, soit en raison d'un isolement géographique (saumons des Grands Lacs, saumons Kokanee ou Ouananiche), soit parce qu'ils fréquentent des bassins fluviaux de trÚs grande taille (bassins du Danube, de la Volga, de la Petchora, de la Iana et de l'Amour).
Il Ă©tait autrefois trĂšs commun dans une grande partie de l'hĂ©misphĂšre nord. Depuis la rĂ©volution industrielle et agricole, les populations de saumons sauvages sont en rĂ©gression constante. Il a aujourd'hui quasiment disparu de lâocĂ©an Atlantique[3].
En 2013, 90 scientifiques spĂ©cialistes du saumon nord-atlantique ont alertĂ© les reprĂ©sentants de treize pays, de trois organisations intergouvernementales et de seize gouvernements non-membres du traitĂ© sur la situation toujours plus critique de l'espĂšce, avec mĂȘme « un niveau historiquement faible [âŠ] malgrĂ© les sacrifices consentis par les pĂȘcheurs dans de nombreux pays »[4]. Le bilan (rĂ©gression continue des populations sauvages) est similaire cĂŽtĂ© pacifique pour six autres espĂšces de saumon, bien que les populations relictuelles y soient un peu mieux conservĂ©es qu'en Europe.
La plupart des saumons mis sur le marché et consommés sont désormais issus de piscicultures ; le saumon fait l'objet d'un élevage spécifique (salmoniculture) de plus en plus intensif et industrialisé.
Frais ou fumĂ©, il est trĂšs apprĂ©ciĂ© de nombreux restaurateurs et consommateurs. Sa pĂȘche fait partie des pĂȘches sportives.
Ătymologie et noms vernaculaires
[modifier | modifier le code]Le mot vient du latin salmonem, accusatif de salmo[5], dont l'origine est incertaine ; salmo et son cousin salar (qui désignait la truite) pourraient provenir d'un mot gaulois[6][source insuffisante].
- Saumon argentĂ© â Oncorhynchus kisutch
- Saumon Atlantique â Salmo salar
- Saumon chien â Oncorhynchus keta
- Saumon chinook â Oncorhynchus tshawytscha
- Saumon du Pacifique â Oncorhynchus keta[7],[8]
- Saumon du Danube â Oncorhynchus masou masou ;[rĂ©f. nĂ©cessaire] Hucho hucho
- Saumon japonais â Oncorhynchus masou masou
- Saumon rose Ă bosse â Oncorhynchus gorbuscha
- Saumon rouge â Oncorhynchus nerka
- Saumon royal â Oncorhynchus tshawytscha
Origines
[modifier | modifier le code]La péninsule du Kamtchatka est considérée comme le lieu d'origine d'une partie importante des saumons de l'océan Pacifique. On y trouve aussi le plus grand lieu de reproduction du saumon rouge d'Eurasie.
Cycle de vie
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Le saumon est « anadrome » (migrateur pour se reproduire), amphibiotique (adaptĂ© Ă la vie dans deux milieux aquatiques), potamotoque (il se reproduit en riviĂšre) et thalassotrophe (il grandit en mer) : il naĂźt en eau douce en eaux courantes prĂšs des sources, puis descend instinctivement jusqu'Ă la mer oĂč il vit un Ă trois ans, puis retourne dans le fleuve dans lequel il est nĂ© (phĂ©nomĂšne dĂ©nommĂ© « Homing ») pour frayer (se reproduire) et gĂ©nĂ©ralement mourir aprĂšs la ponte (certaines populations de quelques espĂšces peuvent cependant passer toute leur vie en eau douce).
Ce cycle implique de profondes modifications physiologiques permettant une adaptation au large gradient de salinité auquel chaque individu doit s'adapter de sa naissance à sa mort. Il implique aussi une capacité (hormonale et de perception des modifications environnementales) lui permettant de migrer à la saison convenant le mieux à la « montaison » et à la reproduction[9]. Le suivi de biomarqueurs de stress chez des populations différentes remontant des cours d'eau différents montre des différences entre populations, avec un niveau de stress souvent corrélé avec le taux d'échecs dans la montaison et à la mortalité lors de celle-ci.
Les reproducteurs meurent habituellement aprĂšs la ponte, mais quelques mĂąles du saumon royal ou saumon chinook tout comme le saumon atlantique (Salmo salar) retournent en mer et participent une seconde fois Ă la reproduction. PoussĂ© par son instinct, chaque saumon parcourt des milliers de kilomĂštres et remonte mĂȘme de tout petits ruisseaux. Certains franchissent des cascades de trois mĂštres ou traversent des routes en profitant des inondations.
MĂȘme en l'absence d'obstacle physique et hors de la prĂ©dation naturelle, de nombreux poissons meurent durant la remontĂ©e[10], probablement parce qu'affaiblis ou perturbĂ©s par la pollution de l'eau, en raison d'une pollution gĂ©nĂ©tique (croisement avec des saumons d'Ă©levages qui se sont enfuis dans la nature) et/ou en raison de difficultĂ©s de rĂ©gulation osmotique[11].
Une fois sur le lieu de ponte (la frayĂšre), la femelle creuse des dĂ©pressions dans le gravier avec sa queue. Quand elle pond, le mĂąle Ă©met son sperme. Les saumons forment des couples, le mĂąle cherchant Ă Ă©loigner les autres mĂąles de la femelle. La femelle recouvre ensuite les Ćufs de graviers, les mettant ainsi Ă l'abri des prĂ©dateurs, avant de mourir (comme le mĂąle en gĂ©nĂ©ral).
Les Ćufs pondus Ă l'automne passent l'hiver dans le gravier, oxygĂ©nĂ©s par l'eau froide et courante. L'Ă©closion a lieu en mars ou en avril, selon la tempĂ©rature. Les alevins s'enfouissent alors un peu plus profondĂ©ment dans le gravier, ce qui leur Ă©vite d'ĂȘtre emportĂ©s lors de la dĂ©bĂącle printaniĂšre. Ils y demeurent 5 Ă 6 semaines, se nourrissant du contenu de leur sac vitellin. Fin avril, dĂ©but mai, les alevins Ă©mergent du gravier et commencent Ă s'alimenter de plancton et larves d'insectes. Ils frĂ©quentent les endroits oĂč la riviĂšre est peu profonde et le courant important (radiers, sub-affleurementsâŠ).
Ils profitent alors de la nourriture indirectement issue du « recyclage » des cadavres (nĂ©cromasse) de leurs gĂ©niteurs. Les bactĂ©ries et microchampignons prolifĂšrent en biofilms riches en oligoĂ©lĂ©ments rapportĂ©s de la mer (dont iode, qui eux-mĂȘmes alimentent des microinvertĂ©brĂ©s et/ou des macroinvertĂ©brĂ©s dulcicoles qui seront la nourriture des alevins[12]. Les cadavres de saumons gĂ©niteurs Ă©taient autrefois si nombreux que les vertĂ©brĂ©s nĂ©crophages ne pouvaient en consommer qu'une petite partie. On a comparĂ© en Alaska le biofilm naturel et la biomasse de macroinvertĂ©brĂ©s d'un cours d'eau oĂč Ă©taient venus pondre environ 75 000 saumons adultes et une partie du cours d'eau situĂ© en amont de la frayĂšre[12]. En aval de cette derniĂšre et aprĂšs la mort des reproducteurs, la masse sĂšche de biofilm Ă©tait quinze fois plus Ă©levĂ©e qu'en amont de la frayĂšre[12], et la densitĂ© totale en macroinvertĂ©brĂ©s Ă©tait jusqu'Ă vingt-cinq fois supĂ©rieure dans les zones enrichie par les cadavres de saumons[12]. Dans ce cas, (saumons morts Ă demi-immergĂ©s dans une eau peu profonde et bien oxygĂ©nĂ©e), ces macroinvertĂ©brĂ©s benthiques d'eau douce Ă©taient principalement des moucherons chironomidĂ©s, des Ă©phĂ©mĂšres (Baetis et Cinygmula) ainsi que des perles[12].
Ă la fin du premier Ă©tĂ©, les alevins mesurent environ cinq centimĂštres et sont nommĂ©s « tacons » ; trĂšs semblables physiquement Ă leurs cousines les truitelles, qui frĂ©quentent les mĂȘmes habitats.
AprĂšs un Ă deux ans les jeunes saumons d'environ quinze centimĂštres sont prĂȘts Ă s'en aller en mer. Il semblerait que c'est Ă ce moment, durant la smoltification (acquisition de la capacitĂ© Ă vivre en milieu salĂ©) que le saumoneau mĂ©morise l'odeur et le goĂ»t de sa riviĂšre.
Lors des crues du printemps les pré-smolts ou smolts dévalent vers la mer. Certains, trop en retard, n'iront pas au-delà de l'estuaire, leur capacité à vivre en mer ayant disparu, ils resteront en eau douce une année supplémentaire et partiront enfin en mer en temps opportun.
Les juvĂ©niles peuvent arriver relativement prĂ©cocement en mer (ils ne pĂšsent alors que 0,3 g) avant mĂȘme le plein dĂ©veloppement de leurs adaptations physiologique Ă la vie en mer (par rapport Ă d'autres salmonidĂ©s anadromes). Ils vivent alors plutĂŽt dans les deux premiers mĂštres de la colonne d'eau (eaux souvent un peu moins salĂ©es en aval des estuaires)[13]. Ils sont alors trĂšs voraces et grandissent rapidement (jusqu'Ă un doublement mensuel de sa masse corporelle chez le saumon rose en mer les deux premiers mois, aprĂšs quoi le saumon est parfaitement adaptĂ© Ă la vie en mer). Le juvĂ©nile est habituellement trĂšs rĂ©silient aux maladies infectieuses et mĂȘme aux parasitoses par le pou du saumon, dont il se dĂ©barrasse facilement aux stades copĂ©podites[14] (quatriĂšme mue du pou du saumon).
Les saumons sont capables de parcourir des centaines de kilomĂštres en remontant des riviĂšres. En France, le Salmo salar atlantique de Loire-Allier parcourt presque mille kilomĂštres pour atteindre les frayĂšres du Haut-Allier. La construction de grands barrages modernes a coupĂ© de nombreux cours d'eau, mais des Ă©chelles Ă saumon ont peu Ă peu Ă©tĂ© installĂ©es pour permettre aux migrateurs de franchir ces obstacles. Une mortalitĂ© par Ă©puisement Ă cause d'une mauvaise qualitĂ© de l'eau et d'obstacles encore trop difficiles Ă franchir (et parfois d'une faible profondeur d'eau Ă l'approche des frayĂšres) est notablement Ă©levĂ©e ; dans la nature et plus encore dans certains cours d'eau artificialisĂ©s, ceux qui rĂ©ussissent Ă remonter sont souvent blessĂ©s (bouche, abdomenâŠ). Dans les zones sauvages nord-amĂ©ricaines, la prĂ©dation par les ours, lynx, loups, aigles pĂȘcheurs et autres animaux lors de la remontĂ©e Ă©tait Ă©galement autrefois trĂšs importante, mais elle restait trĂšs faible au regard du nombre total de gĂ©niteurs. Elle jouait probablement un rĂŽle en matiĂšre de sĂ©lection naturelle.
Capacités d'orientation du saumon
[modifier | modifier le code]Elles fascinent les hommes depuis longtemps. Comme les scientifiques américains, les Européens ont tenté de comprendre comment les saumons retrouvent leur route à travers des miles d'océan, pour revenir vers leur riviÚre natale.
Il semble qu'en mer, les saumons, comme d'autres poissons (ou les tortues de mer) puissent s'orienter grĂące au magnĂ©tisme terrestre et Ă des points de repĂšre cĂ©lestes. Une Ă©quipe de scientifiques de l'universitĂ© d'Ătat de l'Oregon, Ă Corvallis a vĂ©rifiĂ© en 2013 cette corrĂ©lation. Cela a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© Ă la suite d'une sĂ©rie d'expĂ©riences Ă l'Ă©closerie du Centre de recherche d'Oregon (Oregon Hatchery Research Center), dans le bassin de la riviĂšre Alsea (en). Les chercheurs ont exposĂ© des centaines de saumons juvĂ©niles (ou tacons) Ă des champs magnĂ©tiques diffĂ©rents. Le poisson a rĂ©pondu Ă ces « dĂ©placements magnĂ©tiques simulĂ©s » en nageant dans la bonne direction.
« Ce qui est particuliĂšrement excitant Ă propos de ces expĂ©riences, c'est que les poissons que nous avons testĂ©s n'avaient jamais quittĂ© l'Ă©closerie et nous savons donc que leurs rĂ©ponses n'ont pas Ă©tĂ© tirĂ©es ou fondĂ©es sur l'expĂ©rience, mais ils en ont hĂ©ritĂ©. [âŠ] Ces poissons sont programmĂ©s pour savoir quoi faire avant qu'ils n'atteignent l'ocĂ©an. »
â Nathan Putman, chercheur post-doctorant, auteur principal de l'Ă©tude
Pour tester cette hypothÚse, les chercheurs ont construit une grande plate-forme avec des fils de cuivre s'étendant horizontalement et verticalement autour du périmÚtre. En faisant parcourir un courant électrique dans les fils, les scientifiques ont pu créer un champ magnétique et contrÎler à la fois l'intensité et l'angle d'inclinaison du terrain. Ils ont mis ensuite le saumon juvénile de deux pouces dans des seaux de cinq gallons et, aprÚs une période d'acclimatation et de suivi, photographié la direction dans laquelle ils nageaient.
Le co-auteur David Noakes, chercheur principal à l'écloserie du Centre de recherche de l'Oregon a déclaré : « La preuve est irréfutable, les poissons peuvent détecter et répondre au champ magnétique de la Terre. Il ne peut y avoir aucun doute sur cela ! »[15]
On a longtemps pensĂ© que chaque saumon retrouvait l'endroit oĂč il Ă©tait nĂ© et y revenait pour se reproduire. Des Ă©tudes basĂ©es sur le marquage ou la gĂ©nĂ©tique ont confirmĂ© ceci au milieu des annĂ©es 1970[16], et il a Ă©tĂ© confirmĂ© en 2010 que ce comportement (scientifiquement Ă©tudiĂ© depuis les annĂ©es 1950[17]) Ă©tait permis par une mĂ©morisation de nature « olfactive » du cours d'eau[17]. Le saumon peut en quelque sorte mĂ©moriser le « goĂ»t » de l'eau et de son environnement natal, pouvant retrouver la source un peu comme un chien suit une trace olfactive.
Comme chez d'autres espĂšces sociables ou grĂ©gaires, on a montrĂ© que les phĂ©romones (certaines ayant mĂȘme Ă©tĂ© identifiĂ©es[18]) jouent un rĂŽle important chez les saumons, notamment pour le comportement sexuel, les rĂ©actions d'alarme et les effets de groupe, mais aussi pour le « homing » (retour instinctif vers le lieu de naissance pour aller pondre)[19]. Des chercheurs europĂ©ens ont nĂ©anmoins posĂ© l'hypothĂšse que des phĂ©romones Ă©mises par les jeunes ou les adultes serviraient de signaux. On prĂȘte aussi un rĂŽle Ă certaines substances du mucus cutanĂ©, Ă des sels biliaires, voire Ă des molĂ©cules comme la morpholine (qui a d'ailleurs Ă©tĂ© utilisĂ©e pour conditionner des animaux et les inciter Ă s'installer sur d'autres sites que ceux vers lesquels leur instinct les poussaient)[rĂ©f. nĂ©cessaire].
Vitesse de nage
[modifier | modifier le code]Chez le smolt
[modifier | modifier le code]La vitesse et les comportements de nage affectent la vitesse de dévalisons des smolts vers la mers, leur temps de transit, le choix de l'itinéraire et leurs chances de survie dans les écosystÚmes aquatiques complexes[20].
Chez le saumon quinnat (Oncorhynchus tshawytscha), la télémétrie acoustique bidimensionnelle combinée à un modÚle hydrodynamique tridimensionnel a récemment (publication 2022) permis de mieux comprendre le comportement de « nage d'émigration » (dévalaison), in situ. Les vitesses de nage étaient centrées autour d'environ 2 longueurs corporelles par seconde et associées à des comportements de rhéotaxie positive, de rhéotaxie négative, de nage latérale et de transport passif. Le mouvement latéral augmentait en journée et la rhéotaxie positive augmentait en fonction des vitesses hydrodynamiques locales[20].
Chez l'adulte
[modifier | modifier le code]Selon Kreitmann (1932), parmi les poissons d'eau douce, le saumon est l'un des plus rapides[21] (derriÚre l'esturgeon), il peut littéralement nager contre le courant dans une lame d'eau homogÚne d'une chute d'eau.
Capacités de saut du saumon
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Tous les saumons sont douĂ©s d'importantes capacitĂ©s de saut, pouvant dĂ©passer les deux Ă trois mĂštres[22] chez le saumon atlantique voire nettement plus chez certaines espĂšces de la zone pacifique. Cette capacitĂ© est cependant pondĂ©rĂ©e par l'Ăąge du saumon, sa santĂ© (des parasitoses ou maladies virales, ou intoxications, etc. peuvent l'affaiblir) ainsi que par le type d'obstacle (hauteur de chute, penteâŠ) et la configuration du cours d'eau et remous qui prĂ©cĂšde l'obstacle. FrĂ©quemment le saut lui-mĂȘme est prĂ©cĂ©dĂ© de tentatives d'esquives de l'obstacle ou par de puissants sauts verticaux « en chandelle »[23] donnant l'impression que l'animal observe l'obstacle avant de le franchir, mais il reste difficile dâinterprĂ©ter ce qui se passe dans le cerveau de l'animal Ă ce moment. Chez certaines espĂšces de poissons, de brutaux sauts verticaux hors de l'eau semblent aussi ĂȘtre des rĂ©actions au stress. Selon Thioulouze (1979), le comportement du saumon semble ĂȘtre modifiĂ© par « la concentration de pĂȘcheurs lançant des leurres lourds, ou le combat d'un saumon piquĂ© Ă l'hameçon, ou surtout l'odeur du sang d'un sujet blessĂ© »[24].
Face Ă un obstacle, les sauts semblent ĂȘtre plus ou moins alĂ©atoires, ce qui pourrait ĂȘtre un comportement limitant la prĂ©dation (par des ours par exemple). Cuinat a estimĂ© (en 1987) que la diversitĂ© des comportements des saumons lors de la remontĂ©e et face aux obstacles pouvait ĂȘtre « des comportements aboutissant à « partager les risques », par exemple dans le comportement du saumon dit « Loire-Allier »[25].
Parfois des lamproies fixées sur la peau du saumon « profitent » en quelque sorte du saut pour remonter plus facilement vers le haut du bassin versant.
Il a Ă©tĂ© constatĂ© qu'une infection par les poux du saumon induit, chez le jeune saumon en train de grossir en mer, une tendance Ă revenir prĂ©maturĂ©ment en eau douce (semble-t-il pour se dĂ©barrasser de ces poux)[26], mais aussi une modification de comportement se manifestant par une nette augmentation (environ quatorze fois plus) de la frĂ©quence des sauts effectuĂ©s par ces jeunes saumons (par rapport aux saumons du mĂȘme Ăąge non infectĂ©s)[26].
Le saumon, source de nutriments rares et facteur de biodiversité
[modifier | modifier le code]Une Ă©tude rĂ©cente (2019) a confirmĂ© que dans un bassin versant, la biomasse de saumon sauvages est Ă©troitement liĂ©e Ă la densitĂ© et Ă la diversitĂ© des oiseaux de ce bassin versant, mais aussi Ă la composition de la forĂȘt (et/ou, naturellement Ă la taille du bassin)[2].
Le saumon ayant un impact sur les taxons terrestres (mĂȘme dans des habitats fortement dĂ©gradĂ©s[27], et aussi dans des habitats rĂ©cemment restaurĂ©s[28]) les auteurs de cette Ă©tude soulignent la force et l'importance des effets transfrontalier. Le caractĂšre de grand migrateur de l'espĂšce participe au fonctionnement de processus Ă©copaysagers Ă grande Ă©chelle qui soutiennent les fonctions des Ă©cosystĂšmes concernĂ©s. Les interactions transfrontaliĂšres permises par les saumons devraient ĂȘtre mieux pris en compte par la gestion Ă©cosystĂ©mique[29],[30],[31],[32]. Les castors et leurs barrages peuvent aussi favoriser le maintien de vastes zones humides et de cours d'eau propices Ă l'alimentation des jeunes saumons.
Ătat des populations
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Des évaluations de l'état des populations sont réguliÚrement faites ou mises à jour. Elles sont globales[34] ou plus « régionales »[35], voire ne concernent qu'un fleuve ou une section de cours d'eau.
Tous les bilans convergent et montrent que pour chaque espĂšce de saumon sauvage, les populations semblent en voie de rĂ©gression prĂ©occupante depuis plusieurs dĂ©cennies, sur toute leur aire naturelle de rĂ©partition ou sur une trĂšs grande partie de cette aire, en dĂ©pit des efforts faits pour leur faciliter la remontĂ©e des cours dâeau et limiter la pollution industrielle et urbaine des cours dâeau. En AmĂ©rique du Nord, partout les saumons semblent notamment plus nombreux Ă pĂ©rir en mer avant mĂȘme la remontĂ©e dans les cours d'eau.
Chez la plupart des espÚces de saumons, l'essentiel des reproducteurs meurent à proximité de la frayÚre, juste aprÚs la ponte et sa fécondation. Cette mortalité est normale, et joue probablement un rÎle trÚs positif pour l'espÚce (les nutriments remontés de la mer (phosphore, (magnésium, (iode, etc.) par les saumons reproducteurs, puis libérés à partir de leurs cadavres dans le haut du bassin versant joue un rÎle a priori important pour la survie des jeunes). Ce qui est préoccupant est que de trop nombreux reproducteurs potentiels meurent anormalement et bien avant cela, soit lors de leur dévalaison, puis en mer, ou lors durant la remontaison. Ils meurent ou ne retrouvent pas leur riviÚre pour des raisons diverses et encore mal comprises, mais souvent non explicables par un manque de réserve énergétique[36],[37].
Ă titre d'exemples :
- aprĂšs le constat (en 2009) de la poursuite d'un dĂ©clin rĂ©gulier des « stocks » de saumons rouges du fleuve Fraser depuis au moins vingt ans et sans amĂ©lioration apportĂ©e par l'interdiction totale de la pĂȘche en 2007 et 2008, la Colombie-Britannique a créé une Commission d'enquĂȘte sur le dĂ©clin des populations de saumon rouge du fleuve Fraser, dite commission Cohen (du nom du Juge Bruce Cohen qui la prĂ©side)[38]. Peut ĂȘtre grĂące Ă ces trois ans de fermeture de la pĂȘche, les saumons Ă©taient spectaculairement plus nombreux Ă remonter en 2010. Cette enquĂȘte est accompagnĂ©e de douze projets de recherche portant sur les parasitoses, les contaminants des saumons, l'Ă©cologie du fleuve et l'Ă©tat des unitĂ©s de conservation du saumon rouge, l'Ă©cologie marine de l'espĂšce (encore mal connue), les impacts des fermes salmonicoles sur le saumon sauvage, les effets cumulatifs, l'impact de la pression de pĂȘches et de la gestion halieutiques, les effets de la prĂ©dation sur le saumon, les effets du dĂ©rĂšglement climatique, la dynamique de production, l'Ă©tat des connaissances et de la gestion au MPO, l'analyse de l'habitat d'espĂšce du saumon dans le cours infĂ©rieur du fleuve Fraser et en amont dans le dĂ©troit de GĂ©orgie[38].
- Le bilan 2002[39] (publiĂ© en 2003) par le QuĂ©bec des Ă©valuations annuelles du stock de saumon faites depuis trente-trois ans (1969-2002) a confirmĂ© le dĂ©clin constant du nombre de saumons remontant, alors que la survie en riviĂšre semble stable voire en amĂ©lioration, notamment grĂące Ă une diminution dâintensitĂ© de la pĂȘche sportive et commerciale (en 2000, la pĂȘche commerciale a Ă©tĂ© interdite, sauf pour quelques communautĂ©s autochtones sur une dizaine de riviĂšres, et au sud du QuĂ©bec la pĂȘche sportive a Ă©tĂ© interdite sur plus d'une trentaine de riviĂšres, de mĂȘme pour cinq riviĂšres nordiques, et ailleurs la remise Ă l'eau des saumons capturĂ©s et obligatoire ou recommandĂ©e[39]). Alors que des millions de saumons remontaient autrefois les mĂȘmes cours d'eau, en 2002, 5 499 saumons (85 % Ă©taient des grands saumons) auraient Ă©tĂ© pĂȘchĂ©s et relĂąchĂ©s ; 9 624 autres saumons auraient Ă©tĂ© pĂȘchĂ©s et tuĂ©s (non-relĂąchĂ©s) par les pĂȘcheurs sportifs (75 % de madeleineaux, 25 % de grands saumons)[39]. En plus de ceux-ci 4 902 saumons (grands saumons principalement) auraient Ă©tĂ© prĂ©levĂ©s et consommĂ©s pour la pĂȘche dâalimentation[39]. Ce dernier chiffre Ă©tait stable depuis plusieurs annĂ©es, mais comme le nombre de saumons se prĂ©sentant dans les estuaires dĂ©cline, la pression rĂ©elle de pĂȘche augmente, et continue Ă rĂ©duire le stock des gĂ©niteurs (le bilan 2002 confirme que la rĂ©duction des retours reste plus importante que la rĂ©duction des captures) et il conclut que « le seuil de conservation nâa pas Ă©tĂ© atteint sur la majoritĂ© des riviĂšres qui font l'objet dâune Ă©valuation »[39]. Les suivis scientifiques laissent penser que la survie en riviĂšre n'a pas diminuĂ©[39].
La survie en mer du saumon semble ĂȘtre devenue plus problĂ©matique encore qu'en riviĂšre, avec, pour les saumons du QuĂ©bec, une mortalitĂ© en mer plus importante depuis 1991[39]. Les causes de ce phĂ©nomĂšne sont encore mal comprises ; elles semblent multifactorielles et peuvent aussi avoir une origine continentale (ex. : acquisition de microbes ou perturbation endocrinienne durant l'embryogenĂšse et/ou le dĂ©veloppement en riviĂšre, perte d'immunitĂ© Ă la suite d'une exposition aux pesticides, engrais, etc. drainĂ©s par les bassins versants).
InquiÚte de l'augmentation des saumons du Pacifique qui reviennent pour frayer dans ses eaux et des conséquences pour la préservation du saumon de l'Atlantique, la NorvÚge considÚre le saumon rose comme une espÚce invasive et tente de limiter sa population[40].
Causes de régression des saumons sauvages
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Les explications de cette régression sont trÚs probablement multifactorielles, impliquant notamment des changements environnementaux et globaux[41] ou des problÚmes sanitaires et environnementaux qui concerneraient toutes les populations naturelles de saumons :
- SurpĂȘche : la surexploitation de certaines populations est, dans une partie de l'Europe (en France notamment), une cause historique de la rĂ©gression du saumon, dĂ©jĂ ancienne comme en tĂ©moignent les gravures illustrant l'encyclopĂ©die de Diderot (au XVIIIe siĂšcle), qui dĂ©crivent des systĂšmes sophistiquĂ©s de filets ou barrages posĂ©s sur toute la largeur de grands cours d'eau, permettant de capturer la quasi-totalitĂ© des reproducteurs au moment oĂč ils remontaient vers les sources[42],[43].
- Pollutions marines : elles touchent particuliĂšrement l'hĂ©misphĂšre nord (historiquement le plus industrialisĂ© et anthropisĂ©). Des taux prĂ©occupants de mercure et de mĂ©thylmercure, de tributylĂ©tain ou d'autres polluants sont trouvĂ©s chez les poissons marins dont les saumons. Des molĂ©cules de type PCB, dioxines, HAP et des rĂ©sidus d'antifouling et de nombreux pesticides et d'autres polluants sont trĂšs solubles dans les graisses animales. Or, le saumon est un poisson gras. Quand pour franchir les obstacles qui le sĂ©parent de sa frayĂšre il « brĂ»le » ses graisses (qui sont des rĂ©serves d'Ă©nergie), il libĂšre dans son organisme les polluants qu'il a accumulĂ©s durant plusieurs annĂ©es, avec une possible auto-intoxication. L'apport continu de pesticide en mer via les fleuves, et d'autres pollutions Ă©mergentes (par exemple issues des centaines de dĂ©pĂŽts immergĂ©s de munitions qui commencent Ă perdre leur contenu toxique) pourraient peut-ĂȘtre expliquer une mauvaise survie des saumons en mer et aussi expliquer le dĂ©clin d'autres espĂšces grandes migratrices autrefois trĂšs abondantes telles que l'anguille.

- Difficultés nutritionnelles : le saumon avant de pouvoir manger d'autres poissons est d'abord un prédateur de petits invertébrés terrestres et d'insectes terrestres notamment entre le moment de sa naissance et la fin de la dévalaison vers la mer. Or ces invertébrés (mouche de mai par exemple) sont globalement en régression, à cause des insecticides notamment, mais aussi à cause de la régression et fragmentation de leurs habitats naturels.
Le stade dulçaquicole du saumon n'est pas le seul concernĂ© : des Ă©tudes rĂ©centes ont montrĂ© que mĂȘme les juvĂ©niles marins de saumons restent de grands consommateurs d'insectes au dĂ©but de leur vie marine. L'examen du contenu stomacal de juvĂ©niles de saumons chinook (de 143 mm) capturĂ©s en automne (septembre) prĂšs du littoral de la mer des Salish (Maury Island, Puget Sound shoreline) montre que 100 % de ce contenu stomacal peut ĂȘtre constituĂ© des restes d'insectes d'origine terrestre (aphidĂ©sâŠ), apportĂ©s par les estuaires (dont larves de chironomes) ou capturĂ©s prĂšs des laisses de mer Ă marĂ©e haute ou en mer. Plus loin en mer, les jeunes saumons continuent de se nourrir d'insectes et mĂȘme d'araignĂ©es ayant dĂ©rivĂ© Ă partir du continent ou d'Ăźles Simenstad (1998) Cordell et al. (1998 ; 1999a, b). De plus, certains insectes parfois devenus rĂ©sistants Ă certains insecticides (aphidĂ©s par exemple) peuvent ĂȘtre vivants mais contaminĂ©s par des pesticides ou leurs mĂ©tabolites quand ils sont mangĂ©s par le saumon, qui peut alors bioaccumuler ces produits). Le saumon sauvage pourrait ainsi ĂȘtre une des victimes collatĂ©rales et indirectes de traitements insecticides et larvicides utilisĂ©s dans la dĂ©moustication ou depuis les annĂ©es 2000 dans la lutte contre la fiĂšvre du Nil occidental (ex mĂ©thoprĂšne[44]). - RĂ©chauffement des eaux (douces et marines) : il est constatĂ© presque partout, et souvent du haut du bassin-versant Ă l'estuaire. Divers auteurs ont montrĂ©[45],[46],[47] (dans les annĂ©es 1989 Ă 1999) que la smoltification du saumon atlantique diminuait quand la tempĂ©rature dĂ©passait 16 °C[48],[49] et que de fortes tempĂ©ratures pouvaient mĂȘme « inverser » le processus physiologique de smoltification, interdisant la survie en mer du jeune saumon[50]. Le saumon de l'Allier dĂ©vale vers la mer de maniĂšre optimale dans une eau de 7,5 Ă 13,5 °C[50], et il cesse tout mouvement migratoire au-dessus de 20 °C[50], or il a aussi Ă©tĂ© montrĂ© que la survie des saumons amĂ©ricains est maximisĂ©e si sa smoltification s'opĂšre dans le « timing » de leur migration des eaux douces aux eaux salĂ©es[51].
Le rĂ©chauffement des eaux est global. Il est dĂ» au rĂ©chauffement global, mais pas uniquement. Ainsi en France (l'un des pays les plus densĂ©ment nuclĂ©arisĂ©s), il est aussi localement dĂ» aux rejets dâeaux de refroidissement de centrales nuclĂ©aires, et Ă certains rejets d'eaux urbaines ou industrielles rĂ©chauffĂ©es. Tout rĂ©chauffement de lâeau induit aussi une diminution de sa teneur en oxygĂšne, et peut contribuer au phĂ©nomĂšne d'anoxie (dĂ©cĂšs constatĂ©s Ă 25 °C). Les poissons Ă©tant poĂŻkilothermes (animaux Ă sang froid), ils sont probablement plus sensibles que les mammifĂšres et oiseaux au rĂ©chauffement ou Ă des anomalies saisonniĂšres de tempĂ©rature. Et il en va sans doute de mĂȘme pour certains de leurs agents pathogĂšnes, plus agressifs quand la tempĂ©rature augmente. Marcogliese (2001) a dĂ©montrĂ© que le rĂ©chauffement de lâeau modifie le comportement du saumon remontant vers la source[52] et qu'il est un facteur de stress pour ce poisson ; il affaiblit son systĂšme immunitaire (Bowden, 2008), en le vulnĂ©rabilisant Ă la maladie, mais aussi indirectement Ă la prĂ©dation.
Enfin, la tempĂ©rature cumulĂ©e est aussi un signal qui dĂ©clenche le dĂ©but et la fin de la migration chez le saumon[53]. Une prĂ©cocitĂ© ou un retard anormal de migration (dĂ©valaison ou remontĂ©e) peuvent ĂȘtre en cause dans le phĂ©nomĂšne de dĂ©clin des saumons[50]. Le dĂ©rĂšglement climatique affecte de nombreuses espĂšces, dont les salmonidĂ©s[54]. - Acidification des mers et des cours dâeau, pluies acides : ces trois phĂ©nomĂšnes favorisent la mise en suspension et la bioassimilabilitĂ© de mĂ©taux lourds et mĂ©talloĂŻdes toxiques. Ils peuvent aussi contribuer au recul du saumon en lâempĂȘchant de sâadapter aux eaux salĂ©es[55],[56], au moins en Finlande, SuĂšde, NorvĂšge. Dans une rĂ©gion norvĂ©gienne en cours d'acidification, une opĂ©ration de chaulage a eu un effet spectaculaire, redressant le nombre de saumons pĂȘchĂ©s (passĂ© de 1000 Ă 10000), mais dans ce cas, les 3 ou 4 annĂ©es prĂ©cĂ©dant le chaulage avaient Ă©tĂ© marquĂ©es par une remontĂ©e du nombre de prises alors que durant vingt ans il sâĂ©tait effondrĂ©[57].
En laboratoire un pH trĂšs bas (4,2 Ă 4,7) empĂȘche la bonne smoltification, mĂȘme Ă tempĂ©rature optimale de lâeau[56] et « les tacons exposĂ©s Ă un bas pH deviennent intolĂ©rants Ă une forte salinitĂ© »[56]. Fragmentation Ă©cologique : elle dĂ©coule notamment de la construction de grands barrages hydroĂ©lectriques infranchissables, ainsi que de certains barrages ou seuils plus modestes, mais parfois difficilement franchissables ou infranchissables. Cette fragmentation peut Ă©galement ĂȘtre « immatĂ©rielle » et invisible (apports locaux en polluants, eau rĂ©chauffĂ©e, microbes trĂšs pathogĂšnes, zones d'anoxie, etc.).
Une passe Ă poissons rendant le franchissement d'un barrage plus facile pour le saumon.
Depuis quelques siĂšcles, les embĂącles naturels qui freinaient le cours de l'eau tendent Ă diminuer, alors que le nombre d'obstacles artificiels augmente. MalgrĂ© la construction d'un nombre croissant de passes Ă poisson, et la restauration (en AmĂ©rique du Nord) d'embĂącles naturels, les saumons se prĂ©sentent toujours moins nombreux ou peu nombreux Ă la remontĂ©e.- Ătat sanitaire des saumons : une augmentation de certaines pathologies est constatĂ©e ou soupçonnĂ©e (selon les cas). Les maladies observĂ©es sont liĂ©s Ă des virus, des bactĂ©ries et/ou des parasites externes ou internes.
Il est dĂ©montrĂ© que la pisciculture intensive (oĂč les poissons sont stressĂ©s[58], souvent malades[59] et Ă©ventuellement vaccinĂ©s ou traitĂ©s par des antibiotiques[58]) en contact avec le milieu naturel ou immergĂ©es dans ce milieu affectent nĂ©gativement les populations sauvages[60],[61].
Les maladies en cause peuvent ĂȘtre Ă©mergentes et dues Ă des souches nouvelles ou acquises Ă partir de saumons d'Ă©levages[62] (ce sujet est dĂ©taillĂ© ci-dessous dans la section Maladies).
Il a aussi été constaté une forte réduction des tacons sur plusieurs kilomÚtres en aval de rejet de piscicultures (comparativement à l'amont)[63]. - Pollutions génétiques : elles peuvent avoir plusieurs origines :
- Des hybridations avec d'autres salmonidés sympatriques (des indices d'hybridation Salmo salar à Salmo trutta ont été signalés en 1981 par Beland et al[64] en Amérique du Nord ;
- Des pertes accidentelles de saumons d'Ă©levage en mer, Ă la suite de ruptures d'enclos ou Ă l'occasion de tempĂȘtes par exemple. Parfois, il peut s'agir de poissons non-transgĂ©niques (mais nĂ©anmoins gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s pour ĂȘtre plus productifs, dont souches hybrides créées par ou pour des pisciculteurs[65] ;
- Des réintroductions anarchiques ou non réfléchies, par exemple à partir de souches provenant de piscicultures et/ou d'origines éloignées, ou génétiquement peu diversifiées, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies.

- Environnement nocturne dĂ©gradĂ© et pollution lumineuse : comme beaucoup d'espĂšces, les saumons se montrent sensible Ă la lumiĂšre (la photopĂ©riode est â avec la tempĂ©rature[66] â un « signal » pour la smoltification[67] et le dĂ©part en migration[66]), mais d'une maniĂšre diffĂ©rente selon les moments de leur vie. LĂ oĂč des luminaires illuminent les cours d'eau empruntĂ©s par le saumon pour aller pondre ou par les smolts lors de la dĂ©valaison, la lumiĂšre pourrait perturber la migration, et de plusieurs maniĂšres :
- Les animaux sont gĂ©nĂ©ralement actifs de jour ou de nuit, mais rarement les deux[68] ; les salmonidĂ©s naissent diurnes, puis deviennent nocturnes durant la pĂ©riode de repos hivernal et/ou la dĂ©valaison, quand leurs besoins Ă©nergĂ©tiques sont les plus bas et quand la dĂ©rive planctonique est plus importante de nuit que de jour. Des « butineurs visuels » chassant Ă vue, ils doivent alors chasser de nuit. Or une bonne acuitĂ© visuelle diurne est gĂ©nĂ©ralement incompatible avec une bonne vision nocturne[68]. En conditions expĂ©rimentales, le saumon atlantique capture efficacement ses proies au moment du coucher du soleil et Ă l'aube, mais pas en pleine nuit[68] : par nuit claire (mĂȘme sous une pleine lune), l'efficacitĂ© prĂ©datrice chute Ă 30 % de ce qu'elle serait de jour (et Ă 10 % par nuit sans lune et nuageuse et/ou en situation simulant une riviĂšre sous une Ă©paisse frondaison (forĂȘt galerie)[68]). Le saumon ne capture plus aucune proie quand il est plongĂ© dans le noir total[68] ;
- Comme chez d'autres salmonidĂ©s, le smolt en dĂ©valaison est attirĂ© par la lumiĂšre nocturne, phĂ©nomĂšne d'ailleurs exploitĂ© pour le piĂ©ger pour des comptages vidĂ©o[69], par exemple en France sur la Garonne lors de la dĂ©valaison : au droit des exutoires des barrages de Pointis-de-RiviĂšre et Camon, des « lampes dâattrait » fonctionnant de 20 h 30 Ă 8h 30, de maniĂšre cyclique. Bien que le dĂ©bit de l'exutoire soit trĂšs faible par rapport Ă celui des prises d'eau des turbines, les lampes attirent assez efficacement dans le piĂšge de comptage une grande partie des smolts issus du rĂ©empoissonnement en saumons si le dĂ©bit de turbinage de la centrale hydroĂ©lectrique est de moins de 55 m3/s, avec un taux de capture qui se dĂ©grade avec l'augmentation du dĂ©bit de turbinage. Ces piĂšges destinĂ©s Ă rĂ©cupĂ©rer les smolts pour les transporter par camion en aval de Toulouse et Golfech ont permis de confirmer que la dĂ©valaison est presque entiĂšrement nocturne[70]. Ces deux piĂšges ont en 2009 provisoirement capturĂ© 10 079 poissons (dont 8 271 Ă©taient des saumons (5 300 Ă Camon et 2 971 Ă Pointis) et dont 1 768 Ă©taient des truites. En neuf ans (1999â2008) 2 744 600 saumons (alevins et stade prĂ©-estival) ont Ă©tĂ© rĂ©introduits dans la Garonne et la Neste. Ils ont produit 130 230 smolts retrouvĂ©s dans les « piĂšges ») ;
- Oppedal et al. ont montré (en 1997) que l'éclairage artificiel de saumons encagés en mer avait un rÎle de perturbateur endocrinien ; il accélÚre leur maturation sexuelle[71] ;
- La dévalaison est hivernale et principalement nocturne (ex : essentiellement de 21h à 6h sur la Garonne[72]), de simples lampadaires peuvent exposer les smolts à une « surprédation ». Ainsi, en Colombie britannique, des groupes de phoques profitent chaque printemps de l'éclairage électrique pour se gorger de smolts descendant vers la mer. Ces phoques se regroupent sous deux grands ponts (parallÚles) qui enjambent la Puntledge River, prÚs de Courtenay, ils se positionnent dans le sens du courant, ventre en l'air, forment une barriÚre vivante et interceptent et avalent des milliers de smolts lors de leur dévalaison. La dynamique des populations de plusieurs espÚces de salmonidés en est affectée[73] (la Puntledge River était historiquement l'une des zones les plus riches en saumon chinook de toute la Colombie britannique, mais en 1995, seuls 208 chinook ont été comptés en dévalaison[74]). On a barré la riviÚre par une barriÚre mécanique devant laisser passer les smolts mais non les phoques, sans succÚs. L'extinction des lampadaires du pont et un effarouchement acoustique (pingers) ont été les seules solutions efficaces[73], mais les pingers pourraient laisser des séquelles auditives aux phoques qui tenteraient de s'approcher, et on ignore s'il peut affecter d'autres espÚces. Ainsi, la lumiÚre dont on pourrait penser qu'elle pourrait aider les saumons à se nourrir est en fait dans ce cas un « piÚge écologique ».
Maladies
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Le saumon est affecté par diverses maladies parasitaires et infectieuses.
Si l'on prend comme exemple le saumon rouge, pour lequel un suivi de vingt ans montre un dĂ©clin important et rĂ©gulier au Canada, cinq virus, six bactĂ©ries, quatre champignons et dix-neuf parasites ont Ă©tĂ© identifiĂ©s. Ce sont des responsables avĂ©rĂ©s et/ou plausibles d'un nombre significatif de morts de saumons - mais qui ne peuvent expliquer Ă eux seuls la forte rĂ©gression de l'espĂšce[38]. Plusieurs parasites ou maladies pourraient ĂȘtre favorisĂ©s par les piscicultures. Une recrudescence de certaines maladies est observĂ©e depuis la fin des annĂ©es 1980, telle la furonculose du saumon ou la vibriose des eaux froides.
Dans le cas du saumon rouge du Fraser en Colombie britannique (Canada), les pathogÚnes identifiés comme potentiellement à haut risque sont le virus de la nécrose hématopoïétique infectieuse (ou NHI, mortel pour les alevins en eau douce et pour les adultes de saumons élevés en cage en mer, probablement alors à cause d'un variant hautement pathogÚne du virus), ainsi (potentiellement) que trois bactéries (Vibrio anguillarum omniprésentes en mer mais rarement trouvées dans les saumons du Fraser, Aeromonas salmonicida et Renibacterium salmoninarum) et deux parasites (Ichthyophtheirus multifillis et le myxozoaire Parvicapsula minibicornis responsables de mortalité avant la ponte et infectant certains smolts en dévalaison). Les autres espÚces de virus et bactéries sont parfois mortellement pathogÚnes mais néanmoins classés en risque modéré car ce sont plutÎt des pathogÚnes opportunistes : ils peuvent devenir dangereux seulement si la qualité écologique du Fraser devait encore se dégrader. Ces pathogÚnes sont trÚs probablement présents au Canada depuis des siÚcles et la promiscuité des saumons dans les fleuves était autrefois bien plus importante. On n'a pas encore identifié de raisons certaines expliquant l'augmentation de certains pathogÚnes et/ou la régression des saumons.
Plusieurs de ces maladies peuvent ĂȘtre transmises aux saumons sauvages via les piscicultures ou par les poissons Ă©chappĂ©s de piscicultures oĂč ces maladies Ă©taient d'abord traitĂ©es par des antibiotiques et de plus en plus par vaccination. La consommation dâantibiotiques aurait chutĂ© de 96 % en dix ans ; au cours dâune annĂ©e, un saumon sur deux-cents en prend, contrairement Ă un bovin sur cinq ou Ă un humain sur deux[rĂ©f. nĂ©cessaire].
Le pou du poisson est problématique ; Lepeophtheirus salmonis affecte les espÚces du genre Oncorhynchus, et Caligula clemensi affecte les espÚces du genre Salmo. Plusieurs études démontrent que les cages d'élevage de saumon placées en riviÚre ou en estuaires, avec leurs trÚs larges excÚs de densité de populations et les risques ainsi grandement accrus de contagions et épizooties, propagent des infestations de poux mortelles pour les jeunes saumons (et sur les harengs pour les cages en estuaires) qui ne peuvent résister à ces attaques concentrées[75],[76].
Le ver nématode parasite Anisakis est un parasite trouvé chez les saumons. En pisciculture, un traitement thermique des aliments à risque du saumon permet de réduire les risques de parasitose.
Actions menées en faveur du saumon
[modifier | modifier le code]LĂ oĂč les saumons venaient autrefois frayer en nombre, de nombreux Ătats, ONG ou collectivitĂ©s ont mis en place des « plans saumons », souvent appuyĂ©s par des rĂ©glementations et un projet de restauration d'une « trame bleue » permettant la libre circulation des poissons.
OcĂ©an atlantique : L'association « NASCO[77] » (North Atlantic Salmon Conservation Organization), basĂ©e Ă Ădimbourg (Ăcosse), a Ă©tĂ© créée en 1984 pour la conservation et gestion halieutique du Saumon atlantique[78]. Elle rassemble une dizaine d'organismes inter-Ă©tatiques et a accrĂ©ditĂ© de nombreux groupes de reprĂ©sentants de pĂȘcheurs et ONG et groupes de pression (ex European Anglers Alliance (EAA)[79].
Le bilan scientifiquement Ă©tayĂ© Ă©tabli lors de sa rĂ©union annuelle en 2013 est que malgrĂ© les dizaines[80] de plans et actions des gouvernements et rĂ©gions concernĂ©s, la situation du saumon atlantique sauvage n'a jamais Ă©tĂ© aussi mauvaise, atteignant mĂȘme un niveau historiquement faible[4].
PrĂšs de dix ans aprĂšs la crĂ©ation de la NASCO, en 1994, un autre accord international dit « rĂ©solution d'Oslo »[81] est signĂ©. Il engage sept Ă©tats-membres (Canada, Ătats-Unis, NorvĂšge, Ăcosse, Irlande, Islande et Ăźles FĂ©roĂ©, qui ont toutes une industrie piscicole dĂ©veloppĂ©e) Ă rĂ©duire les interactions nĂ©gatives entre fermes d'Ă©levage de saumon et saumons sauvages, notamment en Ă©tablissant des zones d'exclusion d'Ă©levage Ă proximitĂ© des riviĂšres Ă saumons et de corridors de migration, en testant et appliquant des systĂšmes prĂ©venant les fuites de saumons d'Ă©levage en mer (et les notifications de perte[82]), en dĂ©veloppant des standards de qualitĂ© et de monitoring limitant les risques de diffusion ou persistance de pathogĂšnes, etc., y compris dans les sĂ©diments sur le fond marin[83],[84] ;
Des plans de gestion restauratoire[85] ou conservatoire et des mesures d'assistance Ă la remontĂ©e vers les sources (passes Ă poissons) sont progressivement construites dans la plupart des pays oĂč vivent des saumons, avec Ă©tudes hydrauliques et en s'appuyant sur l'Ă©tude des sauts du saumon[86], et des barrages artificiels sont « effacĂ©s », mais pas sur tous les cours d'eau.
En 2003, le bilan par le World Wildlife Fund et Atlantic Salmon Federation des actions effectuĂ©es dans les pays signataires de la rĂ©solution d'Oslo note que l'industrie de la salmoniculture n'a cessĂ© de croĂźtre, non plus que ses consĂ©quences nĂ©fastes sur les populations de saumons sauvages ; que la NorvĂšge est le pays qui a pris les mesures les plus fortes avec le plus de succĂšs, suivie par l'Ăcosse, le Canada, l'Irlande, L'Islande, les Ătats-Unis puis les Ăźles FĂ©roĂ©, dans cet ordre ; et que la moyenne du rĂ©sultat Ă cette date ne dĂ©passe pourtant guĂšre 2 sur 10 dans l'Ă©chelle d'estimation mise en place dans le cadre de cette rĂ©solution d'Oslo[87].
OcĂ©an pacifique : En 1985, les Ătats-Unis et le Canada ont signĂ© un traitĂ© visant Ă mieux gĂ©rer et protĂ©ger les saumons du Pacifique. Ils ont créé une « Commission du saumon du Pacifique » dotĂ©e de fonds pour surveiller la mise en Ćuvre concrĂšte de ce traitĂ©, et appuyĂ© depuis 1999 par un Fonds spĂ©cial gĂ©rĂ© par un comitĂ© ad hoc, pour soutenir le traitĂ© sur le saumon du Pacifique. De son cĂŽtĂ©, l'ONG internationale (« Wild Salmon Center ») s'est constituĂ©e pour identifier, comprendre et protĂ©ger les Ă©cosystĂšmes des saumons sauvages du Pacifique, en complĂ©ment du travail de la fondation (« Pacific Salmon Foundation »[88]) créée en 1987 pour fĂ©dĂ©rer les ONG Ćuvrant Ă la conservation et restauration des populations de saumons et Ă la renaturation de « riviĂšres Ă saumons ». Elle a par exemple reçu en un don historique (cinq millions de dollars, sur cinq ans) offert pour moitiĂ© par la « Commission du saumon pacifique (Pacific Salmon Commission ou PSF) » et pour moitiĂ© par le « Southern Fund Committee » afin de soutenir un projet dit « Salish Sea Marine Survival Project » qui vise Ă mieux identifier les facteurs de survie du saumon en mer[89]. Le « Southern Fund Committee » avait pour sa part dĂ©jĂ versĂ© en huit ans (de 2004 Ă 2012) plus de vingt-neuf millions de dollars pour sauver le saumon en Colombie britannique, dans lâĂtat de Washington et dans l'Oregon, principalement via une meilleure gestion des pĂȘcheries[89] et pour renaturer] les riviĂšres Ă saumon, avec des rĂ©sultats encore mitigĂ©s, ce qui a poussĂ© le fonds Ă s'intĂ©resser en 2013 Ă la phase de vie marine du saumon, en lâoccurrence dans la Mer des Salish connue pour ĂȘtre une zone d'importance majeure pour la croissance en mer des saumons sauvages du Pacifique, mais oĂč le saumon a jusqu'ici Ă©tĂ© peu Ă©tudiĂ©[89].
Recommandations générales : Elles sont à préciser au cas par cas, mais les acteurs concernés peuvent s'appuyer sur des « recommandations » internationales, publiées par exemple par la Fédération internationale du saumon atlantique (« Atlantic Salmon Federation »)[90] ainsi que sur des réglementations environnementales nationales[91], ou encore sur des recommandations et des guides de bonnes pratiques professionnelles[92] portant par exemple sur le bon confinement des poissons d'élevage élevés en cages aquacoles, surtout s'ils sont d'origine allochtone[93],[94],[95],[96] ou sur la conduite à tenir en cas d'accident avec perte de saumons en mer ou en riviÚre[97]. Des guides zootechniques concernent aussi la gestion de pathogÚnes problématiques (exemple : furonculose)[98] chez des poissons élevés en cages flottantes.
Pour contrer la tendance au réchauffement de l'eau, la restauration de ripisylves de qualité peut rafraichir l'eau[99] et le fait de laisser ou reconstituer certains embùcles naturels peuvent aussi aider les poissons dans leur remontée.
Sensibilisation : Elle peut associer des citoyens, des scientifiques et des groupes consommateurs. Elle porte notamment sur la nécessité de protéger le saumon sauvage, actuellement en voie de disparition sur une grande partie de son aire de répartition :
- Elle peut concerner les pĂȘcheurs encouragĂ©s Ă une gestion durable des stocks (pĂȘche durable), en s'appuyant Ă©ventuellement sur des labels tels que le MSC et les aquaculteurs qui peuvent Ă©largir leurs connaissances avec les publications d'organismes dĂ©diĂ©s[100],[101] ;
- Elle peut concerner les responsables politiques et divers décideurs (d'entreprises et filiÚres halieutiques notamment) ;
- Elle peut enfin concerner le grand public qui sans cela prendra difficilement conscience de l'effondrement des populations sauvages alors que les Ă©tals offrent de plus en plus de saumon (aujourd'hui, 99 % des saumons dits « de l'Atlantique » dĂ©gustĂ©s dans le monde proviennent de l'aquaculture, dont la production a Ă©tĂ© multipliĂ©e par 300 depuis 1980). Aux Ătats-Unis, la production de saumon atlantique est passĂ© de rien en 1985 Ă plus de 14 000 tonnes dix ans plus tard (en 1995).
En France : dĂšs les annĂ©es 1920, des arrĂȘtĂ©s successifs cherchent Ă limiter la surpĂȘche[102], mais, depuis les annĂ©es 1980 principalement, la situation critique du saumon a dĂ©clenchĂ© dans ce pays des actions de comptages, de soutien des « stocks », de gestion de la pression de pĂȘche (par attribution de quotas individuels (TAC ou Total AutorisĂ© de Captures[103]), puis par riviĂšres, avec variation du montant de la taxe, etc. et des opĂ©rations de repeuplement ainsi que des suppressions de barrage, non-restaurations de barrages ouverts, crĂ©ation de passes Ă poissons (dont l'une des deux plus grandes d'Europe en Alsace) et un effort gĂ©nĂ©ral de reconquĂȘte et de protection des cours d'eau soutenu par l'Agence de l'eau et de nombreuses collectivitĂ©s. Si quelques succĂšs ont Ă©tĂ© obtenus, souvent pour de petits cours dâeau (Bretagne, PyrĂ©nĂ©esâŠ), la plupart des petits cours d'eau autrefois frĂ©quentĂ©s par les saumons en sont aujourd'hui dĂ©pourvus ; lĂ oĂč les saumons sont encore prĂ©sents, des situations de « congestion des parcours de pĂȘche » sont frĂ©quentes et la pression induite par la pĂȘche est mal Ă©valuĂ©e. La pĂȘche au saumon est gĂ©nĂ©ralement ouverte en mars et fermĂ©e en septembre, mais avec des modulations possibles via des arrĂȘtĂ©s prĂ©fectoraux. Des COGEPOMI (comitĂ©s de gestion des poissons migrateurs) se rĂ©unissent chaque annĂ©e sous l'Ă©gide des prĂ©fets, cherchant Ă amĂ©liorer la situation de tous les poissons migrateurs.
Saumon et alimentation humaine
[modifier | modifier le code]Préhistoire, histoire
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Le saumon est l'un des gros poissons les plus traditionnellement pĂȘchĂ©s et consommĂ©s par l'Homme dans l'hĂ©misphĂšre nord, au moins depuis la PrĂ©histoire comme en tĂ©moignent les restes de squelettes de grands saumons par exemple trouvĂ©s par les prĂ©historiens prĂšs des foyers prĂ©historiques Ă Brassempouy[104].
Il constituait l'essentiel des protĂ©ines animales de plusieurs tribus amĂ©rindiennes et Ă©tait encore abondamment pĂȘchĂ© par certaines populations amĂ©rindiennes jusqu'au XIXe ou dĂ©but du XXe siĂšcle. NĂ©anmoins, il Ă©tait dĂ©jĂ en rĂ©gression depuis l'arrivĂ©e des colons, en raison d'une industrialisation des pĂȘcheries, ce qui fut source d'importantes rivalitĂ©s entre AmĂ©rindiens et « Eurocanadiens rivaux », par exemple dĂšs les annĂ©es 1780 avec les indiens Micmacs qui en GaspĂ©sie se sont retrouvĂ©s rapidement privĂ©s d'une partie de leurs ressources alimentaires, et d'une part de leurs richesses (le saumon sĂ©chĂ© Ă©tant aussi une des ressources utilisĂ©es pour le troc)[105]. En effet, en 1858, la loi (« Acte des pĂȘcheries» du ) impose aux autochtones de se soumettre au gouverneur en conseil qui peut « octroyer des baux et permis spĂ©ciaux de pĂȘche [âŠ] et faire tous rĂšglements qui pourront ĂȘtre jugĂ©s nĂ©cessaires ou expĂ©dients pour mieux exploiter et rĂ©gir les pĂȘcheries de la province »[106] ; « un systĂšme de « bail et permis » est instituĂ©, et tous les pĂȘcheurs doivent au prĂ©alable obtenir l'autorisation de l'Office des terres de la Couronne avant de s'engager dans la pĂȘche au saumon »[107]. Les droits de pĂȘche des Micmacs n'ont Ă©tĂ© reconnus qu'en 1999 par un jugement de la Cour suprĂȘme du Canada[105].
En France, l'abondance du saumon dans les fleuves est attesté par l'existence d'une "clause saumon" dans les contrats de louage, selon laquelle « il ne sera pas donné à la cuisine du saumon frais plus de trois fois par semaine de février à l'Assomption d'août ». Le refus de manger du saumon, que la clause garantit, est généralement considéré comme une preuve de l'abondance de l'espÚce, quoique la clause ait pu persister bien aprÚs la réduction de l'espÚce à partir du XXVIIe siÚcle[108].
EspÚces consommées
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Sept espÚces de saumon sont consommées :
- Le saumon royal ou saumon chinook (Oncorhynchus tshawytscha) mesure en moyenne de 84 Ă 91 cm et pĂšse entre 13,5 et 18 kg. C'est le plus grand des saumons. Son dos est vert olivĂątre, ses flancs et son ventre sont argentĂ©s, et ses gencives infĂ©rieures sont noires. Le dos, le dessus de la tĂȘte et les flancs sont tachetĂ©s de noir. La couleur de la chair varie de rose clair Ă orange foncĂ©. Il est surtout commercialisĂ© frais, congelĂ© ou fumĂ© ; on le met rarement en conserve. Il est trĂšs recherchĂ©, fumĂ©.
- Le saumon rouge (Oncorhynchus nerka) est lâespĂšce la plus recherchĂ©e aprĂšs le saumon royal. Il mesure en moyenne entre 60 et 70 cm de long, et pĂšse entre 2 et 3 kg. Son dos est vert bleutĂ©, ses flancs et son ventre argentĂ©s. Sa chair rouge mat est ferme et trĂšs savoureuse. Elle garde sa belle coloration rouge mĂȘme lorsqu'elle est mise en conserve. Ce poisson plutĂŽt mince, Ă©lancĂ© et de taille uniforme se prĂȘte trĂšs bien Ă la mise en conserve. On le retrouve surtout sous cette forme, mais aussi fumĂ© ou salĂ©.
- Le saumon argenté ou saumon coho (Oncorhynchus kisutch) mesure en moyenne entre 45 et 60 cm et pÚse de 2 à 4,5 kg. Son dos bleu métallique est orné de petites taches noires. Ses flancs et son ventre sont argentés. Le saumon argenté est la troisiÚme plus importante espÚce commerciale. Sa chair rouge orangé égale presque celle du saumon rouge ou du saumon royal. Elle se défait aussi en gros morceaux. Elle est plus pùle que la chair du saumon rouge. TrÚs utilisé pour les conserves, le saumon argenté est également vendu frais, congelé ou fumé. Il est aussi commercialisé légÚrement saumuré.
- Le saumon rose (Oncorhynchus gorbuscha) est le plus petit du genre. Il atteint sa maturité trÚs tÎt (deux ans). Il mesure en moyenne entre 43 et 48 cm et pÚse entre 1,3 et 2,3 kg. Son dos vert bleuté est parsemé de grandes taches noires ; ses flancs sont argentés. Le saumon rose a longtemps été considéré comme une espÚce de qualité inférieure (tout comme le keta) car sa chair rosée est plutÎt molle et se défait en petits morceaux. Il est surtout mis en conserve, mais est également commercialisé frais, fumé ou congelé.
- Le saumon keta (Oncorhynchus keta) mesure en moyenne 64 cm et pĂšse de 5 Ă 6 kg. Son dos est bleu mĂ©tallique et ses flancs et son ventre sont argentĂ©s. Il a sur les cĂŽtĂ©s de pĂąles rayures pourpres. Le saumon keta a la moins belle et la moins bonne chair. Ă peine rosĂ©e, elle est spongieuse, molle et se dĂ©fait en petits morceaux ; elle a cependant l'avantage d'ĂȘtre moins grasse. Elle est meilleure fraĂźche. Elle est aussi mise en conserve, congelĂ©e, salĂ©e Ă sec ou fumĂ©e. C'est la moins coĂ»teuse.
- Le saumon de l'Atlantique (Salmo salar) est le seul saumon qui vive dans l'Atlantique. Il semble ĂȘtre Ă la fois plus rĂ©sistant et plus sauvage que le saumon du Pacifique et ne meurt pas aprĂšs le frai ; il peut se reproduire deux, trois ou quatre fois. Le saumon de l'Atlantique est reconnu pour sa combativitĂ© et sa chair rose dĂ©licieusement parfumĂ©e. Son corps ressemble Ă celui des autres salmonidĂ©s et sa couleur varie avec l'Ăąge. Son dos est brun, vert ou bleu, et ses flancs et son ventre, argentĂ©s. Les spĂ©cimens capturĂ©s mesurent de 80 Ă 85 cm et pĂšsent en moyenne 4,5 kg.
- La ouananiche (Salmo salar ouananiche) est un saumon d'eau douce. Il a Ă©tĂ© emprisonnĂ© dans les terres aprĂšs lâĂ©poque glaciaire, ne pouvant pas retourner Ă la mer lorsque les eaux se sont retirĂ©es. Il demeure maintenant en eau douce de façon permanente mĂȘme si, bien souvent, les cours d'eau qu'il frĂ©quente ont un accĂšs facile Ă la mer. On la retrouve sur la cĂŽte Est de lâAmĂ©rique du Nord ainsi qu'en Scandinavie. Ouananiche signifie « le petit Ă©garĂ© » en innu-aimun, langue dâune tribu amĂ©rindienne du QuĂ©bec. Ce poisson forme une espĂšce Ă part entiĂšre, tant par son habitat que par certaines modifications corporelles qui le distinguent du saumon. Il est plus petit (entre 20 et 60 cm) et pĂšse rarement plus de 6 kg. Ses nageoires plus longues et plus fortes et sa queue grosse et puissante se sont dĂ©veloppĂ©es en sâadaptant aux eaux vives de son environnement. Ses yeux ainsi que ses dents sont plus grands. Son dos noir est ornĂ© de taches rapprochĂ©es et bien dĂ©finies. Ses flancs sont gris bleuĂątre et son ventre argentĂ©. La ouananiche s'apprĂȘte comme le saumon ou la truite.
Ălevage et production
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Le saumon sauvage est pĂȘchĂ© depuis des milliers dâannĂ©es, mais lâĂ©levage du saumon, nĂ© en Ăcosse et en NorvĂšge, date des annĂ©es 1960. Il fut commencĂ© en vue du repeuplement : on Ă©levait alors seulement des juvĂ©niles quâon relĂąchait ensuite. Ensuite, on a cherchĂ© Ă garder les poissons jusquâĂ lâĂąge adulte. LâĂ©levage a alors gagnĂ© la Nouvelle-Ăcosse, puis le reste de la cĂŽte Est de lâAmĂ©rique du Nord (dans les annĂ©es 1970), puis la cĂŽte Pacifique de lâAmĂ©rique du Nord. Dans les annĂ©es 1990, il sâest dĂ©veloppĂ© au Chili. En France, deux entreprises se sont lancĂ©es dans l'aventure du saumon, une en Bretagne (Aber Wrach'), l'autre en Normandie (en rade de Cherbourg). Cette derniĂšre est autorisĂ©e Ă produire 3 000 saumons par an, mais n'en a guĂšre produit plus de 300 ces derniĂšres annĂ©es.
La filiĂšre saumon se divise en deux : le saumon dâĂ©levage et le saumon sauvage. Le saumon de lâAtlantique est produit Ă 93 % par lâĂ©levage et Ă 7 % par la pĂȘche. Pour le saumon du Pacifique, la proportion est de 12 % pour lâĂ©levage et de 88 % pour la pĂȘche.
En 2025, 98 % du saumon commercialisé en France est issu de l'élevage[109].
Le saumon est le second produit de mer le plus élevé en aquaculture aprÚs la crevette. L'espÚce élevée est principalement le saumon atlantique. La production de saumon dans des fermes d'aquaculture diminue la demande de saumon sauvage, mais, paradoxalement, augmente la demande d'autres poissons sauvages. En effet, les saumons sont carnivores et sont pour le moment nourris d'aliments préparés à base d'autres poissons sauvages. En conséquence, plus la population de saumon d'aquaculture augmente, plus la demande pour les poissons utilisés pour nourrir le saumon augmente aussi. Des travaux sont menés pour substituer des protéines végétales aux protéines animales destinées à nourrir les saumons d'élevage.
L'Ă©levage du saumon dans l'estuaire des riviĂšres Ă saumons ou des riviĂšres qui abritent des populations de truites peut ĂȘtre nĂ©faste pour ces poissons indigĂšnes. Ces fermes d'Ă©levage seraient de vĂ©ritables sites de reproduction de parasites, tel le pou de mer. Il est Ă©galement possible que le bagage gĂ©nĂ©tique du saumon d'Ă©levage vienne polluer celui des saumons sauvages. De plus, l'Ă©levage intensif du saumon peut ĂȘtre une source importante de pollution organique.
L'indice de consommation d'un saumon d'élevage est d'environ 1,2.
Le saumon met trois ans pour arriver Ă maturitĂ©, mais une variĂ©tĂ© gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©e arrive Ă maturitĂ© en un an. Les producteurs de cette variĂ©tĂ© cherchent Ă faire des saumons stĂ©riles pour Ă©viter une dissĂ©mination dans le milieu naturel oĂč ces saumons mettraient en danger la souche sauvage moins compĂ©titive.
RĂ©guliĂšrement des tempĂȘtes dĂ©truisent des enclos, et des saumons se retrouvent dans la nature (par exemple 100 000 dans le Maine lors dâune tempĂȘte). Câest ainsi que le saumon sâest implantĂ© au Chili aprĂšs sâĂȘtre Ă©chappĂ© dâĂ©levages. Cependant, 99,7 % des saumons dâĂ©levage ne sâĂ©chappent pas.
Sous anesthĂ©sie, on extrait les ovules (on les appellera Ćufs seulement une fois fĂ©condĂ©s) d'une femelle mature. Un seul animal expulse environ 10 000 petites boules recueillies dans un seau. Ensuite, par des massages prĂ©cis, l'aquaculteur prĂ©lĂšve la semence blanche d'un mĂąle (appelĂ©e laitance) qu'il rĂ©pand sur les ovules orangĂ©s. La substance obtenue est alors mĂ©langĂ©e avec prĂ©caution. Ensuite on rajoutera de l'eau afin dâimiter les conditions naturelles. Pour assurer la fĂ©condation, on utilise chaque fois les semences de trois mĂąles diffĂ©rents.
La naissance des larves de saumon (alevins) est calculĂ©e trĂšs prĂ©cisĂ©ment. Ă une tempĂ©rature de 2 °C, les Ćufs Ă©closent en deux cents jours, Ă 4 °C en deux fois moins de temps.
ĂgĂ©s de quelques semaines, les alevins sont enfermĂ©s dans des conteneurs hermĂ©tiques. On les nourrit de concentrĂ©s de vitamines et de blanc d'Ćuf dont les doses sont soigneusement contrĂŽlĂ©es par ordinateur. Sous la lumiĂšre Ă©lectrique, ils luttent sans cesse contre un courant artificiel circulaire. Ă ce rĂ©gime de nage forcĂ©e, les saumons grossissent deux fois plus vite que dans la nature.
Utilisation alimentaire
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Huile
[modifier | modifier le code]Consommer de l'huile de chair de saumon permettrait de lutter contre l'excÚs de cholestérol et de prévenir les maladies cardiovasculaires[réf. nécessaire]. Ce phénomÚne est dû à sa richesse en acides gras polyinsaturés (dont les fameux Oméga-3). Sont présents particuliÚrement les acides eicosapentaénoïque (E.P.A.) et docosahexaéonïque (D.H.A.).) et sa pauvreté en acides gras saturés.
La prise quotidienne de cette huile contribuerait Ă faire baisser de façon significative le « mauvais » cholestĂ©rol (LDL - lipoprotĂ©ines de basse densitĂ©) et les triglycĂ©rides sanguins[rĂ©f. nĂ©cessaire] anormalement Ă©levĂ©s qui sont Ă l'origine de l'artĂ©riosclĂ©rose dont les consĂ©quences peuvent ĂȘtre : hypertension artĂ©rielle, infarctus, accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux, etc. La forme habituelle d'utilisation est la gĂ©lule, Ă la dose moyenne de un gramme par jour.
MĂȘme si les poissons Ă©levĂ©s en mer et les espĂšces sauvages contiennent des mĂ©taux lourds et autres polluants toxiques potentiellement nĂ©fastes pour la santĂ© humaine[110], manger du saumon reste bon pour la santĂ©[111].
Chair
[modifier | modifier le code]La chair peut ĂȘtre vendue fraĂźche, congelĂ©e, fumĂ©e (emballĂ©e sous vide) ou servir dâingrĂ©dient pour dâautres produits.
Ćufs
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Les Ćufs de saumon (parfois et abusivement[112] appelĂ©s « caviar rouge ») font chacun environ cinq millimĂštres de diamĂštre.
Ils servent à la reproduction des saumons, sont vendus, généralement accommodés en saumure, en tant que mets gastronomiques, ou utilisés comme ingrédient de préparations cosmétiques.
Les Ćufs sont extraits des saumons sauvages pĂȘchĂ©s au filet ; on peut aussi les extraire (par pression du ventre) de la femelle sans tuer lâanimal. Les zones d'approvisionnement, par ordre dĂ©croissant de tonnage, sont : l'Alaska, l'Ătat de Washington et le Canada. La meilleure qualitĂ© se fait Ă partir des Ćufs frais. Il existe une production Ă partir d'Ćufs congelĂ©s mais les Ćufs souffrent de cette prĂ©paration lorsqu'ils doivent ĂȘtre pasteurisĂ©s.
Le dĂ©lai entre la pĂȘche et la mise en seaux du produit fini est de vingt-quatre heures pour le plus court et de trois jours pour le plus long.
La qualité dépend de deux principes de base : la maturité et la fraßcheur.
Les Ćufs sont dĂ©barrassĂ©s des membranes adhĂ©rentes, puis sont saumurĂ©s sans autre additif. Le taux de sel idĂ©al est de 4 Ă 4,5 % ; il permet une conservation Ă tempĂ©rature contrĂŽlĂ©e de plusieurs mois.
Peau
[modifier | modifier le code]Une fois dĂ©barrassĂ©e de ses Ă©cailles (dĂ©chet), la peau sert Ă faire du cuir. Cette partie de la filiĂšre date de la fin des annĂ©es 1980. Il sâagit de remplacer les parties dĂ©gradables de la peau par des produits chimiques imputrescibles. Le cuir de saumon ressemble Ă celui du crocodile.
Marché
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La lutte contre les fraudes (saumon d'Ă©levage vendu comme saumon sauvage) devrait ĂȘtre facilitĂ©e par des techniques gĂ©nĂ©tiques (biopuces) qui vont permettre d'immĂ©diatement identifier l'espĂšce de saumon, alors qu'une analyse chimique de l'Ă©caille permet de voir s'il s'agit d'un saumon sauvage ou d'Ă©levage (En raison de l'alimentation artificielle des saumons d'Ă©levages, leurs Ă©cailles portent une signature chimique et isotopique diffĂ©rente de celle des saumons sauvages[113]. Il est Ă©galement possible de dĂ©tecter si un saumon dit sauvage est en fait un saumon d'Ă©levage qui s'est enfui en mer)[114].
La NorvÚge est le premier producteur mondial de saumons, les fjords du pays étant riches en salmonidés. Le pays en exporte 323 000 tonnes. Le Chili et le Royaume-Uni occupent respectivement la deuxiÚme et la troisiÚme position. L'image du saumon norvégien a été ternie en 2011-2012 par la controverse écologique du pesticide diflubenzuron à nouveau massivement utilisé comme antiparasitaires contre les infestations de poux du saumon[115] devenu en quelques années résistant aux autres pesticides disponibles, et source de coûts croissants pour les pisciculteurs.
La France, le Canada et le Danemark sont spécialistes du fumage[réf. nécessaire].
La France est le deuxiÚme consommateur de saumon aprÚs le Japon[réf. nécessaire].
En France, la consommation de saumon sâest accrue depuis dix ans : elle importe de 120 000 Ă 130 000 tonnes par an, dont 35 % de saumon fumĂ©. 90 % du saumon consommĂ© provient dâĂ©levage[rĂ©f. nĂ©cessaire].
La moitié du saumon consommé en France provient de NorvÚge[réf. nécessaire].
Pour les Ćufs, le principal marchĂ© est le Japon (3 000 Ă 4 000 tonnes par an) oĂč les Ćufs sont consommĂ©s « façon caviar » trĂšs peu salĂ©s (ikura) ou trĂšs salĂ©s dans la poche entiĂšre (sujiko). En Europe, la consommation est d'environ 300 Ă 400 tonnes « façon caviar », en AmĂ©rique du Nord de 50 Ă 100 tonnes. La consommation en Russie a considĂ©rablement chutĂ©.
Migration du saumon dans la culture
[modifier | modifier le code]L'Ă©crivain Anton Tchekhov dĂ©crit dans le compte rendu L'Ăle de Sakhaline ses observations sur la migration du saumon pendant son sĂ©jour Ă l'Ăźle de bagne russe[116] :
« Quand il pĂ©nĂštre dans l'embouchure, le saumon est sain et vigoureux, mais par la suite, sa lutte incessante contre le courant, l'entassement, la faim, le frottement et les coups contre les troncs noyĂ©s et les pierres entament ses forces, il maigrit, son corps se couvre d'ecchymoses, sa chair devient flasque et blanche, il dĂ©couvre les dents ; il change Ă ce point d'aspect que les personnes non averties le prennent pour une autre espĂšce et l'appellent mĂȘme parfois bĂ©card. Peu Ă peu, il s'affaiblit, ne peut plus rĂ©sister au courant et s'attarde dans les anses ou derriĂšre les souches, la gueule enfoncĂ©e dans la berge ; alors, il se laisse prendre Ă la main et les ours le sortent d'un coup de patte. Ă la fin, complĂštement Ă©puisĂ© par le frai et le manque de nourriture, il meurt ; et l'on en voit, au milieu de fleuve, de nombreux spĂ©cimens qui dorment de l'Ă©ternel sommeil, cependant que les rives des cours supĂ©rieurs se parsĂšment de poisson crevĂ© qui exhale une puanteur infecte. Toutes les souffrances qu'endure le poisson Ă la saison des amours s'appellent « la migration vers la mort », car c'est lĂ qu'elle conduit inĂ©vitablement, aucun poisson ne retourne Ă l'ocĂ©an, ils meurent tous en riviĂšre. « L'Ă©panouissement du concept de migration, dit Middendorff, l'Ă©lan irrĂ©pressible de l'attraction Ă©rotique poussĂ© jusqu'Ă la mort ; dire qu'un pareil idĂ©al se loge dans la petite cervelle d'un poisson humide et froid ! »
Calendrier
[modifier | modifier le code]- Le 5e jour du mois de fructidor du calendrier républicain français est dénommé « jour du saumon »[117], généralement chaque du calendrier grégorien.
Notes et références
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Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à la santé :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Produits de la pĂȘche selon la FAO
- Conservatoire National du Saumon Sauvage
- Saumon Québec
Organisations intergouvernementales
[modifier | modifier le code]Plusieurs organisations intergouvernementales ont été depuis les années 1980 avec l'objectif d'une meilleure protection d'une ou plusieurs espÚces de saumons comme. Elles sont associées aux travaux internationaux concernant la protection du saumon sauvage, et disposent parfois de moyens financiers, rarement de moyens directs de contrÎles et de police.
- European Inland Fisheries Advisory Committee (EIFAC)
- International Commission for the Conservation of Atlantic Tunas (ICCAT)
- International Council for the Exploration of the Sea (ICES)
- North Atlantic Marine Mammal Commission (NAMMCO)
- North Pacific Anadromous Fish Commission (NPAFC)
- North Pacific Marine Science Organization (PICES)
- North-East Atlantic Fisheries Commission (NEAFC)
- Northwest Atlantic Fisheries Organization (NAFO)
- Pacific Salmon Commission (PSC)
Bibliographie
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- R. De Brouin de Bouville (1929) Le roman du saumon ; Bull. Fr. Piscic. no 17 ; et extrait (1re page).
Vidéographie
[modifier | modifier le code]Vidéos illustrant les capacités de saut du saumon
- « World's Weirdest : Salmon Soar without Wings » (commentaire en anglais)
- Saumon atlantique sautant une chute d'eau (Ă Stainforth Foss, dans le Yorkshire du nord, 2 min 16 s)
- 3 saumons remontant les chutes de l'Hermitage (chute d'eau étroite et presque verticale) (séquence courte)
Vidéos illustrant les densités "normales" de saumons lors de la ponte
- Adams River Salmon Run 2010 (3 min, 20 s)
- red salmons (4 min)

